Leviathan

Tel que mentionné hier, les temps seront durs au Québec. Pour l’année 2014-2015, le déficit prévu est de 3,7 milliards de dollars, le PQ avait pourtant annoncé un manque à gagner de 1,75 milliard

Quand on parle en termes de milliards, les gens ont de la difficulté à imaginer les montants qui sont réellement en jeux.  Par exemple, si le gouvernement décidait d’aller chercher 3,7 milliards uniquement en taxant l’essence, il faudrait augmenter le prix du litre de près de 30¢ !  Ça vous dirait de payer l’essence 1,80$/litre cet été ?

Un autre moyen pour prendre conscience de l’ampleur de cette somme consiste à déterminer le nombre de contribuables qu’il faut réunir pour générer 3,7 milliards en impôts sur le revenu. Sachant que dans le budget on prévoit que les contribuables (imposables ou non), au nombre de 6 500 000, vont payer 20 500 000 000$ en impôt sur le revenu, pour une moyenne de 3 154$/contribuable, cela signifie que l’impôt de 1 471 932 contribuables est nécessaire pour mettre la main sur 3,7 milliards de dollars. Sachant que l’ensemble des contribuables représente grosso modo 79% de la population, il faudrait réunir tous les impôts payés  par les travailleurs des villes de Québec, Laval, Sherbrooke, Saguenay, Lévis, Drummondville et Granby pour mettre la main sur une pareille somme !

Concrètement, que devrait-on couper dans les ministères pour réaliser des économies de 3,7 milliards ?  J’ai réalisé cet exercice en analysant la pieuvre publiée dans le Journal de Montréal il y a quelques années.  Certes, l’exercice n’est pas parfait puisque cette pieuvre a été réalisée pour le budget 2011-2012, mais ça donne quand même une idée de l’ordre de grandeur du défi qui attend les libéraux:

  • Fermeture du ministère de l’Environnement: 244 750 200$ d’économie;
  • Fermeture du ministère Culture, Communications et Condition féminine (incluant Télé-Québec): 693 339 100$ d’économie;
  • Fermeture du ministère des Relations internationales: 126 767 900$ d’économie;
  • Fermeture du ministère du Tourisme: 138 622 700$ d’économie;
  • Fermeture du ministère de l’Immigration: 313 229 500$ d’économie;
  • Fermeture de la Financière agricole du Québec: 630 000 000$ d’économie;
  • Fermeture du Secrétariat aux Affaires autochtones: 227 881 700$ d’économie;
  • Fermeture de l’Aide juridique:  233 627 200$ d’économie;
  • Fermeture de la Société d’habitation du Québec (incluant le logement social): 454 369 300$ d’économie;
  • Fin de l’Aide financière aux études (Prêts et bourses): 683 771 700$ d’économie.

L’ensemble de ces mesures permet de réduire les dépenses de 3,7 milliards de dollars.  Encore une fois, il s’agit d’une approximation puisque ces montants réfèrent à l’année 2011-2012, mais peu importe les combinaisons qu’on décide de faire, on a un aperçu de l’effort à fournir…

Au lendemain des élections, tant le PLQ que la CAQ ont dit que les coupures ne devaient pas affecter les services à la population.  Penser de la sorte c’est se bercer d’illusions.  Il y a encore cette pensée magique chez les gens que si on coupe dans des petits comptes de dépenses ici et là, on pourra régler le déficit. Que si on monte les impôts des deux ou trois riches du Québec, le party va pouvoir continuer. Les gens doivent comprendre que c’est tout le modèle québécois avec ses programmes sociaux qui nous ont mis dans le trouble et qu’il faut changer.

Pour équilibrer le budget, les choix sont simples et limités.  Soit le gouvernement donne moins de service à la population ou encore le gouvernement offre les mêmes services, mais avec une tarification supplémentaire; le tout en conservant le niveau d’imposition et de taxation actuel (si en plus on veut réduire le fardeau fiscal, il faudra aussi faire des choix en conséquence).

Vous pensiez que plus de plus de cinquante années de gestion de cabochon pouvaient se régler sans douleur ?

Pour sauver le Québec de la faillite, il devra y avoir un massacre à tronçonneuse de notre social-démocratie, on peut essayer de dorer la pilule, mais quand on laisse tomber la langue de bois, c’est la dure réalité.