Antagoniste


8 octobre 2014

La productivité électorale Économie Élection 2014 En Chiffres Québec

J’attendais ces chiffres depuis quelque temps déjà, ils ont finalement été publiés hier, je fais bien sûr référence aux chiffres des dépenses électorales de la dernière campagne provinciale !

J’ai toujours trouvé un peu ridicules les gens qui paranoïent sur l’influence de l’argent en politique. Même si Québec Solidaire devait dépenser cent millions de dollars lors de la prochaine élection, on devrait me passer sur le corps avant que je vote pour ce parti d’illuminés.  Je doute que des publicités électorales ou des pancartes puissent faire gagner une élection, les idées et le traitement médiatique restent, selon moi, les principaux facteurs d’influence.  Cette hypothèse s’est vérifiée une fois de plus lors de la dernière élection, voyez par vous-même:

Élection Québec

Le PQ a dépensé 700 000$ de plus que les libéraux, pourtant il a obtenu l’un des pires résultats de son histoire. Au final, le PQ a dépensé 80% de la limite autorisé contre 71% pour le parti de Philippe Couillard.

Mais quel parti a dépensé le plus efficacement son argent ?  Autrement dit, quel parti a fait les dépenses électorales les plus productives, voici la réponse:

Élection Québec

Élection Québec

Au PLQ, on a dépensé l’équivalent de 3,34$ par vote reçu et faire élire un député a coûté 83 885$.  Au PQ, pour avoir un vote, on a dû dépenser 6,14$ et 219 845$ ont été dépensés par député élu.

Il est plutôt amusant de constater que les deux partis qui savent compter, le PLQ et la CAQ, ont eu une productivité électorale bien supérieure aux partis de la bonne gauche, la PQ et QS.

Source:
Directeur Général des Élections du Québec
Dépenses électorales de l’élection générale du 7 avril 2014


16 avril 2014

Les élections ont des conséquences Canada Économie Élection 2014 En Chiffres Québec

Dans la foulée du déclenchement des élections, je vous avais parlé de l’augmentation très inquiétante du coût d’emprunt pour le Québec (i.e. le service de la dette). À cette époque, les marchés financiers anticipaient une victoire du PQ.

Provenant directement d’un terminal bloomberg d’un de mes contacts, voici comment le coût d’emprunt pour le Québec et l’Ontario a évolué durant la dernière campagne électorale. Dans le premier graphique, on peut voir l’évolution des taux depuis le 2 janvier 2014 jusqu’au 14 avril 2014. Le second graphique correspond à l’écart (spread) entre les taux ontariens et québécois.

Dette Québec

Dette Québec

Au déclenchement des élections, l’écart avec l’Ontario a bondi de manière inquiétante, à ce moment, la plupart des gens donnaient la victoire au PQ avec un gouvernement majoritaire.  Par contre, la publication d’un premier sondage CROP qui donnait une courte victoire au PLQ a renversé cette tendance.  Cette diminution des taux s’est accélérée quand un sondage Léger a évoqué la possibilité d’un gouvernement libéral majoritaire.  Quand le PLQ a officiellement été élu le 7 avril dernier, nous avons presque retrouvé l’écart qui avait été observé en début d’année.

Même si on aime souvent dire que le PLQ et le PQ c’est blanc bonnet, bonnet blanc, il faut réaliser que les marchés financiers et les investisseurs ne voient pas les choses du même oeil. S’il est vrai que les programmes se ressemblent, il y a des « adultes » au PLQ qui sont capables de réassurer les marchés financiers en réduisant les possibilités de dérapages.

Je ne dis pas que le salut économique du Québec passe obligatoirement par le parti libéral, la CAQ aurait sans doute fait aussi bien, peut-être même mieux. Par contre, je dis que le PQ est devenu un parti qui a un effet délétère sur l’économie du Québec.


15 avril 2014

Top 5 Qc-Ca (en bonus: spécial campagne électorale) Canada Élection 2014 Québec Top Actualité

Le Top 5 de l’actualité québécoise et canadienne (8-14 avril) selon Influence Communication.

