Au Québec, chaque fois qu’il est question de politiques publiques, on passe souvent à côté des vrais débats. Le dernier exemple en liste: les CPE.  Certains voudraient moduler les tarifs en fonction des revenus, d’autres pensent plutôt qu’il faudrait faire payer tout le monde également, mais une constante demeure, tout le monde semble considérer que les CPE ont un problème de revenu et non pas un problème de dépenses.

Et si, au lieu de plumer une fois de plus les pauvres contribuables québécois, on décidait plutôt de s’attaquer à la colonne des dépenses…

CPE Québec
Rapports annuels de gestion: programme 2; éléments 2, 3 & 4

Lors de la création du programme, il en coûtait 5 685$ au gouvernement par place dans les garderies subventionnées; 15 ans plus tard, la même place coûte désormais 10 510$, presque le double !  Depuis la fin des années quatre-vingt-dix, le nombre de places dans les CPE a augmenté de 130%, mais les coûts du système ont augmenté de 326% !  Je le répète, les CPE n’ont pas un problème de revenus, ils ont un problème de dépenses.

Comment peut-on expliquer une pareille perte de contrôle ? C’est simple, le gouvernement a vendu ce nouveau programme à la population en disant que le budget serait raisonnable. Une fois les contribuable entrés dans la cage à homard, on a laissé les coûts explosés en se disant que de toute manière, le contribuable ne pourrait pas sortir de ladite cage…

Si le coût par place en garderie s’était maintenu au même niveau qu’au moment de la création du programme, nous aurions pu économiser 10,1 milliards de dollars, ce qui représente environ 1 231$ par Québécois (4 923$ pour une famille de 2 adultes, 2 enfants).

Une bonne partie de l’explosion des coûts peut être imputée à la syndicalisation des garderies.  À titre indicatif, voici combien coûte à l’État le fonds de pension des gardiennes:

CPE Québec

En 2013-2014, les coûts ont littéralement explosé, plus de 80 millions de dollars alors que quelques années auparavant on était sous la barre du 50 millions. À titre indicatif, une somme de 80 millions de dollars correspond à l’impôt sur le revenu de 25 000 québécois, l’équivalent de la population de Thetford Mines.

Pour éviter que les Québécois passent encore une fois à la caisse, on ne doit pas augmenter le revenu des CPE, mais couper dans leurs dépenses.  Pour ce faire, la première étape consiste à faire reculer l’emprise des syndicats sur les CPE, si les syndicats ont envahi les CPE ce n’est pas pour le bien de nos enfants, mais pour celui de leurs membres, ce qui est très différent.

Source:
Ministère de la Famille et des Aînés et de la Condition féminine
Rapports annuels de gestion