Antagoniste


29 septembre 2014

La pauvreté verte Économie En Chiffres Environnement International

La semaine dernière, j’ai parlé de la décision de la fondation de la famille Rockefeller qui a décidé de ne plus investir dans les compagnies pétrolières, une décision sans grande importance puisque les compagnies de pétroles sont détenues majoritairement par de petits épargnants qui mettent de l’argent de côté pour leur retraite.

Mais qu’arriverait-il si ces épargnants décidaient de suivre les conseils de la gauche et d’imiter la fondation Rockefeller, c’est-à-dire liquider leurs actions de compagnies pétrolières pour acheter des actions de compagnies vertes. Pour répondre à cette question, on peut comparer l’indice RENIXX et l’indice STOXX Global Oil & Gas. L’indice RENNIX mesure la performance des plus grosses compagnies vertes alors l’indice STOXX Global Oil & Gas se concentre sur le secteur des hydrocarbures.

Énergie Verte

N’importe qui peut constater que les industries associées aux énergies vertes se sont complètement effondrées depuis 2008, et ce, malgré les milliards en subvention ! Contrairement aux compagnies vertes, le secteur pétrolier a su récupérer les pertes de la dernière récession.

Une personne qui a investi 100$ en 2002 dans une compagnie verte aurait 35$ aujourd’hui.  Une personne qui a investi 100$ dans les hydrocarbures en 2002 aurait 270$ aujourd’hui.  Si vous décidez de suivre les conseils de la gauche, vous risquez de ne jamais pouvoir accumuler suffisamment d’argent pour prendre votre retraite…  Moi je dis, vive le pétrole !  Certes, il y a des inconvénients à utiliser cette forme d’énergie, mais il est bon de se rappeler que les avantages sont infiniment plus nombreux !


24 septembre 2014

Le pétrole et les retraites Économie En Chiffres Environnement International

Un frisson a parcouru la bonne gauche cette semaine…

La fondation de la famille Rockefeller, qui a fait sa fortune avec le pétrole, a annoncé qu’elle allait liquider toutes ces actions de compagnies pétrolières. Il n’en fallait pas plus pour que le Plateau se mette à fredonner l’International…  Selon nos bons médias, toujours bien informés, une telle décision devrait porter un dur coup à l’industrie pétrolière.

Vraiment ?

Voici comment se répartit l’actionnariat des compagnies pétrolières américaines:

Pétrolière

La fondation Rockefeller appartient à la catégorie des « investisseurs institutionnels » qui regroupe un maigre 6,6% des actionnaires.  Dans cette catégorie on retrouve des banques, des hedge funds, des compagnies d’assurance et des fondations. Autrement dit, les fondations représentent une infime fraction des actionnaires et la fondation Rockefeller représente une infime fraction de cette infime fraction !  Un coup dur le retrait des Rockefeller ?  On parle plutôt d’une mouche qui s’écrase dans le pare-brise d’un camion…  Ils sont tellement bien informés nos médias gauchistes…

Les pétrolières sont détenues à hauteur de 31,2% par des fonds de pension répartis dans 60 millions de ménages.  Dans les fonds mutuels qui détiennent 20,6% des pétrolières, on retrouve 53,2 millions de ménages qui gagnent  en moyenne 80 000$, la classe moyenne.  Finalement, 17,7% des actions des pétrolières se retrouvent dans les REER de 48,6 millions de ménages qui gagnent en moyenne 70 000$.  Autrement dit, 69,5%  des actions des pétrolières sont la propriété de ménages de la classe moyenne qui les utilisent surtout pour financer leur retraite !  Sans pétrolières, la retraite de plusieurs personnes serait beaucoup moins confortable.

Notons au passage que les dirigeants des compagnies pétrolières, diabolisés par les médias, constituent seulement 2,8% de l’actionnariat. Bref, quand une compagnie pétrolière engrange des milliards de dollars, ce n’est pas la petite élite dirigeante qui en profite le plus, mais… une bonne partie de la société ! L’industrie pétrolière appartient au peuple !

Source:
SONECON
Who Owns America’s Oil and Natural Gas Companies


22 septembre 2014

Le champ de ruines péquistes… Économie En Chiffres Québec

Le 4 septembre 2012 a marqué l’élection d’un gouvernement péquiste. Celui-ci a officiellement pris les rênes du Québec lors du discours inaugural prononcé le 31 octobre de la même année. Le PQ sera au pouvoir pendant dix-huit mois avant d’être finalement battu le 7 avril 2014.