Encore cette semaine, la campagne électorale au Québec est au sommet de l’actualité au Québec, avec le dénouement de cette campagne et l’élection d’un gouvernement libéral majoritaire. La dernière semaine au Québec et au Canada a été fertile en nouvelles d’importance et le portrait des nouvelles est assez similaire entre le pays et la province, ce qui est plutôt rare. En effet, quatre des cinq nouvelles sont les mêmes, autant au Canada qu’au Québec. La mort de Jim Flaherty se hisse au sommet du palmarès au Canada, devant l’élection du gouvernement libéral au Québec. Monsieur Flaherty était le Ministre des Finances jusqu’à tout récemment et sa mort subite a surpris tout le Canada. Des funérailles nationales ont d’ailleurs été annoncées.

Actualité Québec

Actualité Canada

Bilan de la campagne électorale québécoise 2014

Bilan Campagne Québec

Bilan campagne Québec

Bilan Campagne Québec

Source:
Influence Communication


14 avril 2014

Qui a voté pour qui ? Élection 2014 En Chiffres Québec

J’aime la politique et les chiffres, voici donc une analyse du vote lors de la dernière élection, plusieurs découvertes très intéressantes…

Tout d’abord, voici le vote lors de l’élection précédente en 2012 en fonction de la région géographique (PQ minoritaire):

Élection Québec

En 2012, la domination du PQ a été nette, ils ont remporté 9 régions sur 15.  Voici le résultat pour l’élection de lundi dernier (PLQ majoritaire):

Élection Québec

Renversement complet de la situation.  On peut voir un effondrement marqué du vote péquiste qui s’accompagne d’une forte progression du vote libéral.  En tout, le PLQ a remporté 9 régions sur 15.

Autre élément intéressant, quand on compare les résultats de 2012 avec ceux de 2014, on peut remarquer que dans de nombreuses régions, le vote de la CAQ est resté stable, mais que celui du PQ s’est écrasé au profit du PLQ.  C’est le cas par exemple dans Lanaudière, en Mauricie, en Estrie ou dans la Capitale-Nationale.   Ces résultats indiquent, un peu contre toute attente, que le PLQ a réalisé une bonne partie de ses gains, du moins dans certaines régions, non pas en allant prendre des votes à la CAQ, mais plutôt au PQ !

Pour y voir plus clair, voici la différence entre l’élection de 2012 et 2014 dans chacune des régions:

Élection Québec

Pour le PLQ, on voit des gains impressionnants dans toutes les régions, un exploit plutôt remarquable.  Au PQ, on voit l’inverse, des pertes à la grandeur du Québec. Du côté de la CAQ, on voit beaucoup de pertes, quelques gains, mais dans presque toutes les régions, les pertes du PQ sont supérieures à celles de la CAQ. Autre élément intéressant, les plus grosses pertes de la CAQ l’ont été dans des régions où elle n’avait pas de réelle chance de gagner, comme Montréal, Laval, l’Outaouais ou le Saguenay-Lac-St-Jean.  Mais dans certaines régions clés, notamment dans le « 450 », on peut voir que le vote de la CAQ est resté relativement stable par rapport à l’élection de 2012 alors que ce sont les péquistes et les libéraux qui semblent s’être échangés des votes.

Le succès de la CAQ lors de la dernière élection est en bonne partie imputable à la victoire dans 9 circonscriptions qui étaient détenues par le PQ (principalement dans le « 450 »).  Voici comment le vote a évolué dans ces circonscriptions par rapport à l’élection de 2012:

Élection Québec

Dans ces 9 circonscriptions clés, certaines étant considérées comme des châteaux forts péquistes, le vote de la CAQ est resté assez stable. Par contre, on voit une chute dramatique du vote péquiste au profit du PLQ et, dans une moindre mesure, de QS.  Autrement dit, si la CAQ a pu se sauver avec la victoire dans ces circonscriptions, c’est principalement grâce aux péquistes qui ont décidé de voter libéral !  Est-ce mauvais signe en vue des prochaines élections ? Pas nécessairement, la CAQ est en bonne position pour rapatrier ce nouveau vote libéral fraîchement arraché au PQ.

En bref, lundi dernier, dans plusieurs circonscriptions importantes un vote pour le PLQ a été un vote pour la CAQ !

