FailliteJ’ai relayé cette information hier via mon compte Twitter. Cette semaine, on a appris que l’Hôpital général juif avait reçu l’ordre de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal de ne plus traiter les patients provenant de l’extérieur de l’île de Montréal. Les fonctionnaires espèrent ainsi sauver quelques dollars.

Mais vous allez me dire que ce n’est pas très dramatique, qu’il existe des hôpitaux partout sur le territoire québécois et que les gens n’ont qu’à se faire soigner dans l’hôpital le plus près de leur domicile.

C’est juste.

Mais les murs de l’Hôpital général juif abritent aussi un centre d’oncologie. Mais vous allez me dire que ce n’est pas très dramatique, que des centres d’oncologie existent aussi dans d’autres hôpitaux…

C’est juste.

Mais l’Hôpital général juif administre aussi le Centre du cancer Segal, un centre d’oncologie unique dans la province qui est reconnu mondialement pour le traitement des cancers colorectaux. Les soins dispensés dans ce centre ultra-spécialisé ne sont généralement pas donnés dans la plupart des hôpitaux à l’extérieur de Montréal. Selon l’Association canadienne du cancer colorectal, cette décision de restreindre l’accès à ce centre compromet non seulement la qualité de vie des patients, mais également la possibilité de prolonger leur vie ou de rémission.

Je résume.

Certains patients combattant un cancer colorectal, qui habitent l’extérieur de l’île de Montréal, ne pourront plus se faire soigner par l’équipe spécialisée de l’Hôpital général juif, et ce, même si c’est le désir du patient et de son médecin d’avoir recours aux services de cet hôpital qui est le seul qui peut offrir certains traitements à la fine pointe de la science médicale.

Quand on dit qu’un jour le Québec va « frapper le mur », on s’imagine que dans les heures suivant une décote, quelqu’un va fermer les lumières et que la province sera soudainement plongée dans les ténèbres. Dans la réalité, « frapper le mur » se fera par petite dose, de manière insidieuse.

Par exemple, un jour on réalisera que nous sommes trop pauvres pour soigner nos cancéreux dans nos meilleurs hôpitaux…

Mais consolez-vous, pour ceux qui ne pourront pas recevoir de soins à la fine pointe, le gouvernement prépare un beau programme pour « mourir dans la dignité »…