Au Québec, il suffit qu’un ultra-gauchiste à l’accent français se pointe pour que les médias lui offrent une tribune sur laquelle il pourra débiter ses inepties.
Ce fut le cas il y a deux semaines quand le Politburo de Télé-Québec a cru qu’il était pertinent d’entendre les délires d’Éric Laurent à propos de la mondialisation.
La thèse d’Éric le rouge est assez simpliste: la mondialisation appauvrit les économies développées parce que des emplois sont délocalisés dans les pays en voie de développement.
Analysons les faits en regardant tout d’abord comment le PIB mondial s’est réparti depuis le début des années 80:
Comme on peut le voir, le processus de mondialisation qui a débuté au début des années 90 avec la création de l’OMC a permis une distribution beaucoup plus équitable de la richesse entre les pays pauvres et les pays riches. Cette redistribution a été accompagnée d’une augmentation substantielle du niveau de vie dans les pays en voie de développement, notamment en Inde et en Chine (voir plus bas).
Quand la gauche s’oppose à la mondialisation, on ne peut que constater l’inhumanité qui caractérise ce mouvement politique. Pour des raisons purement idéologiques, les tiers-mondistes préfèrent que les pays riches s’enrichissent et que les pays pauvres appauvrissent, car selon cette idéologie réactionnaire, la pauvreté par le socialisme est un sort plus enviable que l’enrichissement par le capitalisme.
Mais le graphique présenté ci-haut ne confirme-t-il pas la théorie d’Éric Laurent voulant que la mondialisation ait appauvri les pays développés ?
Absolument pas puisque l’économie n’est pas un zero-sum game où les gains d’un joueur se fait nécessairement au détriment d’un autre joueur. Pour preuve, voici comment a évolué le PIB par habitant depuis le début des années 80:
Si l’économie était un zero-sum game, l’enrichissement des économies en voie de développement se serait faite aux dépens des pays riches, or ce n’est pas ce qu’on peut observer puisque tout le monde s’est enrichi depuis la mise en place du processus de mondialisation.
Les gauchistes s’imaginent que l’économie est une tarte et que si une personne reçoit un gros morceau une autre devra obligatoirement en recevoir un plus petit. Ce que les gauchistes oublient c’est que le capitalisme augmente la taille de la tarte ce qui fait que tout le monde y gagne. Il vaut mieux recevoir 20% de 10 000% que 50% de 100$.
Voici un autre exemple qui illustre l’irrationalité des tiers-mondistes: le iPod qui est fabriqué en Chine. Chaque iPod importé aux États-Unis ajoute 150$ au déficit commercial américain. Par contre, chaque iPod vendu aux États-Unis injecte 162$ dans l’économie américaine. L’achat d’un iPod dont la fabrication a été délocalisée en Chine ne cause pas un déficit de 150$, mais un gain de 12$ pour l’économie américaine.
Pour terminer, Éric Laurent affirme aussi que la mondialisation a été caractérisée par un recul de la démocratie… Encore une fois il s’agit d’une légende urbaine typique de la gauche:
Pour terminer, soulignons simplement qu’Éric Laurent, ce prétendu grand reporter, en plus d’être un illettré économique est aussi un… truther ! Voilà qui est révélateur du professionnalisme dans nos médias… Et après nos médias osent faire la leçon à des gens comme Maxime Bernier…
Somme toute, l’entrevue de Marie-France Bazzo avec Éric Laurent est un bon exemple de dindification.
Dans un texte publié la semaine dernière dans le journal Métro, Léo-Paul Lauzon suggère que le salaire n’est pas la principale source de revenus des plus fortunés. Selon ce comptable de « l’école de La Havane », les riches se la coulent douce en encaissant des chèques qui se matérialisent comme par magie dans leur compte bancaire:
Prendre le revenu fiscal pour déterminer ceux gagnent plus de 100 000 $ l’an, pour ensuite prétendre que peu de riches paient trop d’impôts est ridicule. Le revenu fiscal est pour plusieurs qu’une infime partie de leur véritable revenu économique. Le revenu fiscal omet plusieurs revenus réels importants, comme la moitié des gains de capitaux, les plus-values réalisées sur les options d’achat d’actions détenues et sur les portefeuilles d’actions, les immeubles, etc.
En 1946, le revenu fiscal du top 1% des Canadiens les plus riches représentait 45,5% des revenus économiques. En 2007, cette proportion est passée à 67,8%. Si l’on regarde du côté du top 0,01% des Canadiens les plus riches, c’est 73,7% de leurs revenus économiques qui provenaient d’un salaire. Toujours pour l’année 2007, la proportion du revenu économique des riches provenant d’un salaire était à toute fin pratique identique à la proportion de l’ensemble de la population. En bref, les riches comme les pauvres doivent travailler pour gagner leur vie.
En passant, ces chiffres proviennent du Centre Canadien de Politiques Alternatives, un think-tank gauchiste…
On a découvert du pétrole sur l’Île d’Anticosti, beaucoup de pétrole… Devinez comment Léo-Paul Lauzon a réagi ? Vous l’aurez sans doute deviné, le comptable communiste (un oxymoron), veut tout nationaliser…
En bref, au lieu de copier le modèle gagnant de l’Alberta, qui a tout confié au privé, Léo-Paul Lauzon désire plutôt copier les républiques de banane d’Amérique Latine qui se sont toutes cassées la gueule en voulant nationaliser la production de leur énergie fossile:
Nationalisation = État = Incompétence
Avis à ceux qui meurent d’envie de me répondre que Petrobras, Statoil et Électricité de France sont des exemples de succès étatique, je vous rappelle que toutes ces sociétés sont inscrites en bourse. Au Québec, quand Mario Dumont a proposé de privatiser 10% des actions d’Hydro-Québec, on a parlé de trahison.
Dans un billet qui a été publié cette semaine, Richard Hétu a affirmé que plus un Américain regardait Fox News, plus il était ignorant et désinformé. Pour appuyer ses dires, un copier-coller d’une « étude » réalisée par l’Université du Maryland est mis en preuve par le blogueur.
Mais comme c’est trop souvent le cas, avant de faire son copier-coller, Richard Hétu ne s’est pas questionné sur la validité de l’information qu’il rapportait.
Malgré tout ça, selon la savante étude de Richard Hétu, si vous pensez que l’économie américaine est sur la pente descendante, vous être ignorants et désinformés !
Je pourrais poursuivre cet exercice puisque l’étude citée par Richard Hétu est bourrée de questions subjectives. Mais analysons plutôt une étude réalisée le mois dernier par le Pew Research Center qui a elle aussi évalué le niveau de connaissance politique et économique des Américains. Cette étude est intéressante parce que les questions sont purement objectives, par exemple on a demandé aux gens quel était le taux de chômage, qui sera le prochain speaker au Congrès ou encore qui était le premier ministre britannique.
Dans cette étude, l’électorat républicain a obtenu une note de 5,7/12 alors que les démocrates ont dû se contenter d’un score de 5,0/12.
En se basant sur les résultats de cette étude, il est impossible de conclure que plus un Américain regardait Fox News, plus il est ignorant et désinformé.
Il serait intéressant de faire une étude sur le niveau d’ignorance et de désinformation au Hétutistan… Nul doute que le résultat serait à la hauteur du matériel que l’on peut y lire…
P.-S. Le prochain invité de la chronique Arguing with Idiots: Amir Khadir ! (billet qui sera publié lundi)
Le bout de plus drôle de la discussion entre Gravel et son coanimateur ? Celui où ils entrent dans la gang des conspirationnistes qui croient au règne des Reptiliens. Extrait, dans la discussion des périls qui nous guettent, si on écoute les écologistes :
Gravel : Ce raisonnement-là, ultimement, amène au contrôle des naissances, parce que l’humain pollue. Tsé, si vous voulez vous rendre là, tsé, allez-y mais moi, je vais rester icitte.
Le coanimateur : On va interdire aux gens de se reproduire. Rendu là, c’est la prochaine étape. Tu vas entendre ça dans la bouche des artistes québécois prochainement.
Ainsi donc, selon Patrick Lagacé, prétendre que les éco-fascistes seraient favorables aux contrôles des naissances est tout aussi ridicule que de croire à une conspiration reptilienne…
Really…
L’organisation écologiste britannique « Optimum Population Trust » a proposé il y a 3 ans que les pays industrialisés réduisent leur population de moitié pour contrer les effets des changements climatiques. Mais Lagacé va sans doute me répondre que cet exemple ne compte pas, parce que le Royaume-Uni c’est loin du Québec…
Alors, on pourrait parler de John Holdren, le directeur du comité pour la science et la technologie de la Maison-Blanche, qui a déjà envisagé de sauver la planète en ajoutant dans l’eau potable un produit pour rendre les gens infertiles. Mais Lagacé va sans doute me répondre que cet exemple ne compte pas, parce que les États-Unis c’est loin du Québec…
Alors, on pourrait parler de David Suzuki qui, de passage à Montréal, a déclaré à une journaliste de La Presse que pour protéger l’environnement, il fallait limiter la croissance démographique:
Mettons que Patrick Lagacé a raté une belle occasion de se taire (et dans son cas, ce ne sont pas les occasions qui manquent).
Pour éponger les déficits qui menacent de nombreux pays, suffit-il de taxer les plus riches ? Gérald Fillion semble penser que oui, la solution passerait par une taxe mondiale imposée aux millionnaires dont la fortune totale s’élève à 39 000 milliards de dollars.
En 2009, le PIB de la planète se chiffrait à 70 170 milliards de dollars. La dette mondiale de son côté s’est élevée à 56% du PIB ce qui représente une coquette somme de 39 295 milliards de dollars. Donc, à titre indicatif, pour payer les dettes de l’ensemble des économies planétaires, il faudrait que la fortune des millionnaires (pas leur revenu) soit taxée à hauteur de 100,8%.
De plus, pourquoi en veut-on autant aux millionnaires ? Après tout, ceux-ci ont fait fortune en créant des emplois et en développant des produits qui nous rendent la vie plus facile.
Prenons l’exemple de Bill Gates, le président de Microsoft. Le salaire moyen des employés de Bill Gates est de 49 000$ et Microsoft compte 89 000travailleurs. Autrement dit, chaque année, Microsoft verse environ 4,4 milliards de dollars en salaire. La fortune de Bill Gates, qui s’élève à 54 milliards de dollars, a été amassée sur une période de 35 ans, ce qui représente un revenu moyen de 1,5 milliard de dollars par année. En bref, les salaires versés par Microsoft sont supérieurs aux revenus de Bill Gates ! Et le portrait serait encore plus frappant si je tenais compte des dividendes versés aux actionnaires.
Et l’on voudrait nous faire croire que le monde serait meilleur si Bill Gates n’avait jamais vu le jour, parce que sa fortune serait illégitime ou indécente. Bill Gates n’est pas devenu multi-milliardaire en volant les gens, il est devenu multi-milliardaire en enrichissant des centaines de milliers de gens.
De plus, si on renfloue les économies en péril avec l’argent des millionnaires, quels messages envoie-t-on aux gouvernements ? Pourquoi le Portugal ferait-il le ménage de ses finances publiques, s’il sait qu’il sera sauvé par les millionnaires australiens ? La mesure proposée ne peut qu’empirer les choses en encourageant l’irresponsabilité.
Si l’on veut assainir les finances publiques aux 4 coins de la planète, il n’y a qu’une seule solution viable: couper dans les dépenses.
