Antagoniste


14 octobre 2015

Achat local Économie En Images International Mondialisation

La semaine dernière, pour illustrer les bienfaits de l’accord de libre-échange Transpacifique (et les méfaits de la souveraineté alimentaire), j’ai parlé du type qui consacré 6 mois de labeur et la rondelette somme de 1 500$ pour la confection d’un sandwich au poulet.

Je reviens a la charge cette semaine avec un autre type qui a décidé de miser sur l’achat local pour se vêtir.

Kelly Cobb, un professeur de Philadelphie a décidé de se fabriquer un complet en utilisant uniquement des matériaux disponibles dans un rayon de 160 kilomètres autour de chez lui.  Cette tâche a nécessité le travail d’une vingtaine de personne sur plusieurs mois, en tout on parle de 500 heures-hommes.  Bref, une tâche colossale.  Voici le résultat:

Vêtement Équitable

Vêtement Équitable

Vêtement Équitable

L’achat local est, dans une certaine mesure, un refus de recourir à une main-d’oeuvre hyper spécialisée. Or, la fabrication en masse de produits de qualité à un prix abordable dépend de l’hyper-spécialisation de la main-d’oeuvre !  L’achat local, le chemin le plus sûr vers la pauvreté.

Source:
WIRED
100-Mile Suit Wears Its Origins on Its Sleeve


7 octobre 2015

Souveraineté alimentaire Économie En Vidéos Mondialisation

Dans le cadre de la signature de l’accord de libre-échange Transpacifique, on a dit que ce traité allait menacer notre « souveraineté alimentaire »…

Mais est-ce que vous pensez que la souveraineté alimentaire est une bonne chose ?  Autrement dit pensez-vous par exemple que le Québec devrait produire toute la nourriture consommée par ses citoyens ?

Aux États-Unis, une personne a fait l’expérience de la souveraineté alimentaire, elle a décidé de produire elle-même tous les ingrédients nécessaires à la conception d’un banal sandwich, de la farine pour faire le pain, en passant par le poulet, le fromage, la laitue et le sel…

Le verdict ?

La production ce sandwich a nécessité 6 mois de labeur et la rondelette somme de 1 500$:

Si le concept de souveraineté alimentaire est complètement absurde à l’échelle individuelle, il en va de même à l’échelle des pays. Il vaut mieux laisser l’agriculture aux gens/pays spécialisés qui peuvent produire en masse et à faible coût. Pendant ce temps, les gens/pays ont la possibilité de se spécialiser dans des tâches différentes. De cette spécialisation de la main-d’oeuvre naissent les économies prospères.


6 octobre 2015

L’agriculture au Québec c’est lait… Économie Mondialisation Québec

Monopole LaitierCet été j’ai fait quelques billets expliquant comment les agriculteurs affamaient les pauvres en défendant le stupide et ignoble système de gestion de l’offre (ici, ici & ici).

L’aspect financier ayant été couvert, il reste tout de même quelques affirmations des agriculteurs qu’il faut démolir. En voici quelques-unes…

Avec le libre-échange, on va boire du lait bourré d’hormone
Contrairement aux États-Unis, au Canada il est interdit d’utiliser des hormones pour stimuler la production laitière des vaches.  Mais cela ne représente pas un problème puisqu’aux États-Unis, il existe déjà beaucoup de producteurs qui n’utilisent pas d’hormone.  De plus, le libre-échange ne va pas empêcher les agriculteurs d’ici de vendre leur lait. Bref, les consommateurs vont avoir le choix de consommer du lait canadien ou américain avec ou sans hormone.

Il faut sauver les fermes familiales
Vous connaissez des fabricants familiaux de téléphones intelligents ? Ou des usines familiales de voitures ?  Et pourquoi pas des fabricants familiaux de télévision ?  Bien sûr que non…  Les fermes familiales sont des reliques paysannes.  Quand on veut produire efficacement au plus bas coup possible, on ne veut pas avoir un petit machin familial, mais une grosse entreprise !  Bigger is better, de voir disparaître les petites fermes familiales au profit de grandes entreprises serait une bonne chose. Mais que voulez-vous, au Québec on aime ça les petites affaires…  Au lieu de vouloir jouer dans la cour des grands, on préfère avoir de petites fermes, qui produisent du petit lait, pour un petit peuple.

Il faut occuper le territoire
Je n’ai jamais compris cet argument.  Il est si ridicule que je ne peux concevoir que des gens puissent l’évoquer…  Mais pourquoi faudrait-il occuper le territoire ?  Il va arriver quoi si le territoire n’est pas occupé ?  Des gens de la Niquabie vont aller coloniser nos territoires en douce pour nous envahir?

Les autres ont des subventions et ce n’est pas juste
On dénonce beaucoup les subventions agricoles aux États-Unis et en Europe. Pourtant, si je m’oppose systématiquement aux subventions québécoises à l’agriculture, j’approuve sans réserve les subventions européennes et américaines. Même que si elles étaient augmentées, ce serait une bonne chose.  Pourquoi ?  Les États-Unis et l’Europe, en subventionnant leurs produits agricoles, font en sorte que ces derniers sont moins chers. Résultat: j’économise lorsque je fais mon épicerie. Si les Américains et les Européens sont assez bêtes pour payer des taxes dans le but de me faire épargner, c’est leur problème, ce n’est pas moi qui vais leur dire d’arrêter !  Par contre, pas question qu’on utilise mes taxes pour subventionner les producteurs de porcs afin que les Américains payent leur bacon moins cher…

Mémo pour les péquistes…
Pour les péquistes qui condamnent l’accord Transpacifique…  Le Québec produit 40% du lait au Canada, mais notre poids démographique n’est que de 23%.  Autrement dit, dans un Québec indépendant sans accord de libre-échange pour exporter le lait dans le reste du Canada, de nombreuses fermes québécoises seraient contraintes de fermer leurs portes faute de débouchés…


20 août 2015

Le libre marché contre la corruption Canada Économie Mondialisation Revue de presse

The Globe And Mail

Ukraine PM calls on Canadian investors to help displace oligarchs
The Globe And Mail

Ukraine’s Prime Minister is calling on Canadian investors to take part in a massive privatization of state assets organized by Kiev as a way of weakening the power of wealthy oligarchs blamed for spreading corruption in his country.

Arseniy Yatsenyuk cited, for instance, Ukrainian businessmen who have been “sitting like vampires” on the country’s publicly owned energy sector.

Mr. Yatsenyuk spoke to The Globe and Mail Tuesday after he joined Prime Minister Stephen Harper in Chelsea, Que., to announce that Ukraine and Canada had struck a free-trade deal.

Ukraine is preparing to spin off billions of dollars of government enterprises – including power generation and distribution assets and chemical plants – and the government wants Western investors to bring more orderly business methods to the Eastern European country.

“I don’t want Ukrainian tycoons to buy these state-owned enterprises,” Mr. Yatsenyuk said. “We would be happy to see Canadian folks buying Ukrainian assets and bringing into Ukraine good corporate governance, new investment and new jobs.

“That is what I asked the Canadian Prime Minister: ‘Please tell your investors and your businesses to jump into Ukraine.’”

Je vous parle de cette nouvelle, qui date déjà de quelques semaines, parce que le commie qui écrit dans le journal à PKP avait écrit que l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Ukraine était mauvais, puisque l’Ukraine était un pays corrompu. Le pauvre homme n’a pas encore compris que le libre marché, et la compétition qui en découle, est le remède le plus puissant pour combattre la corruption.

Notez aussi que les politiciens ukrainiens semblent beaucoup plus intelligents que les nôtres, ils ont réalisé qu’une économie se développe avec des investissements étrangers et ils veulent que les Canadiens participent à la privatisation de leurs infrastructures. Ici, tous nos politiciens sont trop arriérés pour comprendre ce principe économique de base, surtout les nationaleux du PQ qui sont allergiques à tout investissement étranger dans notre économie.


18 août 2015

Les subventions Canada Économie Election 2015 États-Unis Mondialisation

Subvention AgricoleDans le débat sur la gestion de l’offre, les défenseurs de ce système injuste font souvent valoir l’argument qu’un pareil système est nécessaire pour se protéger des Américains qui subventionnent massivement leur agriculture.

Vraiment ?

Selon un rapport de l’OCDE publié vendredi dernier, pour la période 2012-2014, les subventions agricoles au Canada ont représenté 11,2% du revenu des agriculteurs. Aux États-Unis, cette proportion est de… 8,2% ! Vous avez bien lu, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, l’agriculture au Canada est plus subventionnée que celle aux États-Unis ! Donc non seulement les Canadiens sont appauvris par le système de gestion de l’offre, mais en plus ils doivent payer des taxes et des impôts pour soutenir un programme de subventions plus généreux que celui des Américains ! Bref, on se fait avoir de tous les côtés !

