Cauchemar hippieDans l’anonymat le plus complet, le gouvernement du Québec a tenu durant le mois de décembre la toute première enchère de sa bourse du carbone.  Cette enchère visait à vendre les crédits pour l’année en cours (2013) et ceux de l’année 2016. Les résultats ?

Pour l’année 2013, 2 971 676 actions étaient à vendre.  De ce nombre, seulement 1 025 000 ont trouvé preneur, soit 34,5% pour un prix moyen de 12,36$ (le prix minimum fixé était de 10,75$).  Au total, le gouvernement a donc empoché 12,7 millions de dollars.

Pour l’année 2016, les résultats sont encore plus consternants. Des 6 319 000 actions qui étaient à vendre, seulement 1 708 000 ont trouvé preneur, soit 27,0% pour un prix moyen de 11,07$ (le prix minimum fixé était de 10,75$).  Au total, le gouvernement a donc empoché 18,9 millions de dollars.

Quel est le problème avec ces chiffres ?

Quand le gouvernement libéral a annoncé la création du marché du carbone, il avait prévu récolter, 2 400 millions de dollars d’ici 2020. À partir de 2015, on avait prévu des revenus 425 millions de dollars par année via la vente de crédit de carbone.  Pour le moment, nous sommes très loin du compte; un dénouement prévisible puisque tout ce que touche les enverdeurs se transforme en échec financier.

De plus, la bourse du carbone devait constituer la principale source de financement du plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques. Si la bourse ne livre pas les revenus prévus, va-t-on couper dans les dépenses ou va-t-on aller chercher cet argent ailleurs ? C’est une question purement rhétorique.

Au fait, quand le gouvernement brûle notre argent, il doit acheter des crédits de carbone?

P.-S. En Europe, le marché du carbone s’est écrasé de 38% en 2013. Cette baisse s’ajoute à celle de 35% enregistrée en 2012.

Sources:
Bullshit
Résultats de la vente aux enchères d’unités d’émission de gaz à effet de serre du 3 décembre 2013

Ministère des finances du Québec
BUDGET 2012-2013: Changements climatiques