Depuis le début du mois de juillet, deux histoires ont monopolisé l’attention des médias: la prime du docteur Bolduc et les voyages de Jean-François Lisée.

La prime reçue par Yves Bolduc s’élève à 215 000$ et les voyages de Jean-François Lisée ont totalisé 214 894$. Au moment d’écrire ce billet, depuis le début du mois, la dette du Québec a augmenté de 500 000 000$ (25 000 000$ par jour):

Niaisage Médiatique

Bolduc et Lisée, des petits points d’une totale insignifiance dans une mer d’encre rouge…  Mais la dette, tout le monde s’en fiche, ça ne fait pas de bonnes « clips » pour les médias, alors on s’attarde sur les points insignifiants…

Certains diront que cette mer d’encre rouge est constituée d’une myriade de petits points insignifiants.  Ce n’est pas faux, mais c’est passer à côté du problème que personnaliser le débat autour de Lisée et Bolduc (par exemple). Pendant qu’on focus sur le petit point vert de Bolduc et le petit point bleu de Lisée, des dizaines de milliers de petits points rigolent parce que personne ne leur porte la moindre attention. Focusser sur un seul point, c’est l’arbre qui cache la forêt.

Le problème ce n’est pas la prime de Bolduc ou les voyages de Lisée.  Ces deux personnages sont insignifiants dans le grand ordre des choses.  Le problème c’est notre système de santé rendu si inefficace qu’il faut donner des primes aux médecins qu’ils soignent les gens.  Le problème c’est l’existence du Ministère des Relations internationales, une structure bureaucratique inutile et coûteuse qui existe seulement pour que le Québec puisse faire semblant d’être un pays.

Mais pour nos médias, il est tellement plus facile de personnaliser le débat au lieu de débattre des vrais enjeux. Au lieu de parler du privé en santé ou d’abolir un ministère inutile, on invite Éric Caire au téléphone pour remplir dix minutes de radio avec un chamaillage puéril qui ne mène nulle part. Bref, même si la CAQ a remplacé le PQ, le travail de l’opposition ça reste du gros niaisage (et quand le PLQ retournera à l’opposition, ce sera aussi du gros niaisage) parce que les médias aiment ça le niaisage (d’où leur passion pour la commission Charbonneau).

Le Québec est défocussé, on se scandalise pour des peccadilles au lieu de voir la situation dans son ensemble. Au Québec, gaspiller 1 million de dollars est un crime abominable.  Mais gaspiller 100 millions de dollars pour nourrir un modèle dépassé, c’est une statistique.