Antagoniste


21 mars 2012

Police partout, justice nulle part Canada Économie En Chiffres Québec

Dans La Presse cette semaine, on a pu lire cette déclaration d’André Poulin, le directeur de Destination centre-ville, un regroupement de commerçants, au sujet du saccage réalisé par les manifestants contre la brutalité policière: « Les policiers doivent arrêter de protéger les manifestants et protéger nos commerces, nos immeubles, nos voitures et nos citoyens ».

On pourrait aussi parler des actes criminels dirigés contre l’IEDM qui sont restés impunis par les policiers.

Je me suis demandé si cette apparence de laxisme envers les criminels pouvait être imputée au manque d’effectifs policiers.  Voici la réponse:

Police Justice Québec

Comme on peut le voir, le Québec est l’une des provinces avec le plus de policiers…  Il faut donc trouver une autre explication…

Mais peut-être que le Québec ne finance pas adéquatement ses services de police, le cas échéant avoir un grand nombre de policiers serait peu utile.  Voici ce que les chiffres disent:

Police Justice Québec

Comme on peut le voir, le Québec est l’une des provinces qui dépensent le plus dans la sécurité…  Il faut donc trouver une autre explication…

Mais peut-être que le Québec est une province très criminalisée, le cas échéant il nous faudrait beaucoup de policiers pour contenir cette criminalité.  Voici ce que les chiffres disent:

Police Justice Québec

Comme on peut le voir, la charge de travail des policiers au Québec est très légère…  Il faut donc trouver une autre explication…

Mais peut-être que cette charge de travail plus faible se traduit dans la réalité par une plus grande efficacité dans le travail des policiers. Voici ce que les chiffres disent:

Police Justice Québec

Comme on peut le voir, le Québec est l’une des provinces où les policiers ont le moins « d’affaires classées »…

Résumons.  Le Québec est l’une des provinces avec le plus de policiers, qui dépensent le plus en sécurité, nos policiers sont parmi ceux qui ont la charge de travail la plus faible et malgré cette faible charge de travail, ils sont parmi ceux qui attrapent le moins de criminels.

Je ne crois pas que les policiers québécois soient moins intelligents ou plus paresseux que leurs homologues canadiens.  J’ai plutôt l’impression qu’ici les gouvernements ont transformé une bonne partie de nos forces policières en percepteur d’impôts.  Un policier qui fait de la patrouille routière, ce n’est pas la même chose qu’un enquêteur.

L’application du Code criminel est devenue une mission secondaire, on leur demande surtout de distribuer des contraventions.  On se retrouve donc dans une province qui peut compter sur une imposante force policière qui coûte très cher, mais qui est incapable de lutter efficacement contre la criminalité.  Soft on crime comme le dit le sénateur Boisvenu…

Pour donner un billet de vitesse, les politiciens font en sorte que les policiers sont toujours disponibles, mais s’il faut stopper une émeute ou remuer ciel et terre pour attraper des cyberprédateurs, les mêmes politiciens sont beaucoup plus réticents à donner carte blanche à leurs hommes…  Encore une fois, le gouvernement du Québec a failli à une mission essentielle.

« Police partout, justice nulle part » devrait être un slogan de la droite, pas de la gauche.

Jean-Marc Fournier, le ministre de la Justice, a déjà dit que le Québec était l’une des provinces les moins criminalisées.  Alors j’ai une question pour le ministre: si la criminalité au Québec est si faible, pourquoi dépenser autant pour une force policière aussi imposante ? On veut protéger la population ou la taxer avec des contraventions ?

Sources:
Statistique Canada
Tableau 254-0002
Tableau 252-0052
Statistiques les plus récentes disponibles

21 mars 2012

Le prix du bonheur… Coup de gueule Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Quelques chiffres sur le budget de monsieur Bonheur…

Le prix du bonheur...

Voilà ce qu’il en coûte pour être heureux au Québékistan…

MISE-À-JOUR

En passant, si l’on additionne les montants du tableau, on obtient des dépenses de 194 189 041$/jour ou encore 18 102 $/travailleurs.

Source:
Ministère des finances du Québec
Discours sur le budget

19 mars 2012

Lisée, prise 8: la fiscalité des entreprises québécoises Canada Coup de gueule Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Dans son dernier livre, Jean-François Lisée s’est donné la difficile tâche de mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Pour vérifier si tel est le cas, voici une série de billets qui reprend chacun des arguments avancés par Lisée pour en vérifier la validité. Attention, car la gauche est sur le point d’encaisser une droite !

Affirmation #8 de Jean-François Lisée: la droite ment quand elle affirme que le Québec impose un fardeau trop lourd à ses entreprises.  Selon Lisée, le Québec est l’un des endroits dans le monde où les entreprises sont les moins imposées.

La démonstration de Jean-François Lisée est en deux parties.

La première « preuve » de Lisée est un document du ministère des Finances du Québec qui compare les taux effectifs marginaux sur l’investissement et qui montre que le Québec impose moins ses entreprises que le reste du Canada et que les pays de l’OCDE.  Le problème avec ce document ?  On ne tient pas compte d’une foule de facteurs régionaux et des particularités des régimes fiscaux propres à chaque province.  D’ailleurs depuis quand peut-on croire le ministère des Finances quand il nous dit que nous sommes peu imposés ?  Une étude réalisée par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante permet de comparer le Québec aux autres provinces, nos compétiteurs immédiats:

Lisée Droite

Lisée Droite

Lisée Droite

Comme on peut le voir, le Québec est loin d’être la province qui impose le moins ses entreprises…

Mais ce n’est pas tout, il faut aussi considérer les charges sociales i.e. les cotisations versées par les employés ou les employeurs. Qu’on pense pour le Québec à la CSST, le RRQ ou le régime d’assurance parentale. Même si ces cotisations ne constituent pas un impôt corporatif, mais elles incarnent néanmoins un impôt sur la masse salariale.  À ceci il faut aussi ajouter les impôts fonciers et sur le capital.

Encore une fois, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a réalisé un classement qui permet de tenir compte tous ces facteurs en calculant un indice pour les charges sociales et les impôts des sociétés, fonciers et sur le capital:

Lisée Droite

Le Québec est en queue de peloton, on est bien loin des lunettes roses de Jean-François Lisée…

Et cette lourde fiscalité combinée au fardeau réglementaire n’est pas sans conséquence, si le Québec est un paradis fiscal pour les entreprises, cela ne se voit pas sur le terrain…

Lisée Droite

Le deuxième argument de Jean-François Lisée est une étude de la firme KPMG qui montre qu’à l’échelle de la planète, Montréal est la troisième ville où le coût d’exploitation des entreprises est le plus faible…  Si tel est vraiment le cas, alors cela devrait pouvoir se mesurer concrètement.  Voici donc comment performe Montréal à l’échelle du Canada, si Montréal est au sommet de la hiérarchie mondiale, il devrait en être de même dans notre pays.

Lisée Droite
Basé sur le classement du Financial Post 500 (500 plus grandes entreprises au Canada).

Pour une ville qui est censée trôner au sommet, Montréal s’en tire plutôt mal au Canada…

Lisée Droite

Montréal est encore une fois dans une classe à part, malheureusement pour Lisée, ce n’est pas une classe à laquelle on désire appartenir…

Si le Québec est un paradis fiscal pour les entreprises et si Montréal est l’une des villes où faire rouler une entreprise est le plus abordable, cela semble un secret très bien gardé…

À lire aussi:

Sources:
CANADIAN FEDERATION OF INDEPENDENT BUSINESS
Fiscalité : À la recherche de l’excellence

Industrie Canada
Principales statistiques relatives aux petites entreprises

Fraser Institute
Corporate headquarters in Canada

Statistique Canada
Tableau 282-0116

16 mars 2012

Où sont les meilleures récoltes ? Canada Économie En Chiffres États-Unis Europe Mondialisation

Les subventions agricoles constituent des mesures protectionnistes qui entravent le développement de l’agriculture dans plusieurs pays pauvres. Voici dans quelle mesure les pays industrialisés subventionnent leur agriculture:

Subventions Agricoles

Subventions Agricoles

Subventions Agricoles

Pour ceux qui pensent que les subventions sont nécessaires pour avoir un secteur agricole vigoureux… Pour l’année 2010 en Nouvelle-Zélande, l’agriculture représentait 4,7% du PIB contre 1,9% pour le Canada, et ce, même si le Canada subventionne 35 fois plus..

Source:
OCDE
Politiques agricoles: suivi et évaluation 2011 – Pays de l’OCDE et économies émergentes

14 mars 2012

Le $chiste Économie En Chiffres États-Unis

La dernière récession a frappé dur aux États-Unis.  Entre 2007 et 2010, dans 38 des 50 États, le revenu des ménages a subi un recul moyen de 3,5%.  Malgré tout, il y a eu quelques villages gaulois qui ont été capables de résister à la tourmente. Voici les 10 États qui ont le mieux fait durant la dernière récession:

Gaz de schiste

Qu’ont en commun le Wyoming, le Dakota du Nord, l’Alaska, la Louisiane, la Virginie Occidentale, l’Oklahoma et le Texas ?  Tous ces états exploitent du gaz et/ou du pétrole de schiste !  Vous avez bien lu, 7 des 10 États où la croissance des revenus médians a été le plus élevée ont exploité le schiste.

Mais il y a plus, voici les 10 régions métropolitaines qui ont le mieux fait face à la récession:

Gaz de Schiste

Qu’ont en commun les régions métropolitaines de Lafayette, Corpus Christi, Odessa, Longview-Marshall, Grand Junction, Galveston, McAllen-Edinburg, Johnstown, Amarillo et Brazoria ?  Toutes ces régions métropolitaines exploitent du gaz et/ou du pétrole de schiste !  Vous avez bien lu, 10 des 10 régions métropolitaines où la croissance des revenus médians a été le plus élevée ont exploité le schiste.

