Éléphant BlancVendredi dernier, Statistique Canada a publié les chiffres sur l’emploi au Canada, y compris pour les villes.  Dans la région de Québec, le taux de chômage* s’élève à 5,7%.  Un taux fort respectable quand on sait que le taux provincial est de 7,8%.  Mais quand on fouille un peu, on réalise que tout n’est pas rose dans la Capitale-Nationale.

Depuis le début de l’année, le taux de chômage a augmenté de 33% dans la région de Québec. À l’échelle provinciale, cette augmentation n’a été que de 4% alors qu’à Montréal on observe un accroissement de 6%.  Clairement, la tendance est plus négative que dans l’ensemble du Québec.

En fait, le taux de chômage à Labeaumegrad est à son plus haut depuis un peu plus de 3 ans.  En janvier dernier, la région de Québec pouvait se vanter d’être celle avec le plus faible taux de chômage au Canada (4,3% à égalité avec Saskatoon). Selon le dernier relevé de Statistique Canada, la Vieille-Capitale a glissé de la 1ère à la 7e position (le taux de chômage à Saskatoon est tombé à 4,2%).  Encore une fois, on peut voir une tendance clairement négative.

De plus, garder en tête que la situation de l’emploi dans la région de Québec est probablement surévaluée à cause de la présence de la fonction publique.  En ce moment, on sait que le secteur public embauche beaucoup de gens et on sait aussi que 46% des fonctionnaires travaillent dans la région de Québec alors que son poids démographique n’est que de 9%.

Comment peut-on expliquer cette dégradation du marché de l’emploi dans la région de Québec ?  Une étude publiée en 2006 dans l’ouvrage The Business of Sports permet peut-être de répondre à cette question. Je cite un extrait révélateur:

EconBiz
Mega-Events: The effect of the world’s biggest sporting events on local, regional, and national economies

Public expenditures on sports infrastructure and event operations necessarily entail reductions in other government services, an expansion of government borrowing, or an increase in taxation, all of which produce a drag on the local economy. At best public expenditures on sports-related construction or operation have zero net impact on the economy as the employment benefits of the project are matched by employment losses associated with higher taxes or spending cuts elsewhere in the system.

Le nouvel amphithéâtre de Québec, construit pour Quebecor, est-il en train de devenir un boulet économique ?

*moyenne mobile 3 mois 

Source:
Statistique Canada
Tableau 282-0116