Depuis une trentaine d’années, plusieurs pays ont réussi à diminuer substantiellement leur déficit. En moyenne ces 7 pays ont réduit leur déficit de 8% en pourcentage du PIB. Y a-t-il une recette à utiliser ? Il semble évident que c’est du côté des dépenses que les efforts des gouvernements ont été concentrés. En effet, au cours de ces périodes on observe en moyenne une baisse de 7.4% des dépenses en pourcentage du PIB. Quant aux recettes de l’État, il est surprenant de constater qu’elles ont augmenté de seulement 0.8%.
Mais qu’en est-il de ses 45 millionnaires américains qui ont lancé une pétition pour être taxés encore plus ? Si les Warren Buffet de ce monde ne savent pas quoi faire de leur argent, ils peuvent faire un don directement au gouvernement de leur choix. Nul besoin d’attendre que les impôts soient augmentés pour donner l’exemple. Mais parions qu’ils n’en feront rien…
P.-S. Jean-François Lisée s’extasie devant la perspective de voir un gouvernement mondial imposer, de gré ou de force, une taxe sur les millionnaires à des États souverains. Vous avez bien lu: un souverainiste qui réclame à grands cris un gouvernement mondial fort et centralisateur ! Une preuve de plus que ces gens sont des socialistes avant d’être des souverainistes.
Alec Castonguay, correspondante parlementaire pour la feuille de chou national-socialiste, était en entrevue hier midi sur les ondes du 98,5 avec Benoît Dutrizac. Pour l’occasion, les 2 comparses se sont foutus de la gueule de Maxime Bernier qui, dans le cadre d’une conférence de l’IEDM, a déclaré que plus l’État réglemente et intervient dans l’économie, plus il y a de corruption.
Malheureusement pour messieurs Castonguay et Dutrizac, Maxime Bernier avait raison.
La Banque Mondiale publie chaque année le classement « Doing Business » qui détermine dans quelle mesure l’intervention de l’État et la réglementation entravent le développement du secteur privé. En 2006, la Banque Mondiale a montré que plus les gouvernements sont interventionnistes, plus la corruption augmente. J’ai refait l’exercice pour l’année 2010, voici le résultat (l’indice de corruption provient de Transparency International):
On obtient à peu de chose près le même résultat qu’en 2006, confirmant ainsi la relation positive qui existe entre l’étatisme et le niveau de corruption. Chaque procédure bureaucratique imposée à une entreprise représente une opportunité de pot-de-vin. Moins il y a d’interactions avec les bureaucrates, moins il y aura de possibilités de corruption.
Ce résultat est aussi confirmé par l’indice de liberté économique de l’institut Fraser (l’indice de corruption provient de Transparency International):
D’ailleurs, depuis le début de la récession les programmes de relance de l’économie ont entraîné une augmentation du niveau de corruption. Voici l’évolution de l’indice de corruption dans les pays du G8 depuis 2001 (l’indice de corruption provient de Transparency International):
Plus l’indice est proche de 0, plus la corruption est importante
Le même exercice, mais avec l’OCDE, une organisation de pays développés possédant un système de gouvernement démocratique et une économie de marché (34 pays membres):
Plus l’indice est proche de 0, plus la corruption est importante
De 2001-2007, soit pendant 6 ans, tant chez les pays du G8 que ceux de l’OCDE, la corruption a diminué de manière importante. Mais à partir de 2008, année durant laquelle les plans de relance ont débuté, la tendance s’est inversée, tous les gains ont été effacés et la corruption a augmenté de manière importante.
Dans la littérature spécialisée, on retrouve aussi des études qui démontrent qu’il existe un lien entre la corruption et la taille du gouvernement:
Regarding the primary focus of the paper, our results show that government size, in particular spending by state governments, does indeed have a strong positive influence on corruption. [...]
Several other interesting results emerge from our analysis. Given the positive relationship between corruption and the size of state-local governments and a negative relationship between government salaries and corruption, it turns out that policy makers looking to reduce corruption by cutting government spending should be reducing expenditures other than those on employee salaries. Further, it appears from our analysis that corruption increases in periods of economic downturns.
Using a well-known index of corruption, this paper examines the determinants of corruption for a large sample of countries. Specifically, we are interested in determining whether greater economic freedom or greater political freedom contributes more to corruption abatement. The previous literature has studied some related aspects, but the present study is unique in using broad-consistent indices for economic and political freedom. Our results show that greater economic freedom, rather than greater political freedom, seems to be a more effective deterrent to corrupt activities. [...]
Our findings can have useful implications for public policy. In the context of internal policy, while both greater economic freedom and greater political freedom contribute to corruption reduction, there are relatively greater benefits in terms of less corruption when economic controls are relaxed.
Jean-François Lisée est un homme en colère (ici & ici). Imaginer, dans la République québécoise de la pensée unique, Nathalie Elgrably-Levy a commis le crime suprême de lèse-majesté: elle a osé critiquer Sa Sainteté Barack Obama.
Voici un extrait de la chronique de Mme Elgrably-Levy qui a tant déplu au gardien de la révolution:
Les Américains voulaient un rédempteur, ils ont élu un imposteur. Ils voulaient sauver leur économie, leur président l’a mutilée. Ils voulaient se sortir de la crise, Washington les y a enfoncés.
L’élection de mardi représentait bien plus qu’un bras de fer entre les partis démocrate et républicain. C’était un affrontement entre l’idéologie socialiste et les valeurs américaines, entre la tyrannie et la liberté.
Lisée s’insurge contre l’utilisation des termes « imposteur » et « tyrannie » en précisant que jamais il n’oserait utiliser ces termes contre « des élus du peuple ».
Débutons avec « l’imposteur ».
Barack Obama a fait campagne en prétendant qu’il serait un apôtre du bipartisme, mais sa présidence s’est déroulée sous le signe de l’hyper-partisannerie. Refusant tout compromis avec les républicains, il a réussi l’exploit de diviser encore plus les Américains que George W Bush. En fait, Obama est le président qui a le plus divisé son pays depuis que la maison de sondage Gallup interroge les gens sur cette question.
Lisée à même l’audace d’affirmer que jamais il n’oserait utiliser le terme d’imposteur pour décrire un « élu du peuple ».
Quel est l’auteur qui a publié une biographie, en 2 volumes, sur Robert Bourassa ayant pour titre « Le Tricheur » et « Le Naufrageur » ?
Nul autre que Jean-François Lisée ! Si seulement Mme Elgrably-Levy avait su qu’en traitant Obama de « tricheur » ou de « naufrageur », au lieu d’imposteur, elle aurait pu éviter de froisser Lisée…
Ensuite, le terme « tyrannie ».
La gauche, dans toutes ses déclinaisons, s’articule autour d’un thème central: la réduction des libertés individuelles. Par définition, être gauchiste, c’est être contre la liberté et pour la tyrannie, tout ce qui change c’est le degré d’application de cette doctrine. Il peut s’agir d’une tyrannie « hard », comme c’est le cas en Corée du Nord ou d’une tyrannie « soft » comme c’est le cas au Québec, mais au final l’objectif est le même: asservir les gens aux dictats imposés par un gouvernement sous prétexte que pour être bien dirigés, les décisions ne doivent pas être prises par les individus, mais par une petite élite toute puissante.
On ne peut pas contrôler l’économie sans contrôler les gens et quand un gouvernement décide de s’aventurer sur cette voie, il doit obligatoirement utiliser la force et la coercition pour atteindre ses objectifs. Par conséquent, tout combat contre la gauche est, sans exception, un combat pour la liberté et contre la tyrannie.
Les Américains avaient bel et bien le choix entre la liberté et la tyrannie lors de la dernière élection et ils ont dit non à la tyrannie. Ils n’ont pas dit non à la tyrannie d’Obama, Obama n’est qu’un homme, un symptôme. La tyrannie qui a été sanctionnée dans les bureaux de scrutin le 2 novembre dernier est celle de l’État.
N’est-ce pas Ronald Reagan qui a dit:
—
"Perhaps you and I have lived with this miracle too long to be properly appreciative.
Freedom is a fragile thing and is never more than one generation away from extinction. It is not ours by inheritance; it must be fought for and defended constantly by each generation, for it comes only once to a people. Those who have known freedom and then lost it have never known it again."
Dans son billet, Jean-François Lisée se demande aussi si Harper peut être qualifié de tyran parce qu’il est intervenu pour stimuler l’économie. Disons simplement que depuis qu’Obama a pris le pouvoir, l’indice de liberté économique des États-Unis a reculé. Durant la même période, l’indice du Canada a progressé.
Il est amusant de constater que les gauchistes se dissocient maintenant du label de “socialiste”. Il y a quelques années, la gauche était fière de se dire socialiste. Les anti-étatistes ont fini par faire comprendre à la population qu’être un socialiste c’était quelque chose de répugnant. La gauche est obligée de rejeter ce terme et aujourd’hui elle utilise le vocable « progressiste », un terme différent pour une même tragédie.
Pour terminer, Jean-François Lisée affirme qu’en tant que directeur exécutif du CÉRIUM, il exige la plus grande rigueur de ses membres. Si c’est le cas, des mesures seront-elles prises contre Jocelyn Coulon (chercheur invité au CÉRIUM) qui a publié un texte haineux et bourré d’erreurs factuelles sur les Tea Party ? Quand un texte vient du champ gauche, Jean-François Lisée fait-il preuve de plus de laxisme ?
D’ailleurs, si Jean-François Lisée était cohérent, il aurait dû donner sa démission du CÉRIUM pour avoir bêtement qualifié les Tea Partyde mouvements racistes. Une analyse simpliste, mensongère et indigne d’une personne qui prétend être un spécialiste de la politique américaine.
Le travail de Richard Hétu consiste à faire des copier-coller pour diaboliser les Tea Party. Un travail qui ne demande aucune intelligence, aucun esprit d’analyse et aucun effort. Par opposition, le travail d’un journaliste consiste à se poser une question fondamentale avant d’écrire un article: les faits rapportés sont-ils véridiques ?
Cette semaine, Richard Hétu a publié un billet dans lequel il prétend dresser un portrait de l’image des Tea Party sur la scène internationale. Si Richard Hétu avait mis de côté sa job de cheerleader pour devenir un journaliste, l’histoire de quelques instants, il aurait réalisé à quel point son dernier billet sur les Tea Party est risible.
Reprenons point par point les éléments de ce billet.
Pakistan :«Le Tea Party est un paravent politique pour une campagne de dénigrement contre l’islam.»
Quelle ironie, le Pakistan qui se permet de donner des leçons de tolérance religieuse… Pendant que les Américains s’opposent à la construction d’une mosquée près de Ground Zero, sans pour autant s’opposer à ce qu’elle soit construite ailleurs, les islamistes au Pakistan s’amusent à brûler des chrétiens… C’est sans compter que la constitution pakistanaise interdit à toute personne non musulmane de devenir président, premier ministre ou juge.
Je vous signale aussi que le Pakistan a démoli, en 1980, la dernière synagogue encore présente dans ce pays. S’il est possible de construire des mosquées aux États-Unis, n’essayez pas de construire une synagogue au Pakistan, cette prétendue oasis de liberté religieuse… En passant, le prince saoudien Alwaleed bin Talal a affirmé hier que la mosquée de Ground Zerodevrait être construite ailleurs. Le prince Alwaleed bin Talal serait-il lui aussi un islamophobe ?
Pour terminer, soulignons qu’un sondage publié récemment a montré que c’est aux États-Unis où l’on supporte le moins l’interdiction du port du voile islamique, seulement 25% des Américains appuient cette mesure. Si l’on veut trouver des pays qui ne respectent pas la liberté de religion, on pourrait se tourner vers la France où 82% de la population appuie une interdiction complète du port du voile. On pourrait aussi regarder du côté du Québec ou 75% de la population considèrent que les minorités religieuses ont trop de droits. Soulignons aussi qu’Andrew Kohut, du Pew Research Center, a affirmé qu’il n’y avait aucune montée de l’islamophobie aux États-Unis.