Aux États-Unis, le salaire moyen des gens qui travaillent dans l’industrie du gaz est de 76 910$/an contre 50 398$/an pour la moyenne nationale.

Un communiqué de presse publié hier par le département de l’Énergie nous apprit que les États-Unis avaient devancé les Russes pour devenir le premier producteur mondial de gaz, une situation rendue possible par l’exploitation du gaz de schiste.

M’enfin, le message le plus important à retenir à propos de tout ceci est le suivant: au Québec, nous n’avons pas besoin d’exploiter les hydrocarbures de schiste.

Source:
Energy In Depth
New Study: Shale States Weathering Recession Better than Others

13 mars 2012

La productivité des associations étudiantes québécoises Canada Coup de gueule En Chiffres Gauchistan Québec

Puisque les associations québécoises sont en quelque sorte la ligue américaine du PQ, des syndicats et de tout ce qui traîne à gauche, il ne faudrait pas se surprendre de constater que celles-ci soient coûteuses, peu productives et hyper-bureaucratisées…

Voyez par vous-même comment nos valeureuses associations, la FEUQ et la FECQ, se comparent à leurs équivalents dans le reste du Canada:

Grève Associations Étudiantes

Pas très productive les associations étudiantes québécoises… Ailleurs au Canada dans certaines associations étudiantes, 1 officier représente presque 3 fois plus d’étudiants qu’ici…

Et le plus beau au Québec c’est que le gouvernement encourage cette lourdeur bureaucratique en distribuant des subventions pour payer le salaire des permanents élus des associations étudiantes.  Vous avez bien lu, le salaire des permanents n’est pas uniquement payé par les cotisations des étudiants, mais aussi par nos impôts !  Les montants peuvent atteindre 9 096$ par année, la FEUQ et la FECQ se partageant à elles seules un montant qui oscille entre 100 000$ et 150 000$ par année.  Voilà qui incite à transformer les études en carrière professionnelle.

Voilà qui explique aussi comment la FEUQ a eu les moyens de se payer les services de la firme de communication Octane en 2010…

Si vous êtes un étudiant et que tout ceci vous indispose, je vous rappelle qu’il est possible de quitter votre association étudiante, tous les détails ici: jemeretire.ca

12 mars 2012

Lisée, prise 7: les syndicats québécois Canada Coup de gueule Économie En Chiffres États-Unis Gauchistan Québec

Dans son dernier livre, Jean-François Lisée s’est donné la difficile tâche de mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Pour vérifier si tel est le cas, voici une série de billets qui reprend chacun des arguments avancés par Lisée pour en vérifier la validité. Attention, car la gauche est sur le point d’encaisser une droite !

Affirmation #7 de Jean-François Lisée: la droite ment quand elle affirme que les syndicats représentent un boulet économique pour le Québec.

La démonstration de Jean-François Lisée est aussi succincte que faiblarde.  Pour parvenir à cette conclusion, Lisée nous représente le graphique comparant la croissance du PIB/habitant pour le Québec et les États-Unis.  Ce graphique, qui avait déjà été présenté dans le premier chapitre de son livre, a déjà été critiqué dans un billet précédant.  Résumons simplement en disant qu’entre 1981 et 2010, la croissance annuelle moyenne au Québec, qui est syndiqué à 39%, a été de 1,34% contre 1,71% pour les États-Unis qui sont syndiqués à 11,8%.

On pourrait aussi dire qu’au Québec, la province la plus syndiquée, est aussi la province où l’on travaille le moins, l’une des provinces où la productivité et la croissance de la productivité sont les plus faibles et l’une des provinces où les revenus et la croissance des revenus sont les plus faibles.  Par contre, l’Alberta, qui est la province la moins syndiquée au Canada, se classe en tête de liste dans chacune de ces catégories.  Comme quoi les travailleurs albertains n’ont pas eu besoin des syndicats pour profiter de la manne pétrolière.

Mais faisons l’analyse que Jean-François Lisée a été trop paresseux pour faire.  Voici la relation qui existe entre le taux de chômage et le taux de syndicalisation, on verra bien si la syndicalisation est un boulet économique…

Lisée Droite
1997, première année avec des statistiques disponibles; en rouge les États américains, en vert les provinces canadiennes, en bleu le Québec

On observe une relation positive entre le taux de syndicalisation et le taux de chômage. Même si le chômage dépend de bien d’autres facteurs que la syndicalisation, la tendance suggérée par ce graphique tant à confirmer que la syndicalisation représente bel et bien un fardeau économique.

On peut aussi constater que les syndicats représentent un boulet économique quand on regarde l’évolution du nombre de travailleurs dans l’industrie manufacturière, qui a fortement été éprouvée depuis quelques années:

Lisée Droite

Au Québec, depuis 1997, 64,1% des pertes d’emploi dans l’industrie manufacturière proviennent des entreprises syndiquées contre 35,9% pour les entreprises non syndiquées. Encore une fois, on peut voir que la syndicalisation représente un fardeau à porter pour les travailleurs.

Le même phénomène est observable aux États-Unis.  Entre 1981 et 2010, l’emploi dans le secteur manufacturier syndiqué a diminué de 73% alors que dans le secteur non syndiqué la perte n’est que de 14%.

Il est fini le temps où la gauche pouvait dire que les syndicats sont nécessaires pour protéger les emplois des travailleurs, ils ont tellement tiré sur l’élastique que les entreprises syndiquées doivent maintenant mettre des gens à la porte. Ma question pour les gauchistes: veut-il mieux ne pas avoir d’emploi du tout que d’avoir un emploi non syndiqué ?

La syndicalisation s’accompagne aussi d’autres effets pervers.  Une étude publiée dans le Industrial and Labour Relations Review montre qu’une industrie à taux de syndicalisation moyen affiche un taux d’investissement brut en capital inférieur de 18 % à 25 % par rapport à une industrie non syndiquée.

Une autre étude publiée dans le Canadian Journal of Economics montre de son côté que l’investissement en recherche et développement est de 28% et 40% plus faible lorsqu’on passe d’une industrie marginalement syndiquée à une industrie fortement syndiquée.

On pourrait aussi parler de l’hyper-syndicalisation dans l’industrie de la construction qui coûte aux Québécois 3,4 milliards de dollars et 52 000 emplois.

Dans son livre Lisée défend les syndicats en disant que le coût de la non-syndicalisation est élevé pour les travailleurs.  Il fait notamment mention des heures supplémentaires non payées et des pauses repas écourtées…  Par contre Lisée, ne parle pas du coût de la syndicalisation: pertes d’emplois, faibles investissements, hausse des coûts…  Cela ne semble pas être très important pour la gauche.  Je repose donc ma question, veut-il mieux ne pas avoir d’emploi du tout que d’avoir un emploi non syndiqué ?

De plus, si Jean-François Lisée a raison et que les syndicats font un travail remarquable pour protéger les droits des travailleurs, alors pourquoi les syndicats tiennent-ils mordicus à la formule Rand qui oblige les travailleurs à être membres d’un syndicat ?

Si les syndicats font un bon travail, les travailleurs choisiront d’être membres sans qu’on les y contraigne.

De plus, si les syndicats font un si bon travail, alors pourquoi la profession de syndicaliste est-elle l’une des moins respectées au Québec ? Seulement 24% de la population font confiance aux syndicalistes, c’est la même proportion qui fait confiance aux entrepreneurs en construction.  Sachant que 39% des travailleurs québécois sont syndiqués, cela implique que beaucoup de syndiqués ne font pas confiance à leur organisation…

Les syndicats ont peut-être peur de ceci:

Lisée Droite

Parlant de la formule Rand, aux États-Unis, dans 22 des 50 États, la formule Rand a été abolie (ce que les Américains appellent des Right-to-Work States).

Dans ces États, en 2011, le taux de chômage était de 8,7%. Dans les États où l’adhésion au syndicat est obligatoire (maintien de la formule Rand), le taux de chômage était de 9,1%. La différence de 0,4 pt de % peut sembler minime, mais elle représente néanmoins 395 000 emplois.

De plus, dans ces États, de 2008 à 2009, année où la récession a frappé de plein fouet, la croissance économique a été de -1,66%. Dans les États où l’adhésion au syndicat est obligatoire, la croissance économique a été de -2,42%. C’est une différence non négligeable de 46% entre les 2 systèmes.

Somme toute, Jean-François Lisée a tort quand il affirme que le syndicalisme québécois n’est pas un boulet économique tout comme il a tort quand il affirme que le coût de la non-syndicalisation est prohibitif.   Je repose pour une troisième fois ma question, car elle est primordiale: veut-il mieux ne pas avoir d’emploi du tout que d’avoir un emploi non syndiqué ?

À lire aussi:

Sources:
Statistique Canada
Tableau 282-0078
Tableau 282-0087

U.S. Bureau of Labor Statistics
Local Area Unemployment Statistics
Economy at a Glance

Unionstats.com
State: Union Membership

9 mars 2012

Un régime riche en gras Canada Coup de gueule Économie En Chiffres Gauchistan

Les conservateurs ont déjà annoncé qu’ils voulaient réduire les dépenses du gouvernement de 5 à 10% dans leur prochain budget.  Il n’en fallait pas plus pour que les gauchistes grimpent dans les rideaux. De telles coupures risquent de provoquer le retour de la peste bubonique, des pluies de grenouilles et la mort de tous les premiers-nés…

Question de mettre les choses en perspective, voici ce que représente une coupure de 10% dans les dépenses du gouvernement…

Dépense Harper

Même avec des coupures de 10%, le gouvernement continuera de dépenser plus d’argent qu’en 2006, année où Stephen Harper est devenu premier ministre.  Corrigez-moi si je me trompe, mais en 2006, personne ne mourait dans les rues parce que le gouvernement ne dépensait pas assez…

Les gauchistes disent que l’atteinte de l’équilibre budgétaire relève de l’idéologie.  Ce qu’ils oublient de dire c’est que refuser d’équilibrer le budget relève aussi de l’idéologie, une idéologie irresponsable qui plus est…

P.-S. Dans mon graphique, je surestime les coupures prévues par le gouvernement conservateur puisque les chiffres présentés incluent les transferts aux provinces et aux individus.  Or, les conservateurs ont déjà annoncé que ces deux postes budgétaires étaient exclus de leur calculs.