Durant ces dix-huit mois de pouvoir, le PQ a fait de l’économie du Québec un véritable champ de ruines. Vous en doutez ? Le 10 septembre dernier, l’Institut de la statistique du Québec a publié les chiffres sur la croissance du PIB en 2013, année qui s’est entièrement déroulée sous le règne de Pauline Marois. Pour prendre toute la mesure de la grande noirceur péquiste, il suffit de comparer la croissance du PIB en 2012 (année libérale) à celle de 2013 (année péquiste) dans les différentes régions du Québec:

Pcul

Dans toutes les régions du Québec sauf deux, on peut voir une baisse, souvent catastrophique de la croissance du PIB.  Seules l’Abitibi-Témiscamingue et la Gaspésie ont échappé au carnage et dans le cas de la Gaspésie on sait que cette croissance est principalement due aux subventions du gouvernement, notamment pour des éoliennes aussi coûteuses qu’inutiles.

Dans la région de Montréal, la croissance du PIB a été divisée par 4,0 et dans la région de Québec c’est une réduction de 3,8 fois. Mais c’est la région de Laval qui a payé le tribut le plus lourd avec une croissance du PIB par habitant qui a été amputé d’un facteur 8,7 !

Globalement, en 2012 (année libérale), la croissance du PIB a été de 2,4%.  En 2013 (année péquiste), elle n’a été que de 0,8%. En bref, l’arrivée du PQ au pouvoir a divisé la croissance du PIB par habitant par un facteur 3, tout simplement catastrophique. On se rappellera des dix-huit mois au pouvoir du PQ comme d’une grande noirceur économique…

Pour ceux que ça intéresse, voici le PIB par habitant dans les régions du Québec:

Pcul

La position de Montréal est étonnante. Dans les médias, on parle de la métropole comme d’un boulet économique alors que dans les faits, Montréal est une locomotive.

Source:
Institut de la statistiques du Québec
Produit intérieur brut régional par industrie au Québec, 2013


18 septembre 2014

Les faux riches Canada Économie En Chiffres Québec

Cette semaine, le gouvernement a laissé entendre qu’il pourrait moduler les tarifs des CPEs en fonction des revenus des parents. D’un côté, on peut se réjouir de voir le gouvernement enfin mettre de l’avant de manière un peu plus prononcée le principe utilisateur-payeur dans les services publics, d’un autre côté on peut condamner l’introduction d’une mesure qui aura pour conséquence de piger encore plus profondément dans les poches des contribuables. Le principe utilisateur-payeur c’est bien, mais seulement si on baisse préalablement les impôts.

Quoi qu’il en soit, on laisse entendre que le gouvernement considérerait qu’une famille est riche quand le revenu des deux conjoints se situerait quelque part entre 70 000$ et 100 000$.

La question se pose: est-on vraiment riche quand un ménage a un revenu supérieur à 70 000$ ou 100 000$ ? Pour répondre à cette question, analysons la fourche de revenus familiaux des couples de la classe moyenne dans les provinces canadiennes. La classe moyenne est un concept plutôt abstrait, mais selon moi celle-ci correspond à la tranche de la population dont le revenu appartient au troisième quintile. Un quintile divise la population en cinq tranches de vingt pour cent. Le premier et le deuxième quintile représentent la tranche la plus pauvre, le quatrième et le cinquième quintile représentent la tranche la plus riche. Il reste donc le troisième quintile qui se situe entre les deux. Donc, voici la tranche de revenus familiaux des couples de la classe moyenne:

Classe Moyenne Québec

Au Québec, les couples de la classe moyenne ont des revenus qui oscillent entre 58 800$ et 81 300$. N’en déplaise aux politicos, au Québec, quand un couple a des revenus de 70 000$, il n’est pas riche, il se situe directement au milieu de la classe moyenne.  À 100 000$, au Québec, on sort de la classe moyenne, mais à peine.

Autre élément qui frappe: la pauvreté des couples de la classe moyenne québécoise.  Si ici la fourche de revenu pour appartenir à ce groupe se situe entre 58 800$ et 81 300$, au Canada cet intervalle se trouve entre 65 600$ et 92 700$  i.e. les couples de la classe moyenne canadienne sont beaucoup plus riches que leur équivalent québécois.  Autrement dit, un couple de la classe moyenne qui fait 70 000$ sera considéré au centre de la classe moyenne québécoise, mais il sera dans la portion inférieure de la classe moyenne canadienne.