Allemagne :«Le Tea Party est une expression de la peur du déclin américain.»
Si les Allemands veulent trouver une « expression de la peur », ils pourraient commencer par regarder ce qui se passe dans leur propre pays. Voici ce qu’a déclaré la chancelière Angela Merkel la semaine dernière:
« The beginning of the 1960s our country called the foreign workers to come to Germany and now they live in our country. We kidded ourselves a while. We said: ‘They won’t stay, after some time they will be gone,’ but this isn’t reality. »
Si aux États-Unis on s’oppose à l’immigration illégale, en Allemagne on s’oppose à l’immigration légale. Imaginez qu’elle aurait été la réaction si un politicien avait dit au sujet de l’immigration légale aux États-Unis: « Ils ne resteront pas, après un certain temps ils partiront, mais ce n’est pas la réalité ».
Si les médias allemands cherchent une expression de peur et de déclin, ils pourraient commencer par regarder la situation dans leur pays. Rappelons que les néo-nazis gagnent en popularité en Allemagne alors que l’Arizona est considéré comme un petit paradis pour l’immigration légale, une terre d’asile pour des réfugiés politiques provenant des 4 coins de la planète.
Chine :«Le Tea Party mènera à un conflit États-Unis-Chine.»
Publicité du candidat démocrate Joe Sestak dirigé contre le républicain Pat Toomey, un candidat du Tea Party:
Soulignons simplement que la mondialisation est le moyen le plus sûr de garantir la paix entre les nations.
Même si l’image projetée dans les médias laisse croire que des conflits armés font rages aux quatre coins de la planète, en réalité la situation est tout autre: depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le monde n’a jamais été aussi paisible…
The policy implication of our finding is that further international cooperation in reducing barriers to both trade and capital flows can promote a more peaceful world. Furthermore, efforts at democracy while laudable should not have the expected pacifying effects between neighbors unless the appropriate institutions are developed simultaneously to promote trade and capital flows between nations.
La mondialisation et l’intensification de l’intégration économique entre deux pays accroissent les incitatifs à ne pas aller en guerre. Attaquer un pays avec lequel on partage de nombreux liens économiques a pour résultat d’affaiblir sa propre économie.
France :«Le Tea Party est une mouvement de théoriciens de conspiration, de réactionnaires et d’anti-élitistes.»
Monde hispanophone :«Un mouvement de la droite ultra-radicale dans le moule autoritaire d’une autre époque.»
Le comble de l’ironie… Si le « monde hispanophone » cherche un « moule autoritaire d’une autre époque », il pourrait regarder du côté d’Hogo Chavez, Cristina Kirchner ou Evo Morales.
Le Tea Party se bat pour défendre les libertés individuelles, mais selon le discours orwellien de la gauche, les libertés individuelles sont devenues synonymes d’autoritarisme et la coercition de l’État est devenue synonyme d’émancipation… Il ne faut pas chercher à comprendre comment des gens prétendument si intelligents peuvent être si incohérents.
Somme toute, vous êtes maintenant à même de juger à quel point Richard Hétu c’est une fois de plus distingué par la médiocrité de son travail.
Selon Léo-Paul Lauzon, la formidable croissance économique du Brésil sous le règne de Luiz Inácio Lula da Silva est une preuve béton démontrant que le socialisme est un système économique non seulement viable, mais capable de sortir un pays de la misère.
Bien évidemment, le seul moyen pour arriver à cette conclusion consiste à utiliser une bonne dose de cherry-picking…
Voici l’argument central du texte de Léo-Paul Lauzon:
Le Brésil, pays de 192 millions d’habitants, a frôlé la faillite durant les années 1990 avec ses gouvernements de droite appliquant le catéchisme néolibéral. Puis, en 2002, les Brésiliens ont élu comme président le socialiste Lula, du parti des travailleurs.
Durant les années 90, le Brésil a-t-il vraiment appliqué le catéchisme néolibéral ? Malheureusement pour Léo-Paul Lauzon, l’argument central de son texte ne passe pas l’épreuve des faits:
Premièrement, Léo-Paul Lauzon affirme que durant les années 90, le Brésil a frôlé la faillite à cause du « catéchisme néolibéral ». Je me demande bien à quel néolibéralisme il fait référence puisque les années 90, l’indice de liberté économique était à l’un de ces niveaux les plus bas.
Deuxièmement, Léo-Paul Lauzon attribue la renaissance économique du Brésil à l’élection de Luiz Inácio Lula da Silva, un président socialiste, en 2002. Pourtant, c’est sous le règne de ce président que le niveau de liberté économique a atteint ces plus hauts sommets. De 2002 à 2008, l’indice de liberté économique moyen du Brésil a été de 6,04 ce qui fait de Luiz Inácio Lula da Silva le président le plus néolibéral du Brésil depuis 1970.
L’argument central du texte de Léo-Paul Lauzon s’avère donc complètement erroné. Si le comptable de l’UQAM avait voulu être juste, il aurait plutôt dû écrire:
Le Brésil, pays de 192 millions d’habitants, a frôlé la faillite durant les années 1990 avec ses gouvernements étatistes appliquant le catéchisme interventionniste. Puis, en 2002, les Brésiliens ont élu comme président le néolibéral Lula, du parti des travailleurs.
Autre fait intéressant, le taux de taxation au Brésil en pourcentage du PIB est de 23,8%. Le taux de taxation aux États-Unis en pourcentage du PIB est de 26,9%. Bref, au niveau de la fiscalité, le gouvernement américain est plus socialiste que le parti socialiste brésilien !
Allez savoir pourquoi, quand les médias québécois tentent d’expliquer le mouvement d’opposition au président Obama, la rigueur journalistique fout le camp. La semaine dernière, Richard Martineau nous a donné une autre preuve de cette psychose en publiant un article truffé de demi-vérités, voire de mensonges, dans lequel les émotions ont pris le dessus sur la raison.
Donc sans plus attendre, voici une démolition contrôlée de l’article de Richard Martineau.
On croyait que la montée fulgurante de Sarah Palin, une idiote qui se disait calée en politique internationale parce qu’elle « pouvait voir la Russie de sa fenêtre », sonnait la fin du déclin du Grand Ole Party.
L’idée voulant que Sarah Palin ait déclaré voir la Russie de sa fenêtre est un pur mensonge qui a été créé de toutes pièces par les médias américains (pour ensuite être repris par tous les autres médias). Cette affirmation tient son origine d’une émission Saturday Night Live dans laquelle Tina Fey, personnifiant Sarah Palin, a déclaré: « I can see Russia from my house ». Ensuite, comme par magie, cette déclaration tirée d’un sketch humoristique est devenue la propriété de Sarah Palin. Quand Saturday Night Live devient une source d’information crédible pour les journalistes, on comprend pourquoi ces derniers sont considérés comme des pestiférés.
« We have that very narrow maritime border between the United States, and the 49th state, Alaska, and Russia. They are our next door neighbors.We need to have a good relationship with them.
They’re our next door neighbors and you can actually see Russia from land here in Alaska, from an island in Alaska.
I’m giving you that perspective of how small our world is and how important it is that we work with our allies to keep good relation with all of these countries, especially Russia. We will not repeat a Cold War. We must have good relationship with our allies, pressuring, also, helping us to remind Russia that it’s in their benefit, also, a mutually beneficial relationship for us all to be getting along.
Comme on peut le constater, Sarah Palin n’a jamais dit voir la Russie de sa maison. Elle a plutôt dit qu’il était possible de voir la Russie à partir d’une île appartenant à l’Alaska, ce qui est rigoureusement vrai: on peut voir la Russie à partir de l’île « Little Diomede » et « St. Lawrence ».
Née en 1969, cette militante ultraconservatrice [Christine O’Donnell], qui vient de remporter l’investiture républicaine pour la prochaine élection sénatoriale dans l’État de Delaware, est considérée par plusieurs Américains comme la nouvelle étoile du Parti Républicain.
Comment le parti d’Andrew Johnson et de Theodore Roosevelt a pu tomber si bas ?
J’imagine que Richard Martineau fait référence au parti républicain quand il parle d’Andrew Johnson et de Theodore Roosevelt.
Premièrement, il faut savoir qu’Andrew Johnson n’a jamais vraiment été un républicain. Bien qu’il ait été le colistier d’Abraham Lincoln, Andrew Johnson était un démocrate. Quand il est devenu président, suite à l’assassinat de Lincoln, Andrew Johnson a mis en place des lois pour limiter les libertés civiles des esclaves s’étant émancipés. Pour terminer, disons simplement qu’Andrew Johnson est considéré par les historiens comme étant le pire président de l’histoire des États-Unis.
Deuxièmement, le cas Theodore Roosevelt. Si Roosevelt a été un républicain, il faut aussi savoir que c’était progressiste (un des fondateurs du Bull Moose Party) et comme tout bon progressiste, Theodore Roosevelt a été un ardent défenseurs des politiques eugéniques. Voici ce qu’il a déjà déclaré à propos de cette pratique répugnante:
I wish very much that the wrong people could be prevented entirely from breeding; and when the evil nature of these people is sufficiently flagrant, this should be done.
Criminals should be sterilised and feeble-minded persons forbidden to leave offspring behind them… the emphasis should be laid on getting desirable people to breed.
Somme toute, contrairement à ce qu’affirme Richard Martineau, je ne considère pas qu’Andrew Johnson et Theodore Roosevelt soient des modèles politiques.
Car dire que Christine O’Donnell est une endive est une insulte aux légumes.
Non seulement cette jeune femme a-t-elle déjà avoué avoir flirté avec la sorcellerie quand elle était jeune, mais elle milite activement contre la masturbation (« Si mon mari se masturbe, à quoi je sers, moi ? ») et croit que l’évolution est un mythe (« Sinon, pourquoi y a-t-il encore des singes parmi nous s’ils se sont transformés en hommes ? »).
Tout d’abord l’histoire de sorcellerie. Disons simplement que cette histoire remonte à l’époque où Christine O’Donnell fréquentait l’école secondaire ! La gauche s’est abaissée à fouiller dans le passé d’un politicien quand elle était adolescente… Une chasse aux sorcières dans le sens littéral du terme.
Et si l’on considère que la pratique de la sorcellerie est incompatible avec le métier de politicien, ce sont les politiques keynésiennes que l’on devrait dénoncer et non pas Christine O’Donnell.
Ensuite l’histoire de masturbation qui remonte, soit dit en passant, aux années 90 (je vois mal comment on peut dire que Christine O’Donnell milite activement contre la masturbation). Encore une fois, je ne vois pas le problème, Christine O’Donnell est libre d’avoir ses opinions sur la sexualité parce qu’elle n’a absolument pas l’intention d’imposer ses opinions aux autres. S’il est vrai que Christine O’Donnell a des valeurs religieuses bien arrêtées, elle ne considère pas pour autant utiliser son pouvoir pour imposer ces mêmes valeurs à la population.
« I agree with you; it’s personal. When I go to Washington, D.C., the litmus test by which I cast my vote for every piece of legislation that comes across my desk will be whether or not it is constitutional. These questions come from statements I made over 15 years ago. I was in my 20s and very excited and passionate about my new found faith. But I assure you my faith has matured. And when I go to Washington, D.C. it’ll be the Constitution on which I base all of my decisions not my personal beliefs. »
Christine O’Donnell a peut-être des valeurs religieuses bien arrêtées, mais comme elle croit aux vertus d’un petit gouvernement, ce qui importe pour elle ce ne sont pas ses croyances personnelles, mais la Constitution. Autrement dit, pour Christine O’Donnell, l’État n’est pas un outil qui a pour fonction de dire aux gens comment vivre leur vie.
Par opposition, les gauchistes croient qu’un gros gouvernement est préférable. Par conséquent, ils ignorent délibérément la Constitution pour imposer leurs croyances personnelles à la population, qu’on pense par exemple aux programmes de discrimination positive, à la réglementation, à la redistribution de la richesse ou encore à leur guerre contre le fast-food. Bref, pour les gauchistes l’État est un outil qui a pour fonction de dire aux gens comment vivre leur vie.
Bref, je préfère une Jesus freak qui respecte la Constitution à des control freaks qui militent pour un gros gouvernement parce que seulement ces derniers estiment qu’il est légitime de contrôler la vie des gens en imposant leurs croyances.
Et pour terminer, que peut-on penser de sa croyance au créationnisme ? Pas grand chose car encore une fois Christine O’Donnell n’a pas l’intention d’imposer ses croyances aux gens qui, comme moi, croient à la théorie de l’évolution. Voici ce qu’elle a dit sur les ondes de CNN à propos de l’enseignement du créationnisme dans les écoles:
« It doesn’t have anything to do with what I will do in Congress. … My opinion on that is irrelevant. »
Pour les « créationnistes biologiques », la vie est trop complexe pour être le fruit de principes biologiques simples. Par conséquent, les « créationnistes biologiques » croient que la vie est le fruit du « design intelligent » d’un Dieu qui a su outrepasser ces principes pour créer notre univers. Sans ce Dieu, notre univers serait chaos, car sans une planification rigoureuse, l’ordre ne peut émerger des actions non planifiées de la main invisible de l’évolution.
Pour les « créationnistes sociaux », la société est trop complexe pour être le fruit de principes économiques simples. Par conséquent, les « créationnistes sociaux » croient que la société est le fruit du « design intelligent » des bureaucrates qui ont su outrepasser ces principes pour créer nos communautés. Sans ces bureaucrates, notre société serait chaos, car sans une planification rigoureuse, l’ordre ne peut émerger des actions non planifiées de la main invisible du marché.
Les « créationnistes biologiques » ne m’inquiètent pas, ils représentent un groupe marginal dont les croyances n’affectent pas ma vie. Par contre, les « créationnistes sociaux » ne sont pas marginaux, ils ont déjà pris le pouvoir. Leurs croyances en une bureaucratie capable de « design intelligent » affectent nos vies en nous privant des libertés économiques essentielles à l’épanouissement d’une société.
Les « créationnistes biologiques » n’entravent pas l’évolution des espèces. Par contre, les « créationnistes sociaux » entravent l’évolution des sociétés.
Même le très conservateur David Frum, ex-rédacteur des discours de George W. Bush (« L’axe du mal », c’est lui), est découragé de voir ce qui arrive à son parti !
David Frum serait « très conservateur » ? Le terme « conservateur » est tellement utilisé à toutes les sauces qu’il ne veut plus rien dire. David Frum peut-il être considéré comme un conservateur quand on sait qu’il a été membre d’une administration qui a le plus augmenté la taille du gouvernement depuis 40 ans ?
Avant d’être un « conservateur », David Frum est d’abord et avant tout un étatiste et le Tea Party a fait de sa lutte contre l’étatisme son principal cheval de bataille.
Entre les membres de la NRA (National Rifle Association) qui affirment sans rire qu’Obama est un communiste, aux cathos extrémistes qui croient durs comme fer que leur Président est un islamiste africain, en passant par les adeptes hystériques des « Tea Parties » qui comparent le gouvernement démocrate actuel à la monarchie britannique du 18e siècle, le Parti Républicain n’est plus que l’ombre de lui-même.
De plus, que ça plaise ou non, il existe une proximité, qui a de quoi rendre inconfortable, entre Obama et le communisme. Prenons la marche gauchiste du 2 octobre. Parmi les organisateurs de cette marche, on retrouvait: « Chicago Democratic Socialists of America », » Communist Party USA », « Democratic Socialists of America », « International Socialist Organization » et « Working Families Party ». Et quelle autre organisation a donné son appui à cette marche ? « Organizing for America », une organisation politique digérée par Barack Obama.
Ensuite, Richard Martineau laisse entendre qu’une majorité de chrétiens évangéliques pensent qu’Obama est musulman. Dans la réalité cette proportion est de 29% alors que 42% de ces gens disent ignorer la religion du président. À titre indicatif, 46% des Afro-américains disent ignorer quelle est la confession religieuse du président.
Pour ce qui est des accusations frivoles formulées par Richard Martineau à l’endroit le Tea Party, elles ne font que refléter son ignorance des enjeux politiques aux États-Unis. Voici qu’elles sont les motivations politiques du Tea Party:
Incapables d’opposer un discours cohérent et logique aux réformes d’Obama, les Républicains ont recours aux insultes, aux mensonges et aux théories du complot.
Dans un texte bourré d’insultes gratuites, Richard Martineau accuse les opposants au président Obama d’avoir recours… aux insultes ! Une chance que le ridicule ne tue pas.
De plus, si Richard Martineau veut dénoncer les insultes, il devrait aussi tourner son attention vers les démocrates qui sont incapables d’opposer un discours cohérent et logique au Tea Party. Voici quelques exemples:
Je pourrais continuer comme ça durant des heures, notamment en répertoriant toutes les fois où la gauche a qualifié les Tea Party de Teabagger.
De plus, ils sont nombreux les républicains à opposer un discours cohérent et logique aux réformes d’Obama, mais encore une fois Richard Martineau ne semble pas être à jour dans ses connaissances. Qu’on pense par exemple au Pledge to America du GOP, A Roadmap for America’s Future de Paul Ryan ou encore aux émissions du juge Napolitano ou de John Stossel. Les exemples en ce sens sont très nombreux, le vidéo présenté précédemment en est un. Mais pour une raison que j’ignore, Richard Martineau ne semble pas être au courant de la démarche intellectuelle qui anime le mouvement d’opposition aux réformes d’Obama.
Ajoutez à ce cirque politique une méfiance pour tout ce qui semble un tant soit peu « intellectuel » (la grande époque des Mailer, Updike, Vonnegut et Vidal est bel et bien morte), et vous vous retrouvez avec un pays en déroute totale.
Aux États-Unis, la dette est devenue un Léviathan hors de contrôle et si rien n’est fait, il menace de saper les fondations de ce pays. La gauche, qui est pourtant si prompte a donné des leçons de « développement durable », n’a pas compris que son modèle économique est insoutenable.
Au début des années 90, le Canada a fait face à une crise budgétaire majeure, le magazine The Economist parlait même de faillite. En bref, à cette époque notre situation était comparable à celle de la Grèce. Mais le Canada n’a pas fait faillite et quelques années plus tard, notre discipline budgétaire faisait l’envie des pays industrialisés.
En 1993, Paul Martin est devenu le ministre des Finances du Canada. Dans les années qui ont suivi, le déficit a été jugulé et en 1998, le Canada a pu enregistrer son premier surplus. En l’espace de 5 ans, le déficit de 40,6 milliards de dollars a été transformé en surplus de 4,5 milliards.
Comment le Canada a-t-il pu dompter sa dette pour éviter le pire ?
Tout d’abord, voici ce que le Canada n’a pas fait…
Le taux d’imposition des plus riches (ceux qui appartiennent au dernier palier), n’a pas été augmenté, ce taux est resté à 29%. De plus, le seuil d’imposition a augmenté de manière importante à partir des années 2000, ce qui peut être considéré comme une baisse d’impôt. Somme toute, on peut conclure que Paul Martin n’a pas renfloué les coffres de l’État en taxant les riches.
Aucune augmentation significative dans les années 90 et à partir de 2001, le taux a été réduit de manière importante.
Donc, Paul Martin a pu balancer le budget, allant même jusqu’à dégager un surplus, sans augmenter l’impôt des riches et des corporations. Mais comment s’y est-il pris ? La seule autre option disponible pour Paul Martin a été de… réduire la taille de l’État:
À partir de 1993, année durant laquelle Paul Martin est entré en fonction, la taille du gouvernement a non seulement cessé de croître, elle a été réduite ! Plus précisément, de 1993 à 2008, la taille de l’État a été réduire de 28%. Pour l’année 2009, on voit l’effet « closet socialist » des conservateurs.
Explication de Mel Cappe, haut fonctionnaire canadien ayant présidé aux réformes des dépenses publiques au canada dans les années 90.
Explication de Dan Mitchell relativement à la situation aux États-Unis:
Voilà comment on peut équilibrer un budget: non pas en dévalisant les contribuables, mais en coupant dans les dépenses du gouvernement. Le Hétutistan est tout simplement utopique et dogmatique quand il affirme que l’on peut équilibrer les finances publiques en augmentant la fiscalité. Pour paraphraser Ronald Reagan: « Le gouvernement ne taxe pas pour obtenir l’argent dont il a besoin, le gouvernement trouve toujours un besoin pour l’argent qu’il reçoit ».
Jean-François Lisée, un habitué de cette chronique, est un homme en colère. Il n’a toujours pas digéré l’article du Maclean’s à propos du phénomène de corruption endémique au Québec. Malheureusement pour Jean-François Lisée, la colère est mauvaise conseillère… Everyone is entitled to his own opinion, but not his own facts ! Explorons donc les erreurs factuelles dans le texte de Jean-François Lisée, qui se voulait une réponse au Maclean’s.
Let’s deal with the voodoo economics first. According to Maclean’s, the bigger the size of government in the economy, the badder, and the sleazier. Quebec being the most left-of-centre government on the continent it should, of course, be the most corrupt. Am I allowed to use comparative figures in this rebuttal? Transparency International tracks corruption in the world. People are asked if they had to pay a bribe or if they feel that private companies have to. The last report, like the previous ones, does show correlation between size of government and graft: reverse correlation. European governments and the greatest spenders, Scandinavian governments, are deemed significantly cleaner than North American governments, who leave more of the economy to the private sector.
N’en déplaise à Jean-François Lisée, le lien entre la corruption et la taille de l’État est un fait et pas simplement du voodoo economics. Mais avant d’aller plus loin, je tiens à souligner l’extraordinaire malhonnêteté intellectuelle de l’ancien conseiller de Lucien Bouchard. Selon Jean-Francois Lisée, le classement de Transparency International montre qu’il y a une corrélation inverse entre la taille de l’État et la corruption. Mais pour arriver à cette conclusion, Jean-François Lisée a décidé de prendre les pays qui prouvaient son point de vue et d’ignorer les autres. Autrement dit, il a fait du cherry-picking dans la liste de Transparency International et il OSE appeler ça une corrélation.
Un « groupe cinquième » correspond à une tranche de 20% de l’échantillon: le premier groupe représente les 20% de pays les plus interventionnistes et le cinquième groupe représente les 20% de pays les moins interventionnistes.
Explication de Dan Mitchell:
Dans une société, plus un gouvernement distribue de permis et d’autorisations, plus les gens auront un incitatif à recourir aux pots-de-vin pour obtenir un permis ou une autorisation.
Dans une société, plus un gouvernement distribue de contrats, plus les gens auront un incitatif à recourir aux pots-de-vin pour obtenir un contrat.
Dans une société, plus un gouvernement distribue de subventions, plus les gens auront un incitatif à recourir aux pots-de-vin pour obtenir une subvention.
Dans une société, plus l’État est gros et omniprésent, plus il y a de possibilités de corruption.
Pour ceux qui veulent d’autres preuves, voici un aperçu de la littérature qui démontre le lien entre la corruption et la taille du gouvernement:
Regarding the primary focus of the paper, our results show that government size, in particular spending by state governments, does indeed have a strong positive influence on corruption. [...]