Sources:
Ministère Des Finances Du Canada
Rapport financier annuel du gouvernement du Canada

Statistique Canada
Tableau 051-0001

Banque du Canada
Taux et statistiques

7 mars 2012

Ça vient toujours de la même poche Coup de gueule Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Hier, le ministère des bandits à cravate i.e. l’agence du revenu du Québec était fier de nous annoncer qu’elle avait réussi à détrousser plus efficacement les contribuables québécois.

Parmi leurs victimes, on compte les restaurateurs québécois chez qui le fisc a volé 102 millions de dollars.  Cette extorsion a été rendue possible par l’installation obligatoire d’un module d’enregistrement et d’émission de facture dans les restaurants qui élimine les possibilités d’évasion fiscale.  Ce module de contrôle a été installé graduellement depuis septembre 2010 pour être finalement obligatoire dans tous les établissements en novembre 2011.

La majorité des gens vont probablement se réjouir de cette situation en s’imaginant que le gouvernement prend enfin les moyens pour que tout le monde paye sa juste part d’impôts et de taxes.  Malheureusement, les gens qui ont raisonné de cette façon n’ont pas pris le temps de réfléchir à la question.  Ils n’ont pas réalisé que les compagnies ne payent pas d’impôts ou de taxes, ce sont leurs consommateurs qui héritent de la facture.

Pour preuve, voici comment a évolué le prix des aliments consommés dans les restaurants depuis septembre 2010, date à laquelle le module a été progressivement installé:

Le Gouvernement Nous Vole

Depuis septembre 2010, l’inflation dans les restaurants canadiens a augmenté de 4,2% alors que l’inflation pour les aliments achetés en magasin a été de 6,2%.  Au Québec, l’inflation dans les restaurants a été de 6,0% contre 5,3% pour les aliments achetés en magasin. En bref, au Québec c’est l’inflation dans les restaurants qui a le plus augmenté alors qu’au Canada c’est le prix des aliments achetés en magasin qui a connu la hausse la plus forte.

On peut aussi voir qu’au tout début du graphique, l’inflation dans les restaurants canadiens et québécois était relativement semblable.  Mais, au fur et à mesure que l’on avance dans le temps, et qu’un plus grand nombre de modules a été installé, l’inflation dans les restaurants québécois distance celle des restaurants canadiens.  À partir de novembre 2011, quand le module est devenu obligatoire partout, l’écart s’est encore plus creusé, et ce, même si le prix des aliments a beaucoup plus augmenté au Canada qu’au Québec.

Plus spécifiquement, voici la situation depuis novembre 2011:

Le Gouvernement Nous Vole

Le prix des aliments acheté en magasin a évolué de manière presque identique au Canada et au Québec.  Par contre, le prix dans les restaurants a augmenté presque 3 fois plus au Québec qu’au Canada !

Ce que ces deux graphiques tendent à démontrer c’est que le 102 millions de dollars récupéré par l’installation du module n’a pas été absorbé par les restaurateurs, la facture a plutôt été refilée aux consommateurs qui doivent désormais payer plus cher.  L’argent vient toujours de la même poche, la nôtre.

Voilà qui nous rappelle, comme je l’écrivais plus tôt, que les compagnies ne payent ni impôt ni taxes, ce sont leurs clients qui doivent acquitter la facture.  Quand des gens exigent que l’on augmente les taux d’imposition des corporations, ils militent en fait pour une augmentation sournoise de la fiscalité des particuliers, le cas des restaurants québécois est un excellent exemple.  On pensait éliminer de l’évasion fiscale alors qu’en réalité on a augmenté la fiscalité des citoyens ordinaires.

Source:
Statistique Canada
Tableau 326-0020

5 mars 2012

Lisée, prise 6: la fiscalité des Québécois Canada Coup de gueule Économie En Chiffres États-Unis Gauchistan Québec

Dans son dernier livre, Jean-François Lisée s’est donné la difficile tâche de mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Pour vérifier si tel est le cas, voici une série de billets qui reprend chacun des arguments avancés par Lisée pour en vérifier la validité. Attention, car la gauche est sur le point d’encaisser une droite !

Affirmation #6 de Jean-François Lisée: la droite ment quand elle affirme que le Québec est un « enfer fiscal ». Selon Lisée, le Québec est l’un des endroits dans le monde où les gens sont les moins imposés.

Selon les calculs présentés par Jean-François Lisée dans son livre, les Québécois seraient moins imposés que les Canadiens, les Américains et la quasi-totalité des pays industrialisés !  Pour parvenir à cette conclusion, Jean-François Lisée utilise un artifice très ingénieux (et malhonnête), il déduit des impôts payés par les gens, les « services » qu’ils sont reçus du gouvernement.  Par exemple, si une personne paye 10 000$ en impôts et reçoit 8 000$ en services gouvernementaux, son niveau d’imposition réel ne serait que de 2 000$.

Le problème avec ce genre de calcul, Jean-François Lisée fait abstraction de la qualité des services reçus i.e. il ne se demande pas si les contribuables en ont pour leur argent.  C’est un peu comme si un critique gastronomique qui mange exactement le même hamburger dans un McDonald’s pour 5$ et dans un restaurant cinq étoiles pour 50$ parvenait à la conclusion que le hamburger du restaurant cinq étoiles est le meilleur parce que le restaurateur lui a fourni un service qui valait 50$.

Voici à titre d’exemple la qualité des services produits par le gouvernement québécois dans quelques-unes de ses sphères d’activité:

Lisée Droite

Lisée Droite

Lisée Droite

Lisée Droite

Des temps d’attente de 17 heures dans les urgences, des CHSLD qui servent de la nourriture infecte, un ministère de l’Éducation qui cache désormais ses chiffres sur le décrochage pour dissimuler sa médiocrité, des listes d’attente interminable pour avoir accès à des CPE...  Voilà les services que les Québécois reçoivent en échange de leurs impôts…

Si les Québécois payaient très peu d’impôts/de taxes/de tarifs, il serait normal que le gouvernement nous donne en retour des services merdiques, or ce n’est pas le cas!  Voici à quoi ressemble la fiscalité des particuliers au Québec:

Lisée Droite

Lisée Droite

Lisée Droite

Maintenant, posez-vous la question: ces impôts permettent-ils aux Québécois d’avoir de meilleures écoles, de meilleurs soins de santé, de meilleures routes que les autres provinces ?

Les Québécois sont ceux qui payent le plus tous azimuts, mais Lisée veut nous faire croire que les « services » que l’on reçoit du gouvernement compensent.  Avec les impôts que l’on paye, le Québec devrait offrir des services cinq étoiles mur à mur.  Or, comme je l’ai montré dans les graphiques ci-haut, on doit se contenter de services merdiques, alors que nous devrions être en tête dans tous les classement avec l’argent que l’on verse au gouvernement.

Un autre moyen pour calculer la lourdeur fiscale consiste à faire le rapport entre le « revenu personnel disponible » et le « revenu disponible ».  Le « revenu disponible » mesure la totalité des sommes gagnées par un individu, que ce soit un revenu d’emploi ou de placements.  Le « revenu personnel disponible » mesure ce qui reste dans les poches d’un individu après le paiement des impôts/taxes/tarifs faits à tous les paliers de gouvernement.  Le rapport entre le « revenu personnel disponible » et le « revenu disponible » donne la proportion du revenu gagné par un travailleur qui ne finit pas dans les coffres des gouvernements.  Voici la mesure de ce rapport à l’échelle de l’Amérique du Nord:

Lisée Droite

Les Québécois sont ceux qui payent le plus d’impôts et qui reçoivent les services les plus médiocres.  Contrairement à ce qu’affirme Lisée, la belle province mérite amplement son qualificatif d’enfer fiscal.

D’ailleurs, si le Québec n’était pas un enfer fiscal comme le prétend Lisée, si le Québec offrait le meilleur rapport qualité/prix pour ses impôts et ses services, les Québécois ne seraient pas si nombreux à quitter la province:

Lisée Droite

Je n’ai pas été en mesure de trouver des chiffres sur la migration entre le Québec et les États-Unis.  Par contre, ces statistiques sont disponibles pour le Canada. Selon une étude de Statistique Canada publiée il y a trois ans, entre 2000 et 2004, chaque année, 68 900 Canadiens sont allés vivre aux États-Unis. À l’opposé, seulement 6 110 Américains sont venus vivre au Canada…

Donc sachant que le Québec a un solde migratoire négatif avec le reste du Canada et sachant que le Canada a un solde migratoire négatif avec les États-Unis, on peut raisonnablement supposé que plus de Québécois décident d’aller vivre aux États-Unis qu’il y a d’Américains qui décident de venir vivre au Québec.

À lire aussi:

Sources:
The Frontier Centre For Public Policy
Canada Health Consumer Index 2011

Statistique Canada
Statistiques sur les tribunaux de juridiction criminelle pour adultes, 2008-2009
L’âge de l’infrastructure publique : une perspective provinciale
Tendances du taux de décrochage et des résultats sur le marché du travail des jeunes décrocheurs
Tableau 384-0012
Tableau 051-0018

CANADIAN FEDERATION OF INDEPENDENT BUSINESS
Fiscalité : À la recherche de l’excellence

U.S. Census Bureau
Personal Income

1 mars 2012

Le déclin tranquille… Canada Économie En Chiffres Québec

En m’amusant avec les chiffres de l’emploi au Québec, je suis tombé sur quelque chose d’assez surprenant…

Voici un graphique qui montre le nombre d’emplois à temps plein pour chaque emploi à temps partiel.  Plus ce nombre est élevé, plus c’est un signe que le marché de l’emploi est robuste, un emploi à temps plein étant de loin préférable à un emploi à temps partiel.

