Parti Québecor

Depuis que son patron a fait le saut en politique, elles ont été rares les semaines où J.-Jacques Samson, chroniqueur pour le Journal de Montréal/Québec, n’a pas défendu son patron Pierre Karl Péladeau (quelques exemples ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici & ici).

Ce qui est amusant avec J.-Jacques Samson c’est qu’avant de faire le saut avec Québecor, il était chroniqueur au Soleil !  Voici ce que pensait J.-Jacques Samson de PKP quand il écrivait pour le compétiteur…

Tout d’abord, J.-Jacques Samson ne voyait aucun problème avec l’achat de Vidéotron par Rogers, situé à Toronto.  Pour J.-Jacques Samson le temps du nationalisme économique était révolu (il a pourtant écrit le contraire dans les heures qui ont suivi l’élection de PKP comme chef du PQ):

Le Soleil (29 mars 2000):

Posons-nous alors la même question: Vidéotron, avant tout un transporteur et un fournisseur de services, fait-elle partie de notre patrimoine à protéger et sa propriété a-t-elle une influence sur notre avenir culturel? La réponse est évidemment non. Les Québécois n’ont en plus aucune attache particulière pour cette compagnie dont les pratiques commerciales et les relations avec les abonnés ont souvent été pour le moins discutables. La propriété des moyens de communication fait par ailleurs l’objet d’une vague de concentration qui se rit des frontières et même des continents. Des géants se battent pour des parts de marché, actuelles ou dans le secteur en devenir du commerce par Internet. Pour l’abonné québécois, que sa facture lui provienne de Toronto ou de Montréal a bien peu d’importance réelle.

Autre texte qui montre le danger d’avoir un politicien propriétaire de médias:

Le Soleil (21 février 2003):

La participation du premier ministre [Bernard Landry] cette semaine à une émission de Star Académie, à TVA, au château du fondateur de l’empire Péladeau où se déroule ce reality show sans originalité, copié sur une émission de la télévision française, est un nouveau sommet dans la bouffonnerie politique au Québec. Mario Dumont avait déjà accepté de faire la promotion de la télésérie navet Bunker, le cirque, Jean Charest fait celle d’Infoman, et les trois chefs multiplient les présences à toutes les émissions de papotage qui bouchent la grille horaire des réseaux. Bernard Landry est allé plus loin mercredi ; le chef du gouvernement s’est fait comédien pour servir les intérêts de l’animatrice Julie Snyder. Et cette dernière est en plus l’amie de Pierre KarlPéladeau, un puissant financier et président d’un empire de presse dont l’une des composantes, Vidéotron, a même été acquise grâce au support de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Ce n’est pas banal. Le premier ministre n’aurait certainement pas prêté son prestige pour un caméo quelconque ; qu’il l’ait fait pour une proche de M. Péladeau ne peut être attribué à un concours de circonstances. Il faudrait être bien naïf.

J.-Jacques Samson à propos de la « convergence », un texte qui laisse croire que PKP a déjà utilisé TVA pour venir en aide au PQ à l’aube d’une campagne électorale:

Le Soleil (13 mars 2003):

Cette convergence d’intérêts à court terme entre Pierre Karl Péladeau, Bernard Landry et Henri Massé menait à un règlement avant la campagne électorale [fin du conflit de travail chez Vidéotron]. Lucien Bouchard en aura été le « facilitateur » de la dernière heure, un art dans lequel il est un expert. Cette même convergence d’intérêts valait bien aussi, en petit extra, un passage de Bernard Landry à Star Académie, le show de télévision de Mme Julie Snyder, l’amie de M. Péladeau, pour lubrifier en quelque sorte le deal en voie d’être conclu.

À ire ces textes, on pourrait presque dire que J.-Jacques Samson est le père de l’expression « Parti Québecor »…