Several other interesting results emerge from our analysis. Given the positive relationship between corruption and the size of state-local governments and a negative relationship between government salaries and corruption, it turns out that policy makers looking to reduce corruption by cutting government spending should be reducing expenditures other than those on employee salaries. Further, it appears from our analysis that corruption increases in periods of economic downturns.
Using a well-known index of corruption, this paper examines the determinants of corruption for a large sample of countries. Specifically, we are interested in determining whether greater economic freedom or greater political freedom contributes more to corruption abatement. The previous literature has studied some related aspects, but the present study is unique in using broad-consistent indices for economic and political freedom. Our results show that greater economic freedom, rather than greater political freedom, seems to be a more effective deterrent to corrupt activities. [...]
Our findings can have useful implications for public policy. In the context of internal policy, while both greater economic freedom and greater political freedom contribute to corruption reduction, there are relatively greater benefits in terms of less corruption when economic controls are relaxed.
Haliburton, anyone ? (A contender in my “best quote ever” file is from David Frum’s recent report on a major Republican consultant commenting on the last small-government Republican administration: “I thought we would get more done before becoming completely corrupt!”)
Sous le règne de W. Bush, les dépenses du gouvernement ont augmenté de 30%, seule l’Administration Kennedy/Johnson a fait pire avec une augmentation de 51%. À titre indicatif, sous Bill Clinton, les dépenses du gouvernement ont augmenté de seulement 13%.
De plus, Bill Clinton a réduit les dépenses sociales du gouvernement de 15,3% à 14,5% du PIB. Selon les chiffres les plus récents, George Bush a augmenté les dépenses sociales du gouvernement de 14,5% à 15,9% du PIB.
Pour terminer, voici donc comment ont évolué les sommes consacrées à la régulation de l’économie (gardez en tête que l’on accuse Bush d’avoir réduit l’intervention de l’État dans l’économie, provoquant ainsi la crise actuelle):
Voici l’évolution des dépenses de réglementation de l’économie en fonction des présidences:
Depuis le milieu des années 80, les budgets consacrés aux agences de réglementation de l’économie ont constamment augmenté, notamment avec Bush Jr. On ne peut donc pas accuser le dernier président républicain d’avoir travaillé pour réduire la taille du gouvernement.
Bref, je me serais attendu à ce que le Directeur exécutif du CÉRIUM sache que Bush a toujours milité en faveur d’un gros gouvernement. C’est plutôt basic comme chose à savoir quand on se spécialise dans la politique internationale.
Then there is the “booty” paradigm. Here Quebec’s incessant requests combine with Canada’s victimization as the benevolent provider faced with ingrates. [...]
The “bidding war” tenet is now entrenched into the Canadian psyche. It will stay there, I am sure. But let me explain why it is wrong. Equalisation: yes, Quebec gets more in the aggregate—and less per person—than any other province. But newsflash: for decades we told Ottawa that we would rather have jobs than dole. And we tired of explaining that if the federal investment in the economy (capital, purchases, research, grants) were distributed in proportion to the population, Quebec would instantaneously knock off one point of unemployment off the chart, more so over the years, and get less equalisation.
Take energy, for instance. According to Stéphane Dion’s count, the federal purse sank $40 billion into Alberta’s tar sands industry. Fourteen of these billions came from Quebec. Add in the billions for Ontario’s CANDUs and Newfoundland’s sweet deal on Hibernia and you get quite a tab, a quarter of which was paid by the booty-hunters. Now let’s compare that with federal investment in Quebec’s hydro-power in the last, say, hundred years. The answer is zilch. (But we got Mirabel. Don’t get me started.)
Encore une fois, Jean-François Lisée fait du cherry-picking. Quand on observe la situation dans son ensemble, voici la différence, par habitant, entre les recettes et les dépenses du gouvernement fédéral au Québec et dans le reste du Canada:
Depuis 1997 (dernière année disponible dans les statistiques), sauf en 2000, le Québec a toujours eu un solde positif avec le fédéral c.-à-d. le Québec a toujours plus reçu qu’il a donné. Dans le reste du Canada, plus souvent qu’autrement, ce solde a été négatif. De plus, à tous les ans depuis 1997, la différence entre les recettes et les dépenses du fédéral a toujours été à l’avantage du Québec par rapport au reste du Canada.
De 1997 à 2007, chaque Canadien dans le reste du Canada a envoyé au fédéral 4 211$, pour une famille de 4 personnes (2 adultes, 2 enfants) cela représente -16 844$.
De 1997 à 2007, chaque Québécois a reçu au fédéral 4 906$, pour une famille de 4 personnes (2 adultes, 2 enfants) cela représente +19 624$.
N’en déplaise à Jean-François Lisée, le reste du Canada fait vivre le Québec, ce n’est pas le Québec qui fait vivre le reste du Canada.
Ensuite, Lisée trouve le moyen de chialer contre les Albertains malgré les millions de dollars que cette province envoie au Québec:
There is an impact on Quebec. Call it blowback. According to a recent university study (not from a Quebec university), the loonie’s overvaluation, driven by oil gushing from Alberta and Newfoudland, has destroyed 55,000 jobs in Quebec manufacturing in just five years. A sign of things to come. But, not to worry, equalization growth has been capped for the future, so future oil damage to Quebec (and Ontario’s) manufacturing base will hardly be offset anymore.
L’interprétation de cette étude par Jean-François Lisée a été ridiculisée par René Vézina, un chroniqueur économique qu’on ne peut pas accuser de pencher à droite. Dans sa réponse, René Vézina accuse carrément Jean-François Lisée d’avoir joué sur les faits.
Pour démontrer à quel point l’affirmation de Jean-François Lisée est boiteuse, comparons le secteur manufacturier québécois à celui de l’Alberta. S’il est vrai que depuis 1997, l’industrie manufacturière québécoise a connu un déclin de 4,7%, durant la même période l’industrie manufacturière albertaine a crû de 28,7% ! Ce n’est pas l’exploitation des sables bitumineux qui afflige l’industrie manufacturière québécoise, mais c’est plutôt le modèle socialo-syndicaliste qui sclérose les entreprises manufacturières.
But we’ve still got the dole, right? Consider this: In the same period, Ottawa moved to rein-in the financial flow to Quebec, over and above the severe across-the-board cuts in health, education and welfare funding.
Un indépendantiste qui exige que le fédéral dépense de l’argent dans des domaines de compétence provinciale… Peut-on trouver plus incohérent comme discours ? C’est le genre de discours qui serait cohérent pour un enfant trop gâté par contre.
Il y a 2 semaines, La Presse a diffusé un texte chargé de haine envers la droite américaine. Ce torchon, signé par Jocelyn Coulon, est un monument au mensonge, à l’aveuglement volontaire et au double standard. Pour démontrer à quel point ce texte était odieux, reprenons-le point par point.
L’affaire Jones révèle bien autre chose: depuis l’élection de Barack Obama, les États-Unis sont aux prises avec la montée d’un mouvement de haine dirigé contre le président, l’immigration et les musulmans, et dont le vecteur principal est le Parti républicain et ses alliés de droite dans les médias dits sérieux.
J’aimerais bien que Jocelyn Coulon fasse une liste des gestes haineux dirigés contre le président, l’immigration et les musulmans. De mon côté, je peux facilement faire une liste des gestes violents posés par la gauche depuis l’élection de Barack Obama:
La liste est longue, je pourrais continuer comme ça pendant des heures. Bref, quand les médias parlent des Tea Party, ils sont obligés d’imaginer de possibles actes de violence parce que ce groupe n’a pas d’antécédents violents. Par contre à gauche, l’usage de la force est devenu la règle.
Tout a commencé pendant la campagne électorale de 2007-2008. Devant le désastre électoral qui s’annonçait, un gang de rue, une bande de voyous s’est emparée du Parti républicain en recrutant Sarah Palin et en laissant aux plus fanatiques une place qu’ils n’auraient jamais occupée sous Ronald Reagan. Leurs critiques contre le Parti démocrate sont devenues plus acerbes, plus vicieuses, lorsque M. Obama a été choisi comme candidat démocrate à la présidentielle.
Si Jocelyn Coulon veut voir « un gang de rue » ou encore « une bande de voyous », c’est du côté de la gauche qu’il faut chercher, pas du côté de Sarah Palin ou des Tea Party:
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Manifestants présents lors d’un Tea Party
Manifestants présents lors du sommet du G20 de Pittsburgh
Manifestants présents lors d’un Tea Party
Manifestants présents lors du sommet du G20 de Pittsburgh
Les Tea Party existent depuis plus d’un an et pendant tout ce temps, le régime socialiste du président Obama tente de faire croire à la population que ceux qui participent à ce mouvement sont des gens violents et dangereux.
Pourtant, malgré les milliers de manifestations, aucun geste violent n’a pu être associé au Tea Party. Lors des méga-manifestations qui ont réuni plusieurs centaines de milliers de personnes, pas une seule arrestation. Même que cette foule s’est particulièrement distinguée pour son civisme et son respect.
Leurs critiques contre le Parti démocrate sont devenues plus acerbes, plus vicieuses, lorsque M. Obama a été choisi comme candidat démocrate à la présidentielle.
Sa victoire, massive et sans appel, ne les a pas fait taire. À l’été 2009, en plein débat sur la réforme du système de santé, le pus est sorti et la racaille s’en est donnée à coeur joie, aiguillonnée par les leaders républicains, Fox News, la page éditoriale du Wall Street Journal, Rush Limbaugh et plusieurs autres.
Jocelyn Coulon pleurniche parce que les critiques dirigées contre Barack Obama sont devenues acerbes et vicieuses. Jocelyn Coulon a-t-il déjà oublié la manière dont Bush a été critiqué par la gauche ? A-t-il écrit un texte incendiaire à l’époque pour condamner ces débordements ?
Sa victoire, massive et sans appel, ne les a pas fait taire. À l’été 2009, en plein débat sur la réforme du système de santé, le pus est sorti et la racaille s’en est donnée à coeur joie, aiguillonnée par les leaders républicains, Fox News, la page éditoriale du Wall Street Journal, Rush Limbaugh et plusieurs autres. Sans même se cacher, certains se sont présentés à l’entrée des édifices où le président parlait, un pistolet attaché à une jambe, en proclamant qu’«il faut parfois abreuver l’arbre de la liberté du sang des tyrans et des patriotes» alors que Sarah Palin demandait à ses partisans de «recharger» et qu’elle publiait une galerie de photos de politiciens marqués d’une mire afin de les «abattre» aux élections.
Voici le « dangereux » manifestant avec un pistolet attaché à une jambe en entrevue sur les ondes du réseau ultragauchiste MSNBC:
Le type en question, William Kostric, se distingue par son calme, ses réflexions posées et son discours articulé. Bref, il n’est pas violent pour 2¢. On est loin de l’extrémiste dont parle Jocelyn Coulon. D’ailleurs dans son texte, Jocelyn Coulon n’a même pas été foutu de citer correctement la pancarte de William Kostric.
En passant, cette vidéo fait référence à un événement survenu dans le New Hampshire, un État dans lequel le port d’arme est légal. Incidemment, le taux d’homicide au New Hampshire est de 0,8 par 100 000 habitants alors qu’il est de 1,19 par 100 000 habitants au Québec.
Ensuite, dans un extraordinaire élan de malhonnêteté, Jocelyn Coulon laisse croire que « l’incident » au New Hampshire est survenu au même moment où Sarah Palin demandait à ses partisans de « recharger » dans une publicité présentant des politiciens marqués d’une mire afin de les « abattre » aux élections. Dans la réalité, les événements du New Hampshire se sont déroulés au mois d’août 2009 et la publicité de Sarah Palin a eu lieu en mars 2010 !
