L’escapade de Philippe Couillard en Chine la semaine dernière a débuté bizarrement quand un employé de Quebecor a voulu faire croire aux Québécois que le premier ministre s’était ridiculisé parce qu’il a voulu faire la promotion du porc québécois en Chine. Pourtant, le Canada exporte déjà pour 2,1 milliards de dollars de porc dans ce pays, ce qui fait du Canada le troisième plus gros pays exportateur de porc en chine.

M’enfin, ce qui a surtout retenu mon attention, c’est la question des droits humains, notamment l’incohérence de nos bons médias.

En 2009, lors du premier voyage de Stephen Harper en Chine, voici ce qu’on pouvait lire au Québec:

Les Affaires
L’idéologie n’a pas sa place en diplomatie

Stephen Harper a ignoré la Chine et a même refusé l’invitation d’assister à l’ouverture des Jeux olympiques de Beijing en 2008, contrairement aux chefs de gouvernement de nombreux pays, dont George W. Bush. Stephen Harper a préféré faire des accolades au Dalaï Lama et a profité de différentes occasions pour faire la leçon aux dirigeants chinois sur la question du respect des droits de l’homme. […]

Mais peu importe les raisons qui l’ont amené à bouder la Chine, Stephen Harper se trompe s’il pense que la stratégie commerciale du Canada doit reposer prioritairement sur les échanges avec les États-Unis, notre principal partenaire commercial. Alors que le 20e siècle a été celui des États-Unis, le 21e siècle sera celui de l’Asie, et plus particulièrement de la Chine, dont le produit intérieur brut dépassera celui du Japon en 2010, ce qui en fera la deuxième puissance mondiale.

Bref, on reprochait à Harper de trop en faire pour les droits humains; l’idéologie ne devait pas devenir plus importante que les relations d’affaires entre les deux pays.

Maintenant, voici comment nos médias ont traité la visite de Philippe Couillard en Chine:

La Presse
Droits humains: Couillard ne donnera pas de leçons aux Chinois

Soucieux de ne pas froisser ses hôtes, Philippe Couillard n’a pas l’intention de faire la leçon aux dirigeants chinois sur le problème épineux des droits de la personne, puisqu’il veut surtout parler affaires avec eux.

Au cours du premier point de presse de sa mission chinoise, dimanche, à Shanghai, le premier ministre a indiqué qu’il allait mettre des gants blancs au cours de ses entretiens avec les leaders communistes, dans ce pays où les droits civils comme les libertés d’opinion, de la presse et de la conscience sont bafouées.

Cette question délicate revient hanter chaque premier ministre québécois ou canadien dès qu’il met le pied en Chine et révèle toujours un malaise sur la conciliation difficile des relations économiques et du principe du respect des droits fondamentaux.

Quand Harper parle des droits humains en Chine, on l’accuse d’être trop idéologue. Quand Couillard ne parle pas des droits humains en Chine, on l’accuse d’être trop affairiste. On peut expliquer cette contradiction de la manière suivante: Stephen Harper et Philippe Couillard sont détestés des médias, par conséquent, peu importe leur position vis-à-vis la Chine, les médias vont aborder la question sous un angle négatif.

Mais le chicage de guenille de nos bons médias ne s’est pas arrêté là. De retour au Québec, Philippe Couillard a fait un arrêt à Reykjavik, en Islande, pour faire la promotion du plan nord. Lors de son allocution, le premier ministre a créé une véritable commotion au sein du parti Quebecor puisqu’il s’est adressé aux gens d’affaires réunis uniquement en… anglais ! Parler en anglais en Islande, quel scandale !

Si Couillard avait fait son discours en islandais, il n’y aurait aucune controverse; cette histoire c’est strictement une affaire d’anglophobie et rien d’autre. C’est une autre manifestation du p’tit Québec ethnocentrique. Faites le test, demandez à un Québécois le contraire de « français ». Il ne répondra pas « russes », « allemand », « chinois » ou tout simplement qu’il n’y a pas de bonne réponse; il répondra presque toujours « anglais ».

M’enfin, pour les chiqueux de guenille, voici comment devrait parler un premier ministre québécois à l’étranger: