Antagoniste


31 mars 2014

Opportunité ratée Économie Environnement États-Unis Europe Mondialisation Revue de presse

The Guardian

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European leaders ask Obama to allow increased exports of US shale gas
The Guardian

European leaders on Wednesday asked Barack Obama to share the US’s shale gas bonanza with Europe by facilitating gas exports to help counter the stranglehold Russia has on the continent’s energy needs.

With Russia’s gas monopoly, Gazprom, supplying a quarter of Europe’s gas needs, and almost all of the gas in parts of eastern Europe, the energy issue has soared to the top of Europe’s strategic agenda as a result of the Ukrainian crisis and the fear that the Kremlin will be able to blackmail Europe if a threatened trade war erupts.

Herman Van Rompuy and José Manuel Barroso, presidents of the European council and the European commission respectively, asked Obama to come up with measures that would favour European companies obtaining licences to export US shale gas in liquid form to Europe.

While European access to the US shale gas revolution is currently constrained by American licensing procedures, a successful conclusion of ongoing ambitious trade talks aimed at creating a transatlantic free trade area would also hasten European access to American gas.

Un rappel pour vous dire que personne n’a parlé gaz de schiste dans cette campagne électorale. Une autre opportunité d’enrichir le Québec qui a été ratée… Pendant ce temps, les Américains pourront s’enrichir en exportant leur gaz vers l’Europe…


27 mars 2014

Même les Cubains ont compris Économie International Mondialisation Revue de presse

Buenos Aires Herald

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Cuba releases details of project to attract foreign investors
Buenos Aires Herald

Cuba’s government has released further information on a proposed foreign investment law that will cut the profits tax in half and exempt investors from paying it for eight years in an attempt to attract capital into the communist economy.

The law would address the lengthy and sometimes murky process to approve foreign investment deals and improve investment guarantees, two major concerns of potential investors and foreign governments. President Raul Castro’s government is promising legal protections to persuade foreign investors to risk their capital in the Soviet-style economy, and new incentives such as the dramatically lowered tax.

« The Cuban government has a major credibility gap to overcome with foreign investors. Investors will want evidence, not just legislation, that Cuba is prepared to allow investors to make money, employ Cubans they select and not move the goal posts when success seems to be too rewarding, » said Paul Hare, a former British ambassador to Cuba who now teaches at Boston University.

The new law « would apply (to investors) … a tax of 15 percent on taxable net profits, » after which all profit could be repatriated, Juventud Rebelde reported. Under the current foreign investment law, which went into effect in 1995, all tax breaks are negotiated and foreign firms pay a 30 percent profits tax and 20 percent labor tax.

Baisser les impôts pour attirer des investisseurs étrangers… Si les cubains peuvent comprendre ça, pourquoi nos politiciens sont incapable d’en faire de même ?


17 mars 2014

Pancarte électorale: suggestion pour le PQ Économie Élection 2014 En Images France Gauchistan Mondialisation Québec

Voici une affiche électorale, utilisée en France durant les années 90, qui devrait plaire à nos nationalistes, qu’ils soient pro-chartes ou ouvriers de la construction sur la Côte-Nord…

Front National, PQ

Et pour plaire à sa clientèle sur le Plateau, le PQ pourrait bonifier cette affiche en mentionnant ses politiques d’achat local ou de souveraineté alimentaire.  Le spin est différent, mais le principe est le même…


6 mars 2014

Dynamisme économique Économie En Chiffres International Mondialisation

Des chiffres très révélateurs sur le changement de paradigme économique que nous vivons depuis la mise en place des mécanismes de mondialisation. Le S&P 500 est un indice boursier basé sur 500 grandes sociétés cotées sur les bourses américaines; voici comment a évolué la durée de vie des sociétés du S&P 500 depuis la fin des années 50.

