Antagoniste


6 février 2012

Lisée, prise 2: le niveau de vie des québécois Canada Coup de gueule Économie En Chiffres États-Unis Gauchistan Québec

Dans son dernier livre, Jean-François Lisée s’est donné la difficile tâche de mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Pour vérifier si tel est le cas, voici une série de billets qui reprend chacun des arguments avancés par Lisée pour en vérifier la validité. Attention, car la gauche est sur le point d’encaisser une droite !

Affirmation #2 de Jean-François Lisée: le Québec n’est pas économiquement médiocre puisque le niveau de vie des Québécois est supérieur à celui de ses voisins.

Pour parvenir à cette conclusion, Jean-François Lisée présente des chiffres comparants les revenus des québécois à ceux des Ontariens et des Américains.  Mais il y a un petit problème avec cette démonstration: elle est truffée d’erreurs méthodologiques et de cherry-picking.

Au niveau de la méthodologie, tous les chiffres présentés par Lisée reposent sur un facteur de conversion pour ajuster ses comparaisons en fonction du coût de la vie.  Le problème ?  Le facteur utilisé par Lisée provient de Statistique Canada.  Que dit cet organisme à propos de ce facteur ?

Statistique Canada
L’Indice des prix à la consommation: Qualité des données, concepts et méthodologie

Ces estimations ne devraient pas être utilisées pour mesurer les différences du coût de la vie entre les villes. Ces indices servent à la comparaison de prix de certains produits sélectionnés seulement et ne sont pas développés pour faire une comparaison exhaustive de tous les produits et services achetés par les consommateurs. De plus, le concept utilisé pour les indices de prix du logement n’est pas propice aux comparaisons du coût de la vie entre les villes.

Puisque le raisonnement utilisé par Lisée repose sur une fondation qui a été construite sur un sol mou, il va de soi que toute la construction sera défaillante.  D’ailleurs, Lisée a reconnu dans un billet que les chiffres qu’il utilise ne sont pas les bons, mais il refuse néanmoins d’apporter les corrections qui s’imposent parce que…  ses intentions sont bonnes ! Ici la question n’est pas de savoir s’il faut ajuster les revenu en fonction du coût de la vie, cet ajustement est nécessaire. Il s’agit plutôt de savoir si les ajustements réalisés sont exacts.

C’est un peu comme si tout le monde s’accordait pour dire qu’il faut repeindre un mur. Jean-François Lisée arrive et décide de repeindre le mur avec une perceuse parce que c’est le seul outil dans son coffre. Ensuite, le même Jean-François Lisée dit que personne ne peut critiquer son travail parce que de toute manière le mur avait besoin d’être repeint.  Ce n’est pas sérieux cette histoire. La validité d’une statistique ne se mesure pas aux intentions de celui qui manipule les chiffres.

Les calculs de comparaisons avec les États-Unis sont aussi discutables, c’est le festival du cherry-picking !  L’astuce trouvée par Jean-François Lisée pour prouver que les Québécois sont plus riches que les Américains consiste à enlever les meilleures données des deux variables qu’il compare.  Le résultat, Lisée a décidé de ne pas tenir compte de l’existence des riches aux États-Unis !  Pourtant les 5% d’Américains les plus riches payent près de 60% des impôts totaux, au Québec c’est moins de 35%.  Comme on peut le voir, aux États-Unis, les riches sont loin d’être une quantité négligeable.  D’ailleurs en excluant les riches de ses calculs, Lisée essaye-t-il de nous convaincre que les Américains auraient été plus riches si Bill Gates où Steve Job n’avaient jamais vu le jour ?

Pour ceux qui se posent la question, selon l’Institut de la statistique du Québec, le revenu des Américains, ajusté en fonction du pouvoir d’achat, est de 39 094$ alors que celui des Québécois est de 28 148$.

Mais ce n’est pas tout, ensuite Jean-François Lisée a décidé de ne pas tenir compte du fait que les Américains travaillent plus que les Québécois.  Un calcul très douteux…  C’est comme si j’affirmais qu’une personne gagnant 20$/heure et qui travaille 10 heures par semaine est plus riche qu’une personne gagnant 10$/heure, mais qui travaille 40 heures par semaine…

Pour en savoir plus sur les nombreuses erreurs méthodologiques dans les calculs de Lisée, je vous invite à lire les billets que Martin Coiteux, économiste, professeur à HEC Montréal, a publiés sur son blogue à ce sujet:

Mais il existe une meilleure mesure pour savoir où se trouve le meilleur niveau de vie, j’ai nommé le bilan migratoire !  Pour reprendre l’expression popularisée par Milton Friedman, le bilan migratoire ce sont les gens qui « votent avec leur pied » i.e. des gens qui acceptent de se déraciner de leur milieu, de quitter amis et famille, pour déménager dans un milieu qui leur offre un avenir meilleur.  Après tout, je connais bien peu de gens qui quittent leur patelin pour aller vivre plus pauvrement ailleurs et si par malheur les attentes de la personne qui déménage ne sont pas satisfaites, elle a toujours la possibilité de revenir vivre parmi les siens.

Puisque Jean-François Lisée amorce son analyse en comparant le niveau de vie des Québécois et des Ontariens, analysons le bilan migratoire entre ces deux provinces:

Lisée Droite

Certes, les choses se sont améliorées avec le temps, mais comme on peut le voir, le Québec n’a jamais eu un bilan migratoire positif avec l’Ontario, en tout temps il y a toujours eu plus de Québécois qui sont allés vivre en Ontario que d’Ontariens qui sont venus vivre au Québec, et ce, même durant la dernière récession qui a durement touché notre voisin.  Depuis 1971, 631 369 Ontariens sont venus vivre au Québec contre 1 001 093 Québécois qui sont allés vivre en Ontario, un bilan négatif de 369 724 personnes.  Sur la base de ces chiffres, c’est l’Ontario qui semble offrir la meilleure qualité de vie.

Et ne me dites pas que la langue pourrait biaiser ces chiffres, la méconnaissance de l’anglais n’a jamais empêché les Mexicains d’immigrer aux États-Unis.

D’ailleurs, si les Québécois étaient plus riches que les Ontariens, ce sont les Québécois qui devraient payer de la péréquation alors que les Ontariens devraient en recevoir.  Depuis 2005, le Québec a reçu 50,2 milliards de dollars en péréquation contre seulement 3,5 milliards pour l’Ontario.

Pourquoi se limiter à l’Ontario, allons voir la situation dans l’ensemble du Canada:

Lisée Droite

Qu’en est-il de la situation avec les États-Unis ?