Source:
Directeur Général des Élections du Québec
Résultats > Élections générales


10 avril 2014

Printemps érable: le chapitre final… Élection 2014 Québec

Marois Casseroles

Lorsque le « printemps érable » a pris fin en 2012, plusieurs pensaient que le branding libéral avait été endommagé de manière permanente auprès des jeunes générations. À force de voir des carrés rouges manifester jour après jour contre le PLQ, plusieurs se sont dit qu’il faudrait du temps avant que ce parti puisse de nouveau séduire les jeunes. On avait dit la même chose de la CAQ qui s’était montrée peu réceptive aux revendications étudiantes.

Bilan de la situation deux ans plus tard:

  • Le président de la FECQ au moment du printemps érable, Léo Bureau-Blouin, est battu par un libéral. Toujours lors de cette élection, Martine Desjardins, présidente de la FEUQ lors du printemps érable, est battue par la CAQ.  Pierre Duchesne, ministre de l’Éducation supérieure sympathique aux carrés rouges, est lui aussi battu par la CAQ.  Pauline Marois, première ministre qui a joué de la casserole en 2012, a mordu la poussière face à une libérale.
  • Selon le dernier sondage Léger de la campagne électorale, le PLQ est le parti le plus populaire auprès des 18-24 ans avec 37% des intentions de vote.  La CAQ recueille 21% des appuis et le PQ arrive quatrième avec seulement 19% des intentions de vote.
  • Le taux de participation dans les campus n’a été que de 15%, on avait pourtant dit que le printemps érable avait politisé les jeunes.
  • L’organisme Forum Jeunesse, de concert avec le Directeur général des élections, a organisé une élection simulée dans 350 écoles secondaires et organismes jeunesses aux quatre coins du Québec. En tout, près de 70 000 jeunes de 12-17 ans ont participé à l’exercice.  Cette élection simulée aurait porté au pouvoir Philippe Couillard avec 35,9% des votes, suivi de Françoit Legault (21,4%) et Pauline Marois (18,1%). Vous avez bien lu, une médiocre troisième place pour le PQ…

Dire que Jacques Parizeau avait déclaré en octobre 2012 que le printemps érable allait contribuer à la relance du mouvement souverainiste…  Il apparaît de plus en plus évident que ce fameux printemps érable aura été un phénomène marginal qui a plus marqué les boomers que les jeunes…

En réaction à l’élection de Philippe Couillard; entendu durant la tribune téléphonique de la radio de Radio-Canada du 8 avril 2014…


10 avril 2014

Voter efficace Élection 2014 En Chiffres Québec

Avec notre mode de scrutin non proportionnel, il est primordial pour un parti politique d’avoir un vote efficace i.e. un vote qui sera concentré dans certaines circonscriptions au lieu d’être dilué aux quatre coins du Québec. Il est préférable d’avoir 50 000 votes dans 5 circonscriptions que d’avoir 50 000 votes dans 20 circonscriptions. Dans les deux cas, le nombre de votes est identique, mais seulement le premier scénario permet de faire élire des députés.

Chez les libéraux, on a pu faire élire 70 députés avec 1 757 075 votes.  Autrement dit, il a fallu au PLQ en moyenne 25 101 votes pour faire élire un député.  Voici la performance pour chacun des partis pour les élections de 2012 et 2014.

Élection Québec

Le PLQ a été le parti avec le vote le plus efficace en 2014.  Mais l’histoire de cette élection c’est le PQ et la CAQ.  Du côté de la CAQ, on a pu concentrer le vote de manière importante, principalement dans le 450, par rapport à l’élection de 2012.  Cette efficacité accrue (-29%) du vote a permis d’avoir plus de députés avec un suffrage moins élevé.  Au PQ on a vu l’inverse, le vote s’est dilué et est devenu beaucoup moins efficace (+39%).

Source:
Directeur Général des Élections du Québec
Résultats > Élections générales


10 avril 2014

La valeur refuge Économie Élection 2014 Québec Revue de presse

The Globe And Mail

Decisive Liberal win brings economic ‘stability’ to Quebec: economists
The Globe And Mail

The election of a majority Liberal government in Quebec and the decisive defeat of the separatist Parti Québécois signal a turn to greater economic stability and enhanced credibility on the fiscal front in the province, observers say.

“Suffice it to say that the sovereignty issue was all but put to bed last night,” BMO Nesbitt Burns chief economist Douglas Porter said in a note Tuesday. “From an economic perspective, a majority government (and silencing of referendum talk) returns some political stability back to Quebec, which is a clear positive for the flagging economy,” he said, pointing out that the Canadian dollar is modestly stronger Tuesday morning at $1.092 (U.S.).

