Selon nos bons médias, Peter MacKay, le ministre fédéral de la Justice, serait « tata », « imbécile », « sexiste primaire », « archaïque », « simpliste », « pitoyable » et j’en passe…

Son crime ?

Avoir déclaré qu’il est plus difficile pour les femmes d’accéder à la magistrature puisque celles-ci, contrairement aux hommes, sont moins portées à sacrifier leur famille au profit de leur carrière.

Il est vrai que les juges sont nommés à ±50 ans, c’est la norme. Par contre, pour être nommé juge à 50 ans, il faut avoir été un avocat d’exception. Un avocat qui, à partir de 20 ans, a vécu uniquement pour son travail.  Quand on sait que la profession d’avocat est l’une des plus hostiles à la conciliation travail-famille, il n’est donc pas surprenant que les femmes soient sous-représentées dans cette sphère d’activité.

D’ailleurs, ce phénomène est aussi observable dans les universités.  Au fur et à mesure qu’on progresse du baccalauréat à la maîtrise et au doctorat, on retrouve de moins en moins de femmes parce que chaque échelon gravi exige de faire passer la carrière devant la famille.  Dans la réalité, voici comment cela se traduit:

Peter Mackay

Plus on avance, plus le ratio diminue, au doctorat il est inférieur à 1. On voit aussi la même chose pour le nombre d’heures travaillées. Voici la proportion d’hommes et de femmes qui est considérée en surcharge de travail, la surcharge étant définie comme une période de 5 ans durant laquelle une personne a travaillé au moins une fois plus de 2 400 heures, jamais moins de 1 750 heures.

Peter Mackay

Globalement, les hommes travaillent 36,8 heures par semaine contre 29,7 heures pour les femmes.

Ici, il ne s’agit pas de dire que les femmes sont moins bonnes parce qu’elles  font le choix de travailleur moins d’heures que les hommes.  Ce genre de raisonnement serait stupide. Le problème est que les journaleux qui critiquent MacKay ont encore comme mentalité qu’une femme qui décide de faire passer sa famille avant sa carrière est inférieure. Il n’en est rien. Sacrifier sa carrière pour la famille est un choix tout aussi difficile et honorable que sacrifier sa famille au profit de sa carrière.

La famille ou la carrière, il n’existe pas de bonne réponse, c’est à chaque personne de faire ce que sa conscience lui dicte.  Or, il semble que les femmes soient plus nombreuses que les hommes à faire le choix de la famille.  Ce que les journalistes sont incapables de comprendre c’est qu’une femme qui décide de se consacrer à sa famille a autant de mérite qu’une autre qui décide de se consacrer à sa carrière pour devenir juge.

Source:
Statistique Canada
Tableaux 477-0020 et 282-0028
Instabilité des heures de travail au Canada