Je n’ai pas été en mesure de trouver des chiffres sur la migration entre le Québec et les États-Unis.  Par contre, ces statistiques sont disponibles pour le Canada. Selon une étude de Statistique Canada publiée il y a trois ans, entre 2000 et 2004, chaque année, 68 900 Canadiens sont allés vivre aux États-Unis. À l’opposé, seulement 6 110 Américains sont venus vivre au Canada…

Donc sachant que le Québec a un solde migratoire négatif avec le reste du Canada et sachant que le Canada a un solde migratoire négatif avec les États-Unis, on peut raisonnablement supposé que plus de Québécois décident d’aller vivre aux États-Unis qu’il y a d’Américains qui décident de venir vivre au Québec.

Quand les gens « votent avec leurs pieds » et force est de constater que le modèle québécois arrive très loin dans les intentions de vote.

À lire aussi:

Sources:
Statistique Canada
Tableaux 051-0018 & 051-0019

3 février 2012

La social-bureaucratie Canada Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Le Québec est une province très fonctionnarisée et les fonctionnaires aiment beaucoup la paperasse…  Après tout, leur emploi en dépend…

Dans la réalité, voici le prix de la social-bureaucratie pour nos entreprises:

Social-Bureaucratie

Le Québec était premier en 2005 et malgré une légère diminution il était toujours premier en 2008.  Jean-François Lisée va être content, c’est une autre médaille d’or pour le Québec !

Voici comment a évolué le coût de la réglementation par entreprise entre 2005 et 2008 au Canada:

  1. ÎdP-Édouard: -27,4%
  2. N-Écosse: -20,1%
  3. Saskatchewan: -15,5%
  4. Ontario: -13,1%
  5. Manitoba: -12,6%
  6. Terre-Neuve: -11,5%
  7. N-Brunswick: -11,3%
  8. Québec: -4,0%
  9. Alberta: +2,5%
  10. C-Britannique: +5,1%

Le Québec, encore en queue de peloton de queue…  Notons au passage que si la croissance a été positive en Alberta et en Colombie-Britannique, le coût de la réglementation dans ces deux provinces reste largement inférieur au Québec.

L’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse montrent qu’il est possible de réduire substantiellement, dans un laps de temps relativement court,  le coût de la bureaucratie.  Voilà qui devrait inspirer nos politiciens.  Mais il est plus facile j’imagine de raconter que le modèle québécois est ce que nous avons de mieux à offrir à l’humanité…

Terminons en citant Ronald Reagan: « La vision économique des gouvernements se résume en quelques phrases courtes: Si ça bouge, on taxe. Si ça continue de bouger, on réglemente. Et quand ça ne bouge plus, on subventionne ».

Sources:
CANADIAN FEDERATION OF INDEPENDENT BUSINESS
La prospérité ligotée par une réglementation excessive

Industrie Canada
Principales statistiques relatives aux petites entreprises

1 février 2012

Lisée, prise 1: la croissance économique québécoise Coup de gueule Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Dans son dernier livre, Jean-François Lisée s’est donné la difficile tâche de mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Pour vérifier si tel est le cas, voici une série de billets qui reprend chacun des arguments avancés par Lisée pour en vérifier la validité. Attention, car la gauche est sur le point d’encaisser une droite !

Affirmation #1 de Jean-François Lisée: le Québec n’est pas économiquement médiocre puisque depuis 10 ans, la croissance du PIB par habitant rivalise avec les pays du G-7.

Pour parvenir à cette conclusion, Jean-François Lisée présente un graphique comparant la croissance du PIB/habitant du Québec à celle des pays du G-7 et de l’Ontario, pour la période couverte entre 2001 et 2011.  Selon cette analyse, le Québec se classe deuxième, uniquement devancé par l’Allemagne.

Il y a deux problèmes avec cet argument.  Premièrement, la période choisit, on ne peut pas prétendre analyser véritablement les succès du modèle québécois en regardant une période de temps aussi courte.  Ce genre d’analyse demande une analyse sur une période beaucoup plus longue pour être en mesure de dégager une tendance historique significative.  Surtout que la dernière décennie a été plutôt atypique sur le plan de l’économie (deux récessions causées par l’intervention du gouvernement, le 11 septembre et une économie québécoise stimulée artificiellement par des dépenses en infrastructures).  Deuxièmement, l’échantillonnage est relativement petit, pourquoi se limiter uniquement aux pays du G-7 ?

Voici donc comment se compare la croissance du PIB/habitant au Québec pour la période entre 1981 et2010, soit la plage de temps la plus étendue possible pour laquelle des statistiques sont disponibles.

Lisée Droite

Malheureusement pour la gauche québécoise et leur modèle, la Québec se retrouve dans le fond du classement…  Par contre, les observateurs les plus jovialistes ont peut-être remarqué que le Canada se classe relativement près du Québec.  J’invite ces gens à prendre connaissance des deux graphiques suivants à propos des vingt pays les plus riches de l’OCDE:

Lisée Droite Lisée Droite

Ici, il est important de ne pas confondre la croissance annuelle du PIB/habitant et la valeur du PIB/habitant.  Ce n’est pas parce que la croissance du Canada est proche de celle du Québec que les PIB/habitant sont équivalents.  En 2010, le PIB par habitant du Canada était de 47 630$ alors que celui du Québec était de 40 174$.  Donc, de 1981 à 2010, le Québec a été incapable de rattraper le Canada.

Ce phénomène est préoccupant, car normalement le Québec aurait dû profiter du « catch-up effect », un phénomène qui fait en sorte qu’il est plus facile pour un pays pauvre de croître plus rapidement qu’un pays riche.   Ce phénomène explique pourquoi la croissance de la Chine peut atteindre 8% alors que celle des États-Unis dépasse rarement le 3%. Au fur et à mesure que le PIB/habitant de la Chine se rapprochera de celui des États-Unis, plus leur croissance économique ralentira.

Résumons, avant 1981, le Canada a pris une longueur d’avance sur le Québec et de 1981 à 2010, le Québec a été incapable de combler ce retard, celui-ci s’est même légèrement accru.  À cet égard, le second graphique est particulièrement intéressant puisqu’il compare le PIB/habitant en utilisant le Québec comme valeur de référence.  Par exemple, en 1981, le PIB/habitant des vingt pays de l’OCDE les plus riches représentait 102% du PIB/habitant du Québec i.e. les deux valeurs étaient à toute fin pratique identiques.  Par contre, en 2010, le PIB/habitant des pays de l’OCDE représentait 116% du PIB/habitant du Québec, autrement dit le Québec a pris un retard non négligeable.

Si, entre 1981 et 2010, le Québec avait maintenu la même croissance que les pays de l’OCDE les plus riches, le PIB/habitant serait aujourd’hui de 52 183$, soit 12 000$ de plus que le niveau actuellement observé.

La Corée est un brillant exemple de réussite.  Bien que ce pays possède un PIB/habitant bien en deçà de la moyenne de l’OCDE, sa croissance annuelle moyenne de 6% entre 1981 et 2010 (catch-up effect) a fait en sorte que le PIB/habitant de ce pays est passé de 25% de la valeur du Québec en 1981 à 88% en 2010.

