Depuis plusieurs mois, l’économie du Québec est en panne sèche. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les entrées fiscales provenant de l’impôt des sociétés. D’avril à mai (année financière 2013-2014), les entreprises québécoises ont payé 2,5 milliards de dollars en impôts. L’année précédente, ce montant s’était élevé à 3,3 milliards de dollars. C’est un recul catastrophique de 24% pour le gouvernement qui se traduit par un manque à gagner de 800 millions de dollars.

Si les entreprises envoient moins d’argent dans les coffres du gouvernement, ce n’est pas parce que les impôts des sociétés ont été diminués, mais plutôt parce que le Québec est devenu un désert économique. Les compagnies payent de l’impôt en fonction de leur profit. Quand l’économie va bien, les entreprises font des profits et payent des impôts. Dans le cas contraire, les revenus du gouvernement diminuent, une compagnie ne peut pas payer d’impôt si elle ne fait pas de profit. Dans une économie normale, les profits, donc les impôts des sociétés, devraient toujours croître par rapport à l’année précédente, ne serait-ce que pour suivre l’inflation.

Il existe plusieurs raisons pour expliquer le déclin économique du Québec, un déclin dont qui a commencé a germé au moment de la Révolution tranquille en raison de l’étatisation de la société québécoise. Voici donc une autre raison qui explique le marasme économique au Québec: la gestion de la main-d’oeuvre dans les entreprises québécoises…

Quand on demande aux dirigeants d’entreprises au Canada comment se fait la promotion de leurs employés, voici les réponses:

Économie Québec

Économie Québec

Au Québec, seulement 35,2% des entreprises considère uniquement l’ardeur au travail quand vient le temps de décerner une promotion à un employé, cette proportion est de 56,0% au Canada, un écart considérable.  Par contre, au Québec, 60,3% des entreprises considèrent l’ancienneté des employés dans la sélection des promotions.  Au Canada, seulement 38,3% à agir de la sorte…  Il est difficile de construire une économie prospère et vigoureuse quand l’ardeur au travail des travailleurs est si peu récompensée.

Le portrait est assez clair: au Québec l’ancienneté est très importante si on désire obtenir une promotion.  Au Canada, c’est d’abord et avant tout une question de compétence et d’assiduité.  Comment expliquer des attitudes aussi différentes ?  Disons simplement que le taux de syndicalisation au Québec est de 40% contre 31% au Canada.  Pour un syndicaliste, l’ancienneté est beaucoup plus importante que l’ardeur au travail…  Ai-je besoin de préciser que les syndicats sont l’un des principaux fardeaux que nous avons hérités de la Révolution tranquille ?

Pendant ce temps au Québec, après avoir syndiqué des dépanneurs, on syndique maintenant des Futureshop. Rien pour améliorer notre situation…

Sources:
Statistique Canada
Tableaux 358-0228 & 282-0078