Antagoniste


13 octobre 2015

Malaise Arguing with Idiots Canada Election 2015 En Chiffres Environnement Québec

Eaux Usées

J’ai un malaise…  Un énorme malaise…

Cette semaine, quand Stephen Harper a appris que Montréal devait déverser 8 milliards de litres d’eaux usées dans le St-Laurent, il a décidé d’être un enverdeur.  Pourtant, il a clairement été démontré par les ingénieurs de polytechnique spécialisés en eau potable et par le groupe de recherche interuniversitaire en limnologie et en environnement aquatique que cette opération ponctuelle, quoique non idéale, était nécessaire, inévitable et surtout sans danger pour la faune, la flore et la santé publique.

Mais nous sommes en campagne électorale et au Québec il est toujours payant pour les politiciens de chier sur Montréal (Harper ne s’est jamais scandalisé des 48 milliards de litres d’eaux usées déversées chaque année par Victoria).

Bref, tout comme Harper, beaucoup de militants conservateurs se sont découvert un côté enverdeur cette semaine.  On pouvait les entendre dire: « Yé tu bon Harper de protéger l’environnement en plantant le gros Coderre ».

Mon malaise dans tout ça ?

Imaginons qu’une ville plus conservatrice et moins méprisée que Montréal ait eu besoin de déverser des eaux usées dans un cours d’eau, Saguenay par exemple. J’imagine facilement les conservateurs dire: « Cette situation n’est pas idéale, mais il faut mettre les émotions de côté et s’arrêter aux faits. L’option privilégiée par Saguenay est la seule qui est réaliste tant sur le plan technique que financier.  De plus, ce déversement ponctuel et exceptionnel ne devrait pas endommager l’environnement ».

Après ce genre de déclaration, les mêmes militants conservateurs qui se sont découvert un côté enverdeur cette semaine auraient applaudi le pragmatisme et le raisonnement rigoureux de Stephen Harper.

Il est là mon malaise.  Je constate, malheureusement, que depuis le début de la campagne électorale de plus en plus de militants conservateurs se comportent comme des péquistes i.e. peu importe ce que dit le chef, le chef a toujours raison. Plus besoin de réfléchir, le parti le fait à notre place.  Une fois qu’on a reçu la ligne de parti, on s’empresse de rependre le gospel sur les réseaux sociaux.  Cette partisanerie primaire m’écœure de plus en plus.

P.-S. 1: Quelqu’un pourrait dire aux villageois comme Dominic Maurais, Gilles Parent, Roby Moreault ou Sylvain Bouchard qu’à Québec on envoie de la merde 2 fois plus souvent dans les cours d’eau qu’à Montréal…

De plus, ces mêmes villageois s’inquiètent de la charge bactérienne et des rejets toxiques qu’ils pourraient recevoir lors du déversement. Quelqu’un pourrait aussi leur dire que l’usine d’épuration de Montréal, comme l’écrasante majorité des installations au Québec, ne désinfecte pas les eaux usées et ne retire pas les rejets toxiques.  Bref, les bactéries et la pollution ils la reçoivent déjà (et personne n’en meure).  Si ces villageois s’informaient un peu plus avant de se faire aller la gueule sur Montréal, ils auraient pu facilement apprendre ça.  Pour désinfecter les eaux usées, il faut un système de traitement tertiaire, ils sont rares aux Québec:

Eaux Usées

Ceci dit, Montréal a accordé un contrat de 99 millions de dollars en mars dernier pour installer un ozonateur à son usine d’épuration. Cet équipement permettra d’éliminer les produits pharmaceutiques et les bactéries dees eaux usées que Montréal rejette au fleuve.

P.-S. 2: En passant, j’espère que les militants qui ont défendu la décision des conservateurs dans ce dossier ont donné des arguments à ceux qui s’opposent aux pipelines et aux pétroliers.

Sources:
Polytechnique Montréal
Position d’experts de Polytechnique Montréal sur les déversements planifiés d’eaux usées de l’intercepteur sud-est à la Ville de Montréal

GRIL
Le Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie et en environnement aquatique (GRIL) réagit au « déversement de la Ville de Montréal »

Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire
Évaluation de performance des ouvrages municipaux d’assainissement des eaux pour l’année 2013

Environnement Canada
Rapport de 2011 sur l’utilisation de l’eau par les municipalités – Utilisation de l’eau par les municipalités


13 octobre 2015

Taxer les pauvres ? Économie États-Unis Revue de presse

The Wall Street Journal

Bobby Jindal Wants All to Pay Some Income Tax
The Wall Street Journal

Louisiana Gov. Bobby Jindal, seeking to breathe life into his presidential campaign, is taking a sharply different approach to tax policy than his Republican rivals.

