Lundi dernier, je vous ai parlé d’une nouvelle très inquiétante à l’effet que le coût d’emprunt pour le Québec (i.e. le service de la dette) a dramatiquement augmenté depuis quelques jours. Ce genre de nouvelle qui aurait dû avoir un impact majeur sur la campagne électorale, mais qui a fait rigoler la première ministre et nos journalistes ont rapidement oublié l’affaire.

Par l’intermédiaire des réseaux sociaux, j’ai pu dénicher quelqu’un ayant accès à un terminal bloomberg, ainsi j’ai pu avoir accès aux taux d’intérêt des emprunts du Québec et de l’Ontario depuis quelques semaines.  Ces chiffres sont pires que tout ce que vous pouvez imaginer…  Dans le premier graphique, on peut voir l’évolution des taux depuis le 1er novembre 2013 jusqu’au 10 mars 2014.  Le second graphique correspond à l’écart (spread) entre les taux ontariens et québécois.

Dette Québec

Dette Québec
Une seule obligation a été émise en décembre dernier, soit le 18-Déc-2013. C’est elle qui est utilisée aux fins de comparaison. Pour les données antérieures à cette date, Bloomberg fournit automatiquement le taux de l’obligation dont la maturité est la plus proche de 10 ans.

Règle générale, on peut voir que les tendances sont les mêmes en Ontario et au Québec i.e.  bien que les taux au Québec soient systématiquement plus élevés que ceux de l’Ontario en raison de la plus grande précarité de nos finances publiques, les mouvements sont similaires.  Les mouvements (et le spread) restent similaires similaire jusqu’au 4 mars.  À partir de cette date, les taux québécois explosent alors que ceux de l’Ontario demeurent relativement stables.

Comment expliquer tout ça ?

Le 5 mars, c’était le déclenchement officiel des élections et Wall Street craint l’élection d’un gouvernement péquiste majoritaire. Vous avez bien lu, la seule perpsctive d’un gouvernement péquiste majoritaire (et d’un référendum) a fait bondir le spread entre l’Ontario et le Québec de ~17 bps en l’espace de 24 hueres !!! Maintenant, imaginez si cette perspective se matérialise…

Fait à noter, quand les marchés ont ouvert le lundi 10 mars, le lendemain de l’annonce de la candidature de PKP au PQ, les taux sont restés élevés, signe que cette nomination n’a rassuré personne sur les marchés financiers.

Cette nouvelle aurait dû être partout dans nos médias, toute augmentation du service de la dette advenant l’élection d’un gouvernement péquiste majoritaire aura un impact majeur sur la santé financière de la province.  Cette situation est d’autant plus préoccupante compte tenu du fait que dans son budget, Nicolas Marceau a prévu que le service de la dette n’allait pas augmenté de manière significative.

L’élection du 7 avril sera d’une importance capitale pour le Québec, espérons que les gens en sont pleinement conscients. L’enjeu électoral est fort simple et se résume en peu de mots: êtes-vous assez extrémiste pour sacrifier l’économie du Québec, pour vous et vos enfants, en retour d’un référendum inutile ?