Antagoniste


4 octobre 2007

Société distincte Canada Économie Élection 2007 En Chiffres Environnement Québec

Jean-François Dumas d'Influence Communication m'a fait parvenir des chiffres très intéressants au sujet la dernière campagne électorale québécoise et de l'actuelle campagne ontarienne (pour ceux qui l'ignorent, l'Ontario est en élection !).

Influence Communication a comparé le poids médiatique accordé aux différents enjeux de la campagne ontarienne et québécoise, voici les résultats…

Campagne électorale Québec Ontario

Contrairement au Québec, les grands thèmes de société occupent une place prépondérante dans la campagne qui se déroule actuellement en Ontario. Un seul point commun marque véritablement les deux campagnes: le très faible intérêt de la classe politique pour les métropoles (Toronto et Montréal).

Mais de quoi avons-nous parlé lors de la dernière campagne électorale au Québec ? Plus de 43 % de l'espace médiatique a été consacré aux éléments de controverse, aux sondages et à la question nationale ! En Ontario, la placer accordée à ces éléments a été négligeable.

Bref, il semble que les politiciens ontariens, contrairement aux politiciens québécois, sont capables de parler des "vrais affaires"…

Une leçon pour les politiciens québécois ? Espérons-le !


8 août 2007

En avoir pour son argent Élection 2007 Québec

Il y a 2 semaines, le directeur général des élections du Québec a rendu public les chiffres des dépenses électorales de l'élection du 26 mars. Quel parti a été le plus efficace avec son argent ? Voici un graphique illustrant le nombre de vote pour chaque dollar de dépenses électorales:

Élection Québec 2007

Ça coûte cher vouloir enfoncer des idées socialistes dans le crâne des gens…

Au total voici les dépenses des partis politiques:

  • PLQ: 3,60 millions $
  • PQ: 3,41 millions $
  • ADQ: 1,50 millions $
  • Québec Solidaire: 673 372$
  • Parti Vert: 137 355 $

Les chiffres rendus publics par le DGE démontrent une fois de plus qu'il est hasardeux de tracer un parallèle entre les dépenses électorales et l'appui populaire qui risque d'en résulter.

Source:
La Presse
Politique, jeudi 26 juillet 2007, p. A19


12 avril 2007

La balade des gens heureux Élection 2007 En Chiffres Québec

Colère, révolte, "angry white men", protestation… Les épithètes n'ont pas manqué pour expliquer le résultat électoral de l'ADQ.

Aujourd'hui était publié l'Indice Relatif de Bonheur (IRB) pour les différentes régions du Québec. Question de voir si les adéquistes sont des gens frustrés, j'ai comparé les résultats électoraux en fonction de l'IRB.

Indice Relatif De Bonheur

Les adéquistes ne sont ni frustrés ni malheureux, en fait plus les gens sont heureux, plus ils semblent voter ADQ. À l'opposé, c'est le PQ est le parti des gens malheureux.


6 avril 2007

Bilan électoral: Conflit générationel Élection 2007 En Chiffres Québec

Après avoir étudié la répartition du vote de la dernière élection en fonction de la densité des comtés et selon la richesse des circonscriptions, voici la répartition en fonction de l'âge.

Après avoir établi un classement de l'âge moyen dans chacun des comtés, j'ai divisé ces derniers en 5 groupes de 25 (125 total) pour déterminer combien de députés avaient obtenu les partis dans chacun de ces groupes. Le "groupe 1" ce sont les 25 circonscriptions les plus jeunes, le "groupe 5" les 25 circonscriptions les plus vielles.

Élection Québec 2007

Élection Québec 2007

Élection Québec 2007

PLQ: Une représentation relativement uniforme.

ADQ: Un vote très important chez les jeunes (groupe 1) et faibles chez les personnes âgées (groupe 5).

PQ: Plus les gens sont âgés, plus le vote péquiste devient fort.

Source:
Directeur Général des Élections du Québec
Renseignements sur les circonscriptions


4 avril 2007

Bilan électoral: la lutte des classes Élection 2007 En Chiffres Québec

Après avoir étudié la répartition du vote de la dernière élection en fonction de la densité des comtés, voici maintenant la répartition du vote selon la richesse des circonscriptions.

Après avoir établi un classement du revenu moyen dans chacun des comtés, j'ai divisé ces derniers en 5 groupes de 25 (125 total) pour déterminer combien de députés avaient obtenu les partis dans chacun de ces groupes. Le "groupe 1" ce sont les 25 circonscriptions les plus pauvres, le "groupe 5" les 25 circonscriptions les plus riches.

Élection Québec 2007

Élection Québec 2007

Élection Québec 2007

PLQ: Une représentation relativement uniforme avec une nette prédominance dans la classe aisée (groupe 5).

ADQ: Encore une fois, une répartition uniforme avec un léger avantage dans la classe moyenne inférieure (groupe 2).

PQ: Un désavantage très marqué dans la classe aisée (groupe 5), autrement la répartition est égale dans les différentes classes.

Source:
Directeur Général des Élections du Québec
Renseignements sur les circonscriptions


1 avril 2007

Bilan électoral: démographie du vote Élection 2007 En Chiffres Québec

Je pensais avoir tout dit, bien non… je reviens encore sur l'élection de lundi dernier.

De la victoire de l'ADQ on a spontanément dit que c'était celle "des régions". J'ai décidé d'aller plus loin dans l'analyse pour voir où se situe l'électorat de l'ADQ, du PLQ et du PQ.

Après avoir déterminé la densité de population (habitants/km2) de chacun des 125 comtés, j'ai divisé ces derniers en 5 groupes pour déterminer combien de députés avaient obtenu les partis dans chacun de ces groupes. Le "groupe 1" ce sont les 25 circonscriptions les moins denses, le "groupe 5" les 25 circonscriptions les plus denses.

Bref, Voici qui fera réfléchir les organisateurs électoraux pour la prochaine campagne.

Élection 2007

Élection 2007

Élection 2007

PLQ: 67% des députés du PLQ viennent de zones urbaines et métropolitaines (groupes 4 & 5)

ADQ: 73% des députés de l'ADQ viennent de zones suburbaines et banlieusardes (groupes 2 & 3)

PQ: 64% des députés du PQ viennent de zones rurales et métropolitaines (groupes 1 & 5)

Le PLQ est manifestement le parti des villes, l'ADQ obtient la majorité de ses votes dans "la moyenne" et le PQ à la particularité de clivez ses suffrages entre 2 zones aux antipodes l'une de l'autre.

Et si par "région" on désigne les zones rurales, alors les régions sont encore péquistes.

Source:
Directeur Général des Élections du Québec
Renseignements sur les circonscriptions

Pour terminer, voici 2 textes qu'il faut absolument lire: une analyse de ce qui pourrait arriver au PQ et une analyse de la gauche québécoise au lendemain de l'élection. Vous n'avez qu'à suivre le lien:

Cliquez ici pour lire la suite »


29 mars 2007

Bilan électoral: la couverture médiatique Élection 2007 En Chiffres Québec

Dans ce qui sera probablement mon dernier message sur la campagne électorale (je suis déjà nostalgique), voici encore une fois des chiffres très intéressants d'Influence Communication:

Influence Communication

Le poids média accordé aux partis a été plus proche du résultat de l'élection que les différents sondages publiés la veille du scrutin.

Marge d'erreur moyenne par rapport aux résultats de l'élection:

  • Poids Média: 1.6%
  • Léger Marketing: 1.8%
  • Strategic Counsel: 2.4%
  • CROP: 2.5%

28 mars 2007

Le Nouveau-Québec Élection 2007 En Vidéos Québec

Michel C. Auger et Christian Dufour au sujet du nouveau paysage politique québécois:

J'ai hâte de voir comment l'option du "oui" va évoluer dans les sondages suite aux résultats de l'élection. Va-t-on voir un résultat sous les 40% ?

À ce propos, un sondage Décima publié hier, montre que pour la première fois depuis 5 mois, les conservateurs sont devant les libéraux au Québec (25% vs. 20%). Le Bloc poursuit sa décente pour se situer à 34%.


27 mars 2007

Bilan électoral: la monté de l’ADQ Élection 2007 En Chiffres Québec

Voici la progression de l'ADQ, par rapport à l'élection de 2003, dans les différentes régions du Québec:

ADQ Mario Dumont Vote Élection

Avis à ceux qui voudrait voir dans l'élection d'hier un rejet de Montréal par le ROQ (Rest of Québec)…

Montréal est l'une des régions avec la plus forte hausse du vote adéquiste. Pour devenir Premier Ministre Mario Dumont devra obligatoirement faire élire des députés sur l'ile. Bref, les adéquistes doivent tendre la main aux montréalais, pas les aliéner ou les marginaliser…

Mario Dumont a fait le plein de votes dans les régions. Lors d'une prochaine élection, ce sera difficile d'aller y chercher plus de députés. Si Dumont veut prendre le pouvoir, il n'aura pas le choix de se coller sur Montréal, l'ADQ devra se "montréaliser". Surtout que la loi prévoit un redécoupage de la carte électorale pour la prochaine élection. Un redécoupage qui donnera de nouveaux comtés à la métropole.

Contrairement à cette élection, qui s'est passée essentiellement dans les régions, je m'attends à ce que Montréal soit un enjeu majeur de la prochaine.


