Leviers ÉconomiquesDepuis deux ans, les Américains doivent composer avec un des Congrès les moins productifs depuis plusieurs années. En effet, la division et l’esprit hyperpartisan qui prévaut à Washington font en sorte que le gouvernement ne fait presque rien, car les politiciens ne s’entendent sur presque rien.  Pas de nouvelles lois, pas de stimulus, pas de grandes réformes, pas de plan de relance, on se limite essentiellement à l’intendance. Dans le 112e et 113e Congrès, seulement 208 et 212 lois ont été votées par les sénateurs et les congressistes, normalement ce nombre oscille entre 300 et 400.  Le 113e Congrès a été le moins productif depuis la Deuxième Guerre mondiale.

On serait porté à croire que d’avoir des politiciens aussi peu productifs aurait affecté négativement l’économie; c’est du moins l’opinion des étatistes qui s’imaginent que le gouvernement doit avoir le nez fourré partout pour que les trains arrivent à l’heure.

Pourtant il n’en est rien. Depuis 2013, le PIB réel a crû aux États-Unis en moyenne de 2,9% par trimestre (contre 0,4% au Québec), pour le deuxième et troisième trimestre de 2014, la croissance a été de 4,6% et 5,0% respectivement (contre 0,3% et 0,4% au Québec). Bref, la paralysie gouvernementale a été salutaire pour les Américains (au Québec, on a multiplié les plans de relances et les subventions) ! Le marché a pu évoluer librement sans qu’un politicien lui mette des bâtons dans les roues en voulant subventionner une industrie aux dépens d’une autre dans l’espoir de pouvoir acheter des votes en vue de la prochaine élection.

Voilà qui rappelle de sages paroles de Thomas Jefferson, un des pères fondateurs aux États-Unis: le gouvernement qui gouverne le moins est le gouvernement qui gouverne le mieux ! Espérons que les politiciens québécois s’en rappelleront la prochaine fois qu’ils demanderont un nouveau plan de relance de l’économie.