InégalitéDans la foulée de la tragédie de L’île-verte, le gouvernement péquiste a été très clair: pas question de prendre des mesures précipitées, avant d’agir le gouvernement va attendre le rapport des experts pour s’assurer que les mesures prises seront les bonnes.  En bref, le mot d’ordre est qu’il faut attendre les résultats de l’enquête avant de tirer des conclusions.  Sur ce point, on ne peut rien reprocher au gouvernement, c’est exactement ce qu’il fallait faire.

En même temps, je me rappelle du cirque politico-médiatique entourant la tragédie de Lac-Mégantic. À cette époque, les conservateurs avaient été crucifiés pour avoir tenu des propos similaires…

Et en poussant la réflexion, j’en suis devenu à me demander qu’elle aurait été la réaction de nos médias et politiciens si la résidence de L’île-verte avait été la propriété d’un Américain et si la présence de gicleurs avait été soumise à une réglementation fédérale…

On aurait probablement dit que l’Américain n’avait pas installé de gicleurs pour pouvoir maximiser ses profits (l’argument des wagons DOT-111). Que Stephen Harper n’avait pas rendu obligatoire la pose de gicleurs dans les résidences parce qu’il était un idéologue néolibéral d’extrême droite à la solde d’un quelconque lobby…  Mais voilà, la résidence n’était pas la propriété d’un Américain et la présence de gicleurs n’est pas de responsabilité fédérale, donc nos médias et nos politiciens se sont comportés dignement (sauf pour ceux qui ont injustement pointé du doigt un résident sans penser à la famille, il n’y a pas de mots pour qualifier leur comportement).

Plusieurs se demandent pourquoi, contrairement à l’Ontario, les gicleurs ne sont pas obligatoires dans les résidences de personnes âgées au Québec.  La réponse est simple et désarmante: parce que nous sommes pauvres.  Imposer l’installation de gicleurs pourrait avoir un effet dévastateur sur la viabilité financière des résidences en régions.

Quand on dit qu’un jour le Québec va « frapper le mur », on s’imagine que par un beau 17 juin, à minuit, quelqu’un va fermer les lumières et que la province sera soudainement plongée dans les ténèbres.  Une manière de dire qu’on imagine quelque chose de caricatural…  Dans la réalité, « frapper le mur » se fera par petite dose, de manière insidieuse. Par exemple, un jour on réalisera que nous sommes trop pauvres pour que toutes nos résidences pour personnes âgées puissent être équipées de gicleurs…