La semaine dernière, le Conseil du patronat a osé parler d’un sujet tabou au Québec: les régions…

Les propos étaient rationnels, logiques et cohérents. Le Conseil du patronat a simplement signalé que le gouvernement devrait encourager les citoyens à quitter les régions pauvres pour s’établir là où il y a de l’emploi. Le gros bon sens, c’est ce que font les Américains depuis la nuit des temps.

Mais les Québécois étant pour la plupart des êtres émotifs allergiques aux démarches comptables, des gens ont immédiatement grimpé dans les rideaux… Il n’en fallait pas plus pour que le courageux Conseil du patronat présente ses excuses

Dans les régions, on s’est défendu en criant « on n’est pas des BS ». Désolé d’être politiquement incorrect, mais dans certaines régions, il y a beaucoup de « BS »…

Voici l’indice de dépendance économique (RDÉ) des 17 régions administratives du Québec et des 9 provinces canadiennes. Pour une région donnée, RDÉ représente le pourcentage des revenus totaux qui viennent d’un chèque du gouvernement (chômage, assistance sociale, Prestations fiscales pour enfants, crédits pour TPS/TVQ, etc.).

BS Québec

Quelques observations plutôt troublantes:

  • Dans la province de Québec, 22,3% des revenus de la population viennent d’un chèque du gouvernement. C’est largement au-dessus de la moyenne canadienne qui se trouve à 17,1%.
  • Une seule région au Québec fait mieux que la moyenne canadienne, soit l’Outaouais (17,0% vs. 17,1%).
  • Près de la moitié des régions du Québec ont un score similaire aux provinces des maritimes. Nous ne sommes pas très loin de la prédiction de Jean Chrétien qui a déjà dit que le Québec finirait par devenir un gros Nouveau-Brunswick…
  • La Gaspésie est la pire région du Québec.  Dans cette région, presque 50% des revenus de la population vient d’un chèque du gouvernement.  À titre indicatif l’Île-du-Prince-Édouard est la pire province canadienne avec un score de 27,2%.
  • Garder en tête que ces chiffres ne tiennent pas compte du gaspillage dans des projets comme les éoliennes ou une cimenterie…

Devant de pareils chiffres, force est de constater que la suggestion du Conseil du patronat n’était pas dénuée de sens.  L’exploitation des ressources naturelles est la seule raison qui justifie l’existence des régions… ressources !  C’est ce qui est à l’origine de leur création. Ce n’est pas l’exploitation de quelques Bed & Breakfast ouverts quatre mois par année qui permettent à ces régions d’être viables économiquement, mais uniquement l’exploitation des ressources naturelles. Sans l’exploitation de ces ressources, on condamne ces régions à la misère et, éventuellement, à la fermeture. Une région ressource sans ressource n’a pas lieu d’être.

Maintenir artificiellement en vie des régions qui refusent d’exploiter le pétrole, le gaz de schiste, l’uraniuml’apatite, la forêt ou un port pétrolier serait tout aussi ridicule que de payer des gens pour aller travailler dans une usine vide…

Mais que voulez-vous…  Au Québec, le dogme de l’occupation du territoire a transformé certaines régions en musée hautement subventionné que plus personne ne visite… On prétend y conserver quelque chose, mais personne ne semble savoir quoi et dans quel but…

Par contre, les libéraux semblent avoir compris que le Québec n’avait plus les moyens de faire vivre toutes les régions, espérons qu’ils auront le courage d’aller au bout des choses.

Sources:
Institut de la statistiques du Québec
Profils statistiques des régions administratives et des MRC

Statistique Canada
Tableau 111-0025