Péquiste au travail

Le 3 août 1999, Le Devoir nous apprend aussi que le Fonds de solidarité a aidé des entreprises appartenant à Tony Accurso à acheter… Simard-Beaudry ! De cette transaction le porte-parole de la FTQ dira:

« Le geste d’hier donne une bonne idée de la position du Fonds. Ce que l’on veut faire avec le regroupement entre Hyprescon, Louisbourg [appartenant déjà à Accurso] et Simard-Beaudry, c’est créer la troisième entreprise d’ingénierie civile en importance au Québec. »

Autrement dit, l’empire Accurso existe grâce à l’intervention du Fonds de solidarité (qui lui-même existe en bonne partie grâce aux gouvernements).  Donc, en 1999, Tony Accurso est devenu un incontournable dans la construction au Québec.  On connaît la suite, 15 ans plus tard il devra témoigner devant la Commission Charbonneau.

Voici ce qu’on pouvait lire dans La Presse le 1er août 2014:

« Le gouvernement du Québec doit intervenir pour assurer la survie du Groupe Hexagone issu de l’empire de Tony Accurso et, surtout, pour qu’il ne soit pas démantelé au profit d’entreprises étrangères, estime Pierre Karl Péladeau. Joint jeudi par La Presse, le député du Parti québécois, porte-parole en matière d’économie, d’entrepreneuriat, de PME et d’exportations, a plaidé en faveur d’un redressement public de ce «fleuron de l’économie québécoise». »

Autrement dit, PKP se comporte exactement comme un bon socialiste plus ferré en sciences humaines qu’en mathématique.  Plus une industrie fonctionne dans un marché limité et fermé, plus il est facile pour elle de s’adonner à la corruption et à la collusion, le seul antidote valable c’est la compétition, notamment celle de firmes étrangères.  En plaidant pour que les industries de la construction et de l’ingénierie au Québec puissent continuer à opérer en vase clos, PKP contribue à perpétuer un problème qui gangrène l’économie du Québec depuis plusieurs années. C’est l’histoire qui se répète…

Mais que voulez-vous, au Québec on aime mieux se faire fourrer par les nôtres plutôt que de payer le juste prix à un étranger… Vous l’aurez deviné, la Commission Charbonneau ne servira à rien, car cette xénophobie économique est profondément ancrée chez les Québécois.

À lire aussi, le texte d’Adrien Pouliot: La « fleuronnite » aiguë.