Encore plus frappant, un couple qui gagne 70 000$ en Saskatchewan et Alberta est considéré comme trop pauvre pour appartenir à la classe moyenne !  Dans ces deux provinces, il faut avoir un revenu familial minimum de 72 300$ et 82 300$ respectivement pour être considéré dans la classe moyenne. À 70 000$, les couples dans ces provinces appartiennent au deuxième quintile, des gens qui sont considérés comme pauvres.  Bref, la classe moyenne du Québec c’est l’équivalent des classes pauvres en Saskatchewan et en Alberta.

Globalement, ces chiffres sont une autre démonstration de l’échec spectaculaire du modèle québécois, un modèle dont le seul accomplissement aura été de créer des pauvres.  Un modèle qui devrait nous couvrir de honte…

Source:
Statistique Canada
Tableau 202-0405


17 septembre 2014

Maladie… Canada Économie En Chiffres Québec

À Québec, le gouvernement semble chercher désespérément des moyens pour équilibrer son budget et la tentation de piger dans les poches des contribuables semble grande…  Pourtant, comme je l’ai expliqué hier, il serait beaucoup plus simple de s’inspirer du gouvernement conservateur qui, en faisant un ménage dans ses dépenses, a été capable d’équilibrer le budget et pourra même réduire nos impôts dans son prochain budget.

Un exemple de ménage fait par les conservateurs ?  Désormais, chaque fonctionnaire aura droit à 5 jours de congé de maladie par année au lieu de 15. De plus, il sera impossible d’accumuler des congés non utilisés.

La province de Québec aurait intérêt à s’inspirer de cette mesure pour réaliser quelques économies étant donné la « popularité » des congés de maladie chez nos fonctionnaires:

Maladie Québec

Les fonctionnaires au Québec sont les champions des congés de maladie, près de 12 jours alors que la moyenne canadienne est de 10,2 jours.  C’est très loin de l’Île-du-Prince-Édouard et de ses 8,8 jours…  Devant de tels chiffres, deux conclusions possibles: soit nos fonctionnaires ont une santé plutôt fragile, soit il y a carrément de l’abus…

À titre indicatif, voici le nombre de jours de congé de maladie utilisés par les travailleurs québécois dans différents secteurs de l’économie:

Maladie Québec

Devant de pareils chiffres, on est porté à croire qu’il y a de l’abus…

Faire le ménage dans les congés de maladie des fonctionnaires pourrait être un excellent moyen d’aller chercher quelques millions sans piger dans les poches des contribuables.

Source:
Statistique Canada
Tableau 282-0029


15 septembre 2014

Les collecteurs d’impôts Canada Économie En Chiffres Québec

Le Québec est une province avec une criminalité très faible (l’indice de gravité de la criminalité est de 62,25 au Québec contre 68,72 au Canada), mais avec beaucoup de policiers (196,5 policiers par 100 000 habitants au Québec contre 197,0 au Canada).

Cette situation fait en sorte que le Québec est, en théorie, l’une des provinces où l’on retrouve le plus de policiers pour réprimer la criminalité:

Policier Québec

Au Québec, en moyenne, un policier est responsable de 23,84 affaires au Code criminel, cette moyenne est de 30,60 au Canada.  La seule province qui fait mieux que le Québec est l’Ontario où chaque policier est accaparé par 22,76 affaires criminelles.

Donc, avec l’une des charges de travail les plus légères au Canada, on devrait s’attendre à ce que le Québec soit un champion de la répression de la criminalité; parce qu’ils doivent se concentrer sur moins d’affaires au Code criminel, nos policiers devraient être d’une redoutable efficacité.  Malheureusement, ce n’est pas le cas.  Voici le taux de résolution des crimes dans les provinces canadiennes:

Policier Québec

Comme on peut le voir, le Québec est l’une des provinces où les policiers ont le moins « d’affaires classées », un taux de 36,37% contre 39,43% au Canada.  Fait intéressant, l’Ontario qui comme le Québec impose une charge plus légère de travail à ses policiers, a un des meilleurs taux au Canada: 42,48%.  On peut donc dire que l’Ontario en a plus pour son argent que le Québec quand vient le temps de réprimer la criminalité. Intéressant aussi de voir que les policiers de la Saskatchewan sont les plus occupés du pays (57,96 affaires criminelles par policier), mais ce sont aussi ceux qui ont le plus haut taux de résolution (49,82%). Tout un rapport qualité/prix.

Résumons: le Québec est l’une des provinces les moins criminalisées, avec le plus de policiers, nos policiers sont parmi ceux qui ont la charge de travail la plus faible et malgré cette faible charge de travail, ils sont parmi ceux qui attrapent le moins de criminels.