De plus, il faudrait comprendre que si les subventions canadiennes à l’agriculture sont néfastes pour les contribuables canadiens, les subventions américaines nous avantagent !

Pourquoi ?

Les États-Unis, en subventionnant leurs produits agricoles, font en sorte que ces derniers sont moins chers. Résultat: j’économise lorsque je fais mon épicerie. En bref, si les Américains sont assez bêtes pour payer des taxes dans le but de réduire ma facture d’épicerie, c’est leur problème, ce n’est pas moi qui vais leur dire d’arrêter !

Par contre, pas question qu’on utilise mes taxes pour subventionner les producteurs d’ici afin que les Américains payent leurs aliments moins chers…

Source:
OCDE
Agricultural Policy Monitoring and Evaluation 2015


18 août 2015

Le bilinguisme Économie États-Unis Mondialisation Revue de presse

The Charlotte Observer

Charlotte employers seeking more bilingual staff
Th eCharlotte Observer

In yet another sign of Charlotte’s growing immigrant workforce, a new kind of job fair is being held Friday, to recruit only people who speak more than one language.

Organizers believe it may be the first of many to come.

The Bilingual Customer Service Career Fair at the Latin American Coalition on Central Avenue will include such employers as Verizon, Chipotle, Goodwill and the Charlotte Hornets interviewing people for potential jobs.

Coalition officials say the idea for the fair grew from increased demand in the community for people who are bilingual, particularly those who speak Spanish and English.

The job fair comes at a time when recent U.S. Census Bureau data shows Mecklenburg County’s Hispanic growth rate continues to boom. The non-white Hispanic population grew 14.8 percent between 2010 and last year, more than double the white growth rate. Hispanics are now 12.7 percent of the county’s population, an estimated 128,473 people among 1.01 million residents.

Faith Josephs of the Latin American Coalition says the job fair was created in response to companies in the community that are seeking customer service employees who speak multiple languages. Most of the potential jobs require a high school diploma, through college level education is also being sought.

“This is a sign that Charlotte is changing. A career fair of employers seeking bilingual job candidates is unique, but more and more these companies are finding themselves with Spanish speaking customers,” said Josephs. “A lot (of immigrants) don’t realize what a skill it is to speak more than one language professionally, but it’s very highly sought.”

Dans le sud des États-Unis, les méchants red necks sont plus ouverts au bilinguisme que les péquistes…


17 août 2015

Le cartel agricole Canada Économie Election 2015 En Chiffres Mondialisation

La campagne électorale fédérale est encore jeune, mais pour le moment on ne voit pas de ballot question poindre à l’horizon, mais soyez certain que d’ici le 19 octobre, un enjeu finira bien par polariser l’électorat.

Si j’avais à parier 2$ sur la ballot question de la prochaine élection, je miserais sur la gestion de l’offre, un système qui est de plus en plus contesté par les négociations du partenariat transpacifique.

Au Canada, la production de lait, de volailles et d’oeufs est contrôlée par le gouvernement via un système de gestion de l’offre. Ce système permet au gouvernement de limiter la quantité de lait, de volailles et d’oeufs produite dans les fermes de manière à créer une rareté. Cette rareté permet au gouvernement d’exercer un contrôle des prix et de garantir aux agriculteurs un revenu élevé.

La gestion de l’offre c’est un enjeu idéal pour la gauche et les nationaleux puisqu’il est hautement émotif.  En parlant de la gestion de l’offre, on peut parler de concept absurde comme la souveraineté alimentaire (ici, ici & ici), dire que nos agriculteurs font pitié, que les méchantes grosses compagnies internationales menacent nos charmantes petites fermes familiales et que le capitalisme sauvage va nous empoissonner avec des pesticides et des OGM (vous voyez le genre de rhétorique boboche).

Bref, la gauche et les nationaleux pourront faire peur au monde. Et pendant que les gens seront terrorisés par le lait des Américains, le « cartel agricole » va continuer de leur vider les poches en leur faisant croire que c’est pour leur bien…

Pour bien réaliser à quel point la gestion de l’offre est un système qui dépouille des millions de consommateurs pour faire plaisir à quelques milliers d’agriculteurs, voici l’évolution des prix du lait, de la volaille et des oeufs au Canada et aux États-Unis depuis 20 ans:

Gestion de l'offre

Au Canada, depuis 1995 le prix d’un litre de lait a augmenté de 86% contre seulement 23% aux États-Unis.

