Challenges

« Uberisation » de l’économie: le Sénat contre-attaque
Nature

Il n’y a pas que les taxis, les hôteliers et les loueurs de voitures à avoir peur de la concurrence des particuliers. L’essor des plateformes collaboratives, sur le modèle de l’ex-UberPOP et ses chauffeurs non professionnels, inquiète également l’Etat, qui craint de voir ses recettes fiscales s’éroder. Blablacar, Airbnb, VizEat, Ornikar… De plus en plus de secteurs sont bousculés par des sites internet permettant aux particuliers de s’échanger des biens ou des services. Un bouleversement pour les professionnels concernés, mais aussi pour l’administration, quelque peu démunie face à ces changements.

« On parle de révolution numérique, mais il faudrait aussi parler de révolution fiscale », estime Bernard Lalande, parlementaire PS et membre de la commission des Finances du Sénat. Car si en théorie, les revenus réalisés par des particuliers sur Internet sont soumis aux prélèvements sociaux et à l’impôt sur le revenu, rares sont dans la pratique ceux qui sont déclarés… et donc imposés.

« C’est très facile avec ces sites de se faire des compléments de revenus qui échappent à l’impôt », souligne Vincent Drezet, secrétaire général de Solidaires Finances Publiques. « Comme l’économie collaborative est appelée à se développer, mécaniquement, les pertes pour l’Etat vont s’accroître », ajoute-t-il. Pour Michel Taly, avocat fiscaliste et ancien directeur de la législation fiscale à Bercy, « internet permet de revenir à une économie de troc sur une grande échelle ». « Si cela conduit à faire sortir des pans entiers de l’activité de l’économie traditionnelle, on peut se faire du souci », estime-t-il.

Au-delà des secteurs d’activité « uberisés », c’est l’essor dans son ensemble de l’économie numérique qui donne des sueurs froides au Trésor public.

La technophobie de la gauche s’explique, c’est une question d’argent, les gouvernements ont faim et pas question de donner aux citoyens la liberté de commercer sans être injustement taxés…

« L’uberisation de l’économie », attendez-vous à voir cette expression apparaître prochainement au Québec…