Depuis les élections municipales de dimanche, impossible de trouver un « analyste » politique qui n’est pas catastrophé par le taux de participation à Montréal. Puisque tout notre petit monde médiatique répète sans cesse que ce faible taux de participation est inacceptable, on finit par croire que c’est le cas…
Pourtant, la réalité est légèrement plus nuancée que nos savants analystes. Voici les taux de participation aux élections municipales dans quelques grandes villes du Canada et des États-Unis (le 6 novembre se déroulaient de nombreuses élections municipales aux États-Unis):
Avec un taux de 43%, Montréal fait relativement bonne figure. Pour toute sorte de raisons, bonnes ou mauvaises, les taux de participation aux élections municipales dans les grandes villes sont toujours très faibles.
La bonne performance de Toronto en 2010 (élection de Rob Ford) en fait une exception. Par contre notons que le taux de participation à Toronto a été de 39% en 2006.
Mais la corruption n’aurait-elle pas dû faire augmenter le taux de participation? La dernière élection à Chicago où un maire pourri par le patronage a été remplacé n’a attiré que 40% des électeurs. Encore pire, à Détroit même si la ville est en faillite et même si un maire a été condamné à 28 ans de prison, le taux de participation n’a été que de 25%.
S’il existe bien des choses pour lesquelles on devrait déchirer notre chemise, le taux de participations à l’élection municipale de Montréal n’en fait pas partie, car ne l’oublions pas, ne pas voter est un choix tout aussi légitime que de voter.
Le problème c’est que le non-vote ne compte pas. On pourrait tomber en shutdown en bas de 50%.
Avec le résultat de Québec (55%) ça fait voir que les campagnes menées par des maires totalitaires comme Labeaume et Ford qui sont assurés de gagner attirent davantage de voteurs que les campagnes serrées dont l’issue pourrait être facilement changée par une plus grande participation (Montréal…)
Étrange
Les politiciens ont toujours proclamé qu’ils ont un mandat de représenter la population avec un taux de participation fort. Un faible taux de participation est comme un coup de vent sur l’écran de fumée.
Pour les journalistes, incapables d’analyser autre chose que les slogans politiques, un faible taux de participation est un désastre. Leur pouvoir dépend que le mythe du gouvernement représentatif continue.
Comme disait James Freeman Clarke, Un homme d’état pense à la prochaine génération, un politicien pense à la prochaine élection. Un faible taux de participation est peut être un signe que la population commence à comprendre qu’il n’y a eu aucun Homme d’État au Québec depuis la Bureaucratisation Tranquille.
Quand on connait rien à la politique ou aux candidats qui se présentent ou quand aucun choix ne représente ce que vous désirez, il est légitime de ne pas voter.
Je crois que les taux de participation aux municipales sont beaucoup plus bas, car les pouvoirs de ces paliers gouvernementaux sont moins importants que le provincial ou le fédéral. En tout cas ça touche moins au portefeuille des contribuables.
Vous remarquerez le taux de participation de Toronto à 53% ce qui légitimise encore plus le mandat de Rob Ford.
Exemple de gens qui ont voté (à Québec), mais qui n’auraient pas du à cause de leur incongruence profondes des faits (et qui sont fier de leur ignorance)…
Le fait que souvent les candidats soient interchangeables peut aussi expliquer un faible taux de participation.