Lors de la dernière campagne électorale de Régis Labeaume, un journaliste a demandé au maire sortant si le retour d’une équipe de hockey à Québec pouvait être payant.  Voici qu’elle a été sa réponse:

Régis Labeaume

« Je ne sais pas si c’est bon, mais le monde en veut une. C’est notre sport national. Même si on se posait la question pour savoir si c’est bon économiquement, c’est notre sport national. Demandez aux Brésiliens si le soccer est payant, ils s’en foutent si c’est payant, ils aiment ça. »

Si on croit le maire, on aurait pu penser que l’attribution de la coupe du monde de soccer au Brésil aurait unifié tous les Brésiliens et plongé le pays dans un état de grâce sans commune mesure. Après tout, le soccer est le sport national au Brésil et les Brésiliens se fichent de savoir si ce sport est payant, du moins c’est l’analyse du maire de Québec… La réalité est un peu plus nuancée…

Quand on demande aux Brésiliens de nommer l’équipe qu’ils détestent le plus, le Brésil arrive en 2e position ! Au Brésil, une partie non négligeable de la population dénonce la présentation de la coupe du monde dans leur pays, plusieurs manifestations regroupant des centaines de milliers de personnes se sont déroulées depuis un an.

Ces manifestants adorent le soccer, mais ils jugent qu’il est indécent de voir le gouvernement dépenser des milliards de dollars dans la construction de stades destinés à la présentation de cet événement. Pour beaucoup de gens au Brésil, l’argent des contribuables ne devrait pas être utilisé pour construire des stades qui profiteront à des millionnaires. Contrairement à ce que Régis Labeaume peut penser, même si les Brésiliens sont des fanatiques de soccer, les gens se demandent quand même si c’est une chose est payante !

Au Québec et à Québec, quand est venu le temps de construire un nouvel aréna destiné à accueillir un club de la NHL, sauf quelques rares exceptions, nous n’avons pas eu droit à ce genre de questionnement. Même que certaines figures médiatiques, habituellement allergiques aux dépenses publiques, ont retourné leur veste pour applaudir une dépense de 400 millions… Ici, il n’y a eu ni manifestation ni mouvement de contestation à grande échelle…

Doit-on comprendre que les Brésiliens, malgré leur tempérament latin, sont plus rationnels et forts en mathématique que les Québécois ? C’est un peu gênant de se faire faire la leçon par un pays en voie de développement…