Conclusion: on ne peut conclure, comme Jean-François Lisée le fait, que la croissance de l’économie du Québec rivalise avec celle des autres pays, au contraire, le Québec a pris du retard depuis le début des années 80.  Mais attention, ce retard n’est pas imputable aux Québécois qui seraient moins intelligents que les autres, mais plutôt au modèle économique qui a été imposé par les élites à grand coup de sophismes et de diabolisation du système capitaliste.

Mais au-delà de tous ces chiffres, un fait demeure: si le modèle économique québécois était un succès, nous n’aurions pas besoin de recevoir de péréquation…

Sources:
Statistique Canada
Tableau 384-0013

OCDE
OECD StatExtracts

HEC Montréal
Productivité et prospérité au Québec: Troisième édition

30 janvier 2012

La carte de crédit du gouvernement Économie En Chiffres Québec

Voici, depuis 2006-2007, les sommes que le gouvernement du Québec a dû emprunter pour boucler son budget, coeur sensible s’abstenir…

Pour être en mesure de rencontrer ses obligations financières, depuis 6 ans, le gouvernement du Québec a dû emprunter sur les marchés financiers la somme astronomique de 88,8 milliards de dollars.  Cette somme représente, grosso modo11 100$/habitant ou si vous préférez 44 400$ pour une famille de quatre (deux adultes, deux enfants).

Et pour ajouter l’insulte à la blessure, durant cette même période, le gouvernement a déclaré des déficits cumulés de…  7,6 milliards de dollars…

J’ai comme l’impression que quelqu’un est en train de se faire avoir…

Source:
Ministère des finances du Québec
Le point sur la situation économique et financière du Québec

25 janvier 2012

Arguing with Idiots: Jean-François Lisée Arguing with Idiots En Chiffres Québec

Jean-François Lisée s’imagine sans doute avoir réalisé un coup fumant: la publication d’un livre dans lequel il prétend pouvoir mettre la droite K.-O. en 15 arguments ! Rien de moins !

En guise d’amuse-gueule, Jean-François Lisée nous présente des statistiques pour nous convaincre que contrairement à ce que la droite affirme, le suicide n’est pas un problème au Québec.  Selon cette savante démonstration, le Québec se classerait au 26e rang, derrière la Finlande, la Belgique, la France ou la Suisse, en matière de suicide.  Merveilleux puisque nous ne sommes pas les pires alors c’est forcément parce que tout est parfait !

Mais d’où vient cette fameuse statistique voulant que le Québec se classe 26e ?  Hé bien la source de cette information est…  WIKIPEDIA !!!  Ce n’est pas une blague, c’est Lisée lui-même qui le dit dans un billet publié cet été !

Passons outre le fait qu’un argument construit à partir de Wikipedia est franchement risible, étant donné que l’on y collige une multitude de chiffres provenant de sources disparates, souvent invérifiable et utilisant des méthodologies différentes…  Donc arriver à une 26e, on doit inclure dans le classement des pays tels que: la Lituanie, la Guyane, le Kazakhstan, Le Belarus, le Sri Lanka, la Moldavie, l’Uruguay ou l’Afrique du Sud…  Jean-François Lisée est-il vraiment en train de nous dire que tout va bien au Québec parce que nous faisons mieux que la fucking Guyane !!!

Sans blague…

Pour une analyse plus sérieuse, on peut consulter les statistiques Éco-Santé produites par l’OCDE et le gouvernement du Québec, l’avantage étant que la méthodologie servant à compiler les données est constante.

Voici le résultat:

Taux Suicide

Le résultat est beaucoup moins sexy que ceux présentés par Jean-François Lisée…  Mais, soyons honnêtes, si l’on enlève du classement le Luxembourg, la Suisse, la France, l’Autriche, la Pologne, l’Islande, la Nouvelle-Zélande, la République tchèque, le Chili, la Slovaquie, la Suède, les États-Unis, le Canada, l’Irlande, le Danemark, la Norvège, l’Allemagne, l’Australie, le Portugal, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, Israël, le Mexique et la Grèce, alors le Québec obtient la médaille d’or !

Le taux de suicide des hommes au Québec pour l’année 2008 était de 22,1 par 100 000 habitants. Pour les jeunes hommes québécois, c’est encore pire: un taux de 23,4 par 100 000 habitants chez les 20-34 ans.

En 2008, le taux de suicide chez les soldats américains en service actif était de 20,2 par 100 000 habitants. Chez les vétérans, ce taux était de 20,8 par 100 000 habitants.

M’enfin… Il en faudra plus pour espérer avoir un K.-O.

23 janvier 2012

Crouler sous les dettes Économie En Chiffres International

Plusieurs graphiques, qui devraient vous intéresser, à propos de l’endettement des pays appartenant aux dix économies les plus développées.

Tout d’abord l’endettement des ménages:

Endettement

Prenez note de la position peu enviable du Canada.  Seuls l’Australie et le Royaume-Uni font pire que nous et surtout, nous sommes devant les Américains.

Ensuite, voici l’endettement des corporations non financières:

Endettement

Le Canada fait beaucoup mieux dans cette catégorie, mais la situation en Europe et en Asie me semble préoccupante.

Maintenant l’endettement des institutions financières:

Endettement

Le Canada se classe plutôt bien.  Néanmoins, j’ai été surpris d’apprendre que les banques les moins endettées sont aux États-Unis.  Comme quoi la gifle reçue par la main invisible lors de la récession a discipliné le marché.  Mais que dire de la situation au Royaume-Uns…

Pour terminer, l’incontournable dette des gouvernements:

Endettement

Relativement bonne performance du Canada, position insoutenable en Europe et au Japon.  Mais que dire de la performance absolument remarquable de l’Australie !

Maintenant, voici l’endettement total:

Endettement

Les Canadiens peuvent toujours se consoler en se disant qu’ils ne sont pas les derniers, mais pas de quoi pavoiser avec un endettement total de 276% du PIB.

Je termine en vous donnant quelques chiffres sur l’endettement total de quelques pays émergents, faites les comparaisons qui s’imposent…

  • Russie: 72%
  • Inde: 122%
  • Brésil: 148%
  • Chine: 184%

La moyenne des pays appartenant aux dix économies les plus développées: 348%.

Mais tout ceci est probablement sans importance, après tout Jean-François Lisée et Pierre Fortin nous ont raconté la semaine dernière que l’endettement n’est pas un phénomène préoccupant

Source:
McKinsey Global Institute
Debt and deleveraging: Uneven progress on the path to growth

18 janvier 2012

Une véritable mine d’or Économie En Chiffres Environnement Québec

Quelques chiffres intéressants sur les salaires au Québec:

Salaire Québec

J’espère que vous avez remarqué que l’industrie qui verse les meilleurs salaires au Québec est, ironiquement, la plus détestée de la population…  Les gens qui travaillent dans le domaine de l’extraction minière et pétrolière gagnent 1 305$/semaine, presque le double de la moyenne de tous les secteurs, qui se chiffre à 784$/semaine.