Emploi Québec

Historiquement, le Québec a toujours fait mieux que le reste du Canada.  En 1976 au Québec, pour chaque emploi à temps partiel on comptait sur 10,11 emplois à plein temps.  Dans le reste du Canada, cette proportion n’était que de 6,28 emplois.

Mais graduellement, la situation s’est érodée, un premier déclin au début des années 80 suivit d’une période de stabilité et un autre déclin à partir des années 2000, qui ont eu pour conséquence d’inverser la tendance avec les autres provinces.

Voici les chiffres depuis les années 2000:

Emploi Québec

Comment expliquer cette mutation profonde du marché de l’emploi au Québec ?  J’avoue ne pas avoir d’idée.

Décision volontaire ou dégradation de l’économie, difficile à dire, par contre je trouve que cette précarisation du marché de l’emploi au Québec est préoccupante: en 1976 nous étions 2e, en 2011 nous sommes passés au 8e rang…

Des emplois à temps partiel pour une économie à temps partiel ?

Source:
Statistique Canada
Tableau 282-0087

28 février 2012

Lisée, prise 5: la pauvreté des Québécois Canada Coup de gueule Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Dans son dernier livre, Jean-François Lisée s’est donné la difficile tâche de mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Pour vérifier si tel est le cas, voici une série de billets qui reprend chacun des arguments avancés par Lisée pour en vérifier la validité. Attention, car la gauche est sur le point d’encaisser une droite !

Affirmation #5 de Jean-François Lisée: la droite ment quand elle affirme que le Québec est pauvre. Selon Lisée, le Québec est l’un des endroits dans le monde avec le moins de pauvreté.

Pour parvenir à cette conclusion, comme à son habitude, Jean-François Lisée analyse un segment bien précis de la population au lieu de regarder la situation dans son ensemble.  Le problème avec ce genre d’analyse ? Les arbres finissent par cacher la forêt…

Lisée analyse donc les taux de pauvreté au Québec pour les comparer à ceux des autres provinces canadiennes et à divers pays industrialisés.  Il en conclut que puisque ces taux sont favorables au Québec, la droite ment quand elle affirme que le Québec est pauvre.  Le problème avec cet argument ?  On y caricature les arguments de la droite.  La droite affirme que le Québec est une province pauvre dans son ensemble; pas que les taux de pauvretés sont plus haut, la nuance est importante.  Après tout, personne à droite ne nie que les pauvres bénéficient d’un parachute doré au Québec, c’est même un des problèmes que la droite dénonce

Voici dans quelle proportion le revenu des 20% les plus pauvres au Canada provient de transferts gouvernementaux:

Lisée Droite

Comme on peut le voir, le Québec est l’une des provinces où les pauvres sont les plus dépendants du gouvernement.  En distribuant autant d’argent, il est normal que l’on puisse faire baisser les taux de pauvreté.  Mais si on revient au point de Jean-François Lisée, on peut se poser la question suivante: si le Québec n’est pas pauvre, pourquoi faut-il redistribuer autant ?  Je vois dans cette addiction à la redistribution un signe indéniable de pauvreté.

Mais qu’en est-il du 80% restant i.e. ceux qui payent des impôts pour améliorer le sort du 20% le plus pauvre ?  Après tout, sans eux toute cette redistribution est impossible.  Voici comment ont évolué leurs revenus depuis 2000:

Lisée Droite
Méthode de calculs: Coiteux, M., Le point sur les écarts de revenu entre les Québécois et les Canadiens des autres provinces, février 2012.

Ce qu’on peut voir sur ce graphique, c’est le vrai visage de la pauvreté au Québec, une province qui stagne depuis 2000 alors que dans le reste du Canada la croissance des revenus est relativement importante.  Les provinces qui étaient plus riches que le Québec sont devenues encore plus riches et celles qui étaient plus pauvres sont en train de combler l’écart.  On peut parler de catastrophe.

Depuis 2000, le Québec a été dépassé par la Saskatchewan, le Manitoba et la Colombie-Britannique…

Voici comment ont augmenté les revenus du marché dans les dix provinces canadiennes depuis 2000:

Lisée Droite

Seul l’Ontario, une province sur le déclin, a fait pire que le Québec, mais malgré tout cette province nous devance largement.  En 2009, le revenu du marché ajusté au coût de la vie du 80% de la population le plus riche était de 52 959$ en Ontario contre 45 275$ pour le Québec.

D’ailleurs, voici ce que dit l’économiste Martin Coiteux dans le cadre d’une étude réalisée pour le « Centre sur la productivité et la prospérité du Québec » des HEC à propos de la pauvreté relative des Québécois:

Centre sur la productivité et la prospérité du Québec
Le Québec, bientôt la province la plus pauvre ?

La pauvreté relative du Québec implique donc que ses citoyens paient moins d’impôts fédéraux et reçoivent plus de transferts personnels que les provinces plus riches, ce qui permet de réduire les écarts de richesse avec les Ontariens, les Albertains et les citoyens de Colombie-Britannique de 32 %, 31 % et 21 % respectivement. Il n’en reste pas moins que cela correspond à une certaine forme de dépendance.

En ajoutant à cela la redistribution provinciale, le Québec parvient presque à renverser la tendance pour les 20 % de ses ménages les plus pauvres par rapport aux 20 % correspondants des autres provinces. À mesure que l’on progresse sur l’échelle des revenus, en revanche, les déficits réapparaissent et s’accentuent. Cela signifie que par rapport aux provinces plus riches, le Québec manque cruellement de revenus taxables au milieu et en haut de la distribution. Cette situation n’est pas étrangère à la dépendance du gouvernement provincial à l’égard des subventions fédérales, ni à son niveau élevé de taux d’imposition, ou encore à son problème d’endettement chronique.

Lisée a raison sur un point, le Québec fait relativement bien au niveau des taux de pauvreté.  Mais si les pauvres ne sont pas trop pauvres, c’est parce que l’on taxe énormément les gens qui sont plus riches qu’eux.  Et quand les riches en question sont incapables de s’enrichir et commencent même à s’appauvrir par rapport aux autres Canadiens, ce qui se traduit par une baisse des revenus taxables, qui pourra-t-on taxer pour que les pauvres puissent maintenir leur train de vie ?  Le système qui rend possible la situation décrite Jean-François Lisée est tout simplement insoutenable parce que dans son ensemble, le Québec est…  pauvre.

Pour maintenir à flot une petite partie de la population, on tire vers le bas un grand nombre de gens. Quand on aura tiré trop de gens vers le bas pendant trop longtemps, tout le monde finira par se noyer, plus personne, pauvres y compris, ne pourra se maintenir à flot…

Pour terminer, voici les statistiques les plus récentes sur l’aide sociale au Canada:

Lisée Droite

À lire aussi:

Sources:
Statistique Canada
Tableaux 202-0301, 202-0706, 051-0001, 202-0809, Population urbaine et rurale

Ressources humaines et Développement des compétences Canada
Directeurs FPT du soutien du revenu (Aide sociale)

HEC Montréal
Le Québec, bientôt la province la plus pauvre ?

23 février 2012

Le privé en santé: un succès ! Économie En Chiffres Europe Québec

L’Allemagne, tout comme le Québec, offre à sa population un régime universel pour les soins de santé.  Mais la comparaison s’arrête là, car l’Allemagne, contrairement au Québec, a su s’affranchir de l’idéologie socialiste qui est devenue une vache sacrée au Québec…

Premièrement, l’Allemagne permet à ces citoyens de s’acheter une assurance privée; 10% des Allemands ont fait ce choix.  Mais la différence la plus notable se trouve au niveau de la prestation des soins.  En Allemagne, contrairement au Québec, le gouvernement n’exerce pas un monopole sur la gestion des hôpitaux.  Autrement dit, en Allemagne il est possible de se faire soigner dans un hôpital privé !  Cohabite donc dans ce système des hôpitaux publics, des hôpitaux à but non lucratif (souvent associé à des organisations religieuses) et des hôpitaux à but lucratif !  Dans ce système capitaliste, plus un hôpital traite de patient, plus elle encaisse !

En Allemagne, il est donc possible d’investir son argent dans un hôpital en ayant comme objectif inavouable de…  faire du profit !

Mais les gauchistes vont déchirer leur chemise en disant que si un hôpital fait du profit, elle va exploiter la souffrance des malades.  Pour faire quelques dollars, on utilisera des aiguilles souillées, on coupera dans les doses d’antibiotique ou encore on va soigner les cancers en prescrivant de l’aspirine…

Vraiment ?

Voici une réalité qui risque de déplaire à Jean-François Khadir

Santé Allemagne

Quelques statistiques provenant du Commissaire à la santé et au bien-être du Québec:

Santé Allemagne

Santé Allemagne

Santé Allemagne

Santé Allemagne

Le système allemand fait mieux que le nôtre pour moins cher ! Voilà que vole en éclat le mythe voulant que la présence du privé en santé se fasse aux dépens du patient.

Signalons aussi que les taux d’erreurs médicaux sont plus bas dans les hôpitaux allemands que dans les hôpitaux canadiens:

  • Corps étranger laissé dans l’organisme d’un patient pendant une chirurgie: 100% plus de chance au Canada
  • Perforations ou lacérations accidentelles: 223% plus de chance au Canada
  • Probabilité de contracter une sepsie postopératoire: 42% plus de chance au Canada

Voici comment se compare le secteur privé au secteur public en Allemagne:

Santé Allemagne

Le nombre d’hôpitaux privés à but lucratif a augmenté de 90% entre 1991 et 2010.  Le nombre d’hôpitaux publics quant à lui a diminué de 43% durant la même période.

