Le Monde

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La crédibilité du Parti québécois s’effrite
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Une question hante le Parti québécois : comment être indépendantiste sans parler d’indépendance ? Son premier objectif reste toujours la réalisation de la « souveraineté » du Québec en quittant le Canada, mais, par crainte d’une nouvelle défaite, il refuse de fixer un calendrier précis. Il est déchiré entre son désir de gouverner la province et son ambition de fonder un pays.

La campagne en vue des élections générales du 7 avril a cruellement rappelé aux péquistes leur paradoxe. Dès qu’il a été question d’indépendance, leur avance dans les sondages a fondu comme neige au soleil. La dissolution de l’Assemblée s’est pourtant faite à l’initiative du Parti québécois, qui croyait que le printemps lui serait favorable.

Si l’indépendance était hors de portée pour le moment, elle entendait poser des gestes d’affirmation nationale et déployer une « gouvernance souverainiste ». Mesure emblématique de ce programme, le gouvernement de Mme Marois avait avancé un projet audacieux, avec l’adoption d’une charte de la laïcité.

Depuis 2006, le Québec débat de son modèle d’intégration, et les discussions orageuses sur l’immigration, le communautarisme, réel ou présumé, ont donné cours à certains débordements. En 2012, Québecor, l’empire médiatique dirigé encore récemment par M. Péladeau, s’est inquiété – comme le fit en France le Front national –, de voir de la viande hallal vendue sans que le consommateur en soit informé, laissant entendre que le rite musulman s’était imposé dans les abattoirs. Ni le groupe Québecor ni M. Péladeau ne partagent les idées de Marine Le Pen, mais une partie de la population s’est sentie stigmatisée.

Même vu de la France, le PQ à l’air d’un parti politique qui a perdu sa raison d’être.

On a aussi parlé de l’élection au Québec dans le magazine britannique The Economist et dans le Wall Street Journal. Les termes ne sont pas très élogieux, la charte ne donne pas une belle image du Québec à l’étranger…