Antagoniste


7 janvier 2014

C’était prévisible… Économie Environnement Québec

Cauchemar hippieDans l’anonymat le plus complet, le gouvernement du Québec a tenu durant le mois de décembre la toute première enchère de sa bourse du carbone.  Cette enchère visait à vendre les crédits pour l’année en cours (2013) et ceux de l’année 2016. Les résultats ?

Pour l’année 2013, 2 971 676 actions étaient à vendre.  De ce nombre, seulement 1 025 000 ont trouvé preneur, soit 34,5% pour un prix moyen de 12,36$ (le prix minimum fixé était de 10,75$).  Au total, le gouvernement a donc empoché 12,7 millions de dollars.

Pour l’année 2016, les résultats sont encore plus consternants. Des 6 319 000 actions qui étaient à vendre, seulement 1 708 000 ont trouvé preneur, soit 27,0% pour un prix moyen de 11,07$ (le prix minimum fixé était de 10,75$).  Au total, le gouvernement a donc empoché 18,9 millions de dollars.

Quel est le problème avec ces chiffres ?

Quand le gouvernement libéral a annoncé la création du marché du carbone, il avait prévu récolter, 2 400 millions de dollars d’ici 2020. À partir de 2015, on avait prévu des revenus 425 millions de dollars par année via la vente de crédit de carbone.  Pour le moment, nous sommes très loin du compte; un dénouement prévisible puisque tout ce que touche les enverdeurs se transforme en échec financier.

De plus, la bourse du carbone devait constituer la principale source de financement du plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques. Si la bourse ne livre pas les revenus prévus, va-t-on couper dans les dépenses ou va-t-on aller chercher cet argent ailleurs ? C’est une question purement rhétorique.

Au fait, quand le gouvernement brûle notre argent, il doit acheter des crédits de carbone?

P.-S. En Europe, le marché du carbone s’est écrasé de 38% en 2013. Cette baisse s’ajoute à celle de 35% enregistrée en 2012.

Sources:
Bullshit
Résultats de la vente aux enchères d’unités d’émission de gaz à effet de serre du 3 décembre 2013

Ministère des finances du Québec
BUDGET 2012-2013: Changements climatiques


7 janvier 2014

L’hiver sera long… Canada Économie En Chiffres Québec

Dans le brouhaha du temps des fêtes, plusieurs nouvelles économiques importantes sont passées sous le silence…  L’une de ces nouvelles fut la publication, le 17 décembre, des prévisions économiques de Desjardins pour l’année 2014.  Pour le Québec, les nouvelles ne sont pas très bonnes…

Voici la croissance du PIB attendue dans les provinces canadiennes pour l’année qui s’amorce:

Économie Québec

Malheureusement, le Québec devra se battre avec les Maritimes pour la dernière place au classement…

Toujours le 17 décembre, le Québec a appris qu’il allait recevoir un 548 millions de dollars de plus en péréquation que ce qui avait été prévu dans le budget.   Au final, pour l’année 2014-2015, le Québec recevra 1,423 milliards de dollars de péréquation de plus que pour l’année précédente.  Si on exclut l’année sur le règlement du fameux déséquilibre fiscal, il s’agira de la plus forte hausse de la péréquation en 10 ans…

Voici dans quelle mesure la péréquation va évoluer pour les provinces concernées pour l’année qui débute:

Économie Québec

La péréquation va augmenter presque 2 fois plus rapidement au Québec qu’en Nouvelle-Écosse (le plus proche poursuivant) et 5,3  fois plus rapidement que dans l’ensemble du Canada !  Je vous signale que la péréquation est un programme pour venir en aide aux provinces pauvres; celles qui en arrachent et qui sont dans la dèche…

Il est ironique de constater que l’élection d’un gouvernement indépendantiste à Québec aura eu pour conséquence de rendre le Québec plus dépendant que jamais d’Ottawa.  Le retour à l’équilibre budgétaire, souhaiter par Nicolas Marceau, devra obligatoirement sur le dos des provinces riches…

Par contre, l’histoire ne dit pas si Jean-François Lisée considère le chèque de péréquation comme un corps étranger

Sources:
Desjardins
Prévisions économiques et financières

Ministère Des Finances Du Canada
Soutien fédéral aux provinces et aux territoires


7 janvier 2014

La fraude éolienne: la justice européenne dit non Économie Environnement Europe France Revue de presse

Libération

Le tarif de l’éolien français remis en cause par la justice européenne
Libération

Le tarif auquel EDF achète l’électricité éolienne s’apparente à une intervention de l’Etat, a tranché jeudi la justice européenne, enclenchant un «compte à rebours» à Bruxelles et à Paris pour éviter une disparition temporaire de ce tarif bonifié en France. L’obligation en France d’acheter l’électricité produite par des éoliennes à un prix supérieur à celui du marché constitue une intervention de l’Etat au moyen des ressources de l’Etat, a dit en substance la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

La Cour avait été saisie par des opposants français à l’éolien dont Vent de colère qui milite contre les éoliennes. L’association avait attaqué le tarif institué en 2008 en argumentant qu’il s’agissait d’une aide d’Etat qui n’avait pas été notifiée en bonne et due forme à Bruxelles.

Cette incertitude autour du tarif d’achat a paralysé l’activité du secteur en France depuis l’an dernier, de nombreuses banques refusant de financer des nouveaux projets tant que la sécurité juridique du tarif bonifié ne serait pas assurée.

Ce qui est désormais illégal en France, c’est à dire surpayer l’énergie éolienne pour ensuite refiler la facture aux consommateurs, constitue une stratégie de développement économique au Québec