Double Standards

Au parti libéral, un scandale c’est quand on dépense frauduleusement des millions de dollars provenant des contribuables pour des commandites:

La Presse
332 millions engloutis dans les commandites entre 1994 et 200
Nouvelles générales, mercredi 25 mai 2005, p. A1

Ces découvertes comptables proviennent du travail titanesque effectué depuis avril 2004 par la firme de juricomptables Kroll Lindquist Avey, qui a déposé hier son rapport de 300 pages devant la commission Gomery. On a ainsi appris que le gouvernement fédéral avait en fait englouti 332 millions en commandites entre 1994 et 2003, bien plus que les 250 millions retracés par la vérificatrice générale Sheila Fraser. La différence s’explique par la période de temps plus large étudiée par les juricomptables, qui sont remontés jusqu’en 1994, alors que Mme Fraser faisait commencer son enquête en 1997. […]

Des 332 millions versés en commandites, plus de 44 %, soit 147 millions, ont été donnés aux agences de communications en commissions (22,6 millions) et en frais de production (124,8 millions). Groupe Everest a reçu la plus grande part des commandites, avec 67,6 millions, suivi de Lafleur Marketing (65,5 millions) et Groupaction (60,8 millions).

Au Bloc québécois, un scandale c’est quand on utilise d’une de manière inappropriée l’argent des contribuable pour payer du personnels politique:

La Presse
Utilisation « inappropriée », mais aucune sanction
Politique, mercredi 28 novembre 2012, p. A5

Le comité chargé d’adopter et d’appliquer les règlements de la Chambre des communes estime que Gilles Duceppe a fait une utilisation « inappropriée » des fonds parlementaires mis à sa disposition. Mais l’ancien chef du Bloc québécois ne fera l’objet d’aucune sanction disciplinaire, puisque le règlement « n’était pas formulé clairement ».

C’est la décision rendue hier par le Bureau de régie interne (BRI) de la Chambre, près de 10 mois après les révélations de La Presse selon lesquelles M. Duceppe avait payé pendant plusieurs années le salaire annuel de 100 000$ du directeur général de son parti à même le budget accordé par les Communes pour le fonctionnement de son cabinet à Ottawa.

Au NPD, un scandale c’est quand on dépense illégalement des millions de dollars provenant des contribuables pour des bureaux satellites:

La Presse
Le NPD sommé de rembourser 2,75 millions
Politique, jeudi 5 février 2015, p. A10

C’est que les 68 députés du NPD visés disposent de 90 jours pour rembourser à la Chambre des communes les salaires versés à des employés qui travaillaient dans ces bureaux satellites de Montréal à même le budget de fonctionnement de leur bureau parlementaire. […]

Le BRI [Bureau de régie interne] a conclu que les employés de ces bureaux effectuaient des tâches de nature partisane, ce qui est interdit pour des salariés de la Chambre.

Au parti conservateur, un scandale c’est quand un chef de cabinet fait un chèque personnel de 90 000$ pour rembourser les contribuables:

La Presse
Le chef de cabinet d’Harper a remboursé le sénateur Duffy
Politique, jeudi 16 mai 2013, p. A18

Le chef de cabinet du premier ministre Stephen Harper, Nigel Wright, a signé un chèque personnel de 90 000$ afin de rembourser les allocations de logement empochées indûment par le sénateur conservateur Mike Duffy.

Le réseau CTV a rapporté mardi soir que M. Wright, un ancien dirigeant de la haute finance de Bay Street, est intervenu afin d’aider le sénateur conservateur, nommé à la Chambre haute par Stephen Harper en 2008, à rembourser les contribuables. Le bureau du premier ministre a confirmé à La Presse que l’intervention de M. Wright a consisté à faire un chèque personnel

Maintenant vous savez quelle est la définition d’un scandale en fonction du parti politique.

Moi des histoires de scandales comme ceux du parti conservateur, j’en prendrais toutes les semaines…