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24 août 2015

L’héritage de Stephen Harper Canada Election 2015 Philosophie

Sunset

Le 11 juillet, quelques semaines avant le déclenchement des élections fédérales, j’ai prédit la défaite de Stephen Harper…  Pour être plus clair, j’ai prédit que le parti conservateur se dirigeait vers l’abattoir… Selon moi, le NPD va gagner la prochaine élection, il sera majoritaire, et le parti libéral devrait recueillir plus de votes que le parti conservateur.  Bref, les conservateurs se dirigent vers l’abattoir. Et vous savez quoi?  C’est normal…

J’aimerais bien que Stephen Harper obtienne un autre mandat majoritaire, mais il faut être réaliste: dans une démocratie, un gouvernement ne peut pas s’accrocher au pouvoir pendant mille ans, même dans les dictatures ça n’arrive pas.  La défaite des conservateurs devait arriver un jour où l’autre, nous avons atteint ce point, il ne faut pas chercher plus loin.  Ce n’est pas une question de politiques publiques ou un complot des médias, c’est tout simplement l’alternance du pouvoir…  Vouloir lutter contre ça c’est comme se mettre dans le milieu du fleuve en espérant empêcher les marées.

Bref, moi je suis rendu à parler de l’héritage de Stephen Harper…  Pour moi, l’héritage que laisse un parti politique ne se mesure pas au nombre de lois et de réformes qu’ils laissent derrière lui.  Les lois et les réformes sont des châteaux de papier qui peuvent être balayés par la brise qui porte l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement.  Le véritable héritage d’un politicien se trouve dans le réalignement idéologique qu’il imposera à ses adversaires.

Par exemple, Ronald Reagan a laissé un héritage profond aux États-Unis, car il a obligé le parti démocrate à migrer vers la droite pour se faire élire. Ainsi, quand Bill Clinton est devenu président, il a fait la promotion du libre-échange, réformé l’aide sociale, déréglementé quelques secteurs de l’économie et équilibré le budget.  Bref, après Reagan, le parti démocrate était plus à droite qu’avant.  C’est l’héritage politique le plus significatif du 40e président des États-Unis.

En ce sens, je pense que Stephen Harper laissera un bel héritage politique. Il va sans dire que le NPD est beaucoup plus à gauche que le parti conservateur, mais le parti a été forcé de migrer vers la droite. Mulcair parle aujourd’hui de l’importance d’exploiter les ressources naturelles, d’équilibrer le budget, de la loi & l’ordre et de fardeau fiscal.  En bref, ce qui serait catastrophique pour le Canada ce n’est pas que le NPD gagne la prochaine élection, mais que Mulcair laisse un héritage politique comparable à celui d’Harper.

P.-S. Je suis Montréalais (d’adoption) et de droite. Donc, quand les conservateurs parlent de construire le pont Champlain en PPP et d’y mettre un péage, j’applaudis. Par contre, je me demande parfois si le futur péage sur le pont Champlain ne servira pas à payer toutes les osties de bébelles du petit maire à l’autre bout de la 20… Parce que lui, on ne lui demande jamais de payer pour ses niaiseries, c’est toujours gratis… Bref, ça ne me dérange pas d’avoir un péage sur Champlain, du moment que je n’ai pas l’impression de me faire avoir parce que d’autres ne payent rien.


24 août 2015

L’indépendance financière Économie En Chiffres Québec

Dans le passé, j’ai écrit quelques billets traitant de de la dépendance des gens envers les chèques du gouvernement (ici & ici).  Je reviens sur le sujet, car récemment j’ai trouvé des données brutes et ventilées traitant de cette question.  Les résultats sont intéressants et surprennent quelque peu…

Étatisme Québec

Sur 17 régions, seulement 6 sont en bas de la moyenne québécoise (5 767$/h) soit la Capitale-Nationale, les Laurentides, la Montérégie, Montréal, Laval et l’Outaouais. Loin en première position on retrouve, vous l’aurez deviné, la Gaspésie…

La position de Montréal a de quoi surprendre, on aurait pu s’attendre à la voir dans le groupe des pires alors qu’elle fait partie du groupe des meilleurs, surpassant même la région de Québec.  Autre élément intéressant, la ville de Montréal est celle qui reçoit le moins de prestation de chômage par habitant au Québec (255$/h).  Encore une fois, c’est mieux que la région de Québec (332$/h) qui est pourtant la région avec le plus faible taux de chômage au Canada.  Une différence qui s’explique par le fait que tous les chômeurs ne sont pas éligibles au programme d’assurance emploi.

