Depuis que Régis Labeaume s’est emparé du ballon, de nombreux élus municipaux se sont joints à lui pour demander une réforme en profondeur des fonds de pension de leurs employés. Ces élus font valoir, avec raison, que les dettes associées aux fonds de pension font peser sur les générations futures un fardeau injuste.

Si on doit saluer cette initiative, en même temps on devrait exiger que nos élus montrent l’exemple. En effet, un élu municipal ne peut pas simultanément dénoncer les fonds de pension de ses employés syndiqués tout en continuant à endetter la ville parce qu’il dépense comme un marin en cavale. Dans la mesure où ce sera toujours les futures générations qui hériteront de la facture, il importe peu de savoir d’où cette dette provient.

À titre indicatif, voici à quelle hauteur s’élève le service de la dette des dix plus grandes villes du Québec, en fonction de la proportion de chaque dollar géré par la Ville qui est utilisée pour payer les intérêts de la dette:

Labeaumegrad

Mais ce graphique peut être biaisé par le taux de taxation d’une ville.  Par exemple, une ville qui taxe énormément pourrait améliorer artificiellement son rang.  Inversement, une ville qui taxe peu pourrait se retrouver plus bas au classement que des villes plus endettées.

Donc, j’ai aussi fait le calcul du service de la dette en fonction du nombre d’habitants dans chaque ville:

Labeaumegrad

Gardez en tête que pour une famille de 2 adultes et 2 enfants, il faut multiplier le montant par 4 !

Au nom de l’iniquité intergénérationnelle, il ne faut pas cibler uniquement les fonds de pension, mais aussi les dépenses ridicules de nos villes. Si les élus municipaux veulent être pris au sérieux dans leur croisade contre la démesure des fonds de pension, ils devront d’abord donner l’exemple et faire le ménage dans leur cour.

Source:
Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire
Profil financier 2013