Antagoniste


16 juin 2014

Le Québec et le Brésil Économie International Québec

Lors de la dernière campagne électorale de Régis Labeaume, un journaliste a demandé au maire sortant si le retour d’une équipe de hockey à Québec pouvait être payant.  Voici qu’elle a été sa réponse:

Régis Labeaume

« Je ne sais pas si c’est bon, mais le monde en veut une. C’est notre sport national. Même si on se posait la question pour savoir si c’est bon économiquement, c’est notre sport national. Demandez aux Brésiliens si le soccer est payant, ils s’en foutent si c’est payant, ils aiment ça. »

Si on croit le maire, on aurait pu penser que l’attribution de la coupe du monde de soccer au Brésil aurait unifié tous les Brésiliens et plongé le pays dans un état de grâce sans commune mesure. Après tout, le soccer est le sport national au Brésil et les Brésiliens se fichent de savoir si ce sport est payant, du moins c’est l’analyse du maire de Québec… La réalité est un peu plus nuancée…

Quand on demande aux Brésiliens de nommer l’équipe qu’ils détestent le plus, le Brésil arrive en 2e position ! Au Brésil, une partie non négligeable de la population dénonce la présentation de la coupe du monde dans leur pays, plusieurs manifestations regroupant des centaines de milliers de personnes se sont déroulées depuis un an.

Ces manifestants adorent le soccer, mais ils jugent qu’il est indécent de voir le gouvernement dépenser des milliards de dollars dans la construction de stades destinés à la présentation de cet événement. Pour beaucoup de gens au Brésil, l’argent des contribuables ne devrait pas être utilisé pour construire des stades qui profiteront à des millionnaires. Contrairement à ce que Régis Labeaume peut penser, même si les Brésiliens sont des fanatiques de soccer, les gens se demandent quand même si c’est une chose est payante !

Au Québec et à Québec, quand est venu le temps de construire un nouvel aréna destiné à accueillir un club de la NHL, sauf quelques rares exceptions, nous n’avons pas eu droit à ce genre de questionnement. Même que certaines figures médiatiques, habituellement allergiques aux dépenses publiques, ont retourné leur veste pour applaudir une dépense de 400 millions… Ici, il n’y a eu ni manifestation ni mouvement de contestation à grande échelle…

Doit-on comprendre que les Brésiliens, malgré leur tempérament latin, sont plus rationnels et forts en mathématique que les Québécois ? C’est un peu gênant de se faire faire la leçon par un pays en voie de développement…


16 juin 2014

Le modèle Québécois Canada Économie En Chiffres Québec

Depuis plusieurs mois, l’économie du Québec est en panne sèche. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les entrées fiscales provenant de l’impôt des sociétés. D’avril à mai (année financière 2013-2014), les entreprises québécoises ont payé 2,5 milliards de dollars en impôts. L’année précédente, ce montant s’était élevé à 3,3 milliards de dollars. C’est un recul catastrophique de 24% pour le gouvernement qui se traduit par un manque à gagner de 800 millions de dollars.

Si les entreprises envoient moins d’argent dans les coffres du gouvernement, ce n’est pas parce que les impôts des sociétés ont été diminués, mais plutôt parce que le Québec est devenu un désert économique. Les compagnies payent de l’impôt en fonction de leur profit. Quand l’économie va bien, les entreprises font des profits et payent des impôts. Dans le cas contraire, les revenus du gouvernement diminuent, une compagnie ne peut pas payer d’impôt si elle ne fait pas de profit. Dans une économie normale, les profits, donc les impôts des sociétés, devraient toujours croître par rapport à l’année précédente, ne serait-ce que pour suivre l’inflation.

Il existe plusieurs raisons pour expliquer le déclin économique du Québec, un déclin dont qui a commencé a germé au moment de la Révolution tranquille en raison de l’étatisation de la société québécoise. Voici donc une autre raison qui explique le marasme économique au Québec: la gestion de la main-d’oeuvre dans les entreprises québécoises…

Quand on demande aux dirigeants d’entreprises au Canada comment se fait la promotion de leurs employés, voici les réponses:

Économie Québec

Économie Québec

Au Québec, seulement 35,2% des entreprises considère uniquement l’ardeur au travail quand vient le temps de décerner une promotion à un employé, cette proportion est de 56,0% au Canada, un écart considérable.  Par contre, au Québec, 60,3% des entreprises considèrent l’ancienneté des employés dans la sélection des promotions.  Au Canada, seulement 38,3% à agir de la sorte…  Il est difficile de construire une économie prospère et vigoureuse quand l’ardeur au travail des travailleurs est si peu récompensée.

Le portrait est assez clair: au Québec l’ancienneté est très importante si on désire obtenir une promotion.  Au Canada, c’est d’abord et avant tout une question de compétence et d’assiduité.  Comment expliquer des attitudes aussi différentes ?  Disons simplement que le taux de syndicalisation au Québec est de 40% contre 31% au Canada.  Pour un syndicaliste, l’ancienneté est beaucoup plus importante que l’ardeur au travail…  Ai-je besoin de préciser que les syndicats sont l’un des principaux fardeaux que nous avons hérités de la Révolution tranquille ?

Pendant ce temps au Québec, après avoir syndiqué des dépanneurs, on syndique maintenant des Futureshop. Rien pour améliorer notre situation…

Sources:
Statistique Canada
Tableaux 358-0228 & 282-0078


16 juin 2014

Criminel Économie États-Unis Revue de presse

The New York Times

F.B.I. Begins Criminal Inquiry in V.A. Scandal
The New York Times

The F.B.I. has opened a criminal investigation into accusations that Department of Veterans Affairs officials manipulated medical waiting lists and delayed care for thousands of veterans, the F.B.I. director, James B. Comey, said Wednesday.

Testifying before the House Judiciary Committee, Mr. Comey said F.B.I. agents in Phoenix were leading the investigation. The veterans medical center in Phoenix is at the heart of the national scandal, which led to Eric Shinseki’s resignation as Veterans Affairs secretary last month.

The inspector general of the Department of Veterans Affairs had already said that the Justice Department was looking into the matter, but Mr. Comey’s testimony was the first indication that a criminal investigation was underway.

“We will follow wherever the facts take us,” Mr. Comey said.

The Senate on Wednesday approved a measure making it easier for veterans to be treated by local doctors if they have had long waits at Veterans Affairs hospitals. The House passed a similar bill on Tuesday.

J’ai parlé du scandale des hôpitaux pour vétérans aux États-Unis la semaine dernière. Ce système est 100% public, comme celui du Québec ou du Canada. Dans ce système public, des fonctionnaires ont mis en place un système de liste d’attente pour réduire l’accès aux soins de santé des vétérans malades.

Aux États-Unis, quand un hôpital public utilise des listes d’attente pour réduire l’accès aux soins, le FBI ouvre une enquête criminelle… Vous pensez qu’un jour la police va enquêter sur les listes d’attente dans les hôpitaux québécois?