Jeudi dernier, le PQ a finalement été contraint de rendre publics les chiffres démontrant à quel point ce parti représente une calamité pour le Québec lors de sa mise à jour économique.  Bien que déjà commenté par les médias, je me permets de revenir sur le sujet pour mettre en évidence certains points qui selon moi sont de première importance.

Premièrement, voici la comparaison entre les cibles de croissance fixées dans le budget rendu public en novembre 2012 et les nouvelles cibles annoncées dans la mise à jour économique de la semaine dernière.  Voyez à quel point le PQ a complètement perdu le contrôle des finances publiques.

Budget Marceau

Quelques faits saillants:

  • Revenus autonomes: désignent les revenus que le gouvernement du Québec récupère via les taxes et les impôts. Dans son budget, le PQ avait prévu une croissance de 5,7%, dans sa mise à jour économique ce chiffre a été revu à 2,6%, un recul dévastateur de 54,4%. Une telle chute des revenus autonomes indique que l’économie du Québec stagne, quand les gens et les entreprises tirent le diable par la queue, ils payent moins d’impôts et de taxes.
  • Transferts fédéraux: c’est l’argent que le Québec reçoit du fédéral par, entre autres, la péréquation.  Le PQ avait prévu que ces transferts allaient augmenter de 2,8%, maintenant on prévoit une croissance de 5,8%, une augmentation phénoménale de 107,1%.  Autrement dit, bien que le PQ soit un parti indépendantiste, sous leur gouvernement le Québec devient encore plus dépendant d’Ottawa !
  • Dépenses de programmes: c’est ce qu’on appelle familièrement les dépenses d’épicerie; c’est l’argent qui sort des coffres du gouvernement pour faire fonctionner la machine gouvernementale.  Au moment de la publication du budget, le PQ avait prévu une croissance de 1,8%, ce chiffre est maintenant passé à 2,5%, une douloureuse augmentation de 38,9%.  Autrement dit, quand le PQ vous dit qu’il fait une gestion serrée et qu’il contrôle les dépenses, c’est un mensonge répugnant.
  • Service de la dette: Ce sont les intérêts payés sur notre carte de crédit.  La prévision de croissance est passée de 8,6% à 10,5%, une augmentation brutale de 22,1%.  Autrement dit, garder notre carte de crédit va nous coûter encore plus cher que ce qui avait été prévu.

Je résume: le gouvernement est moins riche que prévu, il dépense plus que prévu et pour éviter la catastrophe il espère recevoir de plus d’argent que prévu de Stephen Harper.

Autre détail important, dans cette mise à jour économique, le Nicolas Marceau prévoit un déficit de 2,5 milliards de dollars, par contre, enfoui dans le même document, on rapporte aussi que la dette fera un bon de 6,9 milliards de dollars…  Vive la comptabilité créative du gouvernement, elle est légale apparemment !

Dans sa mise à jour économique, le ministre Marceau s’amuse aussi à faire des prévisions pour les cinq prochaines années. Que valent ces prédictions quand on sait qu’il y a à peine trois mois, le même ministre jurait sur tous les toits que le Québec ne ferait pas de déficit cette année…

Mais dans tout ce capharnaüm de chiffres où les millions et les milliards fusent de partout, il est parfois difficile de prendre toute la mesure des sommes qui sont impliquées.  C’est pourquoi j’ai décidé de reprendre la mise à jour économique du PQ et de l’appliquer à une famille qui aurait un revenu de 60 000$.  Voici ce que ça donne:

Budget Marceau

Les « gains à la loterie » font référence aux transferts du fédéral, les « dépenses courantes » aux dépenses de programme et les « intérêts  sur la carte de crédit » au service de la dette. Notez que le « bilan de l’année » ne contient que des « dépenses d’épicerie » i.e. ce n’est pas de l’endettement pour s’acheter un actif comme une maison.  De la même manière, le « total sur la carte de crédit » contient uniquement de la mauvaise dette (c’est la somme des déficits cumulés), ce chiffre représente uniquement du crédit à la consommation.

Vous en connaissez beaucoup des familles qui pourraient soutenir ce rythme de vie?

Sources:
Ministère des finances du Québec
Budget 2013-2014
Le point sur la situation économique et financière du Québec, Automne 2013