Je ne crois pas une seule seconde que les policiers québécois soient moins intelligents ou plus paresseux que leurs homologues canadiens. D’ailleurs, quand on décortique le taux de résolution des crimes, on constate que pour les crimes violents nous faisons mieux que la moyenne canadienne (62,81% -vs- 60,50%).  Le problème se situe au niveau de la résolution des crimes non violents (vols mineurs, méfaits, etc.), notre taux est de 26,15% contre 30,63% au Canada.

Mon hypothèse ?

J’ai l’impression qu’ici les gouvernements ont transformé une bonne partie de nos forces policières en percepteur d’impôts. Un policier qui fait de la patrouille routière, ce n’est pas la même chose qu’un enquêteur. L’application du Code criminel serait-elle devenue une mission secondaire pour nos policiers, les gouvernements leur demandant surtout de distribuer des contraventions histoire de renflouer les coffres de la province et des municipalités ? Le résultat de cette politique ferait en sorte qu’on se retrouve donc dans une province qui peut compter sur une imposante force policière, mais à qui on demande de distribuer des contraventions au lieu d’attraper des criminels ?

Pour donner un billet de vitesse, les politiciens pourraient faire en sorte que les policiers sont toujours disponibles. Mais pour attraper un cambrioleur, les mêmes politiciens pourraient être beaucoup plus réticents à investir du temps et des hommes. Un billet de vitesse c’est un revenu pour le gouvernement, attraper un cambrioleur c’est une dépense. Encore une fois, le gouvernement du Québec pourrait avoir failli à l’une de ces missions essentielles.

Sources:
Statistique Canada
Tableaux 254-0002 et 252-0052


11 septembre 2014

Nourrir la machine… Canada Coup de gueule Économie En Chiffres Québec

Au Québec, la quasi-totalité des employés du secteur public profite d’un régime de retraite à prestations déterminées.

Un régime de retraite à prestations déterminées dans le secteur public, surtout dans le contexte économique actuel, c’est un peu une pyramide de Ponzi i.e. pour que les gens au sommet de la pyramide (les retraités) soient payés, on doit faire constamment entrer de nouvelles personnes à la base de la pyramide (des travailleurs qui payent des taxes et des impôts).  Autrement dit, pour que les retraités du secteur public puissent avoir une retraite chromée, de plus en plus de contribuables doivent passer à la caisse pour maintenir à flot ces fonds de pension.

Ce constat m’a amené à me poser la question suivante: dans quelles provinces les régimes de retraite à prestations déterminées du secteur public sont le plus sous pression à cause du manque de travailleurs à la base de la pyramide pour nourrir les retraités au sommet de la pyramide.  Voici la réponse:

Retraite Québec

Au Québec, chaque adhérent à un régime de retraite à prestations déterminées du secteur public est supporté par 4,537 travailleurs/contribuables.  À titre indicatif, au Canada cette proportion est de 5,557 et en Alberta, la meilleure province, c’est 7,647 travailleurs/contribuables qui supportent une personne inscrite à un régime de retraite à prestations déterminées du secteur public.

Le Québec n’est pas la pire province, mais nous sommes néanmoins en queue de peloton avec un ratio qui se retrouve sous la moyenne canadienne. Il faut aussi considérer que le Québec est l’une des provinces avec les travailleurs les plus pauvres i.e. contrairement aux provinces avec un pire ratio, nos travailleurs peuvent difficilement en faire plus pour supporter les fonds de pension du secteur public.

N’oubliez pas de signer une pétition en appui au projet de loi 3. Rappelez-vous que tout compromis signifie que le gouvernement devra piger dans vos poches pour payer à des gens quelque chose que vous ne pouvez pas payer pour vous-mêmes.

N.B. Ce graphique assume que dans les autres provinces, le secteur public est aussi entièrement couvert par un régime de retraite à prestations déterminées.  Donc il est possible que la position du Québec soit surévaluée.

Sources:
Statistique Canada
Tableaux 280-0008 et 282-0002


10 septembre 2014

Le racisme des démocrates Économie En Chiffres États-Unis Hétu Watch

Quelques chiffres qui bousculent certaines idées reçues sur le salaire du personnel politique qui sont à l’emploi des deux grands partis aux États-Unis:

Racisme Démocrate

Au premier coup d’oeil, on peut constater que le parti républicain paye beaucoup mieux son personnel que le parti démocrate et ce peu importe l’ethnicité. Par exemple, chez les républicains, un Afro-Américain a un salaire 64% plus élevé que chez les démocrates.