Puisque les hôpitaux se concurrencent pour attirer les patients, il ne faut pas se surprendre que l’introduction du privé dans le système de santé allemand ait amélioré grandement la qualité des soins.  Dans un tel système de concurrence, on incite les hôpitaux privés à donner les meilleurs soins possible au plus bas coût possible.

Par exemple:

  • Le nombre de problèmes est 9% plus élevé dans le public que le privé à but lucratif.
  • Le privé à but lucratif admet les patients 3,1 % plus rapidement que les hôpitaux publics.
  • Le séjour au privé à but lucratif est 2,7% plus long qu’au public même si le remboursement est indépendant de la durée.
  • De 1997 à 2007, les hôpitaux privatisés ont eu des gains d’efficacité de 3,2% à 5,4% supérieurs aux autres.

Somme toute, quand les Allemands ont décidé d’améliorer la qualité et l’accessibilité aux soins de santé, ils n’ont pas copié le modèle québécois, ils ont plutôt fait exactement l’inverse !

Les Allemands ont réalisé que la concurrence découlant d’un libre-marché était profitable à la fois aux investisseurs, aux patients et à l’État !

Source:
Institut économique de Montréal
Le secteur privé dans un système de santé public : l’exemple allemand

Commissaire à la santé et au bien-être
Enquêtes du Commonwealth Fund

22 février 2012

Arguing with Idiots: Marie-Claude Lortie Arguing with Idiots Chine Économie En Chiffres Environnement États-Unis Mondialisation

Dans un texte publié dans La Presse la semaine dernière, la chroniqueuse Marie-Claude « Granola » Lortie s’indigne du fait que l’on puisse retrouver des produits chinois dans nos supermarchés.  Selon cette idéologue verdoyante, manger chinois serait dangereux !

Vraiment ?

Pour vérifier si tel était le cas, j’ai fouillé sur le site du Centers for Disease Control and Prevention, un organisme gouvernemental américain qui, entre autre chose, recueille des statistiques sur les cas de contamination alimentaire. Si les importations d’aliments chinois et l’industrialisation de l’agriculture en général représentent véritablement une menace à la santé publique, la chose devrait se savoir…

Voici donc ce que disent les chiffres du Centers for Disease Control and Prevention relativement à la sécurité des aliments consommés aux États-Unis:

Contamination Aliments
Les données ne remontent qu’à 1998, parce que cette année le CDC a changé son système de surveillance.

Comme on peut le voir, malgré le fait que les importations et l’industrialisation alimentaires ont augmenté depuis 1998, il n’y a eu aucune augmentation des éclosions de contamination alimentaire; même que l’on observe plutôt une légère diminution ! Autrement dit, Marie-Claude Lortie est complètement à côté de ses pompes ! Quand on a la chance de travailler pour un grand média, on a aussi le devoir de rapporter une information qui est factuelle…

Dans sa diatribe nauséabonde, Marie-Claude Lortie affirme aussi que la production en Chine engendre des coûts sociaux parce que les employés seraient sous-payés…  Mais personne n’est obligé de travailler sur ces fermes.  Si certains font ce choix, c’est parce que le salaire versé par les entreprises agricoles est de loin préférable à l’agriculture de subsistance qui se pratique dans les campagnes. Mieux vaut un emploi mal payé que pas d’emploi du tout !

Marie-Claude Lortie s’inquiète aussi de la pollution engendrée par le transport des denrées alimentaires. Étant donné que chaque achat effectué représente invariablement une forme quelconque d’énergie stockée, on se doit de conclure que le prix d’un aliment représente la mesure la plus fiable de son « empreinte écologique ».  Par conséquent, il se peut que l’achat d’aliments au plus bas prix possible minimise les impacts environnementaux de l’agriculture.  À titre d’exemple, l’importation de produits laitiers de pommes ou d’agneau de la Nouvelle-Zélande vers le Royaume-Uni produit moins de gaz à effet de serre que leur équivalent produit localement.

Source:
Centers for Disease Control and Prevention
Outbreak Response Team

20 février 2012

Lisée, prise 4: la productivité des Québécois Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Dans son dernier livre, Jean-François Lisée s’est donné la difficile tâche de mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Pour vérifier si tel est le cas, voici une série de billets qui reprend chacun des arguments avancés par Lisée pour en vérifier la validité. Attention, car la gauche est sur le point d’encaisser une droite !

Affirmation #4 de Jean-François Lisée: la droite ment quand elle affirme que les Québécois ne sont pas productifs. Selon Lisée, le Québec se compare avantageusement aux autres côtés productivité.

Pour parvenir à cette conclusion, Jean-François Lisée s’adonne à une séance intensive de cherry-picking qui est tout simplement honteuse. En effet, celui-ci prétend pouvoir mettre la droite K.-O. en analysant uniquement la croissance de la productivité dans les provinces canadiennes pour l’année 2009. Selon ces chiffres, le Québec se classe premier.

Deux problèmes avec cette analyse. Premièrement la croissance de la productivité ce n’est pas la même chose que la productivité. Par exemple, si la croissance du PIB chinois est quatre fois plus élevée que la croissance du PIB américain, cela ne signifie pas que les Chinois sont quatre fois plus riches que les Américains. Ensuite, il y a l’année de référence, pourquoi avoir limité l’analyse à l’année 2009 seulement ? Parce que c’était la seule année où le Québec avait bien performé ? Une analyse sérieuse aurait dû se faire sur une période beaucoup plus longue.

Voici donc comment se compare le Québec aux pays les plus riches de l’OCDE et aux neuf autres provinces canadiennes. Contrairement à Jean-François Lisée, je vais étendre mon analyse sur la période la plus longue pour laquelle des données sont disponibles, soit de 1997 à 2010:

Lisée Droite

Si on analyse la situation dans son ensemble au lieu de faire du cherry-picking, force est de constater que le Québec est à des années-lumière du portrait rose bonbon dessiné par Jean-François Lisée.  Selon la gauche, le Québec est dans le peloton de tête alors que dans la réalité, le Québec est dans la cave du classement, une situation catastrophique.

Petit aparté…  Dans les pages du Devoir, Louis Cornellier a encensé le livre de « Super Lisée » qui selon lui terrasserait la droite.   Des livres de Joanne Marcotte et Éric Duhaime, il dira que ces ouvrages se contentent de balancer des chiffres mal contextualisés. Quand on voit à quel point Lisée a torturé les chiffres sur la productivité pour leur faire dire ce qu’il voulait, je me demande bien qui est coupable d’avoir présenté des chiffres « mal contextualisés »…

Mais comme je l’ai expliqué dans l’introduction, il faut distinguer la croissance de la productivité de la productivité elle-même.  Voici comment se compare le Québec aux pays les plus riches de l’OCDE et aux neuf autres provinces canadiennes:

Lisée Droite

Encore une fois, le Québec accuse un retard important et vu la croissance anémique de notre productivité, le Québec risque de dégringoler encore plus dans le classement pour les années à venir…  Il est désormais envisageable de voir les provinces maritimes nous dépasser un jour…

D’ailleurs, voici ce que dit le « Centre sur la productivité et la prospérité du Québec » des HEC à propos de la productivité québécoise dans son dernier rapport:

Centre sur la productivité et la prospérité du Québec
Productivité et prospérité au Québec: Troisième édition

« Après trois ans de veille et d’analyse, un constat s’impose : si le niveau de vie au Québec traîne la patte derrière les principaux pays industrialisés, c’est essentiellement parce que la productivité du travail n’y croît pas assez rapidement, affirme Robert Gagné, directeur du Centre. Loin de se réduire, les écarts observés se sont même accrus au cours des 30 dernières années. Cette situation vaut pour le Canada dans son ensemble. »

Mais vous savez ce qui est le plus ironique dans le livre de Lisée ?  Probablement parce qu’il ne croit pas à ses propres mensonges, il conclut son chapitre sur la productivité du Québec en citant Henry Mintzberg, un professeur de management à l’université McGill.  Selon ce que raconte Lisée, pour Henry Mintzberg, ce qui a détruit l’économie américaine c’est…  la recherche de la productivité !  Lisée conclut en affirmant que dernière chose que le Québec doit faire pour s’enrichir, c’est de tenter de rattraper le niveau de productivité des Américains !

Donc Lisée passe un chapitre entier à nous dire que l’augmentation de la productivité au Québec c’est important, pour conclure en disant que trop de productivité…  tue l’économie !  L’art de se mettre la tête dans l’autruche…

À lire aussi:

Sources:
Statistique Canada
Tableaux 384-0013383-0009, 380-0037

OCDE
OECD StatExtracts

Banque du Canada
Taux et statistiques

HEC Montréal
Productivité et prospérité au Québec: Troisième édition

15 février 2012

Harper, un premier ministre honnête Canada En Chiffres Environnement International

Quand les conservateurs ont annoncé que le Canada se retirait du protocole de Kyoto, les « journalistes » ont tous déchiré leur chemise.  Ce qu’ils ne vous ont pas dit c’est que le gouvernement canadien, en posant ce geste, a démontré qu’il était plus honnête que beaucoup d’autres pays…

Voici comment ont évolué les émissions de gaz à effets de serre dans quelques pays de l’OCDE depuis 1990, année de référence du protocole de Kyoto:

Kyoto Canada

Amusant… Les « journalistes », idéologie oblige, préfèrent condamner le Canada, qui a eu le courage de dire la vérité à sa population, plutôt que de dénoncer l’hypocrisie de la Corée, du Chili, de la Norvège, de l’Irlande, de l’Australie, du Portugal, de la Finlande, de la Nouvelle-Zélande et de l’Espagne. Malgré l’augmentation phénoménale de leurs émissions, ces pays s’en tirent bien parce qu’ils prétendent être sensibles aux enjeux environnementaux i.e. le contenant est devenu plus important que le contenu.

