Rules For Radicals Quand on compare la politique américaine à la politique canadienne, on nous dit toujours de faire attention dans nos comparaisons puisque le parti démocrate, à gauche sur l’échiquier politique américain, est plus à droite que notre parti conservateur, à droite sur l’échiquier politique canadien.

Vraiment ?

Imaginez si la semaine dernière, Jim Flaherty avait déposé un budget dans lequel on n’aurait pas prévu attendre le déficit zéro au cours des 10 prochaines années.   Le ministre conservateur aurait sans doute été critiqué de toute part.  On peut présumer qu’il aurait même été la cible des attaques des députés néo-démocrates qui, bien que sympathiques à l’idée de faire quelques déficits, ne seraient jamais assez fous pour proposer 10 années supplémentaires de déficit sans espoir d’équilibrer le budget.  Plus près de nous, même le péquiste Nicolas Marceau n’aurait jamais osé évoquer la possibilité d’une décennie supplémentaire de déficit lors de son dernier budget.

En bref, avoir comme politique économique d’enligner 10 années de déficit au terme duquel on n’atteint même pas le déficit zéro serait une idée qui serait indéfendable au Canada et au Québec, et ce, même chez la gauche.

Pourtant, c’est exactement ce que les démocrates ont proposé la semaine dernière lorsqu’ils ont accouché de leur premier budget en 4 ans: 10 années supplémentaires de déficit (malgré une hausse d’impôts salée) sans retour au déficit zéro !  Si on cherche des extrémistes aux États-Unis ce n’est pas du côté du Tea Party qu’il faut regarder, mais chez les démocrates.  D’ailleurs, le budget du Tea Party signifie un retour à l’équilibre budgétaire en 2023 seulement, même ici cette proposition serait inacceptable tant pour la gauche que pour la droite.

Cela montre à quel point le parti démocrate est devenu radical et idéologue depuis l’arrivée de Barack Obama.