Antagoniste


20 mai 2013

En rappel: souveraine absurdité Économie Environnement Mondialisation Québec

Question de donner la réplique à l’absurde projet de loi péquiste concernant la souveraineté alimentaire, je me suis permis de dépoussiérer quelques billets traitant de cette question.

Si la souveraineté alimentaire est une bonne idée, alors pourquoi le ministre Gendron, dans sa vie de tous les jours, n’est pas « alimentairement souverain » ? Billet originalement publié le 21 août 2012.

Souveraineté AlimentaireLes Canadiens-français n’ayant pas d’opinions, mais des émotions, il ne faut pas se surprendre de voir des politiciens prendre les électeurs pour des connards en parlant de « souveraineté alimentaire », un concept fondamentalement populiste et démagogue.

Pour comprendre à quel point ce concept serait néfaste à une société, appliquons-le aux individus. Voudriez-vous être « alimentairement souverain » ? En d’autres termes est-ce que vous seriez intéressé à produire toute la nourriture que vous consommez ?

La totalité des gens (je l’espère) me répondra non: il ne serait pas avantageux pour eux de sacrifier leur travail ou leurs études pour labourer un champ dans le but d’obtenir une maigre pitance. On me dira qu’il est de loin plus profitable de laisser ce travail aux fermiers, une main-d’oeuvre hautement spécialisée, capable de produire efficacement une grande variété d’aliments.

N’étant pas contraints d’être « alimentairement souverain », les individus ont donc la possibilité de se spécialiser dans une tâche qui leur apparaît comme plus profitable. Certains deviendront ingénieurs, d’autres infirmières ou encore plombiers. C’est en uniquement renonçant à la souveraineté alimentaire que ces professions sont possibles. Dans une société où les individus doivent être « alimentairement souverains », personne n’a la possibilité de se spécialiser pour devenir médecin puisqu’il faut passer de longues heures dans les champs.

Si le concept de souveraineté alimentaire est complètement absurde à l’échelle individuelle, il en va de même à l’échelle des pays. Les gens/pays « alimentairement souverains » vont sacrifier la spécialisation pour obtenir une bouchée de pain. Il vaut mieux laisser l’agriculture aux gens/pays spécialisés, ce qui donne aux gens/pays, la possibilité d’accomplir des tâches plus productives.

On me répondra que les pays qui ne sont pas « alimentairement souverains » sont à la merci des pays exportateurs. Vrai, de la même manière, le médecin est à la merci du fermier s’il veut manger trois repas par jour. On sera tous d’accord pour dire qu’une société où des gens ont renoncé à leur souveraineté alimentaire pour devenir médecins est préférable à une société sans médecin parce que tout le monde désire être « alimentairement souverain ».

En passant, même si le Québec ne produit pas de composantes informatiques, il n’y a jamais eu de pénurie d’ordinateurs au Québec. Par contre, si l’on avait voulu faire du Québec une province « technologiquement souveraine », non seulement nous aurions probablement eu des pénuries, mais on peut aussi dire sans trop se tromper que les composantes seraient de piètre qualité.

On pourrait faire un raisonnement analogue avec les politiciens qui parlent de « souveraineté énergétique ».


20 mai 2013

En rappel: nourriture néolibérale Économie Environnement International Mondialisation Québec

Question de donner la réplique à l’absurde projet de loi péquiste concernant la souveraineté alimentaire, je me suis permis de dépoussiérer quelques billets traitant de cette question.

La principale (et unique) conséquence du programme de souveraineté alimentaire proposé par le PQ pourrait bien être d’appauvrir un peu plus les contribuables. Billet originalement publié le 3 août 2012.

Enjoy CapitalismSingapour est une petite île à peine plus grande que Montréal, mais qui compte une population de 5,3 millions d’habitants. Cette petite île n’est pas seulement dénuée de toute ressource naturelle, l’agriculture y est à peu près inexistante. Celle-ci représente un spectaculaire 0% de son PIB, si bien que les Singapouriens doivent importer plus de 90% de la nourriture qu’ils consomment.

Vous devez vous dire que se nourrir à Singapour doit être hors de prix… Que les méchants capitalistes doivent profiter de la situation pour exploiter la faim des habitants de l’île pour leur propre profit…

Et si je vous dis que Singapour est le 2e endroit sur notre belle planète où la nourriture est la plus abordable ! Seulement 7,4% du revenu des Singapouriens est utilisé pour acheter des denrées alimentaires. À titre indicatif, cette proportion est de 14,7% au Japon, un pays avec de nombreuses mesures protectionnistes.

Comment ce miracle est-il possible?

Tout simplement par la mise en place des mécanismes de libre-échange tous azimuts. Les Singapouriens ont été assez intelligents pour ne pas se laisser berner par des concepts ridicules comme la « gestion de l’offre » ou des slogans populistes parlant de « souveraineté alimentaire ».

Autrement dit, à Singapour il n’y a pas de « carrés rouges » réactionnaires, ce qui a permis au néolibéralisme de faire des habitants de cette île des gens très prospères.

M’enfin, au Québec on considère les vendeurs de clous comme étant des fleurons patrimoniaux essentiels au développement économique… Il coulera beaucoup d’eau sous les ponts avant que les Québécois prennent des décisions économiques de manière rationnelle plutôt qu’émotive…


20 mai 2013

En rappel: faire du millage sur pas grand chose Économie Environnement International Mondialisation Québec

Question de donner la réplique à l’absurde projet de loi péquiste concernant la souveraineté alimentaire, je me suis permis de dépoussiérer quelques billets traitant de cette question.

L’achat local permet-il de réduire les émissions de gaz à effet de serre comme le prétend le ministre Gendron? Absolument pas! Billet originalement publié le 17 mai 2007.

Food MilesLe nouveau concept à la mode chez les écologistes/protectionnistes ?

Le "food miles".

Selon ce concept, il faut impérativement acheter des aliments produits localement parce que l'importation de denrées alimentaires génère des gaz à effet de serre (GES).

L'université Lincoln s'est penchée sur la question pour découvrir que… le concept est faux ! Dans une région non propice à l'agriculture (comme le Québec), la production d'un aliment créée plus de GES que son importation d'une région qui est propice à l'agriculture. Pourquoi ?

Parce que la distance ne fait pas foi de tout dans le calcul des GES émis. Dans une région non propice à l'agriculture, on doit utiliser plus de fertilisant (grand producteur de GES), avoir un important travail mécanique de la terre (tracteurs) et utiliser une infrastructure plus énergivore (serres, établissements chauffés).

À titre d'exemple, voici la comparaison des GES émis pour: la production en Angleterre -vs- la production/importation de la Nouvelle-Zélande vers l'Angleterre:

Produits laitiers:
Production en Angleterre: 2 920,7 kg de GES par tonne de produits laitiers
Production & importation de la Nouvelle-Zélande vers l'Angleterre: 1 422,5 kg de GES par tonne de produits laitiers

Pommes:
Production en Angleterre: 271,8 kg de GES par tonne de pommes
Production & importation de la Nouvelle-Zélande vers l'Angleterre: 185,8 kg de GES par tonne de pommes

Agneaux:
Production en Angleterre: 2 849,1 kg de GES par tonne de viande
Production & importation de la Nouvelle-Zélande vers l'Angleterre: 688,0 kg de GES par tonne de viande

Source:
Lincoln University
Food Miles – Comparative Energy/Emissions