Antagoniste


28 avril 2014

Les forces de l’immobilisme Coup de gueule Économie Québec

Semaine difficile pour Patrick Lagacé… Après avoir été humilié par Don Cherry et après avoir utilisé un langage qu’on n’oserait répéter dans les « radio-poubelles », Patrick Lagacé est officiellement devenu le premier gauchiste à réagir aux coupures libérales en braillant: « j’ai jamais voté pour ça ».

Moi quand j’ai voté PLQ, j’ai voté pour que des adultes soient en mesure de prendre des décisions difficiles. Ceux qui ont voté pour la CAQ ont aussi voté pour un grand ménage des finances publiques. C’est 65% de l’électorat québécois qui a voté pour ça ! Ceux qui n’ont pas voté pour ça, les gauchistes, se sont retrouvés au PQ et chez QS, un maigre 33% de l’électorat.

En 2003, les gauchistes ont pu faire dérailler la réingénierie de l’État en scandant « j’ai jamais voté pour ça ». À l’époque, c’était plutôt facile pour la gauche de manipuler la population. Les syndicats avaient le monopole de l’opinion publique et les Québécois faisaient leurs tout premiers pas sur l’axe gauche-droite. Ils n’étaient pas outillés pour contrer la pensée unique qui prévalait dans les médias. Leur attention ayant été monopolisée par les questions constitutionnelles depuis plusieurs décennies, on oublie que sur les questions de politiques publiques les Québécois sont partis de très loin. Un énorme travail de pédagogie a été réalisé depuis et 11 ans plus tard, il sera plus difficile de diaboliser les gens qui veulent réformer le Québec.

En 2014, la balle est dans le camp de la droite maintenant. Pour ne pas revivre 2003, il faudra dire haut et fort « qu’on a voté pour ça » !

P.-S. À Patrick Lagacé qui s’indigne que des non-élus puissent présenter un rapport sur les finances publiques, que pense-t-il du copinage qui existe entre l’élite syndicale et l’élite journalistique ? Ainsi parlaient le syndicaliste Réjean Parent et le journaliste Pierre Duchesne (tiré du blogue de Réjean Parent)…

« J’ai souvenir d’une conversation que j’avais eu avec Pierre Duchesne au huis-clos du budget Bachand présenté au printemps 2012. Il me demandait ‘si les syndicats n’en avaient pas soupé des marionnettes que sont devenus les politiciens au service de grandes oligarchies financières et si nous devions pas agir contre ces pouvoirs occultes’. Je lui avais mentionné que des journalistes comme lui pouvaient surement jouer un rôle majeur pour transformer ce paysage désolant. Nous connaissons la suite, il deviendra ministre, mais pas assez longtemps pour avoir eu le temps de transformer nos mœurs et l’action politique. »

Les médias au service des syndicats…


28 avril 2014

Cette fois c’est différent… Canada Économie En Chiffres Québec

Au lendemain de son élection, Philippe Couillard avait mandaté deux experts indépendants, Luc Godbout et Claude Montmarquette, pour faire le bilan des finances du Québec en vue de préparer le prochain budget qui devrait être dévoilé en juin. Le rapport conclut que le Québec est dans un cul-de-sac: le gouvernement a perdu le contrôle des dépenses et la paralysie économique a grevé les revenus du gouvernement. De mon côté, j’avais fait le même constat depuis quelques mois (ici, ici, ici et ici).

Dans son dernier budget, déposé au mois de février, Nicolas Marceau avait prévu un déficit de 1,75 milliard pour l’année 2014-2015.  Le rapport nous apprend qu’il sera finalement de 3,7 milliards, une erreur de 1,95 milliard qui correspond à un écart de 111%…  À titre indicatif, cette somme correspondrait à une taxe sur l’essence de 16¢/litre…  En novembre 2012, Nicolas Marceau nous avait promis d’atteindre le déficit zéro en 2013-2014…

Si le Québec est dans une situation financière aussi précaire, c’est en partie à cause d’une économie stagnante qui prive le gouvernement de revenus fiscaux.  Voici les écarts prévisionnels par source de taxation par rapport au budget du 20 février 2014:

Économie Québec

En tout et partout, les revenus autonomes du gouvernement affichent un manque à gagner de 480 millions de dollars par rapport à ce qui était prévu dans le budget.  Tous les postes, sauf les taxes sur le tabac, sont dans le rouge.  Si les impôts des particuliers, des entreprises ou les taxes sont en deçà des attentes, c’est tout simplement parce que l’économie est paralysée. Une stagnation des salaires diminue l’impôt des particuliers, ceux-ci consomment moins ce qui se répercute sur la TVQ et l’impôt des entreprises… Les revenus autonomes du gouvernement sont analogues à des baromètres économiques, pour le moment ils indiquent tous que le temps est orageux…

Mais la débandade financière du Québec s’est aussi jouée au niveau des dépenses. Pour l’année 2013-2014, il y aura un dépassement de 680 millions de dollars!  Pour l’année suivante, 2014-2015, Nicolas Marceau avait prévu une croissance des dépenses de 2,0%, elle sera finalement de 6,1%, 3 fois plus élevée que la cible dans le budget!  Concrètement, c’est un écart de 3,2 milliards de dollars, l’équivalent d’une taxe sur l’essence de 30¢/litre.  Pourtant, durant la dernière campagne, le PQ a répété ad nauseam que leur parti faisait une gestion des dépenses « à la cenne près »…

Voici comment se comparent les cibles de dépenses des provinces canadiennes pour l’année 2014-2015:

Économie Québec

Comme je disais, les dépenses du Québec sont maintenant hors de contrôle…

Le Québec se retrouve un peu dans la même situation qu’en 2003 lorsque Jean Charest nous avait promis la réingénierie de l’État.  À l’époque, Jean Charest avait manqué de courage et rien n’avait véritablement changé.  Mais cette fois-ci, j’ai l’impression que les choses sont différentes, que la réingénierie est devenue inévitable, et ce, pour trois raisons:

  1. L’espace fiscal du gouvernement est nul, les contribuables ont déjà été saignés, il sera impossible d’équilibrer le budget en les taxant plus.
  2. Aujourd’hui, la dette est plus élevée qu’en 2003, le Québec est déjà surveillé par les agences de notation et le service de la dette dépasse 10 milliards. Contrairement à 2003, on ne peut plus ignorer le problème.
  3. En 2003, le gouvernement du Québec pouvait compter sur le règlement du déséquilibre fiscal pour faire entrer des milliards d’argent dans ses coffres. Cette carte n’est plus disponible.

En décembre 2013, suite à une mise à jour économique du PQ, l’agence de notation Fitch avait été claire: si le Québec ne respectait pas les cibles de revenus et de dépenses fixées à l’époque, ce serait la décote:

« INABILITY TO ACHIEVE ECONOMIC AND FISCAL TARGETS: Additional near-term economic and revenue deterioration, or an inability to attain revised fiscal targets under current forecast trends would result in a rating downgrade. »

Pour le moment, le Québec ne respecte aucune de ses cibles…

Sources:
Ministère des finances du Québec
Rapport d’experts sur l’état des finances publiques du Québec


28 avril 2014

Ils se sont encore trompés International Revue de presse

Der Spiegel

UN Backtracks: Will Global Warming Really Trigger Mass Extinctions?
Der Spiegel

In 2007, the IPCC predicted that rising global temperatures would kill off many species. But in its new report, the UN climate change body backtracks. There is a shortage of evidence, a draft version claims.

At most, the draft report says, climate change may have played a role in the disappearance of a few amphibians, fresh water fish and mollusks. Yet even the icons of catastrophic global warming, the polar bears, are doing surprisingly well. Their population has remained stable despite the shrinking of the Arctic ice cap.

The draft report includes a surprising admission by the IPCC — that it doubts its own computer simulations for species extinctions. « There is very little confidence that models currently predict extinction risk accurately, » the report notes. Very low extinction rates despite considerable climate variability during past hundreds of thousands of years have led to concern that « forecasts for very high extinction rates due entirely to climate change may be overestimated. »

In the last assessment report, Climate Change 2007, the IPCC predicted that 20 to 30 percent of all animal and plant species faced a high risk for extinction should average global temperatures rise by 2 to 3 degrees Celsius (3.6 to 5 degrees Fahrenheit). The current draft report says that scientific uncertainties have « become more apparent » since 2007.

En 2007, quand les sceptiques disaient que les prédictions des réchauffistes étaient alarmistes et sans grande valeur scientifiques, ils étaient traités de négationnistes et on leur rappelait que les conclusions scientifiques étaient définitives et que le débat était clos… Quelques années plus tard on dirait bien que ce sont les sceptiques qui avaient raison…