Une de mes petites frustrations sur mon blogue est d’être en avance sur mon temps, i.e. écrire un billet sur un sujet qui n’est pas sur le radar de l’actualité, mais qui fait la une quelques semaines plus tard… Du coup, j’ai l’impression que le billet a été un coup d’épée dans l’eau, maintenant que le sujet est d’actualité, tout le monde a oublié le billet…

Normalement, je n’en fais pas de cas, mais puisque c’est arrivé à trois reprises cette semaine, je me permets de reprendre quelques vieux billets…

L’identité québécoise, c’est pour les riches !

Cette semaine, Maka Kotto a annoncé qu’il allait réglementer le prix des livres pour éviter que ces derniers deviennent trop abordables !  Le ministre a justifié cette mesure par une raison complètement loufoque, apparemment, plus les livres sont dispendieux, plus l’identité québécoise serait protégée. Ceci m’a rappelé mon billet sur l’indice Bougon écrit en début d’année…

Au Québec, un ménage dépense en moyenne 210$ en matériel de lecture contre 1 445$ en alcool et tabac. Autrement dit, pour chaque dollar dépensé en matériel de lecture, un ménage québécois dépense 6,88$ en alcool et tabac, une mesure que l’on pourrait appeler « l’indice Bougon »…

J’ai donc décidé de comparer les provinces en utilisant ce très scientifique « indice Bougon », voici le résultat:

Indice Bougon

On me répondra que cette situation est imputable au monopole de la SAQ, qui vend ses produits beaucoup trop chers. C’est en partie vrai, mais les gens restent libres d’aller ou non à la SAQ, ils ont le choix de moins consommer s’ils jugent que le produit est trop cher.

En limitant les rabais sur les livres, il se peut que les gens continuent de dépenser autant, mais pour acheter moins de livres, il se peut aussi que le prix d’entrée devienne prohibitif et que les dépenses chutent.  Chose certaine, cette mesure complètement stupide n’améliorera pas l’indice Bougon du Québec.

Au Québec, l’artistocratie aime dire que la culture c’est important. En fait, elle aime bien dire qu’au Canada, le Québec est la seule province où la culture c’est important. Et bien à toute cette artistocratie qui s’imagine être le centre de l’univers, j’offre cet indice Bougon, un carton d’Export A et une caisse de 12…

Obésité morbide à l’Assemblée nationale…

Vendredi dernier, au lendemain du report du déficit zéro, nos députés ont décidé de se payer la tête des contribuables via un comité qui a proposé d’augmenter leur salaire… Ceci m’a rappelé mon billet sur le salaire de nos députés écrit il y a à peine un mois.  En vérité, nos élus ne sont pas sous-payés, ils sont sur-payés !  Nos députés sont gras dur au point qu’on pourrait parler d’obésité morbide !

Au Québec, en 2011, le revenu moyen ajusté des ménages était de 41 100$*. Les députés de l’Assemblée nationale de leur côté ont pu mettre la main sur un salaire de 108 424$, incluant l’équivalent de l’allocation non imposable. Donc, un député gagne 2,64 fois le salaire moyen d’un Québécois.

Si on reprend ce petit exercice mathématique pour l’ensemble des provinces, comment se classe le Québec selon vous ?

Voici la réponse…

Politiciens Québec

Le Québec est confortablement installé en première position. La différence avec l’Ontario, qui arrive en deuxième position, peut sembler minime, mais sachez que pour avoir le même ratio, on devrait amputer 9 489$ au salaire des députés québécois. Pour attendre un ratio de 2,02, qui correspond à la moyenne du reste du Canada, nos élus devraient faire faire une croix sur 25 649$ !

Et dire que certaines personnes ont déjà voulu nous faire croire que bien payer nos élus les mettait à l’abri de la corruption…

*Le revenu familial est ajusté pour représenter le revenu familial par équivalent adulte.

Faillibilité papale…

La semaine dernière, le pape François nous a rappelé que le socialisme et l’Église catholique partageaient les mêmes dogmes. Selon le dirigeant de cette institution (qui ne paye pas d’impôt), la mondialisation, le capitalisme, le libre-marché, alouette… ont tous contribué à rendre la planète plus pauvre.  Ceci m’a rappelé mon billet sur les bienfaits de la mondialisation écrit ce printemps…

En 2000, l’ONU avait exprimé le souhait de réduire de moitié la proportion de gens vivant dans l’extrême pauvreté (revenu inférieur à 1,25$/jour) d’ici l’an 2015. Objectif irréaliste ? Pas du tout, voyez par vous-même:

Mondialisation

À l’échelle mondiale, l’extrême pauvreté est passée de 43,05% en 1990 à 20,63% en 2010, une réduction de 52,1% qui permet d’atteindre le but fixé en 2000 avec 5 années d’avance, et ce, malgré la dernière récession ! La population mondiale a augmenté de 2,4 milliards de personnes entre 1981 et 2010, mais le nombre de gens vivant dans la pauvreté extrême a été réduit de 723 millions de personnes.

Élément important de l’histoire, la mise en place du processus de mondialisation au début des années 90 qui s’est concrétisé en 1995 avec la fondation de l’Organisation Mondiale du Commerce qui a permis d’enclencher le processus de néo-libéralisation des économies. Les véritables progrès contre la pauvreté extrême ont été observés au moment où les marchés se sont libéralisés i.e. la mondialisation, qui a été accélérée par le travail de l’OMC, a permis une meilleure redistribution de la richesse.

Voici dans quelle proportion la pauvreté extrême a été réduite depuis la création de l’OMC:

  • Europe et Asie centrale: -80,4%
  • Asie de l’est & Pacifique: -75,4%
  • Amérique latine: -51,5%
  • Moyen-Orient & Afrique du Nord: -49,4%
  • Asie du sud: -40,0%
  • Afrique sub-saharienne: -18,4%
  • MONDE: -49,7%

Selon l’évangile socialiste, il est plus légitime que les pauvres meurent de faim plutôt que de se faire « exploiter par le néo-libéralisme » pour augmenter leur niveau de vie. On dirait bien que les néolibéraux sont plus solidaires qu’on le dit et que l’Église socialiste est plus égoïste qu’on le pense…