Les « journalistes », au lieu de cracher sur le gouvernement Harper, auraient plutôt dû saluer son honnêteté et son réalisme.  Stephen Harper, contrairement à bon nombre de ses homologues, a décidé de ne plus faire semblant.

P.-S. Pour la Chine et le Venezuela, les augmentations sont de 234,8% et 43,1% respectivement.

Source:
CDIAC
Fossil-Fuel CO2 Emissions

13 février 2012

Lisée, prise 3: le travail des Québécois Coup de gueule Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Dans son dernier livre, Jean-François Lisée s’est donné la difficile tâche de mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Pour vérifier si tel est le cas, voici une série de billets qui reprend chacun des arguments avancés par Lisée pour en vérifier la validité. Attention, car la gauche est sur le point d’encaisser une droite !

Affirmation #3 de Jean-François Lisée: la droite ment quand elle affirme que les Québécois ne sont pas travaillants.  Selon Lisée, le Québec serait l’un des endroits où les gens travaillent le plus.

Pour parvenir à cette conclusion, Jean-François Lisée fait preuve d’une mauvaise foi qui dépasse l’entendement.  Le shadowboxer de la gauche prétend « terrasser » cette affirmation en comparant le taux d’activité du Québec à celui des pays du G-7. Selon cette « analyse », le Québec se classe deuxième, uniquement devancé par le Canada.

Le problème avec cet argument ?  Jean-François Lisée utilise une mesure qui ne veut rien dire. C’est comme si l’on voulait enfoncer un clou en utilisant un téléphone…

Le taux d’activité mesure le pourcentage de la population qui fait partie de la population active et la population active comprend les personnes ayant un emploi et… les chômeurs.  Avouez que la situation est ironique, pour prouver que les Québécois sont les plus travaillants,  Jean-François Lisée inclut dans ses calculs les gens sur le chômage !

Mais ce n’est pas tout.  Avoir un emploi ne signifie pas que l’on fait preuve de zèle dans son travail.  Dans le calcul du taux d’activité, on ne fait aucune différence entre une personne qui travaille dix heures par semaine et une autre qui travaille quatre-vingts heures par semaine.  Sans compter que les très hauts taux de décrochage au Québec peuvent gonfler artificiellement le taux d’activité…

Pour avoir un portrait juste de la situation, Jean-François Lisée aurait dû regarder les statistiques sur le nombre d’heures travaillées par les gens ayant un emploi.  Il l’a probablement fait, mais puisque la conclusion était dérangeante, il a probablement décidé de ne pas en parler dans son livre…

Voici donc comment se compare le Québec aux vingt pays les plus riches de l’OCDE et aux neuf autres provinces canadiennes.  Contrairement à Jean-François Lisée, je ne limite pas mon analyse à une poignée de pays…

Lisée Droite

Malheureusement pour la gauche québécoise et leur modèle, la Québec se retrouve dans le fond du classement, loin derrière la moyenne des pays de l’OCDE…  Encore pires, toutes les provinces canadiennes se classent devant la belle province.

Par contre, les observateurs les plus jovialistes ont peut-être remarqué que le Québec se classe devant 8 pays européens.  La gauche va sans doute se satisfaire de savoir qu’on peut trouver pire…  Mais il faut savoir que les pays qui se classent derrière le Québec ont, pour la plupart, gagné le droit d’être un peu plus relaxe.  Par exemple, en Norvège on travaille 233 heures de moins qu’au Québec.   Par contre, le PIB/habitant de la Norvège, ajusté au pouvoir d’achat, est de 69 203$ alors que celui du Québec n’est que de 40 174$, une différence de 29 029$.  Cet écart s’explique par le niveau de productivité, mais je n’en dis pas plus puisque ce sera le sujet de mon prochain billet.

Mais nonobstant les quelques pays européens battus par le Québec, la comparaison la plus importante reste celle avec nos voisins immédiats, soit les autres provinces canadiennes et les États-Unis.  Ce sont ces économies qui nous compétitionnent directement et à ce chapitre nous sommes bons derniers.

Ces chiffres prouvent-ils que les Québécois sont paresseux ?  Non, car si les Québécois travaillent moins, on peut aussi blâmer le modèle québécois qui a pour conséquence de décourager le travail.  En effet, quand le gouvernement taxe quelque chose, on décourage sa consommation et/ou sa production.  Les taxes sur le tabac sont un bon exemple.  Il ne faudrait donc pas se surprendre qu’en taxant le travail via les impôts, on incite les gens à travailler moins…

Les Québécois ne sont peut-être pas paresseux, mais il ne faut pas de doute que le modèle québécois incite à la paresse.

À lire aussi:

Sources:
Statistique Canada
Tableau 383-0009

OCDE
OECD StatExtracts

10 février 2012

Les CCCPE, le chemin de la servitude… Économie En Chiffres Gauchistan Philosophie Québec

Gouver-MamanExiste-t-il un plus bel exemple que les CCCPE pour montrer à quel point le gouvernement peut facilement asservir ses citoyens ?

Il y a 15 ans, les CCCPE n’existaient pas, mais, chose curieuse, les gens étaient quand même capables de trouver une gardienne pour s’occuper de leurs enfants pendant qu’ils travaillaient.  Moi, qui suis né en 1978, je n’ai jamais connu le régime des CCCPE.  Pourtant mes deux parents ont toujours travaillé et ils ont toujours été capables de me trouver une gardienne…

Prenez le temps d’y réfléchir quelques instants… Ce qui n’existait pas il y a seulement 15 ans est maintenant devenu un « service essentiel »…  Ce service est devenu tellement essentiel que si les CCCPE sont en grèves, on dit que la population est « prise en otage ».

En l’espace de seulement 15 ans, les gens sont devenus totalement dépendants du gouvernement au point qu’ils sont désormais incapables de se passer des CCCPE.  Avant l’arrivée des CCCPE, les gens se fiaient à leur communauté pour faire garder leurs enfants: grands-parents, voisins, amis, membres de la famille…  Mais en l’espace de 15 ans, l’action du gouvernement a progressivement érodé ce tissu social au point de le disloquer complètement, si bien qu’aujourd’hui, les gens ne sont plus capables de concevoir leur existence sans les CCCPE, ils ont démissionné…

Existe-t-il un plus bel exemple que les CCCPE pour montrer à quel point le gouvernement peut facilement asservir ses citoyens ?  Ce qui était un geste naturel d’entraide entre citoyens en 1990, a été réglementé et bureaucratisé jusqu’à en devenir un « service gouvernemental essentiel » quelques années plus tard…

On dit que la population est « prise en otage » par les CCCPE.  Ce qu’on devrait aussi dire c’est que le ravisseur uniquement put réussir son kidnapping grâce à la complicité de sa victime. Au lieu de parler de « prise d’otage », on devrait plutôt parler d’asservissement volontaire.

Et pour ajouter l’insulte à la blessure, voici le prix de cet asservissement:

Garderie CPE
Rapports annuels de gestion: programme 2; éléments 2, 3 & 4

Depuis que le programme a été mis en place, les coûts pour une place en garderie ont augmenté de 80,1%, petit train va loin…  Si le coût par place en garderie s’était maintenu au même niveau qu’au moment de la création du programme, nous aurions pu économiser 6,6 milliards de dollars, ce qui représente environ 840$ par Québécois (3 360$ pour une famille de 2 adultes, 2 enfants).

Et quand les syndicats vont signer leur prochaine convention collective avec le gouvernement, on peut prévoir que la situation va encore s’empirer…

Source:
Ministère de la Famille et des Aînés et de la Condition féminine
Rapports annuels de gestion

6 février 2012

Lisée, prise 2: le niveau de vie des québécois Canada Coup de gueule Économie En Chiffres États-Unis Gauchistan Québec

Dans son dernier livre, Jean-François Lisée s’est donné la difficile tâche de mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Pour vérifier si tel est le cas, voici une série de billets qui reprend chacun des arguments avancés par Lisée pour en vérifier la validité. Attention, car la gauche est sur le point d’encaisser une droite !

Affirmation #2 de Jean-François Lisée: la droite ment quand elle affirme que les québécois sont moins riches que les autres. Selon Lisée, le Québec n’est pas économiquement médiocre puisque le niveau de vie des Québécois est supérieur à celui de ses voisins.

Pour parvenir à cette conclusion, Jean-François Lisée présente des chiffres comparants les revenus des québécois à ceux des Ontariens et des Américains.  Mais il y a un petit problème avec cette démonstration: elle est truffée d’erreurs méthodologiques et de cherry-picking.

Au niveau de la méthodologie, tous les chiffres présentés par Lisée reposent sur un facteur de conversion pour ajuster ses comparaisons en fonction du coût de la vie.  Le problème ?  Le facteur utilisé par Lisée provient de Statistique Canada.  Que dit cet organisme à propos de ce facteur ?

Statistique Canada
L’Indice des prix à la consommation: Qualité des données, concepts et méthodologie

Ces estimations ne devraient pas être utilisées pour mesurer les différences du coût de la vie entre les villes. Ces indices servent à la comparaison de prix de certains produits sélectionnés seulement et ne sont pas développés pour faire une comparaison exhaustive de tous les produits et services achetés par les consommateurs. De plus, le concept utilisé pour les indices de prix du logement n’est pas propice aux comparaisons du coût de la vie entre les villes.

Puisque le raisonnement utilisé par Lisée repose sur une fondation qui a été construite sur un sol mou, il va de soi que toute la construction sera défaillante.  D’ailleurs, Lisée a reconnu dans un billet que les chiffres qu’il utilise ne sont pas les bons, mais il refuse néanmoins d’apporter les corrections qui s’imposent parce que…  ses intentions sont bonnes ! Ici la question n’est pas de savoir s’il faut ajuster les revenu en fonction du coût de la vie, cet ajustement est nécessaire. Il s’agit plutôt de savoir si les ajustements réalisés sont exacts.

