Rene-Daniel Dubois

René-Daniel Dubois sur les dérives du nationalisme québécois (on pourrait aussi dire que ce texte est une fidèle description du programme politique du PQ):

« Le nationalisme, c’est une manière de maintenir sur la place publique une et une seule vision de ce que peut être la vie en commun: celle dans laquelle, par le recours à la notion de menace permanente, la population est sommée d’obéir à des élites qui, du fait de la gravité de la situation telle qu’elles la décrivent elles-mêmes puisqu’elles sont les seules à avoir le droit de parler, n’ont aucun compte sérieux à rendre. Le nationalisme, c’est le contraire de la démocratie: c’est opposer aux droits de l’homme le devoir d’assurer la survie de l’ensemble dans des termes qu’il est interdit de discuter.

Se définissant lui-même comme étant essentiellement «défensif», le nationalisme a nécessairement besoin pour se maintenir que la menace perdure et même, à l’occasion, s’amplifie. C’est la condition essentielle à son règne. Le nationalisme ne peut pas constituer une manière de résoudre les problèmes, il est par nature une manière de s’assurer qu’ils ne le seront jamais, réglés parce qu’autrement sa raison d’être disparaîtrait… et que, du même coup, les élites qui l’ont promu et en ont tiré profit des générations durant deviendraient susceptibles d’être jugées non plus sur leurs sempiternelles promesses ou menaces, mais sur les effets concrets et durables des gestes qu’elles ont posés. Le nationalisme n’a qu’un seul but, perdurer, et les problèmes dont il entretient lui-même l’existence constituent la justification de son règne. »