PKP

Voici ce que déclarait l’ineffable PKP le 16 juillet 2015:

« Nous devons réfléchir comme collectivité afin de baliser les fermetures d’usines afin qu’elles ne puissent pas s’effectuer sans condition préalable, au préjudice des travailleurs, des citoyens et de la nation. Il existe de nombreuses législations dans les pays européens qui pourraient nous servir de canevas pour cette réflexion. »

Avoir l’Europe comme modèle économique…  ça va tellement bien l’économie en Europe…  M’enfin, voici ce qu’on pouvait lire le 19 mars 2009:

« Quebecor World n’a pas pris des gants blancs après avoir décidé de fermer son usine de Magog, pourtant la plus ancienne du groupe. Presque un an après l’annonce de cette fermeture, survenue le 1er avril 2008, plusieurs se souviennent avec amertume du geste posé par l’entreprise. ‘Je considère toujours que l’entreprise a procédé de manière sauvage, affirme le maire de Magog et président du Centre local de développement de la MRC de Memphrémagog, Marc Poulin. On a perdu le joyau de M. Péladeau père. On a payé comme milieu pour une décision d’affaires.' »

On dirait que les bottines ont oublié de suivre les babines…

Une autre déclaration de l’amusant PKP, toujours le 16 juillet 2015:

« Québec doit se doter d’une véritable politique industrielle et d’investissement pour éviter de nouvelles délocalisations, plaide Pierre Karl Péladeau, dénonçant du même souffle la stratégie du ‘laisser-faire’ du gouvernement libéral. […] ‘Ça prend des prises de participation pour s’assurer d’avoir une influence sur les éventuelles délocalisations. »

Le 27 juillet 2015, PKP renchérissait en déclarant:

« Souhaitons-nous véritablement nous mettre en concurrence avec des entreprises qui opèrent dans des pays qui n’ont pas la même législation progressiste que le Québec s’est donnée depuis plusieurs décennies en ce qui concerne la santé et la sécurité au travail, le salaire minimum, la qualité de la prestation, la viabilité du recours pour l’exercice de la garantie du prestataire et tant d’autres critères dont également l’empreinte écologique de la fabrication du produit ? Nous devons réfléchir sur notre rôle comme citoyen du monde et comme nation, plutôt que de nous précipiter vers le moins cher et le plus idiot. »

Le 17 juillet 2015, on apprenait ceci à propos de Quebecor, la compagnie de PKP:

« Le président des cols blancs de la Ville de Québec, Jean Gagnon, en a remis jeudi contre Québecor qu’il accuse d’avoir vendu l’amphithéâtre à des intérêts étrangers et de ‘cracher sur le Québec’. La décision de Québecor de tout sous-traiter à l’extérieur en disant que ça nous prend une expertise, que ça nous prend les meilleurs, ça c’est de cracher sur le Québec.’ […] Le syndicaliste reproche au gestionnaire de l’amphithéâtre d’avoir ‘tout donné à contrat à des firmes étrangères’ dans le Centre Vidéotron, qui a pourtant été payé entièrement par des fonds publics. »

Encore une fois, les bottines ont oublié de suivre les babines…

Finalement, l’impayable PKP a aussi déclaré cette semaine qu’il aimerait bien avoir une loi qui oblige les entreprises à partager ses profits avec ses employés…  Si PKP veut rendre obligatoire le partage des profits, j’imagine qu’il considère aussi que les pertes devraient être partagées, c’est une question d’équité.  C’est intéressant puisqu’une telle mesure aurait signifié que les employés de Bombardier n’auraient pas été payés cette année…  Mais surtout, si le partage des profits avec les employés est une si bonne idée, pourquoi Quebecor ne le fait pas déjà ?

Bref, quand on compile toutes ces contradictions on arrive à la conclusion suivante: PKP, le type dont les idées sont assez bonnes pour le Québec…  mais pas assez bonnes pour sa compagnie…