Antagoniste


15 septembre 2014

L’argent du public Coup de gueule Économie Gaspillage Québec

Argent publicHier, le PQ a annoncé qu’Alexandre Cloutier se rendra en Écosse en « mission officielle » pour observer la tenue du référendum sur l’indépendance qui aura lieu cette semaine (autrement dit, il va avoir des vacances payées en Écosse).

La première fois que le PQ avait évoqué cette « mission officielle », à la fin du mois d’août, on nous avait dit que les contribuables n’avaient rien à craindre puisque c’était le PQ qui allait payer ce voyage avec l’argent du parti…

Rien à craindre, vraiment ?

Depuis 2013, les dons du public aux partis politiques sont limités à 100$. Pour compenser, la baisse des dons, il est désormais prévu que les partis politiques soient généreusement subventionnés avec des fonds publics.

Donc, quand le PQ dit que c’est l’argent du parti qui va servir à payer le voyage d’Alexandre Cloutier, il omet de préciser qu’une part non négligeable de l’argent dans les coffres du PQ vient du portefeuille des contribuables ! Autrement dit, c’est l’argent des contribuables québécois qui va servir à payer une partie de la « mission officielle » du PQ en Écosse. Que le PQ décide de jouer à avoir un pays, c’est une chose, mais qu’il utilise des fonds publics pour le faire, c’est autre chose…

Les partis politiques au Québec désiraient s’affranchir des dons des électeurs pour plutôt être subventionnés par le gouvernement. Fort bien, mais la contrepartie à ce changement devrait faire en sorte que désormais on limite l’argent que les partis peuvent dépenser pour des activités partisanes. Quand on dépense l’argent des contribuables, on n’est plus libre de ses choix et aller faire la fête en Écosse devrait faire partie des choses qui désormais ne sont plus permises.

De plus, si le système de subvention aux partis politiques mis en place est assez généreux pour permettre aux partis politiques de payer des vacances outre-Atlantique à des députés, c’est peut-être un signe qu’on devrait diminuer le montant de cette subvention, car manifestement, les partis ont trop d’argent en leur possession.


15 septembre 2014

Les collecteurs d’impôts Canada Économie En Chiffres Québec

Le Québec est une province avec une criminalité très faible (l’indice de gravité de la criminalité est de 62,25 au Québec contre 68,72 au Canada), mais avec beaucoup de policiers (196,5 policiers par 100 000 habitants au Québec contre 197,0 au Canada).

Cette situation fait en sorte que le Québec est, en théorie, l’une des provinces où l’on retrouve le plus de policiers pour réprimer la criminalité:

Policier Québec

Au Québec, en moyenne, un policier est responsable de 23,84 affaires au Code criminel, cette moyenne est de 30,60 au Canada.  La seule province qui fait mieux que le Québec est l’Ontario où chaque policier est accaparé par 22,76 affaires criminelles.

Donc, avec l’une des charges de travail les plus légères au Canada, on devrait s’attendre à ce que le Québec soit un champion de la répression de la criminalité; parce qu’ils doivent se concentrer sur moins d’affaires au Code criminel, nos policiers devraient être d’une redoutable efficacité.  Malheureusement, ce n’est pas le cas.  Voici le taux de résolution des crimes dans les provinces canadiennes:

Policier Québec

Comme on peut le voir, le Québec est l’une des provinces où les policiers ont le moins « d’affaires classées », un taux de 36,37% contre 39,43% au Canada.  Fait intéressant, l’Ontario qui comme le Québec impose une charge plus légère de travail à ses policiers, a un des meilleurs taux au Canada: 42,48%.  On peut donc dire que l’Ontario en a plus pour son argent que le Québec quand vient le temps de réprimer la criminalité. Intéressant aussi de voir que les policiers de la Saskatchewan sont les plus occupés du pays (57,96 affaires criminelles par policier), mais ce sont aussi ceux qui ont le plus haut taux de résolution (49,82%). Tout un rapport qualité/prix.

Résumons: le Québec est l’une des provinces les moins criminalisées, avec le plus de policiers, nos policiers sont parmi ceux qui ont la charge de travail la plus faible et malgré cette faible charge de travail, ils sont parmi ceux qui attrapent le moins de criminels.

Je ne crois pas une seule seconde que les policiers québécois soient moins intelligents ou plus paresseux que leurs homologues canadiens. D’ailleurs, quand on décortique le taux de résolution des crimes, on constate que pour les crimes violents nous faisons mieux que la moyenne canadienne (62,81% -vs- 60,50%).  Le problème se situe au niveau de la résolution des crimes non violents (vols mineurs, méfaits, etc.), notre taux est de 26,15% contre 30,63% au Canada.

Mon hypothèse ?

J’ai l’impression qu’ici les gouvernements ont transformé une bonne partie de nos forces policières en percepteur d’impôts. Un policier qui fait de la patrouille routière, ce n’est pas la même chose qu’un enquêteur. L’application du Code criminel serait-elle devenue une mission secondaire pour nos policiers, les gouvernements leur demandant surtout de distribuer des contraventions histoire de renflouer les coffres de la province et des municipalités ? Le résultat de cette politique ferait en sorte qu’on se retrouve donc dans une province qui peut compter sur une imposante force policière, mais à qui on demande de distribuer des contraventions au lieu d’attraper des criminels ?

Pour donner un billet de vitesse, les politiciens pourraient faire en sorte que les policiers sont toujours disponibles. Mais pour attraper un cambrioleur, les mêmes politiciens pourraient être beaucoup plus réticents à investir du temps et des hommes. Un billet de vitesse c’est un revenu pour le gouvernement, attraper un cambrioleur c’est une dépense. Encore une fois, le gouvernement du Québec pourrait avoir failli à l’une de ces missions essentielles.

Sources:
Statistique Canada
Tableaux 254-0002 et 252-0052


15 septembre 2014

Les inégalités, un faux problème Économie International Revue de presse

The Daily Telegraph

Inequality isn’t a problem: it’s a driver of progress
The Daily Telegraph

Try this thought experiment. Suppose each of us lived on our own desert island, like Robinson Crusoe, with identical resources and skills – so we’re all perfectly equal – and get our food in the form of fish from the teeming oceans (there is no scarcity of fish). Then suppose one of us works out a way to fish better, so inequality increases. Is everyone else somehow worse off? Clearly the answer is that everyone else is not worse off unless the better fisherman makes fish scarcer for them. The one person’s riches do not come at others’ expense.

Obviously this is a rather abstract thought experiment, but it points at something simple and important: almost all inequality in developed economies does not arise by the wealth of almost anyone else declining. (That does happen in less socially and politically developed societies, in which wealth arises from political control of resources or access to corruption.) In modern developed economies inequality arises when someone – a Gates or Zuckerberg or Cowell or Ronaldo or Rowling or just an ordinary businessman or professional – finds some way (some skill or invention or investment) that adds considerable value, and that value is not then shared equally.

Un rappel qu’il vaut mieux vivre dans une société riche, mais inégalitaire que dans une société pauvre, mais égalitaire.