Le Monde

Le ras-le-bol fiscal vaut à la France d’être dégradée
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Aujourd’hui, installé à l’Elysée, M. Hollande doit à son tour faire face à une dégradation de la note de la France. Et ce, alors qu’il pensait sans doute que le plus dur était passé puisque l’économie française est sortie de la récession à la fin du printemps. S & P s’est rappelée, vendredi 8 novembre, au bon souvenir du gouvernement français en annonçant qu’elle abaissait la note de la France d’un cran à « AA », contre « AA + » précédemment. Alors que la perte du triple A en 2012 traduisait en partie les conséquences de la crise des dettes souveraines en Europe, l’argumentaire de S & P pour justifier la dégradation de la note française ce vendredi porte uniquement sur la politique économique du gouvernement.

Non seulement l’agence estime « peu probable que l’approche actuelle du gouvernement en matière de réformes budgétaire et structurelle dans les domaines de la fiscalité, du secteur des biens et services et du marché du travail améliore de manière substantielle les perspectives de croissance de la France à moyen terme ». Mais elle a aussi la conviction que les marges de manoeuvre budgétaire du gouvernement sont désormais réduites.

La montée des prélèvements obligatoires – qui devraient atteindre 46 % du PIB en 2013 contre 42,5 % en 2010 – atteint ses limites. En témoignent, la fronde des « bonnets rouges » en Bretagne, la révolte des « pigeons » précédemment, la mobilisation annoncée des artisans qui se jugent écrasés par les impôts et les charges sociales – ce que M. Moscovici a appelé le « ras-le-bol fiscal ». Le consentement à l’impôt s’est réduit ces dernières années au fur et à mesure que le poids des prélèvements augmentait, juge aujourd’hui l’agence.

Bientôt au Québec…