De plus, la publicité de Sarah Palin n’a rien de scandaleuse, surtout que les démocrates ont fait la même chose, c.-à-d. présenter des politiciens marqués d’une mire afin de les « abattre » aux élections. Je ne crois pas que Jocelyn Coulon a écrit un article pour dénoncer les démocrates lorsque cela s’est produit.
En juillet dernier, cela n’a pas empêché la gouverneure républicaine de l’Arizona d’appuyer son projet de loi scélérat contre l’immigration illégale en révélant, sans la moindre preuve, que la police venait de découvrir à la frontière avec le Mexique quatre corps sans tête.
Le problème ? La gouverneure républicaine de l’Arizona avait raison. En passant en quoi le projet de loi, qui interdit le profilage racial, peut-il être considéré comme « scélérat » ? La journée où le Québec cessera de sélectionner ses immigrants, on pourra faire la leçon aux Américains, pas avant.
Sur l’islam il semble maintenant que tout soit permis, même dans les médias les plus respectables. Il y a quelques jours, sur le blogue du rédacteur en chef du célèbre hebdomadaire The New Republic, le pus est sorti à nouveau. Martin Peretz écrit à propos des musulmans américains: «Je me demande si je suis tenu d’honorer ces gens et de faire semblant qu’ils méritent les privilèges du Premier Amendement, car tout mon être me dit qu’ils finiront par abuser de ces privilèges.» On imagine le tollé si cela avait été dit à propos des juifs ou des noirs. Sur les musulmans, cela passe comme une lettre à la poste.
Pour ce qui est de la protection conférée aux musulmans par le 1er amendement, Jocelyn Coulon délire une fois de plus. Un sondage publié récemment a montré que c’est aux États-Unis où l’on supporte le moins l’interdiction du port du voile islamique, seulement 25% des Américains appuient cette mesure. Si l’on veut trouver des pays qui ne respectent pas l’esprit du 1er amendement, on pourrait se tourner vers la France où 82% de la population appuie une interdiction complète du port du voile. On pourrait aussi regarder du côté du Québec ou 75% de la population considèrent que les minorités religieuses ont trop de droits.
La droite américaine est devenue un mouvement de fêlés et d’extrémistes, et Terry Jones évolue dans cette atmosphère délétère. Même Marine Le Pen le croit. Eh oui, la fille de Jean-Marie Le Pen, future présidente du Front national, déclarait récemment au magazine Time que «la droite américaine est beaucoup plus à droite que le Front national». C’est dire.
Il serait bon de rappeler à Jocelyn Coulon que le Front Nationale se trouve à l’extrême gauche sur les questions économiques, nationalisme oblige (ici, ici, ici & ici). Il n’est donc pas surprenant que les Tea Party, qui basent l’essentiel de leurs actions politiques sur plus grande liberté économique, soient plus à droite que Marine Le Pen.
D’ailleurs, quelqu’un pourrait retrouver l’article du Times dont parle Jocelyn Coulon ? Moi j’ai cherché, mais je n’ai rien trouvé… J’en suis devenu à me demander si cet article existe vraiment.
Pauvre M. Obama, ses services de sécurité doivent absolument redoubler de vigilance, car un jour, un fêlé conditionné par cette droite se sentira le devoir d’«abreuver l’arbre de la liberté du sang des tyrans».
Bref, comme vous venez de le constater, aucun des arguments avancés par Jocelyn Coulon ne tient la route, une simple recherche permet de démolir le torchon qu’il a publié dans La Presse. Ce qui est préoccupant dans cette histoire c’est qu’un membre du CÉRIUM ait pu écrire un texte aussi haineux et malhonnête.
Dans les médias québécois, l’Alberta-bashing prend de plus en plus de place (par jalousie ?). C’est particulièrement vrai dans le cas de Benoit Dutrizac sur les ondes du 98,5 qui ne passe pas une semaine sans dénigrer les gens de cette province. Encore tout récemment, il a dénigré les Albertains en disant d’eux qu’ils étaient une bande d’hillbillies et d’analphabètes.
Le problème ?
L’Alberta est la province canadienne avec la plus faible proportion d’analphabètes au Canada ! Les projections pour l’année 2011 indiquent que 41,12% des Albertains sont des analphabètes de niveau 1 ou de niveau 2. Du côté du Québec, cette proportion atteint 53,77%. Avant de s’attaquer au taux d’alphabétisation des autres provinces, Benoit Dutrizac devrait y réfléchir à deux fois puisque le Québec est la province la plus analphabète du Canada:
Notez que ces chiffres contredisent aussi un billet publié il y a quelques semaines par Jean-François Lisée.
Certaines personnes tenteront peut-être de minimiser ces chiffres en disant que le Québec performe moins bien parce que le français est une langue plus complexe que l’anglais. C’est peut-être le cas, mais ça ne justifie pas pour autant que l’on qualifie les Albertains d’analphabètes.
De plus, contrairement aux autres provinces, le Québec fait une sélection assez stricte des immigrants en fonction de leur maîtrise du français, ce qui théoriquement devrait placer la province en meilleure position face au ROC.
De sa chaire, du haut du Plateau Mont-Royal, Patrick Lagacé a déclaré: « Donc, la face ‘légitime’ d’un mouvement de crackpot composé de gens qui croient vraiment qu’Obama est un socialiste, un communiste, un nazi (il y a là des contradictions, mais ces contradictions échappent aux fêlés de l’ultra-droite américaine) ».
Ainsi donc, il faudrait être fêlé pour considérer qu’il n’y a pas de contradiction entre le nazisme et le communisme.
Il semble qu’un certain journaliste de La Presse ait besoin d’une petite leçon d’histoire.
Débutons avec une citation d’Hitler qui a déjà fait l’objet d’un billet il y a quelques semaines:
-
« Il est nécessaire que l’individu réalise que son propre ego n’a pas d’importance par rapport à l’existence de sa Nation; que son ego doit être encadré par les besoins de sa Nation dans son ensemble. D’autant plus que l’esprit de la Nation vaut beaucoup plus que les simples libertés et volontés d’un seul individu. Cet esprit national, qui subordonne les intérêts de l’ego individuel aux besoins de la communauté, est le premier principe de toute culture humaine. Nous devons accepter que l’individu doive faire des sacrifices pour sa communauté et pour son prochain. »
Dans ce discours prononcé en 1933, Hitler explique en quoi consiste l’idéologie nazie. On peut constater que pour cette doctrine politique, la nation plus importante que l’individu. Cette idée constituait aussi la pierre angulaire du communisme: l’individu ne compte pas et par conséquent, il peut être sacrifié au nom du bien commun.
En résumé, les communistes et les nazis disent que les individus sont trop stupides pour être propriétaire de leur vie. Ainsi, il est légitime d’avoir un régime politique autoritaire qui imposera ses dictats au nom du bien commun. Pour les nazis et les communistes, plaquer un couteau sous la gorge d’un être humain pour le forcer à vivre d’une certaine manière est une chose nécessaire. En somme: aucun individu n’est plus important que la société à laquelle il appartient.
Friedrich Hayek avait très bien expliqué la filiation idéologique qui existe entre les régimes communistes et nazis dans son ouvrage « La Route de la Servitude »:
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« Long before the Nazis, too, the German and Italian socialists were using techniques of which the Nazis and Fascists later made effective use. The idea of a political party which embraces all activities of the individual from the cradle to the grave, which claims to guide his views on everything, was first put into practice by the socialists.
By the time Hitler came to power, liberalism was dead in Germany. And it was socialism that had killed it. To many who have watched the transition from socialism to fascism at close quarters the connection between the two systems has become increasingly obvious, but in the democracies the majority of people still believe that socialism and freedom can be combined.
It is true, of course, that in Germany before 1933, and in Italy before 1922, communists and Nazis or Fascists clashed more frequently with each other than with other parties. They competed for the support of the same type of mind and reserved for each other the hatred of the heretic. But their practice showed how closely they are related. To both, the real enemy, the man with whom they had nothing in common and whom they could not hope to convince, is the liberal of the old type [i.e. libertarian]. While to the Nazi the communist, and the communist the Nazi, and to both the socialist, are potential recruits who are made of the right timber, although they have listened to false prophets, they both know that there can be no compromise between them and those who really believe in individual freedom. »
La prochaine fois que quelqu’un vous racontera que le nazisme est une idéologie d’extrême-droite, rappelez-vous que cette doctrine politique repose sur les mêmes fondations idéologiques que le socialisme. Il ne faut pas oublier non plus que l’eugénisme a été créé par le mouvement progressiste au début du 20e siècle.
Avant de donner des leçons, Patrick Lagacé devrait plutôt penser à faire ses devoirs.
À propos de la dévotion que porte Patrick Lagacé envers Paul Kurgman:
BHP Billiton veut acheter PotashCorp. Résultat: encore une fois, les chantres du « xénophobisme économique » se mettent à nous casser les oreilles avec leur « maître chez nous ». On essaye de nous faire croire que la libéralisation des marchés affaiblit la position économique du Canada et que par conséquent le gouvernement devrait envisager de bloquer la transaction.
C’est assez emblématique de notre relation avec le reste du monde. En effet, selon une étude des consultants Secor, qui ont analysé toutes les transactions de plus de 1 milliard de dollars rapportées par Bloomberg, aucun pays n’a vendu autant de ses grandes entreprises que le Canada entre 2000 et 2008. Aucun.
Ce qu’elle ne dit pas, c’est que le Canada est aussi très actif à l’étranger:
Si les étrangers sont effectivement très actifs au Canada, Sophie Cousineau omet de dire que le Canada est aussi très actif à l’étranger. Depuis 1997, le bilan des investissements internationaux du Canada est positif. Si le Canada décide d’adopter des mesures xénophobes en interdisant aux étrangers de faire affaire ici, les entreprises canadiennes risquent d’être les grandes perdantes, car des mesures de rétorsion pourraient leur fermer les portes de marchés internationaux très lucratifs.
Mais sans égard au bilan, il faut toujours garder en tête que PotashCorp est l’unique propriété de ses actionnaires, par conséquent le gouvernement n’a pas le droit d’interdire à ceux-ci de vendre leur possession légitime. Comment réagiriez-vous si un jour le gouvernement, pour des motifs arbitraires, débarquait chez vous pour vous interdire de vendre votre maison ou votre voiture ?
De plus, en quoi est-ce si grave que des entreprises étrangères exploitent nos ressources ? Que la potasse soit extraite par une entreprise canadienne ou russe, je ne voie pas ce que ça change, dans les 2 cas c’est le même minerai qui sera extrait pour ensuite être vendu aux mêmes clients. Les étrangers qui achètent nos compagnies veulent les développer et les rendent profitables. Ce qui fait profiter ces entreprises fait aussi profiter l’économie canadienne. C’est aussi simple que ça.
Mais selon Sophie Cousineau, les méchants étrangers risquent de déménager le siège social:
L’enjeu tient plus à la localisation du siège social et surtout du centre de décisions, car les deux sont parfois distincts. Même si BHP Billiton ou un autre prétendant s’engage à maintenir le siège social à Saskatoon, il reste que l’entreprise a perdu son indépendance et n’est plus maître de son destin. Et ce n’est jamais bon pour les industries des services et les institutions culturelles qui gravitent autour d’une entreprise
Globalement, entre 1999 et 2005, l’augmentation de l’emploi dans les sièges sociaux au Canada a été associée aux sièges sociaux sous contrôle étranger:
Parmi les 164 sièges sociaux auparavant sous contrôle canadien qui sont passés sous contrôle étranger entre 1999 et 2005, seulement 21% (34) ont été fermés, ce qui a entraîné la perte de 1 709 emplois. Par contre, 38 sièges sociaux ont été ouverts suite à la prise de contrôle par des intérêts étrangers d’entreprises canadiennes, ce qui s’est traduit par la création de 2 346 emplois. Bref, par suite de la prise de contrôle par des intérêts étrangers d’entreprises qui étaient sous contrôle canadien, il y a eu plus de sièges sociaux créés que de sièges sociaux fermés, et le nombre d’emplois créés a dépassé le nombre d’emplois perdus.