Mais de manière plus globale, ces chiffres nous rappellent que le dogme absurde de « l’occupation du territoire » a un prix. Au Québec, on occupe le territoire sans penser à le rentabiliser, ce qui, au fil des ans, a transformé les régions ressources en régions subventionnées… Ce n’est pas l’exploitation de quelques Bed & Breakfast ouverts quatre mois par année qui permettent aux régions d’être viables économiquement, mais uniquement l’exploitation massive des ressources naturelles. Sans l’exploitation massive de ces ressources, on condamne ces régions à devenir des boulets économiques que l’on doit faire vivre artificiellement à grands coups de transferts gouvernementaux.

Il est aussi bon de se rappeler que chaque dollar de transferts gouvernementaux représente un lien de dépendance économique.  Ce n’est pas le Québec qui devrait devenir indépendant du Canada, mais les citoyens québécois qui devraient devenir indépendants de tous les paliers de gouvernement.  La nuance est importante, mais vous ne trouverez jamais un péquiste pour la comprendre, car si le péquiste veut l’indépendance du Canada, il veut aussi la dépendance économique des citoyens envers les gouvernements.

Source:
Institut de la statistiques du Québec
Revenu disponible et ses composantes par habitant, régions administratives et ensemble du Québec, 2009-2013


24 août 2015

La pente glissante Coup de gueule États-Unis Philosophie Revue de presse

The Washington Post

Europe’s sinister expansion of euthanasia
The Washington Post

If you were a psychiatrist and a chronically depressed patient told you he wanted to die, what would you do? In Belgium, you might prescribe this vulnerable, desperate person a fatal dose of sodium thiopental.

Between October 2007 and December 2011, 100 people went to a clinic in Belgium’s Dutch-speaking region with depression, or schizophrenia, or, in several cases, Asperger’s syndrome, seeking euthanasia. The doctors, satisfied that 48 of the patients were in earnest, and that their conditions were “untreatable” and “unbearable,” offered them lethal injection; 35 went through with it.

These facts come not from a police report but an article by one of the clinic’s psychiatrists, Lieve Thienpont, in the British journal BMJ Open. All was perfectly legal under Belgium’s 2002 euthanasia statute, which applies not only to terminal physical illness, still the vast majority of cases, but also to an apparently growing minority of psychological ones. Official figures show nine cases of euthanasia due to “neuropsychiatric” disorders in the two-year period 2004-2005; in 2012-2013, the number had risen to 120, or 4 percent of the total.

Next door in the Netherlands, which decriminalized euthanasia in 2002, right-to-die activists opened a clinic in March 2012 to “help” people turned down for lethal injections by their regular physicians. In the next 12?months, the clinic approved euthanasia for six psychiatric patients, plus 11 people whose only recorded complaint was being “tired of living,” according to a report in the Aug. 10 issue of JAMA Internal Medicine.

In 2013, euthanasia accounted for one of every 28 deaths in the Netherlands, three times the rate of 2002. In the Dutch-speaking part of Belgium, one of every 22 deaths was due to euthanasia in 2013, a 142 percent increase since 2007. Belgium has legalized euthanasia for children under 12, though only for terminal physical illness; no child has yet been put to death.

Au Québec, vous pouvez déjà parier qu’on verra ce genre de dérive un jour ou l’autre… Le désir du gouvernement de diminuer les coûts du système de santé, combiné à une population docile qui trouvera normal qu’au nom du bien commun on tue au lieu de soigner, rend cette réalité inévitable.