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Venezuela: Maduro s’en remet à Dieu pour résoudre la crise économique
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«Le pétrole ne remontera jamais à 100 dollars, mais Dieu pourvoira» aux destinées du Venezuela : c’est par ces mots que le président socialiste Nicolas Maduro a tenu mercredi soir à rassurer ses concitoyens confrontés à une grave crise économique.

Invocation des mannes célestes, mais aussi modification de la politique de changes, éventuelle augmentation du prix de l’essence…: les mesures annoncées par M. Maduro pour lutter contre la crise que traverse ce pays pétrolier ont été jugées largement insuffisantes par des analystes économiques.

Et provoqué l’inquiétude de la population victime d’un taux d’inflation record (64% par an), de pénuries grandissantes de produits alimentaires, médicaux ou industriels, et d’un déficit budgétaire de 20% du PIB, essentiellement provoqué par la chute vertigineuse des cours du pétrole – qui représente 96% des revenus en devises de l’Etat.

Certains supermarchés d’Etat, expropriés à des groupes privés ces dernières années et dans lesquels sont vendus des produits subventionnés, ont commencé à limiter l’accès de la clientèle à certains jours de la semaine en fonction du numéro de la carte d’identité.

Les belles âmes gauchistes au Québec se sont réjouies plus tôt cette semaine de l’élection des intégristes de gauche en Grèce y voyant là un vent de fraîcheur.

Ces belles âmes oublient de nous dire qu’il y a quelques années, c’est le Venezuela qui était l’objet de leur admiration.

M’enfin, l’expérience vénézuélienne ayant mal tourné, aujourd’hui la bonne gauche fait comme si Chavez n’avait jamais existé. Qu’importe, parions que dans quelques années, si les fondamentalistes de gauche gardent le pouvoir en Grèce, les politiciens seront eux aussi obligés de s’en remettre à dieu pour boucler leur budget.