The presidential contender plans to unveil a tax plan Wednesday in Iowa whose goal is to make all citizens pay at least some federal income tax. That puts Mr. Jindal at the center of a long-running debate over who foots the cost of federal spending.

“We simply must require that every American has some skin in this game,” Mr. Jindal said in a written statement. “If we have generations of Americans who never pay any taxes, it will be very easy for them to turn a blind eye to absurd government spending and to continue to allow our government to bankrupt our nation.”

Mr. Jindal takes a different tack on taxes than his GOP rivals, particularly those looking to shield more Americans from paying federal income taxes at all, including former Florida Gov. Jeb Bush and real-estate developer Donald Trump. Mr. Bush would nearly double the standard deduction and estimates under his plan that roughly 15 million additional Americans would “no longer bear any income-tax liability.”

“Jeb [Bush] and [Donald] Trump are campaigning on a promise that they are going to move more people off of the tax rolls,” said Bob Williams of the Tax Policy Center, a joint venture of the Brookings Institution and the Urban Institute. “Jindal is going the other way.”

C’est un point intéressant que fait valoir Bobby Jindal.

Tous les citoyens, riches ou pauvres, devraient payer des taxes. On peut discuter longtemps des taux de taxation, mais pas du fait qu’un citoyen qui ne paye pas de taxe ne pourra jamais prendre de décisions éclairées quand viendra le temps de voter. Influencer le débat public sans y participer monétairement, c’est n’être imputable de rien !


8 octobre 2015

Le pouvoir au peuple Économie En Citations Philosophie

Margaret Thatcher

Margaret Thatcher à propos du socialisme:

« Les socialistes crient ‘le pouvoir au peuple’ et lèvent leur poing serré quand ils le disent. Nous savons tous ce qu’ils veulent vraiment dire: le pouvoir sur le peuple, le pouvoir à l’Etat. »


8 octobre 2015

Désavantage numérique Canada Économie En Chiffres États-Unis Gauchistan Québec

Puisque c’est le début d’une nouvelle saison dans la NHL, un graphique à saveur sportive…

Cette semaine, la Fédération canadienne des contribuables et l’Americans for Tax Reform ont publié conjointement une étude sur les impôts que doivent payer les joueurs de hockey dans chacune des villes de la NHL.

Une statistique a attiré mon attention, celle sur le plafond salarial réel pour chaque équipe. Le plafond salarial dans la NHL pour la saison 2015-2016 est fixé à 69 millions de dollars. Par contre, ce plafond ne tient pas compte de la rémunération des joueurs qui finit dans les poches des gouvernements. Ces sommes, bien que versées en salaire, ne servent pas vraiment à payer les joueurs. Autrement dit, quand un joueur sait qu’il est fortement imposé, risque fort bien de demander un plus gros contrat, ce qui réduit la marge de manœuvre d’une équipe.

Voici donc les vrais plafonds salariaux dans la NHL i.e. l’argent qu’une équipe peut vraiment dépenser pour rémunérer les joueurs (le plafond salarial de 69 millions duquel on retire ce qui est payé par les joueurs en impôts):

NHL

Le plafond salarial réel est le plus élevé à Dallas, en Floride, à Nashville et à Tampa Bay; presque 41 millions de dollars pour ces villes sans impôts d’État.  À l’opposé du spectre, on retrouve Montréal avec un plafond salarial réel qui n’est que de 31,6 millions de dollars, c’est un écart de 9,4 millions de dollars par rapport aux équipes de tête.  Avec 9,4 millions de dollars, on peut se payer un joueur comme Sidney Crosby ou Alex Ovechkin…

Source:
Canadian Taxpayers Federation
Major Penalty for High Taxes: CTF Study Examines Impact of Personal Income Taxes on NHL Players, Teams and the Salary Cap


8 octobre 2015

La vieille économie, une espèce (heureusement) menacée ! Économie Environnement International Revue de presse

The Irish Times

How synthetic milk may put cows out of business
The Irish Times

Amid all the post-milk quota hoopla, there is one firm whose production ambition would barely stretch to a bowl of cornflakes.