S&P 500
Chaque point est une moyenne mobile de 7 ans

Quelques observations sur le phénomène de destruction créatrice que l’on peut voir à l’oeuvre dans ce graphique:

  • Depuis le début des années 60, la durée vie moyenne des sociétés du S&P 500 est passée de 58 ans à 17 ans au début des années 2010.
  • À ce rythme, 75% des sociétés du S&P 500 seront remplacées d’ici 2027.

Les gauchistes avaient prédit que la mondialisation allait entraîner une consolidation des sociétés créant ainsi au passage des monopoles et des oligopoles tout puissants.  Quand on regarde la durée de vie moyenne depuis le milieu des années 90, on constate que l’effet fut à l’opposé de ce qui avait été prédit.

Dans son dernier budget, le régime péquiste a déposé un document sur la protection des entreprises québécoises.  Quand on constate à quel point le turnover économique est devenu rapide, on peut déjà prédire que cette mesure socialiste, en plus de nous endetter encore plus, sera totalement inefficace.  Notre économie n’a pas besoin de mesure pour protéger les compagnies existantes, elle a besoin de mesures qui n’empêcheront pas les prochaines de venir au monde !

Source:
Innosight
Creative Destruction Whips through Corporate America


27 février 2014

Objectif: le monde ! Chine Économie En Vidéos France Mondialisation

S’il est vrai que le Québec et la France partagent de nombreux travers socialistes, sur certains aspects la France n’est pas tombée aussi bas que le Québec…

Par exemple, en France, il n’y a pas de système protectionniste de gestion de l’offre en agriculture. Résultat: si les étrangers peuvent vendre leur produit en France, les Français peuvent aussi vendre leur produit à l’étranger ! Par exemple, parce que les Français produisent du lait de qualité supérieure, grâce à la mondialisation ils peuvent faire fortune en le vendant à la Chine !

Malheureusement, les producteurs laitiers de chez nous ne peuvent pas participer au boom mondial de l’industrie laitière à cause du système de gestion de l’offre. Ce système interdit la concurrence étrangère ici, mais il interdit aussi l’exportation de nos produits laitiers ailleurs.

Une situation typiquement québécoise: on préfère la sécurité d’un petit marché au potentiel limité plutôt que les risques d’un marché au potentiel illimité…


11 février 2014

Régression écologique Économie Environnement États-Unis Europe Mondialisation Revue de presse

Financial Times

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Energy price gap with the US to hurt Europe for ‘at least 20 years’
Financial Times

High gas and electricity prices will continue to plague Europe for at least 20 years, damaging the competitiveness of industries that employ almost 30m people, the world’s leading energy forecaster has warned.

In findings likely to inflame claims EU climate change policies are damaging the bloc’s manufacturers, the International Energy Agency said Europe will lose a third of its global market share of energy-intensive exports over the next two decades because energy prices will stay stubbornly higher than those in the US.

A number of EU countries have embraced green energy subsidies, shunned nuclear power and resisted the shale exploration that has fuelled a manufacturing renaissance in the US, prompting growing anger among industry leaders who say this has been a recipe for competitive ruin.

Fatih Birol, the IEA’s chief economist, said environmental policies alone had not pushed up energy costs but the price gap between the EU and the US was going to last much longer than some expected. “This is a new thing and it’s structural. It’s not a one-off,” he told the Financial Times. “Europe didn’t realise the seriousness of this competitive issue,” he said, warning the situation raises concern for the almost 30m people working in heavy industries such as iron, steel and petrochemicals across the continent.

Les politiques verdoyantes de l’Europe auront des conséquences négatives sur l’économie pour les 20 prochaines années. Si c’est vrai pour l’Europe, c’est aussi vrai pour le Québec qui a en grande partie copié les politiques européennes…


3 février 2014

Voir grand ! Économie France International Mondialisation Revue de presse

Le Figaro

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Lactalis part à la conquête de l’Inde
Le Figaro

Le premier producteur de lait mondial, met la main sur l’indien Tirumala. Après avoir acquis en 2011 l’italien Parmalat, le groupe français poursuit ainsi son développement international.