“Certainly from a foreign investor perspective, they are more comfortable with the idea of the separation issue fading into the background,” said David Watt, chief economist with HSBC Canada. “We still need foreign investment having a strong confidence in Canada.”

“You’ve got four years of stability,” Mr. Mack said about Quebec. But he added that a key driver of market sentiment will be the first Liberal government budget and how determined it is about putting the province’s fiscal house in order. Mr. Porter said to expect the Liberal government of Philippe Couillard to target a budget surplus by 2015-16, mostly through a freeze on spending.”

The “election of a strong majority government increases certainty surrounding government policy since budgets and other key legislation can be passed without support from opposition parties,” Toronto-Dominion Bank economic analyst Sonny Scarfone said in a note Tuesday.

Même si on aime souvent dire que le PLQ et le PQ c’est blanc bonnet, bonnet blanc, il faut réaliser que les marchés financiers et les investisseurs ne voient pas les choses sous cet oeil. S’il est vrai que les programmes se ressemblent, il y a des « adultes » au PLQ qui sont capables de réassurer les acteurs économiques. Contrairement au PQ, vous pouvez être certains que le PLQ n’oubliera pas de nommer un ministre du revenu


9 avril 2014

Les années Couillard Économie Élection 2014 Québec

Charest réingénierie
YGRECK

Est-ce qu’il aurait été préférable d’élire un gouvernement libéral minoritaire lundi dernier ?

C’est la première question qui se pose quand on pense à l’élection de Philippe Couillard au poste de premier ministre. Un gouvernement minoritaire aurait eu des avantages certains. La balance du pouvoir appartenant à la CAQ, le parti de François Legault aurait pu tempérer les élans dépensiers qui nous ont si souvent déçus chez les libéraux.

Par contre, dans le contexte de la commission Charbonneau, un gouvernement minoritaire aurait tenu tout au plus 12 mois. Autrement dit, le Québec aurait dû passer au travers une autre campagne électorale portant sur l’intégrité, les prête-noms, Arthur Porter et probablement la charte. Une autre année complète à tourner en rond. En ce sens, un gouvernement majoritaire apportera une stabilité qui fera du bien à tout le monde.  Sans compter que François Legault pourra utiliser les 4 prochaines pour faire de la CAQ l’alternative naturelle au PLQ.  En 2007, l’élection d’un gouvernement minoritaire a eu pour conséquence que l’équipe de Mario Dumont a manqué de temps pour préparer l’élection qui allait suivre.

Mais avant d’aller plus loin au sujet du gouvernement de Philippe Couillard, je veux faire un détour en 2003, lors de l’élection de Jean Charest…

En 2003, l’un des premiers gestes du PLQ au lendemain de son élection avait été de demander une vérification des états financiers du gouvernement à Guy Breton, l’ancien vérificateur général. Lors de cette vérification, on découvre un trou de 4,3 milliards de dollars dans le budget du gouvernement précédent…

C’est suite à la découverte de ce manque à gagner que Jean Charest parle pour la première fois de la nécessité de procéder à une « réingénierie de l’État » pour sauver le Québec de la faillite (contrairement à la croyance populaire, la promesse de réingénierie n’a jamais été faite durant la campagne électorale, elle est venue après l’élection du gouvernement).

L’opération est lancée par Jean Charest le 4 juin 2003 lors de son discours inaugural dans lequel il déclare:

« Le Québec est à l’heure des décisions. Nous sommes arrivés au bout d’un modèle de fonctionnement. Ce modèle a été créé il y a une quarantaine d’années par de grands Québécois. Il nous a permis d’aller loin. Mais nous devons maintenant le revoir pour continuer à progresser. […]

L’État québécois, qui a donné le signal de notre émergence parmi les sociétés les plus modernes du monde, a vieilli. Il se trouve aujourd’hui en décalage face aux citoyens. Il ne parvient plus à répondre efficacement à leurs besoins. Et les Québécois en font les frais tous les jours. Il fait de nous les citoyens les plus taxés du continent. Il place notre niveau de vie au 52e rang sur 60 États et provinces du nord du continent. Cet État mal adapté nous coûte 37 % plus cher qu’en Ontario et 25 % plus cher que dans le reste du Canada.