Grosso modo, une personne qui travaille dans les mines ou le pétrole fera 67 860$/année et paiera 30 072$/année en taxes, impôts et frais divers.  Sachant qu’au Québec ils sont 14 600, cela représente la rondelette somme de 439 millions de dollars !

Voilà qui devrait être pris en considération dans l’éternel (et inutile) débat sur les redevances.  Et c’est sans compter que la nouvelle loi québécoise sur les mines risque de faire fuir les investisseurs, donc des emplois très bien payés pourraient bien ne jamais être créés.

P.-S. Je me suis aussi amusé à faire les mêmes calculs avec l’Alberta.  Un salaire de 1 857$/semaine dans le domaine de l’extraction minière et pétrolière, ce qui représente 96 564$/année et une fiscalité totale de 36 279$/année. Sachant qu’en Alberta ils sont 140 200, cela représente la jolie somme de 5 086 millions de dollars !

Sources:
Statistique Canada
Tableaux 282-0008281-0027

16 janvier 2012

Les modèles américains et scandinaves Économie En Chiffres États-Unis International

Quelques chiffres tirés d’un document de l’OCDE qui devraient heurter les idées reçues de nos amis gauchistes…

Tout d’abord, voici dans quelle mesure les riches contribuent aux revenus de leurs gouvernements:

Scandinave

C’est aux États-Unis que le gouvernement va chercher la plus grande partie de ses revenus chez les riches…  et la lutte n’est même pas serrée puisque dans de nombreux pays scandinaves la proportion est inférieure à 30% alors qu’elle est de 45% aux États-Unis.  En fait, dans les pays de l’OCDE ce sont les États-Unis qui se classent premiers.

Mais les gauchistes vont probablement me répondre que ces chiffres sont biaisés puisque c’est aussi aux États-Unis que les riches monopolisent le plus la richesse.  C’est juste, mais pour analyser ce phénomène, l’OCDE a aussi calculé le ratio entre les contributions au gouvernement du 10% les plus riches et la proportion des revenus qu’ils détiennent.  Plus ce ratio est élevé, plus cela indique que la fiscalité est progressive.

Scandinave

Encore une fois, les États-Unis arrivent en première position dans ce classement et dans celui regroupant tous les pays de l’OCDE.

Ici, il ne s’agit pas de dire que les Américains payent plus d’impôt que leurs équivalents scandinaves, ce n’est pas le cas.  La conclusion est plutôt à l’effet que, basé sur le coefficient de concentration de l’impôt et des revenus, les États-Unis ont le système fiscal le plus progressif, i.e. que le fardeau fiscal est porté par une petite partie de la population.

Cela explique peut-être aussi pourquoi les Scandinaves tolèrent une taxation aussi lourde.  Leur fiscalité étant peu progressive, cela signifie que l’ensemble de la population doit partager équitablement le fardeau fiscal; tout le monde, riche ou pauvre, doit contribuer aux revenus du gouvernement.  Puisque tout le monde participe, on n’encourage pas les gens à vivre aux crochets de l’État, i.e. il n’y a personne qui peut avoir un chèque du gouvernement sans avoir préalablement contribué à financer ce gouvernement.  Bref, sachant que tout le monde paye équitablement, les gens n’ont pas l’impression que le gouvernement déshabille Paul pour habiller Pierre.

Source:
OCDE
Growing Unequal? Income Distribution and Poverty in OECD Countries

11 janvier 2012

Le modèle québécois dans toute sa splendeur Canada Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Comme dise les Anglais: one-two punch…

Tout d’abord le nombre d’entreprises dans les provinces canadiennes:

Modèle Québécois

Ensuite, les subventions distribuées dans les provinces canadiennes:

Modèle Québécois

J’ai besoin d’en dire plus ?

Et non seulement François Legault n’a pas l’intention d’inverser la tendance, mais il veut en rajouter en utilisant la Caisse de Dépôt comme un instrument de récompense politique (i.e. machine à distribuer des subventions/bonbons).

Pour citer Ronald Reagan: « the more the plans fail, the more the planners plan ».

Sources:
Industrie Canada
Principales statistiques relatives aux petites entreprises

Statistique Canada
Tableau 384-0010

10 janvier 2012

Dépenser plus n’est pas la solution Économie En Chiffres États-Unis

Quelques statistiques intéressantes sur l’éducation aux États-Unis.

Tout d’abord les dépenses par élèves dans chacun des États (éducation primaire et secondaire):

Éducation État-Unis

Maintenant le taux de diplomation pour les élèves du secondaire:

Éducation État-Unis

Une constatation s’impose: il n’existe pour ainsi dire aucune corrélation entre la réussite scolaire et le niveau de dépense.  Bien entendu, les facteurs sociaux démographiques jouent pour beaucoup dans ces chiffres, mais un fait demeure: dépenser plus n’est pas automatiquement un synonyme de réussite.

Dans les pays de l’OCDE, les États-Unis arrivent au 4e rang au chapitre des dépenses par élèves du primaire et du secondaire.   Au niveau du taux de diplomation, les États-Unis doivent se contenter du 26e rang.

Donc quand François Legault et sa coalition vous diront qu’il suffit de dépenser plus en éducation pour régler nos problèmes, vous saurez qu’on vous raconte n’importe quoi.

9 janvier 2012

Le fardeau des Québécois Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Au Québec, on parle souvent du niveau inquiétant d’endettement de la province, mais on devrait aussi commencer à s’intéresser à ce qui se passe dans les municipalités…  Avant les fêtes, j’ai publié un billet sur l’explosion de la dette dans la ville de Québec depuis qu’ils ont élu un bouffon comme maire, voici maintenant le portrait d’ensemble:

Dette Québec
L’endettement total net à long terme est constitué de la dette brute à long terme (obligations, billets et autres dettes à long terme) et de la quote-part de la municipalité dans la dette à long terme d’autres organismes dont elle fait partie (municipalité régionale de comté, régies intermunicipales, etc.)

La situation est tout simplement hors de contrôle…  Que dire de plus…

N’oubliez pas qu’il s’agit de la dette par habitant, cette somme est due par tout le monde, aussi bien par les gens qui travaillent que par les bébés de 6 mois ou les retraités de 80 ans.