Lactalis s’offre un champion indien des produits laitiers, Tirumala Milk Products, qui réalise environ 200 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le français, propriétaire du lait Lactel, du beurre et du camembert Président ou encore de la crème Bridel, ajoute ainsi à son actif le lassi (yaourt indien), le panir (fromage), les desserts lactés et les glaces.

Avec Tirumala, qui est essentiellement implanté dans le sud-est de l’Inde, Lactalis prend pied dans un pays à la taille d’un continent. Avec 140 milliards de litres produit , l’Inde – premier producteur de lait mondial – offre un potentiel de développement énorme pour l’entreprise française.

«Cette acquisition est en phase avec la stratégie de développement mondial de Lactalis dans les pays émergents sur toutes les catégories de produits laitiers», commente un porte-parole du groupe français, qui ne communique pas le montant de l’opération. En fusionnant avec l’italien Parmalat, Lactalis avait acquis en 2011 la première place mondiale des fabricants de produits laitiers.

Malheureusement, les producteurs laitiers de chez nous ne peuvent pas participer au boom mondial de l’industrie laitière à cause du système de gestion de l’offre. Ce système interdit la concurrence étrangère ici, mais il interdit aussi l’exportation de nos produits laitiers ailleurs.

Une situation typiquement québécoise: on préfère la sécurité d’un petit marché au potentiel limité plutôt que les risques d’un marché au potentiel illimité… On l’a vu encore tout récemment avec le libre-échange des fromages avec l’Europe


18 décembre 2013

Le vivre ensemble Économie En Citations Mondialisation Philosophie

The Life of Greece

Si pour les politiciens nationalo-socialistes, le vivre ensemble passe par des mesures liberticides; pour les gens civilisés, le vivre ensemble passe par le libéralisme économique. Du libéralisme économique est né: la raison, le dialogue et la fraternité entre les peuples*. Voici comment le libre-échange a contribué à la création de la civilisation grecque (extrait du livre « The Life of Greece » de l’historien Will Durant, écrit en 1939):

« The crossroads of trade are the meeting place of ideas, the attrition ground of rival customs and beliefs; diversities beget conflict, comparison, thought; superstitions cancel one another, and reason begins »

*Faut-il préciser que les nationalo-socialistes sont contre le libéralisme économique, même quand cela concerne une chose aussi banale que le fromage… Si le libéralisme engendre la raison, alors le protectionnisme engendre l’ignorance.


29 août 2013

Vive le néo-libéralisme ! Économie International Mondialisation

Enjoy CapitalismL’indice de liberté économique du Fraser Institute existe depuis 1996.  Il s’agit d’un indice qui mesure la facilité à exercer une activité économique sans ingérence du gouvernement, tant que les actions posées ne violent pas les libertés d’autrui.  On pourrait parler d’un indice qui mesure le niveau de néo-libéralisme.  Cet indice a fait l’objet d’une étude qui a été publiée plus tôt cette année dans Contemporary Economic Policy, un journal scientifique consacré à l’économie.

Les auteurs de cette étude ont voulu savoir si, basé sur la littérature existante, l’indice de liberté économique avait des conséquences positives ou négatives.  Par exemple, une étude publiée en 2008 dans le Journal of Economic Behavior and Organization a déterminé que les droits des femmes progressaient plus rapidement dans les sociétés néo-libérales que dans celles qui misaient sur des contraintes étatiques.  Une autre étude, publiée en 2006 dans le Journal of International Trade & Development, a montré que plus une société devenait néo-libérale, plus le travail des enfants diminuait.  Mais d’autres études font état de conséquences négatives.  Par exemple en 2003, une étude publiée dans Annual Review of Public Health a montré que les libertés économiques contribuaient à augmenter le taux d’obésité puisque le néo-libéralisme faisait diminuer le prix des aliments.