Mais les gens plus attentifs auront aussi constatés un autre élément capital: chez les républicains, il y a moins d’iniquités salariales que chez les démocrates:

Racisme Démocrate

La plus grande équité salariale est retrouvée du côté républicain, les Afro-Américains et les Hispaniques ont un salaire presque équivalent aux personnels blancs: 0,88$ et 0,89$ respectivement pour chaque 1$ gagné par un blanc. Du côté démocrate, un Afro-Américain gagne 0,70$ pour chaque dollar gagné par un blanc et un Hispanique doit se contenter de 0,68$.

Bref, même si personne n’en parle, les républicains payent mieux que les démocrates et sont plus équitables avec leurs employés.  Si la situation était inversée, les médias auraient vite fait d’accuser les républicains d’être avares et racistes…

Source:
New Organizing Institute
What We Learned Trying to Find Out Who the Campaigners Were in America


8 septembre 2014

Abus financiers Canada Économie En Chiffres

Un régime de retraite à prestations déterminées, c’est un peu la Cadillac des régimes de retraite. Ce type de régime est conçu de sorte à fournir un revenu de retraite, peu importe les variations dans la situation économique, le rendement des placements et les taux d’intérêt. Il va sans dire que ce type de régime est très coûteux. C’est aussi ce type de régime qui est au coeur du problème dans le secteur municipal, ces régimes chromés sont devenus trop dispendieux pour les contribuables.

Voici comment a évolué la popularité des régimes de retraite à prestations déterminées dans les secteurs publics et privés au Canada depuis 1974 (début des statistiques):

Retraite Déterminée

En 1974, 53,9% des gens profitant d’un régime de retraite à prestations déterminées appartenait au secteur privé, contre 46,1% pour le secteur public. En 2011, renversement complet de la situation: seulement 32,3% vient du secteur privé et 67,7% vient du secteur public.

Mais ce qui est le plus aberrant dans ces chiffres, c’est la dramatique tendance observable depuis le début des années 2000.  À ce moment, le secteur privé a décidé de délaisser ce type de régime devenu beaucoup trop coûteux.  Pendant ce temps, le secteur public a privilégié de manière massive ce système; rien de trop beau quand ce sont les contribuables qui paient…  Depuis 2000, le nombre d’adhérents à un régime à prestations déterminés a augmenté de 30,6% dans le secteur public alors qu’il a reculé de 34,0% dans le secteur privé, et ce, même si le nombre de travailleurs dans le secteur privé augmentait.

La modification des fonds de pension municipaux par le projet de loi 3 prévoit un réaménagement des régimes de retraite à prestations déterminées. Pourtant, ce n’est pas un réaménagement qui devrait être prôné, mais carrément la fin de ce type de régime de retraite dans le secteur public.  Tout comme le secteur privé, on devrait remplacer les régimes à prestations déterminées par des régimes à cotisations déterminées qui sont beaucoup moins dispendieux.

Voilà pourquoi le projet de loi 3 du gouvernement doit être considéré comme un minimum à atteindre, ce projet de loi est en soi déjà un compromis.  Pour éviter que le gouvernement cède encore plus de terrain face aux lobbys syndicaux, je vous invite à signer une pétition en appui au projet de loi 3. Rappelez-vous que tout compromis supplémentaire signifie qu’on devra aller chercher plus d’argent dans vos poches pour payer à des gens quelque chose que vous ne pouvez pas payer pour vous-mêmes.

Source:
Statistique Canada
Tableaux 280-0012


4 septembre 2014

Le feu et la glace… En Chiffres Environnement États-Unis

Cet été, puisqu’il n’y a pas eu de canicules pour nous rappeler l’existence d’un possible réchauffement climatique, notre bon gouvernement a décidé de nous faire peur en nous parlant de vagues de chaleur meurtrières… Après tout, si on veut que les Québécois restent dociles quand le gouvernement les vole avec des éoliennes et des taxes sur l’essence, il est impératif de les maintenir dans la peur d’un possible réchauffement…

Savoir que la chaleur peut tuer c’est intéressant, mais il est encore plus intéressant de savoir lequel du chaud ou du froid est le plus dangereux.

Cet été, le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) a aussi publié une étude sur la mortalité associée au climat/météo aux États-Unis.  De 2006 à 2010, le CDC a recensé toutes les mortalités climatiques pour en déterminer les causes: vague de chaleur, vague de froid, inondation, ouragan, foudre, etc.  Voici les résultats de leur analyse:

Réchauffement Climatique

Le froid est une menace à la santé publique bien plus grande que la chaleur.  Au Québec, un possible réchauffement climatique pourrait sauver de nombreuses vies, mais ne compter pas sur les lobbys écologistes pour en parler d’un avantage associé à un possible réchauffement.