Source:
Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire
Profil financier

5 janvier 2012

Arguing with Idiots: Centre canadien de politiques alternatives Arguing with Idiots Canada Économie En Chiffres Récession

C’est maintenant devenu une tradition: en début d’année le Centre Canadien Politique Alternatives, un think tank socialiste, publie une étude à propos des revenus des 100 PDG canadiens les mieux rémunérés.  Comme à chaque année, on nous dit que la situation est terrible parce que les présidents de compagnie sont plus riches que les concierges…  Désolé, mais si tous les PDG ont les qualifications requises pour faire le métier de concierges, ce n’est pas tous les concierges qui ont les qualifications requises pour être des PDG…

Mais quand on analyse les rapports produits par le Centre Canadien Politique Alternatives au fil des ans, on peut observer un phénomène qui risque de ne pas plaire à la gauche.  Voici l’évolution du salaire des 100 PDG les mieux payés et des « travailleurs ordinaires » basés sur les statistiques qui proviennent de ces rapports:

Écart de Richesses

Ce qu’on peut voir c’est que les revenus des PDG, contrairement à ceux des travailleurs, sont sujets à d’importantes variations qui sont fonction de la croissance du PIB.  Même quand la croissance du PIB est négative, les travailleurs sont quand même capables de s’en tirer avec des augmentations alors que du côté des PDG les baisses sont brutales.

En bref, contrairement à ce qu’affirme la gauche, il est faux de dire que les riches sont à l’abri des récessions.  Quand l’économie se plante, les PDG sont sévèrement punis; quand l’économie prend du mieux, ils sont généreusement récompensés.  Une belle démonstration de l’action de la main invisible.

On pourrait dire que les travailleurs, en retour d’un revenu moins élevé, ont une plus grande sécurité de leur revenu alors que les PDG ont sacrifié cette sécurité en échange de plus gros salaires.  C’est comme investir dans un placement risqué: si ça réussit alors le rendement sera bon, mais on court aussi plus de risque de perdre son investissement.

Autre élément très important, la récession a permis une meilleure répartition de la richesse, comme en fait foi le différentiel PDG/travailleur.  Mais si la récession permet de répartir plus équitablement la richesse, je connais bien peu de gens pour dire que cette répartition permet d’améliorer le sort des gens.  Qui ici est assez bête pour dire que les récessions améliorent le sort des travailleurs ? Voilà qui prouve qu’il est préférable de vivre inéquitablement dans la richesse que de vivre équitablement dans la pauvreté.

Pour terminer, adoptons le point de vue des marxistes et supposons que le gouvernement décide de prendre des mesures extrêmes pour redistribuer la richesse en confisquant la totalité des revenus des cents PDG les mieux rémunérés pour ensuite redistribuer cet argent vivant sous le seuil de faible revenu.  En 2010, avec cette mesure, le gouvernement pourrait mettre la main sur 838,4 millions de dollars pour ensuite envoyer des chèques de 240$ aux plus pauvres, ce qui représente 65¢/jour.  En bref, en détruisant tout un pan de l’économie canadienne, on pourrait augmenter pendant un an le salaire des plus pauvres d’environ…  1,7% !

Extrait d’un texte d’Ayn Rand, à propos des businessmen, qui est en lien avec la diabolisation que fait le Centre Canadien Politique Alternatives des riches:

Capitalism: The Unknown Ideal

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« The legal treatment accorded to actual criminals is much superior to that accorded to businessmen. The criminal’s rights are protected by objective laws, objective procedures, objective rules of evidence. A criminal is presumed to be innocent until he is proved guilty. Only businessmen—the producers, the providers, the supporters, the Atlases who carry our whole economy on their shoulders—are regarded as guilty by nature and are required to prove their innocence, without any definable criteria of innocence or proof, and are left at the mercy of the whim, the favor, or the malice of any publicity-seeking politician, any scheming statist, any envious mediocrity who might chance to work his way into a bureaucratic job. »

Sources:
Canadian Centre for Policy Alternatives
BANNER YEAR FOR CANADA’S CEOs Record High Pay Increase (2007)
A Soft Landing Recession and Canada’s 100 Highest Paid CEOs (2008)
RECESSION-PROOF Canada’s 100 best paid CEOs (2009)
Canada’s CEO Elite 100 The 0.01% (2010)

19 décembre 2011

Régis Labeaume: l’autre côté de la médaille Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Au Québec, on parle beaucoup de l’endettement de la province, mais qu’en est-il des municipalités ?

Voici l’évolution de la dette, entre 2007 et 2010, dans les municipalités québécoises de plus de 100 000 habitants.  Je vous signale, au passage, que Régis Labeaume a été élu en 2007…

Dette Québec
L’endettement total net à long terme est constitué de la dette brute à long terme (obligations, billets et autres dettes à long terme) et de la quote-part de la municipalité dans la dette à long terme d’autres organismes dont elle fait partie (municipalité régionale de comté, régies intermunicipales, etc.)

En 2010, Québec avait la 2e plus grosse dette (3 335$/habitant), devancée uniquement par Terrebonne (3 585$/habitant).  De son côté, le maire Tremblay a fait osciller la balance de Montréal à 2 971$/habitant.

De 2007 à 2010, la dette de la ville de Québec a augmenté de 45%, devancée uniquement par Saguenay qui a connu une augmentation spectaculaire de 77%.  Par contre, malgré cette augmentation, la dette de Saguenay reste bien en deçà de celle de Québec.  On est loin de la performance de Montréal qui a vu sa dette augmenté de seulement 10%.

Le Régis Labeaume ‘version 2011′ aurait-il pu gagner la mairie en 2007 ?  Et pourquoi les médias ne parlent-ils jamais de la gestion absolument exécrable des finances publiques dans la ville de Québec ?

Source:
Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire
Profil financier

18 décembre 2011

Bilan 2011 de l’actualité Canada En Chiffres International Québec

Quelques chiffres tirés du bilan annuel de l’actualité 2011 d’Influence Communication.

Les nouvelles qui ont été le plus médiatisées au Québec en 2011:

Actualité Québec

Le bilan pour le Canada:

Actualité Canada

Le bilan à l’échelle de la planète:

Voici comment se compare le travail des médias au Québec, au Canada et à l’international:

Actualité Québec

Les personnalités les plus médiatisés au Québec en 2011:

Actualité Québec

Les personnalités les plus médiatisés au Canada en 2011:

  1. Stephen Harper: 1,59 %
  2. Jack Layton: 0,74 %
  3. Barack Obama: 0,72 %
  4. Michael Ignatieff: 0,54 %
  5. Sidney Crosby: 0,49 %
  6. Dalton McGuinty: 0,41 %
  7. Zedno Chara: 0,41 %
  8. Roberto Luongo:0,38 %
  9. Tim Tomas: 0,38 %
  10. Muammar Gaddafi: 0,30 %

Les personnalités les plus médiatisés dans le monde en 2011:

  1. Barack Obama: 8,74 %
  2. Nicolas Sarkozy: 3,24 %
  3. Angela Merkel: 3,22 %
  4. Mouammar Kadhafi: 3,10 %
  5. Silvio Berlusconi:
  6. David Cameron: 2,15 %
  7. Steve Jobs: 1,76 %
  8. Rick Perry: 1,68 %
  9. Hosni Moubarak: 1,59 %
  10. Mitt Romney: 1,48 %

Source:
Influence Communication
État de la nouvelle: bilan 2011

14 décembre 2011

Étirer l’élastique Canada Économie En Chiffres États-Unis Récession

Hier, Statistique Canada a sorti ses chiffres sur l’endettement des ménages au Canada.  Je me suis amusé à comparer avec la situation aux États-Unis.  Coeur sensible, s’abstenir…

Dette Canada États-Unis
En gris, la période de la dernière récession selon le NBER.