US start-up Muufri may be sitting on the biggest dairy market disruptor in decades, however – milk, but without the cow or the carbon footprint. The company has worked out a relatively cost-effective way of synthesising milk in the lab.

The process uses bioengineered yeast to produce real milk protein. This is done by adding cow DNA to yeast cells, which are then combined in vats with fatty acids and water to produce milk.

The product is no milk substitute either; it is said to taste exactly like the real thing. The ingredients can also be tweaked to be lower in cholesterol or lactose-free, a significant marketing potential in today’s fat-conscious marketplace.

Muufri, which recently availed of an accelerator programme for start-ups in Cork, is currently perfecting a final prototype, with a plan to go to market in 2017. When it hits the shelves, the product is expected to cost twice the price of normal milk. Its milk is just one of a string of synthetic or value-added dairy products being developed for the global market. Population growth; rising disposable income; more women in the workforce; urbanisation; the adoption of Western dietary habits are all fuelling strong demand for dairy across Asia, Africa and the Middle East.

Rabobank predicts global demand will eclipse supply by 25 billion litres by 2020 – a trade gap that exporting countries, like Ireland, will be keen to exploit.

Quotas de taxis, quotas de musique francophone à la radio, quotas de lait… L’évolution technologique est en train de venir à bout de cette veille économie sclérosée !


7 octobre 2015

Souveraineté alimentaire Économie En Vidéos Mondialisation

Dans le cadre de la signature de l’accord de libre-échange Transpacifique, on a dit que ce traité allait menacer notre « souveraineté alimentaire »…

Mais est-ce que vous pensez que la souveraineté alimentaire est une bonne chose ?  Autrement dit pensez-vous par exemple que le Québec devrait produire toute la nourriture consommée par ses citoyens ?

Aux États-Unis, une personne a fait l’expérience de la souveraineté alimentaire, elle a décidé de produire elle-même tous les ingrédients nécessaires à la conception d’un banal sandwich, de la farine pour faire le pain, en passant par le poulet, le fromage, la laitue et le sel…

Le verdict ?

La production ce sandwich a nécessité 6 mois de labeur et la rondelette somme de 1 500$:

Si le concept de souveraineté alimentaire est complètement absurde à l’échelle individuelle, il en va de même à l’échelle des pays. Il vaut mieux laisser l’agriculture aux gens/pays spécialisés qui peuvent produire en masse et à faible coût. Pendant ce temps, les gens/pays ont la possibilité de se spécialiser dans des tâches différentes. De cette spécialisation de la main-d’oeuvre naissent les économies prospères.


7 octobre 2015

Pour qui travaillent les politiciens Canada Coup de gueule Économie En Chiffres En Vidéos

Considérer les chiffres suivants:

Lait Québec

Au Québec, il y a 585 fois plus de consommateurs de lait qu’il y a de propriétaire de fermes laitières…

Pourtant, quand les politicos parlent de libre-échanges et de gestion de l’offre, pas un seul mot sur les 8 088 869 consommateurs qui payent leur lait trop cher, on parle uniquement des 13 823 propriétaires de fermes laitières:

Pourquoi les politiciens préfèrent défendre les intérêts de 13 823 fermiers plutôt que les intérêts de 8 088 869 payeurs de taxes ?

P.-S. C’est une question rhétorique


7 octobre 2015

La recyclage, une religion Économie Environnement Revue de presse

The New York Times

The Reign of Recycling
The New York Times

Then why do so many public officials keep vowing to do more of it? Special-interest politics is one reason — pressure from green groups — but it’s also because recycling intuitively appeals to many voters: It makes people feel virtuous, especially affluent people who feel guilty about their enormous environmental footprint. It is less an ethical activity than a religious ritual, like the ones performed by Catholics to obtain indulgences for their sins.

Religious rituals don’t need any practical justification for the believers who perform them voluntarily. But many recyclers want more than just the freedom to practice their religion. They want to make these rituals mandatory for everyone else, too, with stiff fines for sinners who don’t sort properly. Seattle has become so aggressive that the city is being sued by residents who maintain that the inspectors rooting through their trash are violating their constitutional right to privacy.

