Antagoniste


6 novembre 2013

La montréalisation de Québec Économie Québec

Catch-22Historiquement, la ville de Montréal a toujours été négligée par le gouvernement provincial.  Montréal étant un territoire où l’on peut écrire le résultat du scrutin dès le premier jour de la campagne (l’Est vote PQ et l’Ouest vote PLQ), les politiciens ne sentent pas le besoin de faire de grandes promesses ou de prendre des engagements puisque quoiqu’ils disent et quoiqu’ils fassent, les circonscriptions libérales voteront toujours libéral et les circonscriptions péquistes voteront toujours péquiste.

Concrètement, ce phénomène se mesure dans les dépenses/subventions du gouvernement provincial pour des immobilisations dans la ville de Montréal.  Depuis 1998 (première année disponible), la région de Montréal a reçu en moyenne 444$/habitant pour ses immobilisations; à titre indicatif, la région de Québec a reçu en moyenne 1 217$/habitant durant cette période. Incidemment, les batailles électorales ont toujours été plus nombreuses dans la région de Québec que dans celle de Montréal.

Mais la situation est-elle en train de changer ?

Pendant 44 jours, Régis Labeaume a fait campagne sur les fonds de pension de ses employés municipaux, transformant cet enjeu en campagne référendaire.  Avec une victoire à 74%, Régis s’est empressé de crier victoire tout en spécifiant que la force de son mandat obligeait le gouvernement péquiste à céder à ses demandes.  La réaction du ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, a été plutôt tiède.  Ce dernier a tenu à nuancer la portée du mandat de Régis Labeaume tout en spécifiant  que son gouvernement n’avait pas l’intention de brusquer les syndicats…

Cette réaction est somme toute compréhensible: même si le PQ acceptait les demandes de Régis Labeaume, la possibilité de faire des gains électoraux dans la région de Québec est quasi nulle, le PQ n’est tout simplement plus une option pour une majorité d’électeurs.  De plus en s’accolant à Régis, le PQ risque de s’aliéner sa base syndicale.  Le calcul est somme toute assez simple: s’aligner sur le maire de Québec implique un grand nombre d’inconvénients et peu d’avantages.

La région de Québec pourrait toujours miser sur une surenchère entre la CAQ et le PLQ pour parvenir à ses fins, mais dans la mesure où la CAQ semble être un parti en fin de vie (déjà…), le PLQ risque de considérer la région de Québec comme un territoire acquis i.e. qui ne nécessite pas la prise de paris électoraux risqués.

Bref, si l’effondrement de la CAQ se concrétise, Québec pourrait devenir un peu comme Montréal: un territoire qui ne mérite plus de campagnes de séduction…  Et si la région de Québec garde la CAQ en vie, cela implique un vote pour un parti qui est condamné à ne jamais prendre le pouvoir (un peu comme le Bloc Québécois)…


6 novembre 2013

Le moins pire maire Économie En Chiffres Gauchistan Québec

Puisque nous venons de passer au travers une interminable période d’élections municipales et puisque le ministère des Affaires municipales vient tout juste de publier le profil financier 2013 des villes du Québec, j’ai pensé qu’il était approprié de faire un petit palmarès des maires les plus en vue de la province.

Voici donc l’endettement pour les 10 villes de plus de 100 000 habitants:

Labeaumegrad
L’endettement total net à long terme est constitué de la dette brute à long terme (obligations, billets et autres dettes à long terme) et de la quote-part de la municipalité dans la dette à long terme d’autres organismes dont elle fait partie (municipalité régionale de comté, régies intermunicipales, etc.)

Intéressant…

Non seulement la ville de Québec est beaucoup plus endettée que Montréal, mais la ville de Québec est l’une des villes les plus endettées du Québec !  Et ceux qui voudraient justifier cette situation en disant que si la ville de Québec est si endettée, c’est à cause de la réfection de ses infrastructures, je vous signale simplement que TOUTES les villes rénovent leurs infrastructures en ce moment pour pouvoir profiter des programmes fédéraux et provinciaux (Montréal est surnommée la ville aux cônes oranges).  De plus, la rénovation des infrastructures ne constitue pas une excuse valable pour faire exploser sa dette.  Quand le toit d’une maison coule, il se peut qu’une famille décide de ne pas aller dans le sud l’hiver pour payer les réparations sans s’endetter…

Voici l’augmentation de l’endettement municipale pour les 3 plus grosses villes depuis la dernière élection (2009):

  • Québec: de 1 503 471 999$ à 1 778 418 084$: +18,3%
  • Montréal: de 5 249 279 000$ à 5 273 864 000$: +0,5%
  • Laval: de 789 721 290$ à 741 843 834$: -6,1%

Et du côté des taxes, voici le même classement:

Labeaumegrad
Le taux global de taxation uniformisé d’une municipalité est le quotient que l’on obtient en divisant les revenus d’imposition par l’évaluation des immeubles imposables.

Intéressant encore une fois…

Non seulement la ville de Québec taxe beaucoup plus ses citoyens que ceux de Montréal, mais la ville de Québec est l’une des villes les plus gourmandes du Québec !

Voici l’augmentation des revenus de taxes pour les 3 plus grosses villes depuis la dernière élection (2009):

  • Québec: de 707 909 521$ à 841 326 802$: +18,8%
  • Montréal: de 2 422 084 000$ à 2 855 776 000$: +17,9%
  • Laval: de 544 671 295$ à 613 589 636$: +12,7%

Quand Régis Labeaune affirme qu’il est un social-démocrate, il n’a pas tort; il a fait de sa ville l’une des plus taxées et endettées du Québec…  Quand un politicien distribue des bonbons, on devient tous sociaux-démocrates

Source:
Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire
Profil financier


6 novembre 2013

Ça aurait pu être le Québec… Économie Environnement Europe Revue de presse

The Globe And Mail

Ukraine signs $10-billion shale gas deal with Chevron
The Globe And Mail

Ukraine signed a $10-billion shale gas production-sharing agreement with U.S. energy giant Chevron Corp. on Tuesday, another step in a drive for more energy independence from Russia.

The deal to develop its western Olesska field followed a similar shale gas agreement with Royal Dutch Shell PLC in January and boosts Ukraine’s leadership at a time of fraught relations with Moscow over gas supplies. “The agreements with Shell and Chevron … will enable us to have full sufficiency in gas by 2020 and, under an optimistic scenario, even enable us to export energy,” President Viktor Yanukovich told investors shortly before the signing.

The highest end of expectations for Olesska’s potential reserves would match around three years of European Union gas demand, but similarly sunny hopes for shale reserves in neighbouring Poland have been very sharply downsized.

The agreement with Chevron, to extend for 50 years, foresaw an initial investment of $350-million by the U.S. major in exploratory work over two or three years, Stavytsky said, aimed at establishing the commercial viability of shale reserves in the 5,260 square km Olesska, part of a band of shale that stretches from the Baltic to the Black Sea. Earlier government figures set total investments, including extraction after exploratory drilling, at around $10-billion.

Cette manne économique aurait pu déferler sur le Québec, mais un gérant d’artistes, devenu ministre de l’Environnement un peu par accident, a décidé que le Québec allait rester pauvre…