Du côté américain, l’élastique s’est cassé à 130%.  Lors de la récession qui a suivi, les Américains ont considérablement réduit leur endettement.  Au Canada, lors de la récession, les ménages ont continué à s’endetter, si bien qu’aujourd’hui ce taux atteint 153%.  Un jour où l’autre, ce sera notre élastique qui va se casser…

Et je me permets de remettre un graphique (mis à jour), présenté il y a quelques mois, sur le prix des maisons au Canada et aux États-Unis…

Dette Canada ÉtatsUnis
En gris, la période de la dernière récession selon le NBER.

Quand la valeur des maisons a doublé aux États-Unis (200%), la bulle a éclaté.  Au Canada, pour le mois de septembre 2011, nous étions à… 216,9%.  À titre indicatif, le taux d’inflation depuis janvier 2000 est de 25,4%

Nous serons les prochains, et la crise en Europe servira de catalyseur.  Brace for impact

Sources:
Statistique Canada
Tableau 378-0012

Federal Reserve Bank of St. Louis
Liabilites: Household Credit Market Debt OutstandingDisposable Personal Income

12 décembre 2011

Encore des chiffres à oublier pour le Québec Économie En Chiffres International Québec

Il y a quelques semaines, le Centre sur la productivité et la prospérité du Québec (HEC) a publié la troisième édition de son bilan annuel portant sur l’évolution de la productivité du travail et du niveau de vie au Québec.  Encore une fois, rien de bien réjouissant pour la belle province…

Économie Québec Économie Québec

Mais le Québec a mieux fait que le pire pays de l’OCDE considéré dans l’analyse.  Donc, selon la logique de Jean-François Lisée, ce résultat doit être bon pour une médaille d’or…

En 1981, le PIB/habitant dans les 20 pays les plus riches de l’OCDE était à peine 2% supérieur à celui du Québec, l’écart était somme toute négligeable.  En 2010, cet écart est passé à 16%, autrement dit nous avons perdu pas mal de terrain…  Et le dernier de classe, la Corée du Sud, nous rattrape à vitesse « grand V ».  En 1981, notre PIB/habitant était 75% supérieur au leur, en 2010, il n’est maintenant que 12% supérieur.

Si entre 1981 et 2010 le Québec avait maintenu la même croissance que les pays de l’OCDE les plus riches, le PIB/habitant serait aujourd’hui de 52 183$, soit 12 000$ de plus que le niveau actuellement observé.

Toujours pour la période couverte entre 1981 et 2010, le Québec se classe en 20e place (sur 21) au chapitre de la croissance de la productivité du travail et en 16e place (sur 21) pour la croissance du PIB/habitant.

Source:
 HEC Montréal
Productivité et prospérité au Québec: Troisième édition

8 décembre 2011

L’énergie du futur Économie En Chiffres En Vidéos Environnement

Au début de la récession, on nous a annoncé que les emplois verts représentaient la voie du futur pour nous sortir du marasme.  Selon nos politiciens, c’était la solution, il fallait subventionner l’éolien, le solaire et les technologies propres pour créer une nouvelle économie.

Depuis 2009, voici comment ont évolué les titres de certains fonds négociés en bourse qui se spécialisent dans les énergies vertes et les énergies fossiles:

Énergie Verte
Les titres des compagnies vertes ont été sélectionnés selon les recommandations faites en 2008 dans cet article du Globe & Mail.

Le verdict est sans appel.  Tous ces millions en subvention ont été gaspillés.  Solyndra est un bon exemple:

Sources:
Google Finance
NYSEARCA:KWT, NYSEARCA:FAN, NASDAQ:ICLN, NYSEARCA:KOL, NYSEARCA:USO, NYSEARCA:FCG

6 décembre 2011

Arguing with Idiots: Radio-Canada Arguing with Idiots Économie En Chiffres International

Hier, une grosse étude sur les écarts de richesse a été publiée par l’OCDE.  Il va de soi que la gauche a utilisé ce prétexte pour, encore une fois, raconter n’importe quoi.

Par exemple, du côté de Radio-Canada, on a pu entendre que si les écarts de richesses augmentaient, cela signifiait nécessairement que les pauvres s’appauvrissaient puisqu’ils ne bénéficient pas de la croissance économique. On a pu entendre ce discours du côté de Gérald Fillion et d’Anne-Marie Dussault.

Or, c’est tout à fait faux, ce n’est pas parce que les écarts de richesse augmentent que les pauvres sont plus pauvres. Selon cette étude, si les écarts de richesse ont augmenté de manière significative dans les pays de l’OCDE entre 1985 et 2008, les plus pauvres ont tout de même vu leur revenu réel croître annuellement de 1,3% contre 1,9% pour les plus riches.  Donc, bien que les écarts se sont accrus, les plus pauvres se sont quand même enrichis, et ce, presque dans la même proportion que les plus riches. En bref, tout le monde s’est enrichi, les plus pauvres comme les plus riches !

Voici quelques chiffres, couvrant la période 1985-2008, tirés de cette étude et qui remettent les pendules à l’heure:

Écart Richesse

Encore une fois, on peut voir que peu importe dans quelle mesure les écarts de richesse augmentent, le revenu réel des plus pauvres augmente lui aussi.  La question à se poser est la suivante: qu’elle est l’époque la plus avantageuse pour les pauvres ?  Les années 80 avec des sociétés plus égalitaires ou les années 2000 avec des sociétés plus inégalitaires, mais avec des pauvres plus riches ?

Poser la question c’est y répondre.  Mais parions que les journaleux vont préférer les années 80.  Voyez-vous, l’idéologie des socialistes c’est l’idéologie de la jalousie. Par conséquent, la gauche se fiche pas mal du sort des pauvres, ce qui compte c’est de punir les riches.

Quelques autres observations intéressantes sur ces statistiques…  C’est dans les pays scandinaves (Suède, Finlande, Norvège) et non pas aux États-Unis, que les écarts de richesse ont le plus augmentés. Pourtant, ces pays sont souvent cités en exemple par la gauche québécoise. Pour ce qui est des pays qui ont le plus réduit leurs écarts de richesse (Portugal, Grèce, Espagne), gare à ceux qui voudraient émuler leur modèle économique, car ces pays sont actuellement au bord de la faillite !