It would take legions of garbage police to enforce a zero-waste society, but true believers insist that’s the future. When Mayor de Blasio promised to eliminate garbage in New York, he said it was “ludicrous” and “outdated” to keep sending garbage to landfills. Recycling, he declared, was the only way for New York to become “a truly sustainable city.”

But cities have been burying garbage for thousands of years, and it’s still the easiest and cheapest solution for trash. The recycling movement is floundering, and its survival depends on continual subsidies, sermons and policing. How can you build a sustainable city with a strategy that can’t even sustain itself?

Le recyclage est une religion et moi je suis fier de dire que je suis laïque. J’ajoute aussi que le politicien qui va me forcer à faire du compostage n’est pas encore né…

P.-S. Je vous invite à lire le texte complet, il est bourré d’informations qui montrent à quel point le recyclage c’est de l’arnaque. C’est publié dans le New York Times, jamais on ne pourrait lire une telle chose dans un média québécois.


6 octobre 2015

L’agriculture au Québec c’est lait… Économie Mondialisation Québec

Monopole LaitierCet été j’ai fait quelques billets expliquant comment les agriculteurs affamaient les pauvres en défendant le stupide et ignoble système de gestion de l’offre (ici, ici & ici).

L’aspect financier ayant été couvert, il reste tout de même quelques affirmations des agriculteurs qu’il faut démolir. En voici quelques-unes…

Avec le libre-échange, on va boire du lait bourré d’hormone
Contrairement aux États-Unis, au Canada il est interdit d’utiliser des hormones pour stimuler la production laitière des vaches.  Mais cela ne représente pas un problème puisqu’aux États-Unis, il existe déjà beaucoup de producteurs qui n’utilisent pas d’hormone.  De plus, le libre-échange ne va pas empêcher les agriculteurs d’ici de vendre leur lait. Bref, les consommateurs vont avoir le choix de consommer du lait canadien ou américain avec ou sans hormone.

Il faut sauver les fermes familiales
Vous connaissez des fabricants familiaux de téléphones intelligents ? Ou des usines familiales de voitures ?  Et pourquoi pas des fabricants familiaux de télévision ?  Bien sûr que non…  Les fermes familiales sont des reliques paysannes.  Quand on veut produire efficacement au plus bas coup possible, on ne veut pas avoir un petit machin familial, mais une grosse entreprise !  Bigger is better, de voir disparaître les petites fermes familiales au profit de grandes entreprises serait une bonne chose. Mais que voulez-vous, au Québec on aime ça les petites affaires…  Au lieu de vouloir jouer dans la cour des grands, on préfère avoir de petites fermes, qui produisent du petit lait, pour un petit peuple.

Il faut occuper le territoire
Je n’ai jamais compris cet argument.  Il est si ridicule que je ne peux concevoir que des gens puissent l’évoquer…  Mais pourquoi faudrait-il occuper le territoire ?  Il va arriver quoi si le territoire n’est pas occupé ?  Des gens de la Niquabie vont aller coloniser nos territoires en douce pour nous envahir?

Les autres ont des subventions et ce n’est pas juste
On dénonce beaucoup les subventions agricoles aux États-Unis et en Europe. Pourtant, si je m’oppose systématiquement aux subventions québécoises à l’agriculture, j’approuve sans réserve les subventions européennes et américaines. Même que si elles étaient augmentées, ce serait une bonne chose.  Pourquoi ?  Les États-Unis et l’Europe, en subventionnant leurs produits agricoles, font en sorte que ces derniers sont moins chers. Résultat: j’économise lorsque je fais mon épicerie. Si les Américains et les Européens sont assez bêtes pour payer des taxes dans le but de me faire épargner, c’est leur problème, ce n’est pas moi qui vais leur dire d’arrêter !  Par contre, pas question qu’on utilise mes taxes pour subventionner les producteurs de porcs afin que les Américains payent leur bacon moins cher…

Mémo pour les péquistes…
Pour les péquistes qui condamnent l’accord Transpacifique…  Le Québec produit 40% du lait au Canada, mais notre poids démographique n’est que de 23%.  Autrement dit, dans un Québec indépendant sans accord de libre-échange pour exporter le lait dans le reste du Canada, de nombreuses fermes québécoises seraient contraintes de fermer leurs portes faute de débouchés…