Santé Québec Au Québec, depuis le début de 2013, le taux d’approbation par le gouvernement des nouveaux médicaments contre le cancer est de 31%, alors qu’il était de 77% en 2012 et de 69% en 2011. En fait, depuis 2013, 1 médicament sur les 13 soumis a été recommandé. Ces médicaments représentent la dernière génération de molécules pour lutter contre le cancer, des médicaments extrêmement efficaces qui peuvent non seulement allonger la vie des patients, mais aussi améliorer leur qualité de vie de manière significative. Mais ces récentes découvertes sont aussi très dispendieuses, par conséquent le Québec refuse de les utiliser pour traiter ses citoyens.

À titre d’exemple, l’Afinitor, l’Alimta, le Tarceva et l’Iressa, la Cadillac de l’arsenal pharmacologique contre certains cancers, n’ont pas été approuvés par le gouvernement du Québec, par contre ils sont tous couverts par des assurances privées aux États-Unis.

La semaine dernière, notre bon gouvernement a adopté un projet de loi qui permettra aux gens en fin de vie de pouvoir « mourir dans la dignité »…  Fondamentalement, on ne peut pas s’opposer à une telle loi, une personne rendue au bout de ses souffrances devrait avoir le droit de choisir de partir.  Mais au Québec, quand on sait que les gens n’ont pas accès à des soins de qualité, on peut se questionner sur le bien-fondé de cette loi…

Ici on soigne les gens avec du stock cheap.  C’est comme si on décidait de soigner les cancéreux avec de l’aspirine et qu’on se disait que ce n’est pas grave puisque quand la personne va trop souffrir, on pourra la faire piquer. Mais ne vous en faites pas, quand on va piquer la personne qui a été soignée avec du stock cheap pour économiser quelques dollars, on le fera dans la dignité, il y aura du personnel syndiqué pour lui tenir la main.

Les derniers mois de la vie d’un cancéreux sont infernaux, mais ces mois peuvent arriver dans 10 ans, si on soigne avec les meilleurs médicaments, ou dans 10 semaines si on soigne avec le stock cheap… En fin de vie, une personne devrait pouvoir choisir, mais le problème au Québec c’est qu’on utilise le stock cheap, par conséquent on impose la sentence de 10 semaines.  Ensuite, on se donne bonne conscience en se disant qu’ici on n’oblige pas les gens à souffrir, on leur donne la possibilité de « mourir dans la dignité ».  Une farce macabre; à se demander si la raison d’être de cette loi est de pouvoir permettre au réseau de la santé de réaliser quelques économies…

Mais que voulez-vous, faire mourir les gens dans la dignité, ça coûte moins cher que de soigner les gens dans la dignité…