Ainsi, depuis 1996, 198 études ont utilisé l’indice de liberté économique pour étudier toute une gamme de phénomènes comme la croissance économique, le niveau de vie, le bonheur, la qualité de l’environnement, les droits humains, la pauvreté, les inégalités sociales, la criminalité, la productivité et j’en passe.  Voici les conclusions:

  • 67,7% des études rapportent que l’indice de liberté économique est associé à des conséquences positives.
  • 28,3% des études rapportent que l’indice de liberté économique est neutre (sans conséquence claire).
  • 4,1% des études rapportent que l’indice de liberté économique est associé à des conséquences négatives.

La conclusion des auteurs est sans appel: « La prépondérance de la preuve est accablante; la liberté économique est associée à une grande variété de résultats positifs avec presque aucune contrepartie négative ».  Temps dur pour la gauche…


26 août 2013

Le capitalisme et l’impéralisme Économie En Vidéos International Mondialisation

Pour les gauchistes, capitalisme et impérialisme sont deux synonymes.  Les gens avec quelques notions d’économie ont compris que ces deux termes étaient des antonymes.


3 juillet 2013

Quand la Suède fait la leçon à la France Économie États-Unis Europe France Mondialisation Revue de presse

La Tribune

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Libre-échange : quand la Suède fait la leçon à la France
La Tribune

De passage à Paris, la ministre suédoise du Commerce extérieur a déploré jeudi la position trop défensive de la France dans le cadre du projet de partenariat transatlantique entre l’Union européenne et les Etats-Unis. La question de l’exception culturelle est revenue dans le débat. La position française au sujet du secteur de l’audiovisuel ne semble en effet pas tout à fait correspondre à la vision suédoise du secteur.

Point trop n’en faut. Dans le projet de partenariat transatlantique, la position française semble un peu trop défensive aux yeux de la ministre suédoise du Commerce extérieur. Ewa Björling est persuadée, comme l’assure le Commissaire européen Karel de Gucht, que les deux plus grosses économies du monde ont tout intérêt à s’associer, grâce à ce projet de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis.

Particulièrement préoccupé par le principe de neutralité technologique, Paris s’inquiète des nouveaux canaux technologiques de diffusion et de consommation des oeuvres audiovisuelles telles que la VOD ( « video on demand », en français, vidéo à la demande). Mais sur ce point, la ministre suédoise trouve que la France devrait plus penser au futur qu’à ces problèmes « du présent ».

J’ai l’impression que la ministre suédoise du Commerce extérieur pourrait donner le même conseil aux députés du PQ…


27 mai 2013

La solidarité mondialisée Économie En Chiffres International Mondialisation

En 2000, l’ONU avait exprimé le souhait de réduire de moitié la proportion de gens vivant dans l’extrême pauvreté (revenu inférieur à 1,25$/jour) d’ici l’an 2015.  Objectif irréaliste ?  Pas du tout, voyez par vous-même:

Mondialisation

À l’échelle mondiale, l’extrême pauvreté est passée de 43,05% en 1990 à 20,63% en 2012, une réduction de 52,1% qui permet d’atteindre le but fixé en 2000 avec 5 années d’avance !  La population mondiale a augmenté de 2,4 milliards de personnes entre 1981 et 2010, mais le nombre de gens vivant dans la pauvreté extrême a été réduit de 723 millions de personnes.

Élément important de l’histoire, la mise en place du processus de mondialisation au début des années 90 qui s’est concrétisé en 1995 avec la fondation de l’Organisation Mondiale du Commerce qui a permis d’enclencher le processus de néo-libéralisation des économies.  Les véritables progrès contre la pauvreté extrême ont été observés au moment où les marchés se sont libéralisés i.e. la mondialisation, qui a été accélérée par le travail de l’OMC, a permis une meilleure redistribution de la richesse.