C’est un peu comme si tout le monde s’accordait pour dire qu’il faut repeindre un mur. Jean-François Lisée arrive et décide de repeindre le mur avec une perceuse parce que c’est le seul outil dans son coffre. Ensuite, le même Jean-François Lisée dit que personne ne peut critiquer son travail parce que de toute manière le mur avait besoin d’être repeint.  Ce n’est pas sérieux cette histoire. La validité d’une statistique ne se mesure pas aux intentions de celui qui manipule les chiffres.

Les calculs de comparaisons avec les États-Unis sont aussi discutables, c’est le festival du cherry-picking !  L’astuce trouvée par Jean-François Lisée pour prouver que les Québécois sont plus riches que les Américains consiste à enlever les meilleures données des deux variables qu’il compare.  Le résultat, Lisée a décidé de ne pas tenir compte de l’existence des riches aux États-Unis !  Pourtant les 5% d’Américains les plus riches payent près de 60% des impôts totaux, au Québec c’est moins de 35%.  Comme on peut le voir, aux États-Unis, les riches sont loin d’être une quantité négligeable.  D’ailleurs en excluant les riches de ses calculs, Lisée essaye-t-il de nous convaincre que les Américains auraient été plus riches si Bill Gates où Steve Job n’avaient jamais vu le jour ?

Pour ceux qui se posent la question, selon l’Institut de la statistique du Québec, le revenu des Américains, ajusté en fonction du pouvoir d’achat, est de 39 094$ alors que celui des Québécois est de 28 148$.

Mais ce n’est pas tout, ensuite Jean-François Lisée a décidé de ne pas tenir compte du fait que les Américains travaillent plus que les Québécois.  Un calcul très douteux…  C’est comme si j’affirmais qu’une personne gagnant 20$/heure et qui travaille 10 heures par semaine est plus riche qu’une personne gagnant 10$/heure, mais qui travaille 40 heures par semaine…

Pour en savoir plus sur les nombreuses erreurs méthodologiques dans les calculs de Lisée, je vous invite à lire les billets que Martin Coiteux, économiste, professeur à HEC Montréal, a publiés sur son blogue à ce sujet:

Mais il existe une meilleure mesure pour savoir où se trouve le meilleur niveau de vie, j’ai nommé le bilan migratoire !  Pour reprendre l’expression popularisée par Milton Friedman, le bilan migratoire ce sont les gens qui « votent avec leur pied » i.e. des gens qui acceptent de se déraciner de leur milieu, de quitter amis et famille, pour déménager dans un milieu qui leur offre un avenir meilleur.  Après tout, je connais bien peu de gens qui quittent leur patelin pour aller vivre plus pauvrement ailleurs et si par malheur les attentes de la personne qui déménage ne sont pas satisfaites, elle a toujours la possibilité de revenir vivre parmi les siens.

Puisque Jean-François Lisée amorce son analyse en comparant le niveau de vie des Québécois et des Ontariens, analysons le bilan migratoire entre ces deux provinces:

Lisée Droite

Certes, les choses se sont améliorées avec le temps, mais comme on peut le voir, le Québec n’a jamais eu un bilan migratoire positif avec l’Ontario, en tout temps il y a toujours eu plus de Québécois qui sont allés vivre en Ontario que d’Ontariens qui sont venus vivre au Québec, et ce, même durant la dernière récession qui a durement touché notre voisin.  Depuis 1971, 631 369 Ontariens sont venus vivre au Québec contre 1 001 093 Québécois qui sont allés vivre en Ontario, un bilan négatif de 369 724 personnes.  Sur la base de ces chiffres, c’est l’Ontario qui semble offrir la meilleure qualité de vie.

Et ne me dites pas que la langue pourrait biaiser ces chiffres, la méconnaissance de l’anglais n’a jamais empêché les Mexicains d’immigrer aux États-Unis.

D’ailleurs, si les Québécois étaient plus riches que les Ontariens, ce sont les Québécois qui devraient payer de la péréquation alors que les Ontariens devraient en recevoir.  Depuis 2005, le Québec a reçu 50,2 milliards de dollars en péréquation contre seulement 3,5 milliards pour l’Ontario.

Pourquoi se limiter à l’Ontario, allons voir la situation dans l’ensemble du Canada:

Lisée Droite

Qu’en est-il de la situation avec les États-Unis ?

Je n’ai pas été en mesure de trouver des chiffres sur la migration entre le Québec et les États-Unis.  Par contre, ces statistiques sont disponibles pour le Canada. Selon une étude de Statistique Canada publiée il y a trois ans, entre 2000 et 2004, chaque année, 68 900 Canadiens sont allés vivre aux États-Unis. À l’opposé, seulement 6 110 Américains sont venus vivre au Canada…

Donc sachant que le Québec a un solde migratoire négatif avec le reste du Canada et sachant que le Canada a un solde migratoire négatif avec les États-Unis, on peut raisonnablement supposé que plus de Québécois décident d’aller vivre aux États-Unis qu’il y a d’Américains qui décident de venir vivre au Québec.

Quand les gens « votent avec leurs pieds » et force est de constater que le modèle québécois arrive très loin dans les intentions de vote.

À lire aussi:

Sources:
Statistique Canada
Tableaux 051-0018 & 051-0019

3 février 2012

La social-bureaucratie Canada Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Le Québec est une province très fonctionnarisée et les fonctionnaires aiment beaucoup la paperasse…  Après tout, leur emploi en dépend…

Dans la réalité, voici le prix de la social-bureaucratie pour nos entreprises:

Social-Bureaucratie

Le Québec était premier en 2005 et malgré une légère diminution il était toujours premier en 2008.  Jean-François Lisée va être content, c’est une autre médaille d’or pour le Québec !

Voici comment a évolué le coût de la réglementation par entreprise entre 2005 et 2008 au Canada:

  1. ÎdP-Édouard: -27,4%
  2. N-Écosse: -20,1%
  3. Saskatchewan: -15,5%
  4. Ontario: -13,1%
  5. Manitoba: -12,6%
  6. Terre-Neuve: -11,5%
  7. N-Brunswick: -11,3%
  8. Québec: -4,0%
  9. Alberta: +2,5%
  10. C-Britannique: +5,1%

Le Québec, encore en queue de peloton de queue…  Notons au passage que si la croissance a été positive en Alberta et en Colombie-Britannique, le coût de la réglementation dans ces deux provinces reste largement inférieur au Québec.

L’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse montrent qu’il est possible de réduire substantiellement, dans un laps de temps relativement court,  le coût de la bureaucratie.  Voilà qui devrait inspirer nos politiciens.  Mais il est plus facile j’imagine de raconter que le modèle québécois est ce que nous avons de mieux à offrir à l’humanité…

Terminons en citant Ronald Reagan: « La vision économique des gouvernements se résume en quelques phrases courtes: Si ça bouge, on taxe. Si ça continue de bouger, on réglemente. Et quand ça ne bouge plus, on subventionne ».

Sources:
CANADIAN FEDERATION OF INDEPENDENT BUSINESS
La prospérité ligotée par une réglementation excessive

Industrie Canada
Principales statistiques relatives aux petites entreprises

1 février 2012

Lisée, prise 1: la croissance économique québécoise Coup de gueule Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Dans son dernier livre, Jean-François Lisée s’est donné la difficile tâche de mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Pour vérifier si tel est le cas, voici une série de billets qui reprend chacun des arguments avancés par Lisée pour en vérifier la validité. Attention, car la gauche est sur le point d’encaisser une droite !

Affirmation #1 de Jean-François Lisée: la droite ment quand elle affirme que l’économie québécoise est en retard sur celle des autres pays. Selon Lisée, le Québec n’est pas économiquement médiocre puisque depuis 10 ans, la croissance du PIB par habitant rivalise avec les pays du G-7.

Pour parvenir à cette conclusion, Jean-François Lisée présente un graphique comparant la croissance du PIB/habitant du Québec à celle des pays du G-7 et de l’Ontario, pour la période couverte entre 2001 et 2011.  Selon cette analyse, le Québec se classe deuxième, uniquement devancé par l’Allemagne.

Il y a deux problèmes avec cet argument.  Premièrement, la période choisit, on ne peut pas prétendre analyser véritablement les succès du modèle québécois en regardant une période de temps aussi courte.  Ce genre d’analyse demande une analyse sur une période beaucoup plus longue pour être en mesure de dégager une tendance historique significative.  Surtout que la dernière décennie a été plutôt atypique sur le plan de l’économie (deux récessions causées par l’intervention du gouvernement, le 11 septembre et une économie québécoise stimulée artificiellement par des dépenses en infrastructures).  Deuxièmement, l’échantillonnage est relativement petit, pourquoi se limiter uniquement aux pays du G-7 ?

Voici donc comment se compare la croissance du PIB/habitant au Québec pour la période entre 1981 et 2010, soit la plage de temps la plus étendue possible pour laquelle des statistiques sont disponibles.

Lisée Droite

Malheureusement pour la gauche québécoise et leur modèle, la Québec se retrouve dans le fond du classement…  Par contre, les observateurs les plus jovialistes ont peut-être remarqué que le Canada se classe relativement près du Québec.  J’invite ces gens à prendre connaissance des deux graphiques suivants à propos des vingt pays les plus riches de l’OCDE:

Lisée Droite Lisée Droite

Ici, il est important de ne pas confondre la croissance annuelle du PIB/habitant et la valeur du PIB/habitant.  Ce n’est pas parce que la croissance du Canada est proche de celle du Québec que les PIB/habitant sont équivalents.  En 2010, le PIB par habitant du Canada était de 47 630$ alors que celui du Québec était de 40 174$.  Donc, de 1981 à 2010, le Québec a été incapable de rattraper le Canada.