Source:
Centers for Disease Control and Prevention
Deaths Attributed to Heat, Cold, and Other Weather Events in the United States, 2006–2010


3 septembre 2014

Gagnant à vie Coup de gueule Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Un argument souvent entendu depuis le dépôt du projet de loi 3 sur la réforme des fonds de pension des employés municipaux veut que les régimes de retraite de ces travailleurs soient raisonnables dans le contexte ou les syndicats ont consenti d’importants sacrifices au niveau de leur salaire pour pouvoir obtenir des retraites dorées.

Vraiment ?

Alors, voici ce que disent les chiffres. Voici le salaire horaire (excluant les avantages sociaux) pour les quelques employés du secteur privé (entreprises de plus de 200 employés) et des administrations municipales (n.b. les entreprises de plus de 200 employés qui ne représentent que 0,8% des entreprises au Québec).

Retraite Syndicat
Administration municipale – 25 000 habitants et plus

Globalement, le salaire d’un employé dans le secteur privé (plus de deux cents employés) est de 48 180$ contre 53 516$ dans les municipalités. Pour aucune catégorie de travailleurs, on ne peut voir un sacrifice salarial par rapport au secteur privé qui justifierait un fonds de pension doré. Dans les faits, même en excluant les régimes de retraite, les employés municipaux font déjà un bien meilleur salaire que leur équivalent au privé.

D’ailleurs, voici l’équivalent de la rémunération horaire qui correspond à la somme mise dans le fonds de pension par l’employeur:

Retraite Syndicat
Administration municipale – 25 000 habitants et plus

Globalement, un employeur dans le secteur privé met 3 546$ chaque année dans le fonds de pension de ses employés.  Au municipal, cette somme est de… 12 255$ !!!  Voilà ce qui arrive quand un syndicat négocie avec un employeur qui n’a aucun rapport de force (pas de lockout ni de loi spéciale dans le secteur municipal) et qui peut prendre le public en otage avec une grève…

Les syndicats d’employés municipaux rejettent le projet de loi 3 en invoquant le droit à la libre négociation.  Le problème c’est que la libre négociation n’a jamais existé dans le monde municipal,  le système en place a fait en sorte de donner un pouvoir déraisonnable aux syndicats qui ont ensuite utilisé ce pouvoir pour exiger des conditions de travail tout aussi déraisonnables.

Travailler dans une municipalité, c’est comme gagner à la loterie !  Le projet de loi 3 ne fera qu’établir un équilibre qui n’a jamais existé entre les syndicats et l’employeur (nous !).

Source:
Institut de la statistiques du Québec
Rémunération des salariés – État et évolution comparés


2 septembre 2014

La fin du monde ! Coup de gueule Économie En Chiffres Environnement Gauchistan International

Vous l’ignorez peut-être, mais depuis deux semaines, il n’y a plus d’air, plus d’eau, plus de poissons, plus d’oiseaux ou de vaches, plus rien. Vous ne vous êtes aperçus de rien ? C’est probablement parce que vous vivez dans le déni néolibéral.

Le 19 août dernier, la terre a épuisé son crédit annuel de ressources naturelles, ce n’est pas moi qui le dis, c’est un billet de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques. Selon une série de savants calculs, à cause de l’infâme néolibéralisme, les humains auraient besoin de 1,5 Terre pour survivre. Entre-temps, on vit à crédit (quoique j’ignore le nom de la banque qui prête l’air, l’eau, les poissons, les oiseaux ou les vaches que nous n’avons plus…)

Mais qu’arriverait-il si au lieu de consommer les ressources de 1,5 planète pour nourrir la bête néolibérale, on décidait de vivre plus humblement (de préférence dans un régime communiste) ?  Voici la réponse:

Écologie
Sources: Global Footprint Network, Banque Mondiale

Une vie insoutenable pour avoir un développement durable… J’imagine mal comment on peut considérer ce projet comme un idéal à atteindre.

La plus grande ressource naturelle disponible sur Terre, c’est la créativité humaine et cette ressource est… inépuisable. Voilà pourquoi depuis le 19 août, nous n’avons jamais manqué de rien et voilà pourquoi le concept d’empreinte écologique est risible.