Voici dans quelle proportion la pauvreté extrême a été réduite depuis la création de l’OMC:

  • Europe et Asie centrale: -80,4%
  • Asie de l’est & Pacifique: -75,4%
  • Amérique latine: -51,5%
  • Moyen-Orient & Afrique du Nord: -49,4%
  • Asie du sud: -40,0%
  • Afrique sub-saharienne: -18,4%
  • MONDE: -49,7%

Dans le cas de l’Asie de l’Est du Pacifique, les progrès sont absolument phénoménaux.  Voici comment a évolué la proportion de gens gagnant moins de 2,50$/jour:

Mondialisation

Une réduction de 52,4% depuis la fondation de l’Organisation Mondiale du Commerce.

La région du monde où les progrès ont été les plus faibles, l’Afrique sub-saharienne, est aussi la région qui a été la moins mondialisée.  Ce qui a fait dire à Johan Norberg:

« Is the problem here lack of access to clean water? No. Is it starvation? No. Is it lazyness? Definitely not. No, it’s poverty due to lack of growth, due to lack of reform. Everything else is just a symptom of that. In fact, even the biggest horrors – famine and war – have political causes. No democracy has ever been inflicted by a famine, and no two democracies have ever made war on each other. Africa has been subjected by socialism, gangster rule and protectionism. Africa has not been too globalized; it has been too marginalized. »

Les altermondialistes sont d’une hypocrisie honteuse, doublée d’une morale plus que douteuse. Pour eux, il est plus légitime que les Africains meurent de faim plutôt que de se faire « exploiter par le néo-libéralisme »  pour augmenter leur niveau de vie. On dirait bien que les néolibéraux sont plus solidaires qu’on le dit et que les altermondialistes sont plus égoïstes qu’on le pense…

Source:
Banque Mondiale
PovcalNet: an online poverty analysis tool


21 mai 2013

Avant de boycotter le Bangladesh… Économie En Vidéos International Mondialisation

En 2005, l’Organisation Mondiale du Commerce a mis un terme aux mesures protectionnistes dans l’industrie du textile pour finalement libéraliser ce marché.

Depuis 10 ans, le PIB du Bangladesh a été multiplié par 2,5 fois.

Depuis 10 ans, le taux de mortalité infantile au Bangladesh a été divisé par 2, ce qui représente 125 000 décès d’enfants de moins chaque année.

Boycotter le Bangladesh fera mourir leurs enfants…


20 mai 2013

En rappel: souveraine absurdité Économie Environnement Mondialisation Québec

Question de donner la réplique à l’absurde projet de loi péquiste concernant la souveraineté alimentaire, je me suis permis de dépoussiérer quelques billets traitant de cette question.

Si la souveraineté alimentaire est une bonne idée, alors pourquoi le ministre Gendron, dans sa vie de tous les jours, n’est pas « alimentairement souverain » ? Billet originalement publié le 21 août 2012.

Souveraineté AlimentaireLes Canadiens-français n’ayant pas d’opinions, mais des émotions, il ne faut pas se surprendre de voir des politiciens prendre les électeurs pour des connards en parlant de « souveraineté alimentaire », un concept fondamentalement populiste et démagogue.

Pour comprendre à quel point ce concept serait néfaste à une société, appliquons-le aux individus. Voudriez-vous être « alimentairement souverain » ? En d’autres termes est-ce que vous seriez intéressé à produire toute la nourriture que vous consommez ?

La totalité des gens (je l’espère) me répondra non: il ne serait pas avantageux pour eux de sacrifier leur travail ou leurs études pour labourer un champ dans le but d’obtenir une maigre pitance. On me dira qu’il est de loin plus profitable de laisser ce travail aux fermiers, une main-d’oeuvre hautement spécialisée, capable de produire efficacement une grande variété d’aliments.

