PéCul

Qui a fait la meilleure campagne ?  François Legault.

Qui est le meilleur chef ?  François Legault.

Qui a été le meilleur en débat ?  François Legault.

Qui a le meilleur programme ?  François Legault.

Par contre, je suis assez réaliste pour admettre que les chances de voir la CAQ former le prochain gouvernement sont minces.  À ceci, ajoutons qu’en 18 mois le PQ a été capable de devenir l’un des pires gouvernements de l’histoire du Québec.  En moins de deux ans, ils ont saccagé l’économie.  Donc, puisque le choix est entre le parti libéral et le parti québécois, mon vote ira au parti libéral.  Même si la campagne de François Legault a été excellente, je ne peux me résoudre à voter pour la CAQ, ce qui aurait pour conséquence de diviser le vote anti-péquiste permettant ainsi à Pauline Marois de se faufiler en tête.  N’oublions pas que le 4 septembre 2012, Pauline Marois est devenue première ministre grâce à la division de ce vote.

Donc, lundi prochain, je vais voter « stratégique », c’est un vote que j’assume puisqu’en refusant de mettre en place un système proportionnel, les politiciens nous obligent à avoir recours à ce type de vote.  Dans ce contexte, le vote stratégique n’a rien de honteux.  Quand les temps sont durs, les investisseurs protègent leur investissement en achetant de l’or, une valeur refuge.  En ce moment, le parti de Philippe Couillard fait office de valeur refuge.

Certaines personnes pourraient par contre se dire qu’entre le PQ et le PLQ c’est blanc bonnet et bonnet blanc.  Les marchés financiers ne sont pas d’accord avec cette analyse puisqu’au moment de déclencher les élections, quand ceux-ci ont anticipé une victoire de Pauline Marois, les taux obligataire sur la dette du Québec ont explosé.  Quand les sondages sont devenus favorables à Philippe Couillard, ces taux ont diminué. Clairement, les créanciers du Québec redoutent plus l’élection d’un autre gouvernement péquiste que d’un gouvernement libéral.

N’oublions pas non plus la menace référendaire. Le PQ a beau promettre qu’il n’y aura pas de référendum tant que les Québécois ne seront pas prêts, la question n’est pas de savoir s’il y aura un référendum, mais quels seront les moyens utilisés pour convaincre les Québécois d’en faire un.  J’imagine un gouvernement dont la priorité ne sera pas l’économie, mais l’utilisation de fonds publics pour créer des chicanes qui profiteront à leur option.

Par contre, je dois être honnête, les idées économiques du PLQ ne sont guère plus enthousiasmantes que celles du PQ.  Dans un cas comme dans l’autre, on peut prévoir un déclin de la province. Par contre, il existe une différence fondamentale entre ces deux partis: avec le PLQ, on peut espérer un soft landing alors qu’avec le PQ c’est un référendum et un hard landing assuré.  Il est vrai qu’avec la CAQ on pourrait éviter un landing, mais encore une fois, diviser le vote anti-péquiste c’est l’équivalent de jouer à la roulette russe, le risque est tout simplement trop grand pour moi.

S’il est ridicule de subventionner des cimenteries, donner un autre mandat au PQ l’est encore plus.  Ultimement, malgré des engagements électoraux ridicules, souvent calqués sur ceux du PQ, avec le PLQ on peut tenir pour acquis qu’il y a des « adultes » dans la pièce; quand la décote sera réalité, je fais plus confiance à Martin Coiteux qu’à Nicolas Marceau pour prendre les bonnes décisions.  Le PQ serait assez populiste, démagogue et idéologue pour utiliser une décote du Québec pour faire la promotion d’un référendum (qui permettrait à la nation s’affranchir des pouvoirs financiers de Wall Street, vous voyez le genre).

Il ne faudrait pas oublier non plus que François Legault est un peu l’artisan de son propre malheur. En 2012, François Legault a fait campagne en martelant le thème de la gauche efficace et du nationalisme. Il ne fallait pas moins d’État, il fallait un État plus efficace pour nous protéger.  Son virage à droite, encore tout récent, semble plus avoir été motivé par des sondages catastrophiques que par des convictions profondes.  Je n’ai pas oublié le François Legault qui, lors de la campagne de 2012, avait proposé de compenser financièrement les syndicats pour les coupes dans la fonction publique. Même en 2014, la récente embellie dans les sondages a réveillé le côté « gauche efficace » du chef caquiste.

Le 7 avril, je vais voter le nez débouché, je vais voter pour sortir le parti qui gangrène le Québec, avec son option séparatiste, depuis près de 40 ans.  Après PKP promettant, le poing en l’air, de donner un pays à ses enfants, une défaite du PQ le 7 avril signifiera la mort définitive de l’option souverainiste, un passage obligatoire pour reconstruire le Québec.  Un tel scénario est uniquement possible si le vote anti-péquiste n’est pas divisé par la CAQ car, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, un vote pour la CAQ c’est un vote pour le PQ.

Pour espérer un jour prendre le pouvoir, la CAQ a besoin qu’un des deux vieux partis lève les feutres, seul le PQ est dans une telle position de vulnérabilité. Une fois débarrassés du PQ, les 2 frontrunner de la prochaine élection seront le PLQ et la CAQ; quand le choix sera entre ces 2 partis, je pourrai voter pour François Legault. L’étape 1 pour l’élection d’un gouvernement caquiste, c’est de voter contre le PQ. Après, on pourra passer à l’étape 2.

Je termine en laissant la parole à Denis Julien, le meilleur chroniqueur politique au Québec !

P.-S. Je vous invite à aller lire les commentaires, plusieurs discussions très intéressantes donc la vision que j’ai du PCQ sur l’échiquier électoral.