Pont Maurice RichardLa semaine dernière, nous avons sans doute assisté au plus gros dérapage médiatique de l’année au Québec…

De voir tous nos bons médias jouer à qui serait le plus indigné par la transformation du pont Champlain en pont Maurice-Richard avait quelque chose de franchement pathétique.  Les conservateurs avaient annoncé le changement de nom en 2011, mais il a fallu attendre trois ans avant que les journalistes s’indignent…

D’ailleurs, la source de cette indignation est purement partisane.  En 2005 quand Charles Binamé avait lancé son film sur la vie de Maurice Richard, les médias étaient unanimes pour dire que Richard était une figure historique du nationalisme au Québec, le précurseur de la Révolution tranquille et celui qui a montré que les Canadiens français pouvaient tenir tête aux anglophones.

Mais, parce que les conservateurs ont voulu rendre hommage à Maurice Richard,  les médias ont voulu convaincre les Québécois que Maurice Richard était un simple joueur de hockey qui ne valait pas mieux qu’une vedette de télé-réalité.  C’est tout juste si on ne l’a pas accusé d’être propriétaire de sables bitumineux en Alberta…

Et pendant que nos bons médias s’efforçaient de réécrire l’Histoire uniquement dans le but de faire mal paraître les conservateurs, la dette du Québec a augmenté de 25 millions de dollars par jour.

Mais le plus ridicule dans cette histoire c’est qu’une recherche sur le site de la Commission de toponymie du Québec montre que le nom « Champlain » a été retiré à de nombreuses reprises de nos cartes:

  • Montérégie: la « MRC Champlain » devient  » MRC Longueuil » (2002)
  • Trois-Rivières: la « rue Champlain » devient « rue Jean-Jacques-Légaré » (2004)
  • Vaudreuil-Soulanges: le « chemin Champlain » devient « rue des Boisés-de-Rigaud » (1995)
  • Gatineau: la « rue Champlain » devient « rue Riopelle » (2003)
  • Gatineau: la « rue Champlain » devient « rue de la Baie » (2003)
  • Québec: la « rue Champlain » devient « rue des Roselins » (2006)
  • Québec: la « rue Champlain » devient « rue du Commodore » (2006)
  • Rimouski: la « rue Champlain » devient « rue La Vérendrye » (1984)
  • Saint-Hyacinthe: la « rue Champlain » devient « rue Champêtre » (2003)
  • Saint-Eugène-de-Guigues: la « rue Champlain » devient « rue Côté » (1999)
  • Saint-Stanislas: la « rue Champlain » devient « rue Joseph-Meloche » (1996)
  • Salaberry-de-Valleyfield: la « rue Champlain » devient « rue Rosella » (2005)
  • Chambly: la « rue de Champlain » devient « rue Patrick-Farrar » (2001)
  • Mauricie: le village « Saint-Louis-de-Champlain » devient « Saint-Louis-de-France » (2002)

À 14 reprises au Québec on a effacé le nom de Champlain, pourtant, aucun de ces changements de nom n’a fait scandale pour la simple et bonne raison que ceux-ci n’ont pas été faits par les conservateurs…  Au Québec, détester les conservateurs est devenu maladif dans la colonie journalistique.

P.-S. Au Québec, presque autant de lieux portent le nom de « Champlain » que « Kennedy »: 176 contre 112