N’étant pas contraints d’être « alimentairement souverain », les individus ont donc la possibilité de se spécialiser dans une tâche qui leur apparaît comme plus profitable. Certains deviendront ingénieurs, d’autres infirmières ou encore plombiers. C’est en uniquement renonçant à la souveraineté alimentaire que ces professions sont possibles. Dans une société où les individus doivent être « alimentairement souverains », personne n’a la possibilité de se spécialiser pour devenir médecin puisqu’il faut passer de longues heures dans les champs.

Si le concept de souveraineté alimentaire est complètement absurde à l’échelle individuelle, il en va de même à l’échelle des pays. Les gens/pays « alimentairement souverains » vont sacrifier la spécialisation pour obtenir une bouchée de pain. Il vaut mieux laisser l’agriculture aux gens/pays spécialisés, ce qui donne aux gens/pays, la possibilité d’accomplir des tâches plus productives.

On me répondra que les pays qui ne sont pas « alimentairement souverains » sont à la merci des pays exportateurs. Vrai, de la même manière, le médecin est à la merci du fermier s’il veut manger trois repas par jour. On sera tous d’accord pour dire qu’une société où des gens ont renoncé à leur souveraineté alimentaire pour devenir médecins est préférable à une société sans médecin parce que tout le monde désire être « alimentairement souverain ».

En passant, même si le Québec ne produit pas de composantes informatiques, il n’y a jamais eu de pénurie d’ordinateurs au Québec. Par contre, si l’on avait voulu faire du Québec une province « technologiquement souveraine », non seulement nous aurions probablement eu des pénuries, mais on peut aussi dire sans trop se tromper que les composantes seraient de piètre qualité.

On pourrait faire un raisonnement analogue avec les politiciens qui parlent de « souveraineté énergétique ».


20 mai 2013

En rappel: nourriture néolibérale Économie Environnement International Mondialisation Québec

Question de donner la réplique à l’absurde projet de loi péquiste concernant la souveraineté alimentaire, je me suis permis de dépoussiérer quelques billets traitant de cette question.

La principale (et unique) conséquence du programme de souveraineté alimentaire proposé par le PQ pourrait bien être d’appauvrir un peu plus les contribuables. Billet originalement publié le 3 août 2012.

Enjoy CapitalismSingapour est une petite île à peine plus grande que Montréal, mais qui compte une population de 5,3 millions d’habitants. Cette petite île n’est pas seulement dénuée de toute ressource naturelle, l’agriculture y est à peu près inexistante. Celle-ci représente un spectaculaire 0% de son PIB, si bien que les Singapouriens doivent importer plus de 90% de la nourriture qu’ils consomment.

Vous devez vous dire que se nourrir à Singapour doit être hors de prix… Que les méchants capitalistes doivent profiter de la situation pour exploiter la faim des habitants de l’île pour leur propre profit…

Et si je vous dis que Singapour est le 2e endroit sur notre belle planète où la nourriture est la plus abordable ! Seulement 7,4% du revenu des Singapouriens est utilisé pour acheter des denrées alimentaires. À titre indicatif, cette proportion est de 14,7% au Japon, un pays avec de nombreuses mesures protectionnistes.

Comment ce miracle est-il possible?

Tout simplement par la mise en place des mécanismes de libre-échange tous azimuts. Les Singapouriens ont été assez intelligents pour ne pas se laisser berner par des concepts ridicules comme la « gestion de l’offre » ou des slogans populistes parlant de « souveraineté alimentaire ».

Autrement dit, à Singapour il n’y a pas de « carrés rouges » réactionnaires, ce qui a permis au néolibéralisme de faire des habitants de cette île des gens très prospères.

M’enfin, au Québec on considère les vendeurs de clous comme étant des fleurons patrimoniaux essentiels au développement économique… Il coulera beaucoup d’eau sous les ponts avant que les Québécois prennent des décisions économiques de manière rationnelle plutôt qu’émotive…