Sarah PalinAujourd’hui, la commission Charbonneau reprend…  Les journalistes pourront donc noircir les pages de leur journal jusqu’en décembre sans faire trop d’efforts…

Et pendant que le Québec est obligé de vivre au rythme d’une commission qui n’en finit plus de finir, je pense à Sarah Palin, la première femme à avoir été élue gouverneure de l’Alaska…

En 2003, Sarah Palin, mairesse d’un village de huit mille âmes, a été nommée pour siéger au comité responsable de faire la supervision de l’industrie pétrolière en Alaska.  De par ses contacts privilégiés au sein de ce comité, Sarah Palin a immédiatement réalisé que le gouvernement républicain, qui dirigeait alors cet État, était rongé par la corruption.

Sarah Palin est donc sortie sur la place publique pour accuser le président du comité, le procureur et le gouverneur de l’État d’avoir été achetés par l’industrie pétrolière. Pour protester contre ce boys club, elle a remis sa démission pour ensuite se présenter au poste de gouverneur. Entre-temps, celui-ci avait accordé un contrat de vingt-cinq milliards de dollars, sans appel d’offres, à un consortium formé d’ExxonMobil, ConocoPhillips et BP pour la construction d’un pipeline.

En 2006, contre toute attente, Sarah Palin a défait le gouverneur en place devenant ainsi la première femme à occuper ce poste en Alaska. Dans les semaines qui ont suivi son élection, elle a annulé le contrat de construction du pipeline, ce qui a contraint ConocoPhillips et BP à construire cette infrastructure entièrement à leurs frais, faisant ainsi économiser aux contribuables quatre milliards de dollars. Elle a aussi fait annuler toutes les lois votées par l’administration précédente qui donnaient des avantages indus à l’industrie pétrolière.  De plus, elle a aussi fait adopter un code d’éthique.

Lors de son règne, Sarah Palin, une républicaine, a déclaré la guerre à l’establishment de son propre parti.  À la fin de cette confrontation, une douzaine de membres de l’administration républicaine précédente, surnommée le dirty dozen, ont dû démissionner ou faire face à la justice à cause d’histoires qui étaient toutes en lien avec la corruption.

En Alaska, Sarah Palin n’a pas eu besoin d’une commission aussi interminable qu’onéreuse pour faire le ménage, elle a simplement eu besoin de beaucoup de courage et de conviction…  des qualités rares dans la classe politique québécoise…

Au Québec, on aime bien se moquer de Sarah Palin.  Pourtant, ici il n’existe aucun politicien/ne qui a l’envergure morale et intellectuelle de la première gouverneure de l’Alaska.  À méditer durant la commission Charbonneau…

Pour en savoir plus:
The Wall Street Journal
How Palin Beat Alaska’s Establishment