Appeler à commenter cette étude durant le Téléjournal, Gérald Fillion a affirmé que l’accroissement des écarts de richesse était imputable au phénomène de mondialisation.  Pourtant l’étude de l’OCDE a conclu exactement le contraire i.e. que la mondialisation n’a pas eu d’impact sur la situation  (page 104 & 125) ! Gérald Fillion s’est donc pointé sur les ondes de la télé nationale pour commenter une étude qu’il n’avait pas lue !  Peut-on imaginer un plus grand manque de rigueur ?

L’augmentation des écarts de richesse est imputable aux progrès technologiques et au fait que plus de gens travaillent, notamment les travailleurs autonomes (page 157 & 181).  Au nom de l’égalité va-t-on interdire les avancées technologiques et interdire aux travailleurs autonomes de se lancer en affaire ?

Pour terminer, Gérald Fillion parle de l’importance de redistribuer la richesse tout en dénonçant les délocalisations d’emplois vers les pays en voie de développement.  Pourtant, les délocalisations participent au phénomène de redistribution de la richesse en permettant aux plus pauvres d’avoir accès à un emploi bien rémunéré au lieu d’uniquement avoir recours à l’agriculture de subsistance pour subvenir à leurs besoins.  Pour Gérald Fillion, la redistribution de la richesse serait désirable uniquement quand celle-ci ne déborde pas de nos frontières ?  Est-ce ça la définition de la solidarité selon la gauche ?

Source:
OCDE
Divided We Stand Why Inequality Keeps Rising

5 décembre 2011

Les nouveaux créanciers Économie En Chiffres International Récession

Voici comment a évolué la dette des pays appartenant à certains groupes économiques clés depuis quelques années:

Dette Économie

Depuis le début de la récession en 2007, la dette des pays occidentaux a explosé, alors que celle des pays émergents est restée relativement stable à un niveau bien en deçà de celle des pays développés.  Les pays riches sont-ils en train de vendre le futur de leurs petits enfants à des pays peu fréquentables ?

Hier, la nouvelle ministre des affaire sociale italienne, Elsa Fornero, a fondu en larmes quand elle a annoncé que l’Italie allait modifier son régime de pension et hausser l’âge de la retraite…

Elsa Fornero

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« Je suis désolé. Les gens qui travaillent n’ont plus d’argent à vous donner. En conséquence, l’âge de la retraite passera à 62 ans pour les femmes, et 65 ans pour les hommes. Nous n’avons plus les moyens de vous donner une augmentation en fonction de l’inflation des prix, alors vous devrez vous en passer. »

Il n’est pas si loin le jour où l’on verra des politiciens québécois eux aussi éclater en sanglots lors d’une conférence de presse où l’on nous dira qu’il n’y a plus d’argent…

Pour voir le vidéo de cette conférence de presse…

Cliquez ici pour lire la suite »

30 novembre 2011

Pauvreté 55 Canada Économie En Chiffres Québec

Les Québécois et le travail, ça fait deux… Ici, la retraite se prend tôt:

Retraite Québec

À voir ces chiffres, on pourrait penser que les Québécois sont riches…  Or, il n’en est rien…

Retraite Québec

Retraite Québec

Un jour où l’autre, la réalité finira par nous rattraper…

Sources:
Institut de la statistiques du Québec
Données sociales du Québec, édition 2009

Statistique Canada
Tableaux 203-0017 & 384-0012

28 novembre 2011

Pas facile d’être millionnaire, encore moins de le rester Économie En Chiffres États-Unis

On parle beaucoup des écarts de richesses qui existent entre les riches et les pauvres aux États-Unis. Selon les apôtres de la pensée unique, les riches s’enrichissent alors que les pauvres s’appauvrissent.

Vraiment ? C’est sans compter sur le fait que le statut de millionnaire est très précaire…

De 1999 à 2007, il y a eu un grand total de 675 000 millionnaires aux États-Unis. Durant cette période de 9 ans, voici pendant combien d’années ces millionnaires ont pu conserver ce statut:

Who Wants To Be A Millionaire

En d’autres mots, dans 50% des cas environ une personne qui est devenue millionnaire aux États-Unis entre 1999 et 2007 a perdu ce statut dans l’année qui a suivi. Il n’est pas facile de devenir millionnaire et il est encore plus difficile de le rester.  Seulement 6% des gens ont été capables de maintenir leur condition de millionnaire durant les 9 années.  Il est beaucoup moins risqué d’être un fonctionnaire…

Considéré aussi ceci.  Près de 60% des ménages qui étaient dans le quintile de revenu inférieur en 1999 étaient dans un quintile supérieur en 2007, et environ 40% des ménages dans le quintile supérieur en 1999 ont été dans un quintile inférieur en 2007.

Les riches s’enrichissent alors que les pauvres s’appauvrissent ?  C’est pas mal plus compliqué que les slogans socialistes de la gauche le laissent croire.

Source:
Tax Foundation
Income Mobility and the Persistence of Millionaires, 1999 to 2007

24 novembre 2011

Les amis des criminels Coup de gueule En Chiffres Gauchistan Québec

Je rêve du jour où les médias vont partir en croisade contre les criminels au lieu de partir en croisade contre le gars qui est en croisade contre les criminels.

C’est le cas, par exemple, d’Yves Boisvert qui trouve que le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu est beaucoup trop dur avec les gens qui tuent, agressent ou violent d’honnêtes citoyens…

Yves Boisvert trouve qu’il est inutile d’être plus sévère avec les criminels parce que la criminalité diminue au Canada.

Ce que les médias ne disent pas c’est que si le taux de criminalité diminue ce n’est pas parce qu’il y a moins de crime, mais plutôt parce que la population augmente.  Voyez par vous-même:

Homicide Canada

Comme on peut le voir, si depuis le début des années 80 le taux d’homicides a diminué de manière importante, le nombre d’homicides lui est resté relativement stable.

De voir Yves Boisvert s’extasier devant la baisse du taux de criminalité, c’est un peu comme quand Jean-François Lisée se réjouit d’une baisse du taux de chômage même si aucun emploi n’a été créé puisque cette baisse est uniquement attribuable à une baisse de la population active.  Désolé, mais je n’y vois aucune raison de célébrer.

Yves Boisvert explique aussi qu’au Québec il est inutile d’être plus dur avec les meurtriers parce qu’il a moins de meurtres ici.  Depuis quand punit-on un crime en fonction de sa prévalence ? Un meurtre commis à Montréal doit-il être puni plus sévèrement qu’un meurtre commis à Québec sous prétexte qu’il y a plus d’homicides à Montréal ?  Pourtant dans les deux cas c’est un innocent qui a perdu la vie.

