Big BrotherLa firme de sondage YouGov s’est livrée à un exercice extrêmement intéressant aux États-Unis…

Dans un premier temps, on a demandé aux Américains s’ils étaient d’accord avec l’idée de Barack Obama de mettre en place un régime de santé universel. Sans surprise, 82% des démocrates ont dit être pour contre seulement 16% du côté républicain.

Dans un 2e temps, le sondeur a posé exactement la même question, mais en substituant le nom de Barack Obama par celui de Donald Trump.  Quand l’instauration d’un système de santé universel devient une idée républicaine, seulement 46% des démocrates sont pour (-36) et cette proportion grimpe à 44% chez les républicains (+28%).

Le même exercice a été répété avec plusieurs questions touchant de nombreux enjeux (entente avec l’Iran, sécurité sociale, discrimination positive) et à chaque fois on arrive à la conclusion que ce qui compte pour les Américains, ce n’est pas de savoir si une idée est de droite ou de gauche, c’est de savoir à quel parti l’idée appartient…  Autrement dit, la politique aux États-Unis n’est plus une affaire d’idées, mais de partisanerie crasse.

Cette bêtise fait en sorte que Donald Trump est désormais le candidat favori des républicains, et ce, même si son programme économique a reçu l’imprimatur de Paul Krugman, le chroniqueur gauchiste du New York Time qui trouve Obama trop à droite…

N’allez pas croire qu’au Québec nous sommes plus intelligents…  Les péquistes qui ont déchiré leur chemise à propos du rapport Godbout auraient probablement applaudi si l’idée était venue de PKP, les conservateurs qui ont salué la ligne dure d’Harper avec les réfugiés syriens auraient été émus aux larmes si le premier ministre avait plutôt décidé de parrainer une famille et des gens de droite se seraient sans doute prosternés devant un maire qui aurait proposé de dépenser des millions de dollars pour leur sport favori…

Les gens n’ont plus de boussole idéologique, ils sont prêts à applaudir n’importe quelle idée du moment qu’elle a été dite par une personne portant le chandail de leur équipe.  On dit souvent que les gens sont cyniques avec leur politicien…  Si j’étais un politicien, je serais plutôt cynique envers mes électeurs…