M’enfin, si jamais un jour un gouvernement décide de nous imposer un « développement durable », voici de quoi les gens discuteront:

Économie


27 août 2014

Les pompiers et la pyramide Économie En Chiffres États-Unis Québec

Quelques chiffres intéressants, et surprenants, sur le nombre de pompiers temps plein et le nombre d’incendies aux États-Unis depuis 25 ans:

Syndicat Pompiers

Nul besoin d’être un prix Nobel pour voir que depuis 1987, même si le nombre d’incendies a chuté drastiquement (-41,0%), le nombre de pompiers n’a cessé de croître (+42,2%)…

J’ai voulu faire le même exercice pour le Québec, mais impossible de trouver des chiffres sur une période aussi longue. Par contre, on sait qu’en 2013 il y avait 2 430 pompiers qui ont combattu 1 272 incendies. En 2008, il y avait 2 300 pompiers pour combattre 1 459 incendies. Pour résumer, depuis 5 ans le nombre de pompiers a augmenté de 5,6% même si le nombre d’incendies a été réduit de 12,8%.

La question qui brûle les lèvres: pourquoi embaucher toujours plus de pompiers si le nombre d’incendies diminue constamment ?  Tentative de réponse…

Aux États-Unis comme au Québec, les pompiers ont des régimes de retraite chromés.  Et si ces régimes de retraite étaient devenus des pyramides de ponzi à cause de leur trop grande générosité ?  Dans un système de ponzi, pour que les gens au sommet de la pyramide soient payés, on doit faire constamment entrer de nouvelles personnes à la base de la pyramide i.e. c’est les nouveaux arrivants qui payent les gens au sommet.

Se peut-il que les pompiers retraités soient au sommet de la pyramide et que pour s’assurer de garder la caisse de retraite à flot, on doive constamment embaucher de nouveaux pompiers pour engraisser cette caisse de retraite ?  Autrement dit, les contribuables payent-ils pour l’embauche injustifiée* de pompier simplement pour payer les pompiers qui sont à la retraite ?  La question se pose, car il se pourrait qu’on fasse déjà payer les contribuables en catimini pour sauver certains régimes de retraite.

*on occupe maintenant les pompiers à jouer le rôle de premier répondant au lieu d’éteindre des feux.

Sources:
National Fire Protection Association
Reports and Statistics

Service de sécurité incendie de Montréal.
Rapport des activités


25 août 2014

La franchise d’Yves Bolduc Canada Coup de gueule Économie En Chiffres Québec

Au Québec, depuis 2010*, un ménage a dépensé en moyenne 347$ en livres contre 4 218$ en alcool et tabac. Autrement dit, quand un ménage québécois dépense 1$ pour un livre, il dépense 12,16$ en alcool et tabac, une mesure que l’on pourrait appeler « l’indice Bougon »…  Il va de soi qu’on cherche à avoir l’indice le plus bas possible.

J’ai donc décidé de comparer les provinces en utilisant ce très scientifique « indice Bougon », voici le résultat:

Bougon Québec

On me répondra que cette situation est imputable au monopole de la SAQ, qui vend ses produits beaucoup trop chers. C’est en partie vrai, mais les gens restent libres d’aller ou non à la SAQ, ils ont le choix de moins consommer s’ils jugent que le produit est trop cher.  Au final, le bilan est clair, le Québec est la province avec le pire bilan i.e. celle qui préfère le plus l’alcool et le tabac aux livres.  Résultat: le Québec est l’une des provinces où les gens lisent le moins au Canada.

Pourquoi je vous parle de tout ceci ?  À cause d’Yves Bolduc qui a déclaré vendredi dernier que les commissions scolaires pouvaient couper dans les budgets des bibliothèques puisqu’il y avait déjà assez de livres dans les écoles.  Il n’en fallait pas plus pour enflammer l’opinion publique qui a manifesté son indignation sur toutes les tribunes disponibles.  Que voulez-vous, au Québec, à défaut de lire, on aime ça faire semblant qu’on aime les livres…

Mais le plus désespérant dans cette histoire c’est que tout le monde est passé à côté du vrai débat.  Le budget pour l’achat de livres dans les écoles du Québec est de 15 millions de dollars (8,3 millions du ministère et 6,7 millions des commissions scolaires) et personne ne s’est demandé si on en avait pour notre argent. On vit à l’époque du numérique, mais au Québec on parle encore de l’achat de livres papier et de bibliothèques scolaires…  Personne n’a parlé de réaliser des économies (et d’acheter encore plus de livres) en passant au format numérique.  Personne n’a parlé non plus de se joindre au programme scolaire d’Amazon pour créer des bibliothèques scolaires virtuelles à faible coût.