Gestion de l'offre

Au Canada, depuis 1995 le prix d’un Kg de poulet a augmenté de 104% contre seulement 48% aux États-Unis.

Gestion de l'offre

Au Canada, depuis 1995 le prix d’une douzaine d’oeufs a augmenté de 110% contre seulement 92% aux États-Unis.

Pendant combien de temps encore la population va-t-elle accepter de soutenir un système qui pénalise autant de monde pour profiter à si peu de gens ?

À lire aussi sur ce sujet:

Sources:
Statistique Canada
Tableau 326-0012

U.S. Bureau of Labor Statistics
Consumer Price Index-Average Price Data

Federal Reserve Bank of St. Louis
Canada / U.S. Foreign Exchange Rate


17 août 2015

Vivre au Québec Canada Chine Économie Mondialisation Québec Revue de presse

South China Morning Post

Millionaire migration to Canada didn’t fall after investor scheme’s axing – it rose, new data reveals
South China Morning Post

It was last year that Ottawa turned off the tap of its millionaire migration scheme, the federal immigrant investor programme (IIP), which has been dominated by rich mainland Chinese. Announced last February, the closure came into effect last summer.

Citizenship and Immigration Canada (CIC) spreadsheets demonstrate that, yes, immigrant investor visa approvals under the federal IIP plunged 42 per cent as the scheme wound down, falling to a mere 2,541 applicants and family members in 2014. Yet, astonishingly, overall investor immigrant approvals nationwide were up by 7.2 per cent, hitting 8,762 approvals, the most since 2011.

How? Because, even while Ottawa was hitting the brakes on millionaire migration, the province of Quebec (which runs its own IIP) was hitting the accelerator. And l’accélérateur was winning. In 2014, Quebec approved a bumper 6,221 millionaire migrants and family members, a whopping 62 per cent increase compared to 2013. It was a near-record year, surpassed only by the 6,292 approvals in 2011.

Quebec’s programme matters to Vancouver, because 89 per cent of Quebec investor immigrants do not end up living there, according to federal data. Most likely end up in Vancouver, assuming those 89 per cent disperse in a fashion similar to their counterparts in the federal scheme. At this point thanks should go to Richard Kurland, the Vancouver immigration lawyer who has been a relentless pursuer of data that CIC does not prefer to release as a matter of course. The CIC spreadsheets that he shared with me this week were only obtained under access to information requests. The spreadsheets demonstrate in clear fashion how Quebec has historically approved a majority of Canada’s millionaire migrants, and has likely approved a majority of those who end up in Vancouver.

Avant de penser de faire du Québec un pays, ça serait bien de faire du Québec autre chose qu’une porte d’entrée au Canada pour les immigrants investisseurs. Quand on sait que 89% des immigrants investisseurs qui arrivent au Québec décident d’aller vivre ailleurs au Canada, c’est parce qu’il y a quelque chose de pourri dans le modèle la province…


23 juillet 2015

La mondialisation sauvage Arguing with Idiots Économie En Chiffres International Mondialisation

Les nationaleux et la gauche n’aiment pas la mondialisation, la mondialisation retire des pouvoirs aux gouvernements pour les redonner au peuple, affaiblir la toute-puissance du gouvernement c’est un sacrilège pour la gauche et les nationaleux.

La semaine dernière, on a découvert que la mondialisation était aussi détestée par l’Église catholique.  Le pape, qui est devenu un vulgaire communiste en soutane reproche sans doute au capitalisme mondialisé d’avoir sorti des millions de gens de la pauvreté, les pauvres c’est le public cible du nouveau pape…

Voyez par vous-même:

Mondialisation

Depuis 2000, le nombre de pauvres s’est réduit de 48% et la classe moyenne a augmenté de 86% !  Du côté des riches, l’augmentation n’est que de 17%, autrement dit, ce ne sont pas les riches qui ont le plus profité de la croissance économique.

En chiffres absolus, c’est 700 millions de personnes qui sont sorties de la pauvreté depuis 2001, un accomplissement remarquable du méchant capitalisme mondialisé.

Source:
Pew Research Center
Population Distribution by Income Tiers, 2001 and 2011