Cette semaine, le nom d’André Boisclair a été prononcé devant la commission Charbonneau.  Une histoire de subvention de 2,5 millions donnée en 2003, lorsqu’il était ministre des Affaires municipales.  Notons aussi que dans les semaines qui ont suivi l’élection du PQ en 2012, André Boisclair a été nommé délégué général du Québec à New York par Jean-François Lisée.

Voici comment le ministre Lisée a réagi lorsqu’il a été questionné sur les travaux de la commission Charbonneau impliquant André Boisclair:

Le ministre des Relations internationales Jean-François Lisée a pris la défense de M. Boisclair, avec qui il a discuté de cette question lors de son plus récent passage à New York, cette semaine. M. Lisée a affirmé que le délégué, envers qui il a renouvelé sa confiance, a assuré que cette subvention avait été accordée dans le respect des règles. «Évidemment, il confirme connaître M. Sauvé depuis très longtemps, a-t-il dit. Il insiste pour dire que tout ce qui a été fait concernant cette personne ou n’importe qui d’autre était parfaitement légal.»

Donc, Jean-François Lisée ne voit aucun problème à garder en poste un haut fonctionnaire du gouvernement québécois dont le nom a été prononcé devant la commission Charbonneau. Pourtant…

Pourtant, quelques mois auparavant, le même Jean-François Lisée a bloqué la nomination de Line Beauchamp au poste de directrice générale de la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal. Voici la raison qu’il avait donnée par l’intermédiaire de son attachée de presse:

« Nous avons exprimé auprès du cabinet du maire une certaine réticence. Il faut rappeler que le nom de Mme Beauchamp était à l’époque mentionné à la commission Charbonneau. On trouvait qu’il n’était pas judicieux de lui confier ce rôle », a défendu l’attachée de presse du ministre Lisée, Caroline Julie Fortin.

Résumons…

Pour Jean-François Lisée, la mention de Line Beauchamp devant la commission Charbonneau (elle avait fréquenté le club 357c) est un motif suffisant pour la priver d’un poste à la ville de Montréal, mais la mention d’André Boisclair devant la même commission n’est pas un motif suffisant pour rappeler le délégué du Québec à New York…

Il ne faut pas chercher à comprendre… Passons aussi sur le fait que le 19 septembre 2012, Pauline Marois avait promis d’être « intraitable » sur sur l’intégrité…

En passant, petite anecdote sur le bref passage d’André Boiclair à la chefferie du PQ.

Nouvellement élu comme chef, Boisclair avait promis de tirer un trait sur l’ère où les gouvernements péquistes étaient «copains-copains» avec les syndicats.  Deux mois plus tard, à l’aube d’une campagne électorale, Henri Massé, le président de la FTQ, et André Boisclair se serraient la main devant les caméras en annonçant qu’ils avaient conclu une alliance.  Cet appui n’était pas anodin, car la FTQ avait refusé d’appuyer le PQ lors des deux  élections précédentes (1998 et 2003).  Je vous invite à lire le billet que j’ai écrit le 4 mars 2007 à ce sujet.

Le PQ et les syndicats

Que s’est-il passé entre la déclaration de Boisclair contre les syndicats et cette fameuse poignée de main ?  Comment expliquer un pareil revirement de situation dans un laps de temps aussi court ?