En fait, si personne n’en a parlé, c’est probablement parce que ce genre de partenariat est actuellement illégal au Québec.  Au Québec, la loi interdit formellement aux écoles de négocier des rabais lors de l’achat de livres, interdit d’avoir des économies de volumes !  Mais le ridicule va encore plus loin: une école peut uniquement acheter ses livres d’un libraire avec un permis du gouvernement et qui se trouve dans la région desservie par l’école !  Pour en savoir plus sur ce système complètement fou, je vous invite à aller lire l’excellent texte de Vincent Geloso.

Pour réaliser des économies, et acheter plus de livres, une école en Gaspésie ne peut pas négocier des rabais sur l’achat de livres avec le Costco de Montréal (par exemple).  Avec un pareil système communiste, ce n’est pas demain la veille qu’on risque d’annoncer un partenariat avec Amazon pour la création de bibliothèques électroniques.

Au Québec, la loi fait en sorte que les écoles n’achètent pas des livres pour enrichir les enfants, mais plutôt pour enrichir certains libraires.  Au Québec,  les libraires passent avant les élèves; la priorité des politiciens n’est pas de faire en sorte que les élèves puissent avoir accès au plus grand nombre de livres possible, mais plutôt de garantir un revenu à certains libraires.

Quand Yves Bolduc a déclaré qu’il y avait déjà suffisamment de livres dans les écoles, les gens se sont scandalisés.  Pourtant, Yves Bolduc a dit tout haut ce que les 125 députés de l’Assemblée nationale pensent tout bas, puisque la loi actuellement en place a pour effet d’entraver l’achat de livres par les écoles.  Pour soutenir l’existence de cette loi, il faut obligatoirement penser qu’il y a déjà suffisamment de livres dans les écoles.  Yves Bolduc a simplement été victime de sa franchise.

P.-S. La mise en place de cette loi ridicule, un héritage du PQ, a été pilotée par Denis Vaugeois. Avant et après sa carrière politique, Denis Vaugeois a travaillé dans le monde de l’édition.

*Statistique Canada compile ces chiffres depuis 2010.

Source:
Statistique Canada
Tableau 203-0021


20 août 2014

L’abus syndical Coup de gueule Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Un régime de retraite à prestations déterminées, c’est un peu la Cadillac des régimes de retraite. Ce type de régime est conçu de sorte à fournir un revenu de retraite, peu importe les variations dans la situation économique, le rendement des placements et les taux d’intérêt. Il va sans dire que ce type de régime est très coûteux.

Voici qui a un régime de retraite à prestations déterminées au Québec (n.b. dans la catégorie « secteur privé », on ne tient compte que des entreprises de plus de 200 employés qui ne représentent que 0,8% des entreprises au Québec).

Syndicat Québec
Administration municipale – 25 000 habitants et plus

Le secteur public s’en sort beaucoup mieux que le secteur privé. De plus, garder en tête que le secteur privé ne tient compte que des entreprises de plus de 200 employés, ce qui exclut 99,2% des entreprises québécoises. Il va sans dire que plus une entreprise est petite, plus les régimes de retraite à prestations déterminées sont rares.

Voici maintenant la pièce de résistance: la cotisation des employeurs dans les régimes à prestations déterminées, porter attention aux administrations municipales (et encore une fois, le secteur privé n’est représenté que par les entreprises de plus de 200 employés):

Syndicat Québec
Administration municipale – 25 000 habitants et plus

Dans les administrations municipales, l’employeur (nous) verse en moyenne 11 574$ dans le fonds de pension de chaque employé tous les ans !  Dans le secteur privé, cette somme n’est que de 5 776$.  De plus, même si personne n’en parle en ce moment, un ménage semble aussi s’imposer dans les entreprises publiques (Hydro-Québec, Loto-Québec, SAQ…).  La cotisation annuelle par employé de 14 466$ est tout simplement inconcevable !

On pourrait ramener tout le monde au niveau des fonctionnaires québécois, à 4 117$.  Ceux-ci ont accepté le principe des contributions 50-50 au début des années 80. À ceux qui penseraient que la cotisation reçue par les  fonctionnaires québécois est plutôt maigre, je vous réfère au premier graphique: ils sont couverts à 100% contre seulement à 48,4% pour le secteur privé (avec plus de 200 employés).

Source:
Institut de la statistiques du Québec
Les régimes complémentaires de retraite : portrait des entreprises québécoises de 200 employés et plus