Ce phénomène est préoccupant, car normalement le Québec aurait dû profiter du « catch-up effect », un phénomène qui fait en sorte qu’il est plus facile pour un pays pauvre de croître plus rapidement qu’un pays riche.   Ce phénomène explique pourquoi la croissance de la Chine peut atteindre 8% alors que celle des États-Unis dépasse rarement le 3%. Au fur et à mesure que le PIB/habitant de la Chine se rapprochera de celui des États-Unis, plus leur croissance économique ralentira.

Résumons, avant 1981, le Canada a pris une longueur d’avance sur le Québec et de 1981 à 2010, le Québec a été incapable de combler ce retard, celui-ci s’est même légèrement accru.  À cet égard, le second graphique est particulièrement intéressant puisqu’il compare le PIB/habitant en utilisant le Québec comme valeur de référence.  Par exemple, en 1981, le PIB/habitant des vingt pays de l’OCDE les plus riches représentait 102% du PIB/habitant du Québec i.e. les deux valeurs étaient à toute fin pratique identiques.  Par contre, en 2010, le PIB/habitant des pays de l’OCDE représentait 116% du PIB/habitant du Québec, autrement dit le Québec a pris un retard non négligeable.

Si, entre 1981 et 2010, le Québec avait maintenu la même croissance que les pays de l’OCDE les plus riches, le PIB/habitant serait aujourd’hui de 52 183$, soit 12 000$ de plus que le niveau actuellement observé.

La Corée est un brillant exemple de réussite.  Bien que ce pays possède un PIB/habitant bien en deçà de la moyenne de l’OCDE, sa croissance annuelle moyenne de 6% entre 1981 et 2010 (catch-up effect) a fait en sorte que le PIB/habitant de ce pays est passé de 25% de la valeur du Québec en 1981 à 88% en 2010.

Conclusion: on ne peut conclure, comme Jean-François Lisée le fait, que la croissance de l’économie du Québec rivalise avec celle des autres pays, au contraire, le Québec a pris du retard depuis le début des années 80.  Mais attention, ce retard n’est pas imputable aux Québécois qui seraient moins intelligents que les autres, mais plutôt au modèle économique qui a été imposé par les élites à grand coup de sophismes et de diabolisation du système capitaliste.

Mais au-delà de tous ces chiffres, un fait demeure: si le modèle économique québécois était un succès, nous n’aurions pas besoin de recevoir de péréquation…

Sources:
Statistique Canada
Tableau 384-0013

OCDE
OECD StatExtracts

HEC Montréal
Productivité et prospérité au Québec: Troisième édition

30 janvier 2012

La carte de crédit du gouvernement Économie En Chiffres Québec

Voici, depuis 2006-2007, les sommes que le gouvernement du Québec a dû emprunter pour boucler son budget, coeur sensible s’abstenir…

Pour être en mesure de rencontrer ses obligations financières, depuis 6 ans, le gouvernement du Québec a dû emprunter sur les marchés financiers la somme astronomique de 88,8 milliards de dollars.  Cette somme représente, grosso modo11 100$/habitant ou si vous préférez 44 400$ pour une famille de quatre (deux adultes, deux enfants).

Et pour ajouter l’insulte à la blessure, durant cette même période, le gouvernement a déclaré des déficits cumulés de…  7,6 milliards de dollars…

J’ai comme l’impression que quelqu’un est en train de se faire avoir…

Source:
Ministère des finances du Québec
Le point sur la situation économique et financière du Québec

25 janvier 2012

Arguing with Idiots: Jean-François Lisée Arguing with Idiots En Chiffres Québec

Jean-François Lisée s’imagine sans doute avoir réalisé un coup fumant: la publication d’un livre dans lequel il prétend pouvoir mettre la droite K.-O. en 15 arguments ! Rien de moins !

En guise d’amuse-gueule, Jean-François Lisée nous présente des statistiques pour nous convaincre que contrairement à ce que la droite affirme, le suicide n’est pas un problème au Québec.  Selon cette savante démonstration, le Québec se classerait au 26e rang, derrière la Finlande, la Belgique, la France ou la Suisse, en matière de suicide.  Merveilleux puisque nous ne sommes pas les pires alors c’est forcément parce que tout est parfait !

Mais d’où vient cette fameuse statistique voulant que le Québec se classe 26e ?  Hé bien la source de cette information est…  WIKIPEDIA !!!  Ce n’est pas une blague, c’est Lisée lui-même qui le dit dans un billet publié cet été !

Passons outre le fait qu’un argument construit à partir de Wikipedia est franchement risible, étant donné que l’on y collige une multitude de chiffres provenant de sources disparates, souvent invérifiable et utilisant des méthodologies différentes…  Donc arriver à une 26e, on doit inclure dans le classement des pays tels que: la Lituanie, la Guyane, le Kazakhstan, Le Belarus, le Sri Lanka, la Moldavie, l’Uruguay ou l’Afrique du Sud…  Jean-François Lisée est-il vraiment en train de nous dire que tout va bien au Québec parce que nous faisons mieux que la fucking Guyane !!!

Sans blague…

Pour une analyse plus sérieuse, on peut consulter les statistiques Éco-Santé produites par l’OCDE et le gouvernement du Québec, l’avantage étant que la méthodologie servant à compiler les données est constante.

Voici le résultat:

Taux Suicide

Le résultat est beaucoup moins sexy que ceux présentés par Jean-François Lisée…  Mais, soyons honnêtes, si l’on enlève du classement le Luxembourg, la Suisse, la France, l’Autriche, la Pologne, l’Islande, la Nouvelle-Zélande, la République tchèque, le Chili, la Slovaquie, la Suède, les États-Unis, le Canada, l’Irlande, le Danemark, la Norvège, l’Allemagne, l’Australie, le Portugal, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, Israël, le Mexique et la Grèce, alors le Québec obtient la médaille d’or !

Le taux de suicide des hommes au Québec pour l’année 2008 était de 22,1 par 100 000 habitants. Pour les jeunes hommes québécois, c’est encore pire: un taux de 23,4 par 100 000 habitants chez les 20-34 ans.

En 2008, le taux de suicide chez les soldats américains en service actif était de 20,2 par 100 000 habitants. Chez les vétérans, ce taux était de 20,8 par 100 000 habitants.

M’enfin… Il en faudra plus pour espérer avoir un K.-O.

23 janvier 2012

Crouler sous les dettes Économie En Chiffres International

Plusieurs graphiques, qui devraient vous intéresser, à propos de l’endettement des pays appartenant aux dix économies les plus développées.

Tout d’abord l’endettement des ménages:

Endettement

Prenez note de la position peu enviable du Canada.  Seuls l’Australie et le Royaume-Uni font pire que nous et surtout, nous sommes devant les Américains.

Ensuite, voici l’endettement des corporations non financières:

Endettement

Le Canada fait beaucoup mieux dans cette catégorie, mais la situation en Europe et en Asie me semble préoccupante.

Maintenant l’endettement des institutions financières:

Endettement

Le Canada se classe plutôt bien.  Néanmoins, j’ai été surpris d’apprendre que les banques les moins endettées sont aux États-Unis.  Comme quoi la gifle reçue par la main invisible lors de la récession a discipliné le marché.  Mais que dire de la situation au Royaume-Uns…

Pour terminer, l’incontournable dette des gouvernements:

Endettement

Relativement bonne performance du Canada, position insoutenable en Europe et au Japon.  Mais que dire de la performance absolument remarquable de l’Australie !

Maintenant, voici l’endettement total:

Endettement

Les Canadiens peuvent toujours se consoler en se disant qu’ils ne sont pas les derniers, mais pas de quoi pavoiser avec un endettement total de 276% du PIB.

Je termine en vous donnant quelques chiffres sur l’endettement total de quelques pays émergents, faites les comparaisons qui s’imposent…

  • Russie: 72%
  • Inde: 122%
  • Brésil: 148%
  • Chine: 184%

La moyenne des pays appartenant aux dix économies les plus développées: 348%.

Mais tout ceci est probablement sans importance, après tout Jean-François Lisée et Pierre Fortin nous ont raconté la semaine dernière que l’endettement n’est pas un phénomène préoccupant

Source:
McKinsey Global Institute
Debt and deleveraging: Uneven progress on the path to growth

18 janvier 2012

Une véritable mine d’or Économie En Chiffres Environnement Québec

Quelques chiffres intéressants sur les salaires au Québec:

Salaire Québec

J’espère que vous avez remarqué que l’industrie qui verse les meilleurs salaires au Québec est, ironiquement, la plus détestée de la population…  Les gens qui travaillent dans le domaine de l’extraction minière et pétrolière gagnent 1 305$/semaine, presque le double de la moyenne de tous les secteurs, qui se chiffre à 784$/semaine.

Grosso modo, une personne qui travaille dans les mines ou le pétrole fera 67 860$/année et paiera 30 072$/année en taxes, impôts et frais divers.  Sachant qu’au Québec ils sont 14 600, cela représente la rondelette somme de 439 millions de dollars !

Voilà qui devrait être pris en considération dans l’éternel (et inutile) débat sur les redevances.  Et c’est sans compter que la nouvelle loi québécoise sur les mines risque de faire fuir les investisseurs, donc des emplois très bien payés pourraient bien ne jamais être créés.

P.-S. Je me suis aussi amusé à faire les mêmes calculs avec l’Alberta.  Un salaire de 1 857$/semaine dans le domaine de l’extraction minière et pétrolière, ce qui représente 96 564$/année et une fiscalité totale de 36 279$/année. Sachant qu’en Alberta ils sont 140 200, cela représente la jolie somme de 5 086 millions de dollars !

Sources:
Statistique Canada
Tableaux 282-0008281-0027