Il s’en trouvera peut-être pour dire que c’est là le prix de notre différence. Nous refusons cette analyse. Notre différence n’est pas une taxe. Je pense plutôt que c’est le prix payé par les Québécois pour des gouvernements qui ont manqué à leur devoir; à leur devoir de réviser périodiquement leurs façons de faire, comme tous les citoyens ont dû le faire, que ce soit dans leur travail, leur entreprise, dans leur foyer et leur famille.[…]

Pendant combien de temps l’État québécois peut-il exiger davantage de sacrifices de ses citoyens que de lui-même? Pendant combien de temps l’État québécois peut-il continuer à tout taxer et à se mêler de tout avec, pour résultat, de souvent faire les choses à moitié?

C’est sur la base de ces principes de gestion que nous inaugurerons six grands travaux qui seront le coeur de la réingénierie de l’État québécois. »

On connaît la suite des choses… La réingénierie a été le plus grand flop de la carrière politique de Jean Charest.

Par contre, à la défense de premier ministre, on pourrait dire qu’il a été en avance sur ton temps.  En 2003, les Québécois faisaient leurs tout premiers pas sur l’axe gauche-droite et ils n’étaient pas outillés pour recevoir et comprendre un tel discours.  Leur attention ayant été monopolisée par les questions constitutionnelles depuis plusieurs décennies, on oublie que sur les questions de politiques publiques les Québécois sont partis de très loin.  Un énorme travail de pédagogie a été réalisé depuis et 11 ans plus tard, la réception à ce genre de discours serait probablement tout autre.

Pourquoi je vous parle de ça ?

Parce que tout comme Jean Charest, Philippe Couillard a débuté son mandat en demandant une vérification des états financiers du gouvernement précédent.  Qui sait, avec un peu de chance on trouvera peut-être un trou dans le budget et Philippe Couillard aura peut-être le courage de faire la réingénierie promise par Jean Charest…

P.-S. Dans un an presque jour pour jour, les conventions collectives du secteur public arriveront à échéance…


8 avril 2014

Déclin tranquille Élection 2014 En Chiffres Québec

Élection Québec

Les dernières belles années du PQ remontent à l’époque de Lucien Bouchard.  À cette époque, il y a environ 20 ans, le Parti québécois était en mesure d’aller chercher plus de 1 500 000 votes.  Depuis on observe une baisse constante.  Certes, l’arrivée de l’ADQ/CAQ a privé les deux grands partis de nombreux votes et le PQ a montré une légère progression en 2012, mais le PLQ reste le seul parti qui a pu briser le cap des 1 500 000 votes (à 2 reprises) depuis le début des années 2000.  Au PQ, la tendance est clairement à la baisse.

En 2007, tout le monde pensait que le PQ avait touché le fond du baril avec André Boisclair comme chef.  Aux prises avec la crise des accommodements raisonnables, Boisclair avait misé sur le concept de « nationalisme civique » par opposition au « nationalisme identitaire ».  Plusieurs avaient attribué la débâcle péquiste de 2007 à ce choix. En ce sens, la charte des valeurs était une réponse directe à la défaite de 2007, le PQ retournait sur le terrain du « nationalisme identitaire »  en espérant reconquérir le terrain perdu sous le gouvernement de Boisclair.  Le résultat final: en misant sur le nationalisme identitaire, le PQ à fait pire que Boisclair, moins de votes, moins de députés…

Entre « nationalisme civique » et « nationalisme identitaire », le Parti québécois a connu l’échec.  Et si le problème était le nationalisme tout simplement…  Chose certaine, lundi dernier les Québécois ont préféré un parti plombé par des histoires de corruption à un parti nationaliste.

On peut aussi se poser la question suivante: sans les scandales de corruptions au PLQ, le PQ existerait-il encore ?  Ces scandales ont-ils fait office de respirateur artificiel pour le PQ ?

P.-S. Ironique de constater que les nationalistes québécois avaient parié qu’un gouvernement conservateur majoritaire allait redynamiser leur combat.  Depuis que Stephen Harper est devenu premier ministre, le Québec a assisté au déclin du Bloc québécois et maintenant du Parti québécois.

Source:
Directeur Général des Élections du Québec
Résultats > Élections générales