Gilles DuceppeEn 2007, le gouvernement de Stephen Harper avait annoncé qu’il ne ferait plus automatiquement de demandes de clémence pour les ressortissants condamnés à mort à l’étranger, si le pays touché respecte les valeurs démocratiques. C’est le cas par exemple des États-Unis.

Or, en 2008, un Montréalais a été condamné à mort (par décapitation) en Arabie Saoudite pour une affaire de meurtre. Puisque le Canada ne reconnaît pas que l’Arabie Saoudite respecte les valeurs démocratiques, le gouvernement Harper a fait des démarches pour demander la clémence du gouvernement saoudien.  Logique vous me direz…  Mais pas pour tout le monde, voici comment avait réagi l’ineffable Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois:

« Imaginez l’Arabie Saoudite! Aux États-Unis, ça va, mais pas chez nous, notre justice est moins bonne que la leur? Bien ça aura des conséquences au niveau des relations commerciales. »

Vous avez bien lu, le bon Gilles Duceppe avait peur que l’on fasse de la peine à l’Arabie Saoudite en leur envoyant le messager que leur justice était moins bonne que celle des États-Unis.  Encore pire, il avait peur que notre critique de la justice saoudienne ait des conséquences sur les relations commerciales !

Incroyable, absolument incroyable…  Imaginez aujourd’hui qu’Harper dise qu’il ne faut pas critiquer l’Arabie Saoudite dans le cas de Raif Badawi pour ne pas nuire à nos relations commerciales, ce serait la folie dans nos médias !

Mais aujourd’hui, le même Gilles Duceppe a changé son fusil d’épaule et il a décidé de voler au secours de Raif Badawi en critiquant l’Arabie Saoudite, puisque cela lui permettait de critiquer Harper.  Bref, au Bloc, ce qui compte ce n’est pas de savoir si la justice saoudienne est bonne ou pas, c’est de savoir quelle position permettra de critiquer Harper !

P.-S. Le Montréalais condamné à mort en 2008 a été libéré dans la plus grande discrétion en 2013.

Source:
Verbatim – SRC Radio; Bulletin National et International (Mardi 4 mars 2008 – 18:00 HAE)