27 mars 2007

Bilan électoral: quelques chiffres Élection 2007 En Chiffres Québec

Premièrement, regardons la justesse des sondages:

Sondage CROP Léger

L'ADQ a été sous-évalué par toutes les firmes de sondage: le mode de répartition des indécis est-il en cause ? Fait nouveau, il n'y a pas eu de "prime à l'urne" libéral cette année. Même que cette fameuse prime semble plutôt avoir joué pour l'ADQ !

Pour ce qui est de la représentativité des différents partis:

Élections 2003

Élection Québec 2003 Élection Québec 2007

Le déficit démocratique observé en 2003 s'est résorbé en 2007. Voilà qui risque de mettre le projet de réforme du mode de scrutin sur la glace.


26 mars 2007

Alea iacta est Élection 2007 Québec

Fait marquant de cette élection: La dernière fois où le paysage politique québécois a subi un bouleversement politique aussi considérable, c'était en 1976 quand le PQ a pris le pouvoir. Le coup de barre donné ce soir va redéfinir profondément la politique au Québec. Qualifier l'élection de 2007 de moment historique, ce n'est pas une hyperbole. Harper aura de quoi sourire dans les jours et semainesà venir.

—————

PQ: Le résultat de ce soir ne laisse pas le choix à Boisclair: il devra démissionner et le PQ entamera une longue et douloureuse phase de reconstruction (une remise en question de l'article #1 ?). Mais le PQ aura aussi la balance du pouvoir. Résultat: dans l'année qui vient, le PQ voudra à tout prix éviter d'aller en élection. Conséquence: le PQ va probablement appuyer tout ce que le PLQ va mettre sur menu législatif.

De voir les militants péquistes scandés "on veut un pays" lors du discours de Boisclair, ça avait quelque chose de surréaliste. J'ai l'impression que certains n'ont pas réalisé l'énorme virage politique que la province vient de prendre. Même chose pour Boisclair qui, dans son discours, a martelé un message souverainiste que le Québec vient tout juste de rejeter. Comme disent les anglais: "Denial is not a river in Egypt".

Gilles Duceppe doit se poser pas mal de questions. Assiste-t-on au début de la fin pour le Bloc à Ottawa ? Dans l'optique où Harper déclenchera des élections dans les semaines à venir et dans l'optique où le Bloc était déjà sur une pente descendante, l'avenir est sombre pour la formation bloquiste. Gardez en tête que la machine électorale du Bloc c’est la même que celle du PQ, une machine avec un moral bien bas…

—————

ADQ: Cette année, avec une équipe médiocre, Dumont a été capable de se hisser au rang d'opposition officielle. On peut être assuré que les candidats vedettes vont se bousculer aux portes de l'ADQ pour la prochaine élection. Mario a semé des graines dans tout le Québec avec l'élection de ce soir. Lors du prochain scrutin, ce sera la vraie récolte. Imaginez ce que l'ADQ pourra réaliser avec une équipe étoffée, avec des assises financières solides et avec une machine électorale rôdée… Ce soir, ce n'était qu'une répétition pour Dumont, la prochaine élection ce sera le vrai spectacle.

—————

PLQ: Alors que Boisclair a préféré nier la dure réalité dans son discours, Jean Charest a admis, avec sobriété et dignité, que le Québec venait de vivre un moment historique avec l'élection d'un gouvernement minoritaire. Un Charest modeste dans la victoire qui a peut-être réalisé que le temps était venu de passer le flambeau. Charest ne peut pas faire abstraction de la déconfiture de son parti auprès de l'électorat francophone. Le PLQ aussi doit passer par une phase de reconstruction qui s'incarnera obligatoirement par un changement du chef. Philippe Couillard ou Jean-Marc Fournier ont la stature pour relancer la formation libérale. Mais déloger un chef de parti occupant la fonction Premier Ministre, c'est mission impossible. Pareil exercice peut mener à des luttes fratricides lourdes de conséquences. Si le PLQ change de chef, cela devra se faire avec l'accord de Jean Charest. Charest est-il disposé à faire pareil sacrifice ?

Pour lire les autres commentaires fait durant cette soirée électorale, suivez le lien:

Cliquez ici pour lire la suite »


26 mars 2007

Quelques chiffres Élection 2007 En Chiffres Québec

Influence Communication a rendu public de nouvelles statistiques sur l'élection:

  • Les médias québécois ont accordé 80 % plus de couverture qu'en 2003.
  • Les quotidiens, les hebdomadaires et les magazines ont publié un total de 9 212 articles.
  • Les 128 principaux sites Web d'information québécois ont publié 4 234 articles, sans compter les blogues.
  • Les médias électroniques ont accordé à la campagne 132 432 minutes de temps d'antenne, soit 2 207 heures. Si on pouvait mettre ce contenu sur un seul support audio-vidéo, vous pourriez revivre la campagne électorale sans interruption, 24 heures sur 24, pendant 92 jours.

