Au Québec, les défenseurs du modèle aiment bien se donner un air de supériorité, notamment avec l’Alberta. Par exemple, on aime bien dire que le Québec, contrairement à l’Alberta, a fait le choix de l’énergie propre avec son hydro-électricité…

Voici maintenant ce qu’il faut savoir et ce que les défenseurs du modèle ne disent jamais.

Pour le moment, l’exploitation des sables bitumineux en Alberta a nécessité le déboisement de moins de 1 000 km2 de forêt.  Pour exploiter la totalité des sables bitumineux en Alberta, on estime qu’il faudrait couper 4 800 km2 de forêt. À titre indicatif, à lui seul, le projet hydro-électrique de la Baie Jame a entraîné la destruction de 9 715 km2 de forêt !

Pour ceux qui pensent que les barrages restent quand même un moindre mal puisqu’une fois construits, contrairement aux sites d’exploitation des sables bitumineux, ils sont « propres », il faut savoir que la décomposition de la matière végétale dans les réservoirs entraîne une importante contamination au mercure de la faune locale.  Encore aujourd’hui, on recommande de ne pas consommer des poissons de la Baie James plus d’une fois par semaine.

De plus, il est impossible de restaurer les zones affectées par les barrages, une fois le lac artificiel créé, il sera là tant et aussi longtemps que le barrage existera.  Pour les sables bitumineux, c’est tout le contraire. Une fois le pétrole extrait, il est possible de replanter une forêt, vidéo à voir absolument:

Et que penser des gaz à effet de serre ?

Selon les calculs d’Andrew Weaver, un climatologue spécialisé dans la modélisation du climat qui collabore avec le GIEC, si demain matin on extrayait et consommait les 170 milliards de barils de pétrole commercialement disponibles dans les réserves de sable bitumineux de l’Alberta, la température augmentait de 0,03°C. À titre indicatif, selon cette étude, l’utilisation de la totalité des réserves de charbon pourrait faire augmenter la température de 14,8°C. Andrew Weaver conclu donc que l’exploitation des sables bitumineux aura un impact négligeable sur réchauffement climatique.

Cet air de supériorité que se donnent les défenseurs du modèle par rapport à l’Alberta sert surtout à cacher le bilan économique médiocre du Québec. Les péquistes, et la gauche en général, haïssent le pétrole, car ce liquide symbolise la réussite de l’Alberta là où le Québec a lamentablement échoué. L’Alberta a confié le développement de son secteur énergétique (pétrole) au secteur privé tout en misant sur un petit gouvernement. Le Québec a nationalisé son secteur énergétique (électricité) tout en misant sur un gros gouvernement. Le Québec est devenu une terre de pauvreté et l’Alberta une terre d’abondance… Pour les péquistes, le pétrole albertain transitant par le Québec, c’est l’équivalent de frotter du gros sel dans la plaie ouverte qu’est devenue le modèle québécois…