Quand on crée de nouveaux jobs dans des sièges sociaux, ce n’est sûrement pas parce qu’on désire éloigner le centre de prise de décision !
De plus, il est tout aussi ridicule d’affirmer que la prise de contrôle par des intérêts étrangers va éloigner l’entreprise des institutions culturelles régionales. En 1997 2007, Alcan a été achetée par Rio Tinto, une corporation britano-australienne. Malgré tout, le siège social d’Alcan est resté à Montréal et l’entreprise est restée très impliquée dans la communauté: Rio Tinto Alcan a renouvelé sa commandite du Festival de Jazz de Montréal jusqu’en 2015 et les nouveaux actionnaires sont devenus le commanditaire en titre du service de location de vélos BIXI.
Je conclus en paraphrasant un sketch de l’humoriste français Fernand Raynaud:
J’aime pas les étrangers, ils viennent manger le pain des Français.
Un jour, l'étranger a quitté le village avec sa femme et ses enfants.
Et depuis ce jour, on ne mange plus de pain…
Il était boulanger !
Ne craignant pas le ridicule, Jean-François Lisée a eu le « courage » de publier un texte qui défend un principe économique qui a depuis longtemps été discrédité, à savoir que si une personne s’enrichit c’est parce qu’elle a appauvri quelqu’un d’autre.
Dire qu’il y a encore des gens pour penser que l’économie est un “zero-sum game”. Incroyable… C’est comme si une personne affirmait que la création de Microsoft ou de Bombardier a appauvri la population parce que ces 2 entreprises sont devenues des multinationales très prospères; assez ridicule comme raisonnement.
L’obsession maladive de la gauche pour les écarts de richesse est légendaire, rien ne les horripile plus que de voir la richesse se concentrer chez les plus riches. Selon eux, cette situation est responsable de tous les maux de la planète. Pourtant, quand on laisse de côté la démagogie, on se rend compte que ces fameux écarts de richesses ne veulent rien dire. Prenons d’abord le cas de la Chine, voici comment ont évolué la pauvreté et les écarts de richesses en Chine depuis le début des années 80:
Le coefficient de GINI est une mesure des écarts de richesses. Ce coefficient est un nombre variant de 0 à 100, plus on se rapproche de 100, plus la société est inégalitaire.
De 1981 à 2005, la pauvreté est passée de 84,0% à 15,9%, soit une baisse spectaculaire de 81%. Par contre, durant la même période, les écarts de richesses se sont accentués, l’indice GINI passant de 29,1 à 41,5.
Si l’on demandait à un gauchiste de choisir entre la « Chine de 1981 » et la « Chine de 2005 », il porterait probablement son choix sur la « Chine de 1981 ». Ce qui prime pour les gauchistes c’est l’égalité, même si cela implique une égalité dans la misère…
Si l’on demandait à un capitaliste (où à un Chinois) de choisir entre la « Chine de 1981 » et la « Chine de 2005 », il porterait probablement son choix sur la « Chine de 2005 ». Qu’importe si la société est moins égalitaire, ce qui prime pour les capitalistes (et les Chinois) c’est la réduction du taux de pauvreté.
On peut observer la même chose aux États-Unis. En 1968, le revenu médian des Américains les plus riches était 4,33 fois supérieur au revenu médian des Américains les plus pauvres. En 2004, ce ratio est passé à 5,58 ce qui représente une augmentation de 28,9%.
Par contre, en 1968, le revenu médian (ajusté à l’inflation) des plus pauvres était de 23 100$. En 2004, ce revenu (toujours ajusté à l’inflation) se chiffrait à 27 200$, soit une progression de 17,7%.
Dites-moi, si vous étiez un pauvre à quelle époque préféreriez-vous vivre ? En 1968, les écarts de richesse sont moins marqués, mais votre revenu n’est que 23 100$. En 2004, les écarts de richesse se sont accrus, mais votre revenu est maintenant de 27 200$.
Selon les socialistes les écarts de richesse mettent en péril les fondements de la société. Encore une fois, l’exemple américain montre à quel point cette affirmation est fausse.
Voici un graphique montrant la proportion d’enfants qui, dans chaque classe de revenu, ont eu un revenu supérieur à leurs parents (au même âge).
N.B. Un « groupe cinquième » correspond à une tranche de 20% de l’échantillon: le premier groupe représente les 20% de pays les plus riches et le cinquième groupe représente les 20% de pays les plus pauvres.
Seulement 43% des enfants élevés dans les ménages les plus riches (le 1er groupe cinquième) ont un salaire supérieur à leurs parents à 36 ans.
Par contre, 82% des enfants élevés dans les ménages les plus pauvres (le 5e groupe cinquième) ont un salaire supérieur à leurs parents à 36 ans.
Les écarts de richesse peuvent bien augmenter, il n’en reste pas moins que la progression du niveau de vie est plus marquée chez les pauvres que chez les riches.
Cette évidence est aussi confirmée par la situation qui prévaut entre les États-Unis et Cuba. Durant les années 80, Cuba était l’un des endroits sur la planète avec le plus faible écart entre les riches et les pauvres (un coefficient de GINI avoisinant 0,2). Pour la même période, les inégalités aux États-Unis étaient beaucoup plus prononcées (coefficient de GINI avoisinant 0,4).
Pourtant, les gens n’immigraient pas des États-Unis vers Cuba, mais de Cuba vers les États-Unis ! Comme quoi l’inégalité dans la richesse est préférable à l’égalité dans la misère !
Jean-François Lisée fait aussi l’apologie du New Deal parce que durant cette période les écarts de richesses ont diminué. Les écarts ont peut-être diminué, mais la période de récession (i.e. de misère) a été prolongée de 7 longues années !
D’ailleurs, voici comment les écarts de richesses ont évolué depuis 1913:
Depuis 1913, la concentration du capital aux États-Unis a beaucoup fluctué, mais il y a une constante: à presque toutes les récessions, la proportion de la richesse entre les mains des plus fortunées a diminué.
Si une récession signifie une répartition plus équitable de la richesse, qui ici peut dire que ces mêmes récessions entraînent une augmentation du niveau de vie des plus pauvres ? C’est plutôt le contraire qui prévaut, qui ici serait assez bête pour prétendre que les récessions seraient bénéfiques pour les pauvres ?
Il semble bien que l’accroissement relatif des écarts de richesse soit préférable à leur réduction. Il faut savoir que le niveau de vie des pauvres peut augmenter même si l’écart entre les riches et les pauvres s’accroît. Si les riches voient leurs revenus passés de 200 000 à 300 000 dollars et si, au même moment, le revenu annuel des pauvres progresse de 15 000 à 20 000 dollars, l’écart entre les deux groupes aura grandi. Il était de 185 000 dollars (13,3 fois), il est désormais de 280 000 dollars (15,0 fois). Mais le niveau de vie des pauvres ne s’en est pas moins amélioré, ce qui est fort appréciable pour eux.
Encore une fois, on se rend compte qu’il est préférable de vivre inéquitablement dans la richesse que de vivre équitablement dans la pauvreté.
Cette situation n’est pas unique aux États-Unis, voici comment se compare le Québec à l’Ontario et l’Alberta.
Pour le Québec:
La situation au Québec est effectivement peu reluisante. De 1976 à 2007, le revenu des pauvres est resté inchangé à 12 700$. Du côté des riches, la situation n’est guère mieux: le revenu est passé de 97 000$ à 103 200$. L’écart entre les riches et les pauvres est donc resté relativement stable, il était de 85 200$ en 1976 et de 90 500$ en 2007.
En Ontario, on a fait beaucoup mieux:
En 1976, les pauvres avaient un revenu moyen de 12 700$ (comme au Québec), en 2007 ce montant est passé à 14 800$. Chez les riches, les gains ont aussi été importants, les revenus sont passés de 106 100$ à 137 900$. L’écart entre les riches et les pauvres était de 93 400$ en 1976 et de 123 100$ en 2007.
En Alberta, la situation est spectaculaire:
En 1976, les pauvres avaient un revenu moyen de 11 900$ (c’était moins qu’au Québec), en 2007 ce montant est passé à 17 100$. Chez les riches les gains ont aussi été substantiels, les revenus sont passés de 110 400$ à 152 700$. L’écart entre les riches et les pauvres était de 98 500$ en 1976 et de 135 600$ en 2007.
Voici un résumé de la situation:
C’est au Québec que l’écart entre les riches et les pauvres c’est le moins accru et c’est aussi au Québec que la situation des pauvres c’est le moins améliorée. La situation en Alberta est pour le moins intéressante. C’est dans cette province que les écarts de richesses ont le plus augmenté, mais c’est aussi dans cette province que les pauvres ce sont le plus enrichis. En fait, l’augmentation du revenu des pauvres a été supérieure à l’augmentation du revenu des riches (43,7% vs. 38,3%). Rappelons qu’en 1976, les pauvres Albertains gagnaient 800$ de moins que les pauvres Québécois.
Conclusion, quand on dénonce les écarts grandissants de richesse, on s’alarme pour pas grand-chose. Si le revenu des pauvres au Québec a stagné depuis 30 ans, ce n’est pas à cause de l’augmentation des écarts de richesses; les exemples ontarien et albertain démontrent clairement que l’augmentation des écarts de richesse ne signifie pas un appauvrissement des pauvres puisque dans ces 2 provinces leur situation s’est améliorée.
Vous savez quelle est la différence entre un socialiste et un capitaliste ?
Le socialiste, à la vue d’un homme riche habitant plusieurs maisons luxueuses se dit: « Aucun homme ne devrait posséder autant de richesse ».
Le capitaliste, à la vue d’un homme riche habitant plusieurs maisons luxueuses se dit: “Tous les hommes devraient posséder autant de richesse”.
Si Jean-François Lisée pense que chaque dollar gagné par une personne retire un dollar à une autre personne, alors je l’invite à faire sa part pour combattre la pauvreté en quittant son emploi…
Il y a plusieurs manières d’évaluer le niveau d’instruction d’une population. On peut effectivement analyser le niveau de littératie, mais si une personne avec un excellent français décroche avant d’obtenir son diplôme de secondaire 5, le gain sera négligeable. On pourrait aussi regarder le taux de fréquentation des universités, mais encore là, le résultat peut être trompeur. Un diplôme du MIT n’a pas la même valeur qu’un diplôme de l’UQAM.
Le meilleur indicateur à mon avis est celui que l’on retrouve « au bout de la chaîne de montage » i.e. l’importance économique qu’aura l’industrie du savoir dans une population. Pour avoir une économie du savoir développée, il faut allier à la fois éducation universitaire et programme universitaire de haut niveau.
Dans un premier temps, voici ce qu’on retrouve « au bout de la chaîne de montage » en termes de brevets produits en Amérique du Nord:
Ne cherchez pas le Québec dans le top 10, nous sommes 33e sur 63. Le score du Québec est de 84,9 brevets par million d’habitants alors que celui des États-Unis est de… 157 par million d’habitants. Un score assez respectable pour une population supposément analphabète.