Autres statistiques intéressantes:

Influence Communication


26 mars 2007

Les culottes Élection 2007 France International Québec

Mettre ses culottes

Dans quelques heures, le Québec choisira qui devra "mettre ses culottes" et devenir Premier Ministre du Québec.

Il n'y a pas qu'au Québec où le port du pantalon n'est pas très prisé de la classe politique. Voici un article du Economist, au sujet de Chirac, mais qui aurait très bien pu être écrit au sujet de Charest (ou de n'importe quel autre Premier Ministre québécois):

The Economist
Tout a mal tourné

(traduction libre)

En arrivant à l’Élysée, M. Chirac héritait d’un pays agité, avec un chômage important, une dette croissante, un électorat déboussolé et un sentiment généralisé de stagnation politique.

Douze années plus tard, M. Chirac laisse à son successeur un pays agité, avec un chômage important, une dette croissance, un électorat déboussolé et un sentiment de stagnation politique encore plus intense

Chirac a fini par incarner la timidité, la peur du risque qui caractérise la classe politique française depuis un quart de siècle.

Cette façon de gouverner n’est ni clairement à droite, ni à gauche; elle évite le conflit et nie l’ampleur des problèmes latents.

Voici comment Tony Blair décrit son travail de Premier Ministre:

BBC
Journal de voyage

(traduction libre)

On apprend l’art de gouverner en prenant des décisions.

Parfois on a raison, parfois on se trompe. Mais quoi qu’il arrive, on fera des mécontents.

Quand j’ai commencé en politique, je voulais plaire à tout le monde.

Et puis, avec l’expérience, on apprend qu’on ne peut pas plaire à tout le monde.

On finit par comprendre que la meilleure chose, c’est de faire ce qui nous nous paraît juste et de laisser les autres penser ce qu’ils voudront.

En espérant que son message soit entendu au Québec !


26 mars 2007

Histoire électorale: le taux de participation Élection 2007 En Chiffres Québec

Un graphique qui résume les taux de participation aux élections québécoises depuis les années 80:

Taux Participation Québec

On peut facilement constater que plus le taux de participation est élevé, plus on favorise l'élection du Parti Québécois. Mais… c'était à l'époque des luttes à 2 ! L'arrivé d'un 3e joueurs, risque bien changer toute la dynamique électorale !

Quoi qu'il en soit, allez voter !

P.S.: Je serai là ce soir pour commenter les résultats électoraux.


25 mars 2007

Le prochain gouvernement sera… Élection 2007 En Chiffres Québec

Les prédictions finales, on saura dans 24h qui a vu juste !

Democratic Space
Democratic Space

 

HKDP
HKDP

 

Radio-Canada
Radio-Canada

Devant pareils résultats, il est bon de savoir ceci…

Blogue de MC Auger
Scénarios de quasi-égalité

Qu’arriverait-il en cas de quasi-égalité des sièges? La tradition britannique est bien établie là-dessus, même si elle permet quelques permutations.

Dans les faits, la Lieutenant-gouverneur doit suivre les recommandations du Premier ministre. Même dans un cas où le PQ aurait quelques sièges de plus que les libéraux, M. Charest pourrait continuer à gouverner et essayer d’obtenir la confiance de l’Assemblée nationale.

Il appartiendrait alors au troisième parti – probablement l’ADQ – de décider s’il vote, ou non, la confiance au gouvernement.

Si le nouveau gouvernement Charest n’obtenait pas la confiance, la tradition dicterait que la lieutenant gouverneur demande au chef de l’autre parti de former un gouvernement et d’essayer d’obtenir la confiance de la Chambre.

S’il devait échouer, la lieutenant gouverneur ordonnerait alors la tenue de nouvelles élections.

Il reste que la tradition britannique dicte aussi que c’est le parti qui a le plus de sièges qui forme le gouvernement. Ainsi, si le parti au pouvoir devait avoir plusieurs sièges de moins qu’une autre formation politique, il lui serait bien difficile de prétendre former un gouvernement.

Voici pour la théorie politique.

En pratique, cependant, le contexte du scrutin est important. On peut dire, dans le cas qui nous occupe, que si les libéraux devaient avoir moins de sièges que le PQ, lundi soir, on aura la preuve d’une volonté de changement de gouvernement de la part de l’électorat. Il serait donc difficile pour M. Charest de se maintenir au pouvoir.

Par contre, une majorité, ne serait-ce que d’une voix pour les libéraux leur permettrait d’interpréter leur mandat comme d’un refus d’un nouveau référendum sur la souveraineté – ce qui pourrait être un argument déterminant pour que l’ADQ supporte le gouvernement, au moins pour un temps.