Pour ce qui est de l’argument économique avancé par Yves Boisvert, je lui signale que cette semaine, le gouvernement a trouvé 4 millions pour la culture. Étrangement, quand c’est pour garder un pédophile en prison, il n’y a jamais d’argent…  Aux États-Unis, Jerry Sandusky, le coach de Penn State qui aurait agressé 8 enfants risque 460 ans de prison. Au Québec, Thierry Massimo, un coach de soccer qui a été reconnu coupable d’avoir agressé 14 enfants, s’en est tiré avec 6 ans de prison, une sentence qui a été qualifiée d’exemplaire par le juge.  En ce qui me concerne, je préfère, et de loin, le modèle américain.

Étrangement, le printemps dernier Yves Boisvert est monté aux barricades pour exiger que la justice fasse un exemple avec le cas de Zdeno Chara suite à sa mise en échec contre Max Pacioretty.  Allons môsieur Boisvert, faites preuve d’un peu de compassion, si l’on emprisonne Chara, il risque de devenir encore plus violent.  Aucune sanction n’était nécessaire contre le défenseur des Bruins, il était préférable qu’on le laisse se réhabiliter parmi les siens…

Pour terminer, je désire vous signaler qu’hier, on a arrêté un homme qui a menacé le sénateur Boisvenu.  Cette charmante personne, qui a manifesté son désaccord au projet de loi C-10 en disant se réjouir de l’assassinat d’une des filles du sénateur, a aussi été accusée de possession d’armes à feu dans un dessein dangereux et de possession de stupéfiants.  Vous vous rappelez le désaxé qui avait tenté d’assassiner une politicienne démocrate au début de l’année ?  Nos médias ne s’étaient pas fait prier pour accuser Fox News d’être responsable de cet incident.  En effet, puisque Fox News critique les démocrates, nos bons journalistes ont conclu que l’on devait blâmer la chaîne câblée pour cette tragédie.  Si l’on utilise la même logique, est-ce que ça veut dire que les médias québécois, de par leurs critiques acerbes envers le sénateur Boisvenu, sont responsables des menaces reçues par ce dernier ?

Source:
Statistique Canada
Tableau 253-0001

24 novembre 2011

Temps dur pour les détracteurs du modèle québécois Canada Économie En Chiffres Québec

Billet d’inspiration Liséenne

Il y a quelques semaine je vous ai parlé de la croissance du PIB… Cette semaine, Statistique Canada a publié les chiffres sur la croissance de la productivité pour l’année 2010 et les nouvelles sont excellentes pour le Québec ! Temps dur pour les détracteurs du modèle québécois…  Jugez par vous-même:

Productivité Canada

Victoire, techniquement nous ne sommes pas les seuls dans le fond du classement ! La performance du Québec est absolument remarquable.  Grâce au modèle québécois, nous avons connu une croissance aussi bonne que la Nouvelle-Écosse, cette méga-économie qui fait office de moteur économique de l’Amérique.  Ce résultat, qui contredit les thèses économiques de la droite, démontre une fois de plus la supériorité du modèle québécois.

Source:
Statistique Canada
Heures travaillées et productivité du travail dans les provinces et les territoires

23 novembre 2011

Autopsie d’une récession En Chiffres États-Unis

Quelques chiffres sur la récession aux États-Unis qui ont de quoi surprendre…

Recession USA
En gris, la période de la dernière récession selon le NBER.

Si au niveau du PIB l’économie américaine est retournée au niveau d’avant la récession, il en va tout autrement du côté de l’emploi qui accuse un retard important de 6,59 millions de travailleurs par rapport à la situation qui existait avant l’effondrement des marchés.

Donc, l’économie américaine produit autant qu’avant, mais avec 6,59 millions de travailleurs en moins.  Produire autant avec moins signifie que la productivité s’est accrue de manière significative.  Au début de l’année 2008, le PIB/travailleur était de 90 717$, ce ratio est maintenant de 95 509$, ce qui implique un gain de productivité de 4 793$/travailleur !

Voilà une excellente nouvelle.  Qui serait assez fou pour dénoncer cette augmentation importante de la productivité ?  Quand les Américains seront enfin libérés de leur président anti-capitaliste, ce qui devrait stimuler la reprise économique, et que l’emploi retournera au niveau d’avant la récession, ce gain de productivité signifie qu’il y aura une forte croissance de la richesse aux États-Unis.  Au lieu de créer des jobs produisant 90 717$/travailleur, on va avoir des jobs qui produisent 95 509$/travailleur.

Durant la récession, le secteur privé s’est rationalisé, on a dégraissé la machine, on a optimisé l’utilisation des ressources, on a éliminé les dépenses inutiles.  En bref, on a fait tout le contraire du gouvernement qui a plutôt décider de dépensé sans compter…

En passant, durant la récession, le nombre d’emplois syndiqués dans le secteur privé a diminué de 11,1% alors que le nombre d’emplois non-syndiqués n’a diminué que de 4,7%.  Voilà qui a dû aider à augmenter la productivité…

Sources:
Federal Reserve Bank of St. Louis
Real Gross Domestic Product, Civilian Employment

21 novembre 2011

Les exploités du gaz Économie En Chiffres Environnement États-Unis

Quelques chiffres intéressant sur l’emploi dans l’État de la Pennsylvanie:

Pennsylvanie Shale

Mais qu’est-il arrivé au début de 2008 pour que les chiffres sur l’emploi relié à l’exploitation des ressources naturelles explosent en Pennsylvanie ?  C’est simple: cet état américain a commencé à exploiter le gaz de schiste !

Depuis 2008, il s’est créé 10 900 emplois directs dans le secteur relié à l’exploitation des ressources naturelles, soit une augmentation de 51%. À titre indicatif, dans les autres industries l’emploi a décru de 3% depuis 2008.

Depuis 2008, la quasi-totalité des emplois reliés aux ressources naturelles en Pennsylvanie a été créée dans l’industrie des gaz de schiste. Si on inclut les emplois indirects, l’exploitation des gaz de schiste fait vivre 214 000 personnes.

Et quel est le salaire des gens qui travaillent dans l’exploitation des gaz de schiste ?  76 036$ en moyenne, dans les autres industries la moyenne est de 46 222$.

Mais les pauvres…  Ils ne l’ont pas encore réalisé, mais en confiant l’exploitation de leurs ressources naturelles aux multinationales du secteur privé, non seulement les Pennsylvaniens se font exploiter honteusement, mais en plus on saccage leur environnement.  Ici au Québec, ça fait longtemps qu’on a compris ça: des jobs bien payés dans un secteur d’avenir, on n’a pas besoin de ça…

À titre indicatif, le salaire hebdomadaire moyen au Québec pour les gens qui travaillent dans ce secteur d’activité est de 1 305$.

Et pour ceux qui doutent du potentiel du gaz de schiste, je vous signale que la Honda Civic Natural Gas a reçu le prix pour la voiture verte de l’année au salon de l’automobile de Los Angeles.

Sources:
U.S. Bureau of Labor Statistics
State and Metro Area Employment, Hours, & Earnings