Dans un deuxième temps, voici ce qu’on retrouve « au bout de la chaîne de montage » en termes d’industries manufacturières spécialisées dans la haute-technologie en Amérique du Nord:
Ne cherchez pas le Québec dans le top 10, nous sommes 37e sur 61. Le score du Québec est de 24,70% alors que celui des États-Unis est de… 46,4%. Un score assez respectable pour une population supposément analphabète.
Certaines personnes tenteront de minimiser ces chiffres en faisant valoir que les États-Unis bénéficient d’une immigration hautement qualifiée, ce à quoi je réponds: il y a bien une raison qui fait en sorte qu’un immigrant qualifié préfère les États-Unis au Québec…
Les intentions de Jean-François Lisée étaient louables: on ne peut que se réjouir de la baisse substantielle du taux de suicide au Québec. Mais, nationalisme oblige, Jean-François Lisée en a trop mis.
Jean-François Lisée en profite notamment pour dire que, contrairement au Québec, les États-Unis sont à la traîne en raison du haut taux de suicide chez les soldats.
Selon les chiffres de l’Institut national de santé publique, le taux de suicide des hommes au Québec pour l’année 2008 était de 22,1 par 100 000 habitants. Pour les jeunes hommes québécois, c’est encore pire: un taux de 23,4 par 100 000 habitants chez les 20-34 ans.
Dimanche dernier, Sam Hamad (le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale…) a dévoilé un plan de 7 milliards de dollars sur 5 ans pour combattre la pauvreté. Pour réaliser à quel point le gouvernement Charest gaspille encore notre argent, il suffit de regarder quels ont été les résultats du plan précédant…
Le plan d’action précédant, qui s’est échelonné de 2004 à 2009, a coûté au gouvernement québécois 4,5 milliards de dollars. C’est donc, en moyenne, 750 millions de dollars qui ont été dépensés chaque année pour combattre la pauvreté. En 2004, le Québec comptait 849 000 personnes vivant sous le seuil de faible revenu. En 2007*, ce nombre est passé à 812 000 personnes. Donc, de 2004 à 2007, le gouvernement a dépensé 3 milliards de dollars et 37 000 personnes sont sorties de la pauvreté. Conclusion, de 2004 à 2007, pour chaque personne sortie de la pauvreté, le gouvernement a dépensé plus de 81 000 dollars !
Voici comment a évolué le taux de personnes vivant sous le seuil de faible revenu pour le Québec, l’Ontario et l’Alberta. Portez une attention toute particulière pour la période 2004-2007:
En 2004, les 3 provinces avaient un taux à peu près égal. En 2007, malgré le plan incroyablement dispendieux des libéraux, le Québec a été la province qui a le moins réduit son taux de pauvreté…
Autre statistique intéressante, voici quelle était la proportion des revenus du 20% de la population la plus pauvre provenant de transferts gouvernementaux pour les années 2004 et 2007:
De 2004 à 2007, grâce au formidable plan de lutte à la pauvreté des libéraux, la dépendance des pauvres à l’égard de l’État s’est accrue de manière substantielle, plus de 62% de leurs revenus dépendaient d’un chèque du gouvernement. Un résultat honteux qui est parfaitement cohérent avec la culture de dépendance du modèle québécois. En Ontario et en Alberta, non seulement cette proportion a diminué, mais dans les 2 cas elle se situe sous la barre des 50%.
Pour terminer, voici la proportion des personnes qui ont vécu 6 années consécutives sous le seuil de faible revenu entre les années 2002 et 2007:
Bref, ce nouveau plan de la lutte à la pauvreté, tout comme le premier, risque bien d’être un autre gaspillage éhonté des fonds publics.
Il y a quelques semaines, l’institut de recherche et d’informations socioéconomique (IRIS) a publié une recherche dans laquelle elle affirme qu’au Québec les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent depuis 1976. Selon cette étude, le Québec est trop à droite, pas assez taxé et il faudrait ressusciter Staline pour ramener un peu de justice sociale au Québec (j’exagère à peine).
Dans cette étude, on parle uniquement de la situation du Québec. Immédiatement, je me suis demandé si l’on n’avait pas décidé d’ignorer les autres provinces pour cacher une vérité qui dérange…
Voici donc le portrait de la situation pour le Québec, l’Ontario et l’Alberta entre 1976 et 2007:
La situation au Québec est effectivement peu reluisante. De 1976 à 2007, le revenu des pauvres est resté inchangé à 12 700$. Du côté des riches, la situation n’est guère mieux: le revenu est passé de 97 000$ à 103 200$. L’écart entre les riches et les pauvres est donc resté relativement stable, il était de 85 200$ en 1976 et de 90 500$ en 2007.
En Ontario, on a fait beaucoup mieux:
En 1976, les pauvres avaient un revenu moyen de 12 700$ (comme au Québec), en 2007 ce montant est passé à 14 800$. Chez les riches, les gains ont aussi été importants, les revenus sont passés de 106 100$ à 137 900$. L’écart entre les riches et les pauvres était de 93 400$ en 1976 et de 123 100$ en 2007.
En Alberta, la situation est spectaculaire:
En 1976, les pauvres avaient un revenu moyen de 11 900$ (c’était moins qu’au Québec), en 2007 ce montant est passé à 17 100$. Chez les riches les gains ont aussi été substantiels, les revenus sont passés de 110 400$ à 152 700$. L’écart entre les riches et les pauvres était de 98 500$ en 1976 et de 135 600$ en 2007.
Voici un résumé de la situation:
C’est au Québec que l’écart entre les riches et les pauvres c’est le moins accru et c’est aussi au Québec que la situation des pauvres c’est le moins améliorée. La situation en Alberta est pour le moins intéressante. C’est dans cette province que les écarts de richesses ont le plus augmenté, mais c’est aussi dans cette province que les pauvres ce sont le plus enrichis. En fait, l’augmentation du revenu des pauvres a été supérieure à l’augmentation du revenu des riches (43,7% vs. 38,3%). Rappelons qu’en 1976, les pauvres Albertains gagnaient 800$ de moins que les pauvres Québécois.
Conclusion, quand l’IRIS dénonce les écarts grandissants de richesse au Québec, on s’alarme pour pas grand-chose. Si le revenu des pauvres au Québec a stagné depuis 30 ans, ce n’est pas à cause de l’augmentation des écarts de richesses; les exemples ontarien et albertain démontrent clairement que l’augmentation des écarts de richesse ne signifie pas un appauvrissement des pauvres puisque dans ces 2 provinces leur situation s’est améliorée. Un phénomène similaire est observable en Chine.
Sur les ondes du 98.5, Barnard Landry a déclaré (et ce n’est pas une blague), que si les États-Unis avaient adopté la même réforme du Code du travail que le PQ a mis en place en 1977, les États-Unis auraient, tout comme le Québec, eu un taux de chômage inférieur lors de la présente récession.
D’entrée de jeu, il est plutôt ridicule d’affirmer que si le taux de chômage du Québec est resté relativement inchangé lors de la présente récession, c’est à cause de la réforme du Code du travail adopté en 1977. Mais donnons le bénéfice du doute à Bernard Landry (il en a bien besoin) et admettons qu’il a raison.
Donc, analysons l’évolution du taux de chômage aux États-Unis et au Québec depuis 1977, pour voir qu’elles ont été les formidables avantages de la réforme péquiste:
Quelle incroyable réalisation que cette réforme du Code du travail ! En échange de taux de chômage avantageux pendant quelques mois tous les 30 ans, les gens ont droit à un taux de chômage chroniquement élevé le reste du temps ! Quelle bonne affaire !
Imaginez que vous placez votre argent dans une compagnie. Durant 29 ans, votre placement obtient un rendement négatif (vous perdez de l’argent) et finalement, à la 30e année, vous êtes en mesure d’avoir un petit rendement positif. Toute personne normalement constituée considérerait que ce placement a été désastreux, mais Bernard Landry n’est pas une personne normalement constituée. Parce que pour Bernard Landry, le petit gain de la 30e année suffit à faire oublier les 29 années de pertes.
Dans son dernier budget, le gouvernement de Jean Charest justifie de la manière suivante sa dépendance vis-à-vis les programmes de péréquation:
« Une hausse du prix mondial du baril de pétrole favorise les provinces qui disposent d’une telle ressource. Toutefois, la hausse du dollar canadien qui accompagne la hausse du prix du pétrole nuit aux exportations des autres provinces. Un programme de péréquation adéquat est à même d’atténuer ce phénomène en augmentant les revenus des provinces affectées négativement par la hausse du dollar. »
Selon le gouvernement, une hausse du dollar est nuisible à l’économie québécoise. La réalité est beaucoup plus nuancée…
De 2002 à 2007, la valeur du dollar canadien a augmenté de 46%, pourtant le chômage a diminué et les exportations de même que les ventes de l’industrie manufacturière sont restées relativement stables. Si l’on se base sur ces chiffres, il est difficile d’établir un lien direct entre la hausse du dollar et une baisse de l’activité économique.
« Since economic freedom spurs prosperity and growth, fiscal federalism in effect transfers money from relatively free provinces to relatively unfree provinces, muting the impact of economic freedom and perversely creating incentives for provincial politicians to limit economic freedom and, thus, economic growth since this increases the flow of federal transfers, which are directly controlled by these politicians. This enhances their power and their ability to reward friends and penalize enemies. »
N.B. Les exportations et les ventes de l’industrie manufacturières sont calculées en dollars constants.
Jean François Lisée trouve parfaitement normal que 45% des Américains ne payent pas d’impôt. Pour lui, c’est un mécanisme essentiel de redistribution de la richesse qui rend la société plus juste.
Vraiment ?
Tout d’abord, je laisse la parole au juge Napolitano et à David Buckner (Colombia University):
Comparons ensuite la situation en Alberta et au Québec pour vérifier si l’impôt permet véritablement de créer des sociétés justes et prospères.
En Alberta, un particulier avec des revenus de 100 000$devra payer30 110$ en impôt. Une société avec un profit de 1 500 000$devra payer118 322$ au ministère du Revenu. Au Québec, ces sommes sont de 36 893$ et 157 400$ respectivement.
Est-ce que le régime fiscal québécois a été bénéfique pour les pauvres ?
En Alberta pour l’année 2007, 37,9% des revenus des pauvres* provenaient de transferts gouvernementaux. Pour le Québec cette proportion a atteint un spectaculaire 62,6%. Vous pensez peut-être que cette redistribution de la richesse a fait en sorte que les pauvres du Québec étaient plus riches que les pauvres du reste de l’Alberta… Pas du tout, en 2007 les revenus des pauvres Québécois étaient de 12 700$ alors que les revenus des pauvres Albertains ont totalisé 17 100$.
Entre 1977 et 2007, le revenu des pauvres au Québec n’a augmenté que de 10,2%. À l’opposé du spectre politique, les revenus des pauvres en Alberta se sont accrus de 96,2%.
Entre 2002 et 2007, 2,7% des Québécois ont vécu 6 années consécutives sous le seuil de faible revenu. Durant la même période en Alberta, cette proportion n’a été que de 0,4%.
Pour terminer, il est intéressant de constater que l’indice GINI du Québec en 2007 était de 0,376 contre 0,394 pour l’Alberta. Autrement dit, l’Alberta est plus inégalitaire que le Québec. Pourtant, en Alberta les pauvres s’en tirent beaucoup mieux qu’au Québec. Voilà qui confirme une fois de plus que l’égalitarisme n’est pas une vertu à atteindre.
P.-S. Je vous rappelle que l’Alberta a une flat tax alors que le Québec a un impôt progressif.
« A democracy cannot exist as a permanent form of government. It can only exist until a majority of voters discover that they can vote themselves largess out of the public treasury. »
*Pauvre: les 20% de la population avec le revenu le plus faible.